SCENE PREMIERE
LE BAILLI , sortant de chez lui.
À. peine fait-il jour„et me voili déjà levé. On dit souvent qu’un bailli ne veille que pour gronder , punir , faire le mal ; et moi, je ne songe qu'au bonheur de mes villageois. Je suis la merveille des baillis. Il est vrai que notre jeune seigneur me seconde admirablement. Ah ! combien je me félicité qu’il ait été trop jeune dans le temps, pour suivre le Duc de Bretagne à la croisade. Par bonheur, il n’éiait encore qu’un enfant , sans quoi il aurait eu l’honneur d’aller occire des Sarrasins; ce qui est un plaisir dont, grâce au ciel, je ne me doute pas. Mais cet enfant est devenu grand garçon, et, depuis quelques^ jours , il me donne du tourment ; ses assiduités auprès de Lucette ! leurs entretiens continuels!.... L ne simpl- bergère que j'ai élevééT, douçe, belle, innocente ! Un châtelain de vingt ans, d une tête Ardente ,
d'un cœur tout neuf et fort tendre Ah ! je n’aime pas
4 LA BERGERE CHVTELAINE,
l’amour , moi ; c’est ce qui me donne le plus de peine dans ma charge ( II appelle. ) Holà ! Robert ? Il faul que
i ”étouffe cette inclination dans ü naissance. Il faut marier sucette à quelque berger dé ce pays. Mais sa pauvre mère ne
Î ossède qu’une chaumière et un troupeau 1 Robert ?
Lobert f