‹ La Bible dans l'IndeChapitre 29 sur 77 · AUTHENTICITÉ DBS LIVRES SACRÉS DES INDOUS · texte numérisé non relu

AUTHENTICITÉ DBS LIVRES SACRÉS DES INDOUS

Prouvez-nous Tauthenticité des livres sacrés de Tlnde si VOUS voulez que nous puissions admettre votre système, dira-t-on de toutes parts?

Les uns prononceront cette parole avec la plus entière bonne foi, d*autres s'en serviront comme d'un piège.

Je m'explique.

Si un écrivain européen se chargeait d'expliquer Moïse et la Bible, le Christ et sa mission, ainsi que les écrits des évangélistes, aux Chinois ou aux Japonais , les forts en logique parmi ces peuples ne manqueraient pas de lui dire : Tout cela est fort bon, mais prouvez-nous l'authenticité de tous ces gens-là et de leurs ouvrages, car nous sommes forcés d'avouer que nous n'en avons jamais entendu parler. S'il s'agissait de Boudha ou de Com-fu-tsé, ce serait bien différent.

Que ferait notre compatriote ?

Pour ne prendre qu'un exemple, infailliblement il s'exprimerait ainsi :

«Vous ne connaissez point le livre des Évangiles, savants Japonais et illustres Chinois, sachez donc que rien, cependant, n'est plus facile que de vous prouver l'authenticité de cet ouvrage. »

Quatre auteurs différents y mirent la main.

Le premier, qui est saint Jean, écrivit...

— Halte-là, feraient les interrupteurs ; prouvez-nous d'a-

If

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bord Texistence de cet homme, puis vous reviendrez à son \ livre.

jî — C'est trop juste. Saint Jean fut un pêcheur choisi par

a le Christ...

— Encore un nom! Si vous prouvez Jean par le Christ, prouvez d'abord ce Christ, nous ne le connaissons pas non

J plus.

— Je me rends à votre raisonnement, Chinois magnanimes. Ecoutez donc : La trente et unième année du règne d*Auguste, un enfant, dont la naisance avait été prédite par...

— Mais c'est toujours la même chose, s'écrieraient immédiatement les Japonais. Qu'est donc cet Auguste dont vous nous parlez?

— Vous y tenez, va pour Auguste... Ce prince, fils adoptif et successeur de César...

— Oh ! pour le coup, diraient les Chinois à leur tour, vous avez la manie des noms... Ne pourriez- vous nous prouver la véracité de votre livre et son existence historique sans tous ces messieurs dont nous entendons parler pour la première fois?

— Hélas, non I répondrait notre infortuné compatriote, et je vois bien que pour arriver à la preuve que vous me demandez, je serais obligé de vous faire un historique complet des anciennes civilisations de l'Occident, et encore, avec votre manie de m'arrêter à chaque pas et à chaque nom, arriverais-je infailliblement à des points obscurs que je ne pourrais expliquer, à des noms de héros, de législateurs et de rois dont je ne trouverai point les précurseurs.

Que feraient alors les Chinois et les Japonais ?

Ceux qui seraient de bonne foi diraient : C'est vrai !

Ceux qui auraient tendu le piège se retourneraient vers les assistants en leur disant :

« Cet homme se moque de nous et c'est le mensonge qui parle par sa bouche.»

Qu'on ne s'attende donc point à ce qne je vienne dire : Ce fut l.e Richi Bhrigou, dont l'origine se perd dans les temps les plus reculés de l'Orient, qui, le premier, recueillit les lois éparses de Manou qui déjà, depuis des siècles, étaient en honneur sur la terre de l'Inde. Après lui, Narada qui vivait avant le déluge, etc....

Ou bien encore :

Les Vedas, d'après les brahmes, furent révélés dans le crida-youga (premier âge), c'est-à-dire dans les premiers temps de la création. Le premier commentaire de ces livres religieux remonte au saint roi Bhâgiratha, contemporain de Bhrigou, etc....

Ce serait donner dans le piège que je viens de signaler et on ne manquerait pas de s'écrier avec joie dans certains camps :

« Hé ! vous nous la bâillez belle avec votre Bbrigou, votre Narada et votre saint roi Bhâgiratha ! Que peuvent bien être tous ces hommes que vous invoquez comme des autorités? »»

Et le tour serait joué.

Et comme je ne pourrais pas, en réponse, faire en deux articles de journaux un cours d'histoire de toutes les civilisations anciennes (ce qui demanderait la vie de plusieurs générations), pour réduire à néant les arguments de mes adversaires, on rejetterait le livre sans vouloir avouer que ce n'est point de ma faute si tant de gens vivent dans une si curieuse ignorance des antiques sociétés qui nous ont précédés de plusieurs milliers d'années sur la terre, sans vouloir avouer que ce n'est point de ma faute si on enseigne le grec et le latin, sans remonter à la langue mère, qui est le sanscrit; si on enseigne l'histoire ancienne sans remonter à l'histoire mère, qui est celle de l'extrême Orient.

Les preuves générales, les preuves les plus frappantes de l'authenticité des livres sacrés des Indous, je les ai données dans la première partie de cet ouvrage ; les études

auxquelles je me suis livré n'ont pas eu d'autre but. Je les ai données également dans mes recherches s^r les sociétés hébraïques et indoues, et dans les comparaisons qui les ont suivies.

Je les ai données encore par le sanscrit, langue dans laquelle ces ouvrages sont écrits, et qui ne se parlait plus et et ne s'écrivait plus plusieurs siècles déjà avant Moïse.

Au surplus, quand vous retrouvez sur une terre et chez un peuple les lois, les coutumes, les mœurs, les idées religieuses, les traditions poétiques de l'antiquité tout entière, n'êtes- vous pas fondé à soutenir que l'antiquité a puisé là?

Aucun peuple de cette dernière époque ne fut l'image complète de celui de l'Inde, et par conséquent aucun ne put revendiquer l'ensemble de ces coutumes que vous trouvez toutes éparses ici et là, à droite et à gauche, en Perse, en Egypte, en Judée, en Grèce et à Rome, coutumes que l'Inde seule possède dans leur intégrité et dans leur ensemble.

Et si à tout cela vient s'ajouter encore cette langue primitive, cette langue merveilleuse qui a formé non-seulement tous les idiomes de l'Orient, mais encore le grec, le latin, les langues slaves et germaniques , nous sommes en droit de dire : Voilà les preuves de l'authenticité que nous invoquons en faveur des livres sacrés des Indous. Trouvez-nous en donc de par le monde, et sur n'importe quel sujet, qui soient plus imposantes, plus sensibles, surtout après avoir bravé les révolutions de toute nature et l'outrage des siècles.

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