MU"DE-LA SALLE DU DOME
” La Bénédictine ”, à Fécamp.
c'est enfin son plafond superbe, en charpente apparente de chêne, avec fond de panneaux enrichis de peinture, où courent des inscriptions.
Dès les premiers pas, les regards se fixent sur un magnifique portrait en pied de M. À. Le Grand ainé, adossé à la muraille qui fait face à la terrasse du Musée. L'artiste, M. Henri Sauvage, dont l'œuvre datée de 1893 figura à l'Exposition de Rouen, a représenté le fondateur de ” La BÉNÉDICTINE ”. Il est debout, la main gauche appuyée sur un fauteuil Louis XIII en cuir de Cordoue. À sa droite,
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Plafond de la Salle du Dôme.
une table Renaissance sur laquelle on distingue le manuscrit de Bernardo Vincelli et des chartes dont un large sceau de cire s'échappe, suspendu par des lacets de soie. À l’un des angles supérieurs de la toile sont figurées au naturel les armoiries de la famille Le Grand, tandis que la Légion d'honneur met sa tache rouge à la boutonnitre du Chef de nom et d'armes de cette ancienne maison normande. Ce sont bien là les traits énergiques, les regards profonds, de ce bon Français qui, tout en faisant dans son œuvre la
place la plus large aux idées modernes, conserva dans son cœur le culte de la tradition.
Et de fait, ce passé, que les longues recherches et l'effort passionné de M. À. Le Grand
ressuscitent ici sous nos yeux, mérite à tous les titres de retenir l'admiration de visiteurs épris d'art,
aussi bien que de fixer la curiosité d’archéologues amoureux de pièces rares, voire uniques.
Ce qui fut au début une collection particulière constitue aujourd’hui vraiment un « Musée » au sens
le plus complet du mot. Telle fut, du reste, l'opinion — certes autorisée — de Viollet-le-Duc, qui apprécia
brièvement la richesse du Musée de ” La BÉNéDICTINE ”, avec cette haute compétence qui demeure attachée
à tous ses écrits : « Nous croyons, disait-il déjà en 1875, que toute description, si minutieusement faite
qu'elle soit, ne vaut pas une visite à Fécamp même. Nous y renvoyons donc le lecteur curieux des choses
d'art et de lettres. » Et, plus loin, l’'illustre savant ajoute : « Les tableaux sont en petit nombre, mais il y en a d'excellents... Les émaux sont
précieux et choisis La ferronnerie, la serrurerie,
sont très richement représentées, ainsi que les tapisseries, les étoffes, les broderies, les dentelles, es ornements et vêtements d'église. Quant à ’orfévrerie et aux bronzes, ils sont d’une rare valeur. Je ne citerai, pour mémoire, qu'un reli-
quaire du x° siècle, avec émaux en relief, du plus
beau style. Le cabinet du Directeur renferme la Bibliothèque, — je veux dire la Bibliothèque des Bénédictins. Comment la décrire, cette Biblio-
thèque ? Il faudrait recommencer le catalogue
Le) pour donner une idée de sa valeur. Les biblio-
philes qui ne pourront aller à Fécamp se procu-
reront certainement le livret rédigé avec soin par MM. Cotte et Marinier, érudits enthousiastes, faisant partie de la phalange studieuse des Antiquaires de Normandie... » Et Viollet-le-Duc termine ainsi son étude consacrée au Musée de ? La Bénénicnne ” : « À Fécamp, nous voyons le Musée adossé à la fabrique, et l'industrie côte à côte avec l’art, les lettres, la science. Nous aimerions à visiter, dans notre pays, beaucoup d'usines ainsi patronnées. »
La première vitrine qui s'impose fait face à la porte d'entrée. Une table Régence, avec cuivres
ciselés, d’un très beau style, la supporte. Elle
Entrée de la Salle des Archives
(Porte provenant de l’Ancienne Abbaye de Fécamp)
contient nombre d'objets d’orfévrerie. La pièce principale est une grande chässe de procession, en fer
découpé et doré, œuvre d’un artiste italien du xvi° siècle, tout ornée de pierres fines et de cabochons.
Elle se termine par une galerie ajourée qui fait penser à quelque dentelle de Venise. Tout autour de
l'auge de la châsse, debout dans des niches ménagées sous des arcatures, douze statuettes des Apôtres, en
bois peint et doré, s’alignent sur des piédestaux. Aux quatre coins, ainsi qu'aux deux extrémités de la
galerie, brûlent des urnes funéraires.
Quatre calices accompagnent la chässe
l'un, de l’époque Louis XIII est en cuivre doré, avec
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