‹ La BhagavadgìtaChapitre 10 sur 54 · Comment lutter, ô vainqueur de Madhu · texte numérisé non relu

Comment lutter, ô vainqueur de Madhu

Comment diriger mes flèches contre Bhîshma, contre Drona, ces hommes, ô héros vainqueur, à * qui je dois tous les respects ?

5- Plutôt qu'attenter à la vie de maîtres vénérables, mieux vaudrait vivre ici-bas d'aumônes. A frapper des maîtres, même coupables de désirs cupides, ma nourriture, dès cette terre, serait souillée de sang.

6. Et nous ne savons ce qu'il nous faut plus redouter de les vaincre ou d'être vaincus par eux. Ces fils de Dhritarâshtra alignés devant nous, en les frappant, nous perdrions tout motif de désirer vivre.

7. Pitié et scrupule paralysent mes instincts de guerrier ; mon esprit troublé discerne mal le devoir ; je m'adresse à toi ; dis-moi nettement ce qui est bien ; je suis ton disciple; instruis-moi ; je me réfugie en toi !

8. Car je ne vois rien qui puisse dissiper l'angoisse qui anéantit mes forces, dussé-je obtenir la souveraineté prospère, incontestée de la terre, voire le rang de maître des dieux.

SAISfJAYA dit :

9. Quand il eut ainsi parlé à Hrishîkeça, quand il eut déclaré à Govinda qu'il ne combattrait pas, Gudâkeça, le héros terrible, garda le silence.

10. Hrishîkeça, ô Bhârata, répondit avec un sourire au héros qui se désolait ainsi entre les deux armées.

BHAGAVAT dit :

n . Tu t'apitoies là où la pitié n'a que faire, et tu prétends parler raison ! Mais les sages ne s'apitoient ni sur qui meurt ni sur qui vit.

12. Jamais temps où nous n'ayons existé, moi comme toi, comme tous ces princes ; jamais, dans l'avenir ne viendra le jour où les uns et les autres nous n'existions pas.

13. L'âme, dans son corps présent, traverse l'enfance, la jeunesse, la vieillesse : après celui-ci elle revêtira de même d'autres corps. Le sage ne s'y trompe pas.,

14. Les impressions des sens, ô fils de Kuntî, * chaud et froid, plaisir et peine, vont et viennent, elles sont fugitives ; il n'est, ô Bhârata, que de les supporter.

15. Car l'homme qu'elles ne troublent pas, ô Taureau des hommes, l'homme ferme, indifférent au plaisir et à la peine, celui-là est mûr pour l'immortalité.

16. Pas d'existence pour le néant, pas de destruction pour l'être. De l'un à l'autre, le philosophe sait que la barrière est infranchissable.

17. Indestructible, sache-le, est la trame de cet univers; c'est l'Impérissable; la détruire n'est ati pouvoir de personne.

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