DITES
veilles de la nuit, alors que leurs souffrances les empéchaient de goûter le moindre repos ?
— Rainitehava, l’un d'eux, vendu comme esclave, nous l’apprend. Dans la situation que je viens de décrire, il lisait sa Bible dès que le moindre rayon de lumière parvenait jusqu'à lui, et, quand l'obscurité était complète, il se récitait quelques portions de la Parole de Dieu, le Psaume XXVI en particulier... et priait.
7. Aussi ne serons-nous pas étonnés de la force qu'ils trouvaient dans ces lectures, ces récitations et ces prières.
Rainimiadana se trouvait en prison depuis quelque temps lorsque son frère, qui lui apportait à manger tous les jours, lui proposa de fuir en lui offrant des vêtements qu'il avait dissimulés aux geôliers. Rainimiadana est sur le point de céder («la vie est douce » déclare un proverbe malgache) quand il se ressaisit ; il hésite, se recueille, prie et... refuse. Et savez-vous la raison de ce refus ? Connaissez-vous la parole qu'il adresse à son frère ? — « Arrière de moi, Satan ! tu m'es en scandale; car tes pensées ne sont pas les pensées de Dieu, mais celles des hommes. » (Mat. XVI, 23.)
Cette réponse n'est-elle pas la preuve qu'il crut voir, dans l'offre si généreuse de son frère, une tentation de l'adversaire ? Le lendemain, il scellait de son sang la fidélité à son Dieu.