Hist, interpr. Libr. sacr,, vol. V. Leipzig, 1814, in
2. Essai sur r histoire de la Bible dans la France chrétienne au moyen âge. Paris, 1878, in-8°. Cf. Revue critique, 1878, n® 43.
taient le prix du volume sacré. Dès aujourd'hui, et sans chercher plus loin qu'autour de nous, nous en savons assez pour être assurés que bien peu de prêtres, surtout dans les rangs des curés de campagne, pouvaient se procurer la Bible. Les inventaires des anciennes bibliothèques, les obituaires des couvents, nous instruisent assez exactement des prix auxquels on estimait le Livre saint. Ces prix étaient fort élevés. Il est vrai que nous trouvons parfois, au quatorzième siècle, à la Sorbonne, la Bible appréciée 9 livres, 8 livres, ou même, en 1403 et 1404, 6 et 7 livres \ c'est-à-dire environ 90, 80, 70 et 60 fr., valeur actuelle; mais il est certain que cette évaluation est inférieure au prix courant de la Bible, laquelle, autant qu'on peut s'en rendre compte, ne se vendait pas au-dessous de 200 à 240 fr. de notre monnaie, somme qui serait bien inférieure à la réalité, sans doute, si l'on tenait compte du prix des subsistances alors et aujourd'hui. De bons auteurs estiment, en effet, que l'argent du quatorzième et du quinzième siècle avait six fois plus de valeur relative, ou, comme on dit, de pouvoir que le nôtre, relativement à la plus générale et à la plus nécessaire de toutes les dépenses, au prix du blé. D'autres admettent des évaluations moins élevées. Il ne nous appartient pas d'entrer ici dans des calculs difficiles et peu sûrs. Quoi qu'il en soit, nous trouvons, à Saint- Victor de Paris, la Bible estimée 20 livres après 1173 % 14 livres vers 1203 ^ et en 1218, 17 ou 18 livres*; à la Sorbonne,
1. Dëlisle, le CcLbinet des manuscrits, II, 1874, p. 189-192.
2. Franklin, les Anciennes Bibl, de Paris, ia-4°, I, 1867, p. 143*
3. Franklin^ Histoire de la Bibl, de Saint-Victor, 1865, in-8°, p. 11*