‹ La bêtise parisienneChapitre 2 sur 39 · LE JEU DES INSTITUTIONS · texte numérisé non relu

LE JEU DES INSTITUTIONS

Des bousculades se produisent entre de vigoureux Anglais, qui se sont accroche aux épaules leurs lourdes jumelles, et des serruriers flâneurs qui portent négligemment kurs petites sacoches d'outils en bandoulière.

Il n'y a pas de consigne qui tienne. Les tribunes sont prises d'assaut ; on se dispute des anfractuosités. On se fie à des escaliers sombres dont on ne connaît que l'initiale...

C'est une affluence bizarre et tumultueuse qui fait à la fois songer aux grandes eaux de Versailles, aux journées de Juin et à une première des Variétés.

A deux heures, généralement, le jeu des institutions s'ouvre en séance publique.

En vérité, cela se passe bien simplement.

Il y a le tableau de droite, le tableau de gauche, et la tribune au milieu.

Les membres de groupes y prennent place tour à tour, dans l'ordre des inscriptions, et

s'ctVorccnt de faire triompher le camp où le hasard les a jetés. Ce sont des gens que l'on rencontre souvent en ville et qui ont des occupations honorables : des avocats, des marchands de grains, des vétérinaires, de petits entrepreneurs.

Leur seule faiblesse est cette manie pour le jeu des institutions.

Comme, la plupart du temps, ils ignorent le règlement, il faut toutes les cinq minutes que le président se lève pour leur en donner lecture.

Des cris de satisfaction et des murmures éclatent tantôt à gauche, tantôt à droite; parfois, sur les deux tableaux ensemble.

Puis on compte les jetons, et la séance prend fin.

Quels que soient les résultats de la journée^ le public se retire toujours satisfait.

Il se montre attentif et recueilli pendant

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