‹ La bergere d'Ivry drame en cinq actesChapitre 62 sur 70 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

AIMÉE

Oh! François I... ,

FRANÇOIS

Ils t’ont chassée!... Eh bien ! je t’emmène... je ne te demande rien, je t’aime! viens, Aimée, tu seras ma femme!...

FAUVEL

Elle! ta femme! la femme d’un brave garçon!...

FRANÇOIS

Ne les écoute pas, Aimée, viens... et quand tu porteras mon nom, il faudra bien que tout le monde te respecte, ou alors. . . Viens, sortons d'ici, allons-nous-en, bien loin, bien loin! jo ne crois rien de ce que j’ai vu et rien de ce que j’ai entendu. Je ne veux pas qu’on te fasse de la peine, je t’aime, je t'aime, je t’aime!...

K rcut l'entraîner.

FAUVEL

Tu te mens à toi-même... Tu ne donneras pas ton nom à une femme déshonorée!

FRANÇOIS

Déshonorée! déshonorée!

Il chancelle.

FAUVEL

François!... allons, tu es un homme!

FRANÇOIS, répondant machinalement.

Oui, oui...

FAUVEL

Venge-toi... par le mépris. ^

FRANÇOIS

Le mépris ?

FAUVEL

Oublie-la !

FRANÇOIS, avec douleur.

Oublier... oublier... est-ce que je peux, moi!...

Il tombe accablé près de la table da fond.

AIMÉE

Allons, adieu, tout ce que j’ai aimé ! adieu, ferme où j’ai grandi! non, je ne suis pas ingrate, car je n’oublierai jamais la main qui me donnait du pain, et la petite chambre où je priais pour ma bienfaitrice... Adieu, chers objets que je vois pour la dernière fois... Ne me regrettez-vous pas un peu, moi qui vous quitte et qui vous pleure!...

LA BERGÈRE D’IVRY

HORTENSE, h part, avec dése^ioir.

Oh! mon Dieu ! .1. mon Dieu!...

AIMÉE, à madame Déronvillo.

Madame vous m’avez appelée votre enfant... ayez un peu Madamevous d on c ie vais tout droit devant moi, au

hasardé- f^redevfens Venfanl perdu I ne me uto» fera!? bonheur" 0 . toi» ne pou™ 1 Ï» re f“ ser « a ! < M * Â"î

la Dauvre fille qui vous emporte dans son âme. François, ne

SsSKî!» rscwfirjœrâa

- Elle sort vivement par le fond.

MADAME DÉROUVILLE, tendant les bras vers elle.

Aimée!... mon enfantl

, FAUVEL

Du courage!... votre bras, madame Dérouville... appuyezvous sur moi...

MADAME DÉROUVILLE.

Ah! laissez-moi la pleurer!...

FAUVEL

Pleurez-la comme on pleure les enfants que Dieu rappelle à lui... Car Aimée ne doit plus exister pour nous.

Madame Dérouville au bras de Fauvel, entre à droite.

Page 1