L'HORLOGER
L'horloger commun est de taille moyenne. De bonne heure, il devient chauve à la chaleur du bec de gaz qui couronne sa tête. Il s'enrhume aisément du cerveau. Ses yeux, tirés à fleur de tête par l'usage constant de la loupe, ont une expression triste. Le bruit des balanciers doit l'énerver, car, dans sa boutique, on ne voit jamais marcher une pièce d'horlogerie. Il y vit entouré de cadrans qui marquent des heures ridicules et contradictoires.
Observez Thorloger quand il vient remonter la pendule. La plupart du temps il a oublié la clef. Alors, pour se donner une contenance, il colle son oreille sur Témail, d'un air sombre. Il hoche la tête. Il parle bas comme dans une chambre de malade; et quand il finit par emporter l'appareil, on est tout ému.
LMiorlogcr n'est pas sincère.
Dès qu'il se croit seul, une brusquerie à faire frémir se réveille en lui. Il empoigne ce qui lui tombe sous la main, un tire-bottes, des pincettes : cjHc, crac, ran. Le coup est accompli. Lorsque, après une absence, on retrouve sa pendule arrêtée ou pleine de dégâts, on peut être sûr que l'horloger est venu.
Les gens qui aiment leurs montres sont bien malheureux; l'horloger les accuse de tout le mal qui advient à celles-ci. Il incrimine la transpiration ou bien l'habitude de ne pas se coucher, chaque soir, à la même heure. Il inflige un interrogatoire.
Jamais il ne veut s'expliquer sur la nature de