LE JEU DES INSTITUTIONS II
gination solide et brillante du monde politique, il fallait quelque chose de plus ingénieux que les diverses façons de brandir des raquettes ou de lancer agréablement le cochonnet.
Le jeu des institutions était naturellement désigné.
Il compte aujourd'hui beaucoup de fanatiques en FYance, comme ailleurs les courses de taureaux et les combats de rats ou de coqs.
Un grand nombre d'amateurs sont curieux d'assister aux conflits que le ministère organise chaque année, à plusieurs reprises, entre les mandataires du peuple.
La nouvelle que les institutions vont être irrévocablement mises en jeu est un véritable événement pour la capitale.
On en parle dans les journaux, au club, en visite.
Au jour dit, la foule se porte au palais Bourbon ou à celui du Luxembourg.
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Dès le matin, il est arrivé des badauds parles trains de banlieue. Aux abords des monuments législatifs, la police municipale prend des mesures qui compliquent sérieusement les difficultés de la circulation. Les camelots pullulent et offrent, d'une voix aigre, l'indicateur de Paris avec les rues nouvelles. Les cafés sont envahis; le prix des consommations subit des vicissitudes et ne trouve de limites que dans la délicatesse des garçons...
On se croirait en un jour de fête nationale, à un petit Quatorze-Juillet.
De fringants équipages amènent de jolies femmes qui étrcnnent des chapeaux. Elles sont en compagnie de vieilles dames très agitées, de messieurs élégants ou vénérables dont la mine trahit cet eilarement fugitif et particulier aux gens qui ont un billet à prendre ou à remettre.
A leur suite se précipitent des familles pauvres et endimanchées qui sont alliées à un sénateur, à un député ou à un huissier de service.