‹ La bergere d'Ivry drame en cinq actesChapitre 44 sur 70 · LE COMTE, AIMÉE · texte numérisé non relu

LE COMTE, AIMÉE

, LE COMTE

C’est toi, ma chère enfant!... par quel hasard?... Quel motif t’amène au château?... Mais, en vérité, tu es toute tremblante ! As-tu donc peur de moi ?

AIMÉE, presque confuse.

.Non!... puisque me voilai... Et cependant... mon cœur bal, et je ne trouve pas une parole... '

LE COMTE, la conduisant à un fauteuil à gauche, et la faisant asseoir-

Parle sans crainte!... ne sais-tu pas que je suis ton ami?

AIMÉE

Oh I oui, vous avez été bien bon, bien généreux pour François Renaud, et cela me donne de la confiance!... Je parlerai, il le faut!... Monsieur le comte, tantôt, au bal, madame Fauvel a laissé tomber son bouquet... cela signifiait qu’elle acceptait le rendez-vous que vous lui donniez icimême à neuf heures.

LE COMTE, troublé.

Aimée!...

AIMÉE

Que .vous importe, puisque moi seule au monde ai ce secret!... Oh! je ne vous trahirai pas, allez!... Ainsi elle est perdue, elle, la fille bien-aimée de madame Dérouville, elle, ma sœur!... Oh ! mon Dieu!...

Elle pleure.

LE COMTE

Des larmes !

AIMÉE, se levant.

Ahl c’est que vous ne savez pas!... Tenez, le courage me revient et je vais tout vous dire... Peut-être que vous rirez de moi, mais j’aurai fait mon devoir... Un matin, il y a longtemps de cela, madame Dérouville allait voir les gens de la moisson travailler aux champs.— A quelques pas de la

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