Vat. Ottob. ?89, Act. 162, Paul
nécessaire, il n'avait pas été livré au public. Froben eut connaissance de la prochaine publication du Nouveau Testannenl, et aussitôt il se sentit ému de Tanfibitieux désir de devancer l'éditeur espagnol. Le 17 avril 1515, Beatus Rhenanus écrivait, au nom de l'imprimeur bâlois, à Érasme, . qui séjournait à ce moment en Angleterre : « Froben désire avoir de vous le Nouveau Testament, et il vous en donnera autant que qui que ce soit\ y> Aussitôt Érasme se mit à l'œuvre. La première édition de son Nouveau Testament est datée de février 1516; on croirait à peine qu'il ait été possible de mener à fin, en dix mois, l'œuvre immense de publier pour la première fois le Nouveau Testament. Jamais travail ne fut poursuivi avec plus de hâte. Érasme travaillait en même temps à son Saint-Jérôme et au moins à quatre autres livres, et cependant les imprimeurs exigeaient de lui chaque jour un ternîon, c'est-àdire une feuille et demie de format in-folio. Avec une candeur qui désarme la critique^ Érasme avoue qu'il avait espéré trouver à Bàle des manuscrits corrects; il comptait sans doute pouvoir les donner sans changement à l'imprimeur, a: J'eus encore, dit-il, ce surcroît de peine, d'être obligé de corriger les manuscrits avant de les remettre aux ouvriers^. » Il ne prenait plus le temps de manger. Lui-même témoigne de la précipitation avec laquelle il dut travailler, lorsqu'il écrit à Pirkheimer le 2 novembre
1. Voyez Delitzsch, Handschriftliche Funde, 2 fascic, Leipzig 1861- 1862, in-8°; Sguivener, A plain Introduction to the crUicism o/' the New Testament, 2** éd., Gambr. and London, 1874, in- 8°; Drummond, Erasmus, London 1873, I, p. 308. ^
2. Accessit et illud oneris, arbitrabar Basileae haberi emendata exent" plaria. Ea spes quoniam fefellit, coactus siim praecastigare codices, quibus usuri erant vj'Koypiffoi (lettre à G. Budé, 1517, opp, III, p. 250).
151 7 (?) : Novum Testamentum.. , praecipitatum fuit vertus quam éditant. Sans doute, Érasme n'en était pas à ses premières recherches sur le texte du Nouveau Testament. Depuis longtemps, disent ses historiens, il avait préparé des notes pour une traduction latine remaniée. Le 11 juillet 1511 (1512, selon M. Drummond), il avait déjà écrit à Colet: a: J'ai achevé la collation du Nouveau Testament^ » Mais quelle ne dut pas être la désillusion du savant de Rotterdam lorsqu'il vil quels manuscrits Baie pouvait lui offrir! Le manuscrit des Évangiles qu'il eut pour base de son travail ^ n'est guère plus ancien que le quinzième siècle; des religieux de Bàle l'avaient payé deux florins du Rhin, et le docte J. D. Michaëhs estime qu'ils l'avaient payé assez cher. Le Codex Amerbachiorum ^, d'après lequel il publia les Actes et les Épîtres, remonte au treizième ou au quatorzième siècle ; il avait été la propriété des frères prêcheurs. M. Scrivener pense qu'Érasme a également consulté un manuscrit des Épîtres de Paul*, appartenant de même aux dominicains de Bâle, et qui est moins connu que les précédents. Pour corriger ces manuscrits, Érasme eut entre les mains, pour sa première édition, mais sans en faire, paraît-il, un grand usage, deux autres CodiceSy le manuscrit 1 des Evangiles, des Actes et des Epîtres % qui remonte au douzième ou au treizième siècle, et le manuscrit 4 des Actes et des Épîtres, du quinzième siècle, tous deux appartenant aux dominicains ; le premier, qu'Érasme
1. Absoloi collationem Novi Testamenti : nunc divum Eieronymum aggredior.