SCENE III
LE DUC, LE GRAND BAILLI
LE DUC
Ami , je ne puis exprimer ce que j'épronvo : et je saurai récompenser la conduite de ma noblesse et de mon peuple pendant mon absence.
LE GRAND BAILLI
Sire bue, j’ai regret à vous affliger; mais le Sire de U Rocheforte
LE DUC
Vive Dieu ! je ferai justice. Mais est-il possible qu'il soit coupable? Son frère aine, qui périt à mescéi'és, à peiné débarqué sur la Terre-Sainte , était un de mes plus estimables chevaliers. Je lui jurai , à scs derniers menions , d’être le protecteur de son épouse qui était restée en Bretagne, et qui portait* dans son sein le premier gage de leur union ; et la mort a frappé la comtesse avant qu elle eût donne un heritier ii cette illustre famille !
LE GRAND BAILLI
Son beau-frère a bien dégénéré de ses aïeux. Voici encore une dépêche qui me donne de nouvelles preuves de scs méfaits et de sa félonie.
LE DUC
Qui vous écrit ? •
LE GRAND BAILLI
Le Bailli de la seigneurie.de Montfort.
LE DUÇ.
Ab ! c’est du jeune comte de Montfort que je vous prie de me parler! Celui-là, du moins, n’a mérité que n^on amitié.
LE GRAND BAILLf.
Oui , Sire Duo , il a des vertus autant que son coupable voisin montre de vices.
LF. DUC.
Donnes des ordres pour que l’ui* rende compte sans délai
LA BERGERE CH ATELAlNE ,
de son infidèle conduite , et que l’autre soit reçu dans ma cour avec les égards qui lui sont dus. Je passe cnez la Duchesse. ( U sort. )