CHAPITRE XI
LA. PAROLE DE DIEU S ACCOMPLIT. — NAI&SANCE DE CHRTSTNA. — PERSÉCUTION DU TYRAN DE MADURA. — MASSACRE DE TOUS LES ENFANTS MALES NÉS LA MÊME NUIT QUE OHRISTNA.
(D'après la Bagaveda-Gita et les traditions brahmaniques.)
Un soir que la vierge priait, une musique céleste vint tout à coup charmer ses oreilles ^ sa prison s'illumina, et Vischnou lui apparut dans tout l'éclat de sa divine majesté. Devanaguy tomba dans une profonde extase et ayant été obomirée, dit l'expression sanscrite, par l'Esprit de Dieu qui voulait s'incarner, elle conçut.
Tout le temps de sa grossesse s'écoula pour elle dans un perpétuel enchantement; l'enfant divin procurait à sa
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mère des jouissances inânies, qui lai faisaient oublier la terre, sa captiTité et jusqu'à son existence.
La nuit de Taccouchement dé Devanaguy, et comme le nouyeau-né jetait son premier vagissement, un vent violent fit une trouée dans les murs de la prison, et la vierge fut conduite ainsi que son fils, par un envoyé de Vischnou, dans une bergerie appartenant à Nanda et qui était située sur le confin du territoire de Madura.
Le nouveau-né fut appelé Christna (en sanscrit sacré).
Les bergers, mis au courant du dépôt qui leur était confié, se prosternèrent devant Tenfant et l'adorèrent.
La même nuit, Nanda connut, par un songe inspiré par Dieu, ce qui venait d'arriver, et il se mit en marche avec ses serviteurs et plusieurs autres saints personnages pour aller chercher Devanaguy et son fils, et les soustraire aux embûches du tyran de Madura, ,
Ce dernier, en apprenant l'accouchement et la fuite merveilleuse de sa nièce, entra dans une rage indescriptible; au lieu de comprendre qu'il était inutile de lutter avec le Seigneur et de demander grâce, il résolut de poursuivre par tous les moyens possibles le fils de Devanaguy, et de le faire mettre à mort, crpyant éviter par cela le sort dont il était menacé.
Ayant eu un nouveau rêve qui l'avertissait d'une manière plus précise encore du châtiment qui l'attendait^ «« il ordonna le massacre, dans tous ses États , des enfants du sexe masculin nés pendant la nuit oit, Christna était venu au monde, rt pensant ainsi atteindre sûrement celui qui, dans sa pensée, devait plus tard le renverser du trône.
Guidée sans doute par l'inspiration perfide d'un rakehasas, qui voulait tenter de traverser les desseins de Viscknou, une troupe de soldats arriva à la bergerie de Nanda, et, bien que ce dernier ne fût pas encore arrivé, les serviteurs allaient s'armer pour défendre Deranaguy et son fils, quand tout à coup, ô prodige I l'enfant, que sa mère
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allaitait, se mit à grandir subitement; en quelques se- <îondes, il eut atteinirla taille d'un enfant de dix ans^ et courut s'amuser au milieu d'un troupeau de brebis.
Les soldats passèrent auprès de lui sans se douter de rien, et ne trouvant dans la ferme aucun enfant de l'âge ■de celui qu'ils cherchaient, ils s'en retournèrent à la ville, et leur insuccès leur faisait craindre la fureur de celui qui les avait envoyés.
Peu de temps après, Nanda arriva avec toute sa troupe, et son premier Soin fut de se prosterner avec les saints personnages qui l'accompagnaient devant la vierge et son divin enfant. Comme il ne les trouvait pas en sûreté dans ce lieu, il les emmena avec lui sur les bords du Gange, et c'est ainsi que Devanaguy put revoir les lieux où s'était écoulée son enfance.
N^us ne transcrirons point ici les nombreux récits qui ont trait aux premières années de Christna ; elles se passèrent au milieu de dangers sans nombre, suscités par ceux qui avaient intérêt à sa mort, mais il sortit toujours victorieux de cette lutte soit avec les hommes, soit avec les démons.
L'imagination des poètes, qui s'est plue à s'exercer sur toutes ces choses, les a entourées de tels miracles, de tels événements merveilleux, qu'une douzaine de volumes suflâraient à peine à les raconter.
Il est cependant un fait de l'homme-Dieu que nous ne pouvons passer sous silence, car les Jésuites, dans l'Inde, s'en sont servis et s'en servent tous les jours pour soutenir que le Christna fut de mœurs dissolues, et donna de nombreux exemples d'impureté.
Un jour, Christna, se promenant sur les bords du Gange, aperçut une cinquantaine de jeunes filles qui s'étaient mises complètement nues pour faire leurs ablutions, et quelques-unes d'elles, en cet état, riaient et folâtraient,
sans s'inquiéter si elles ne pouvaient pas être vues par les passants.
L'enfant leur en fit des remontrances, leur disant qu'il n'était point digne de se montrer ainsi sans voiles ; elles se mirent à rire et à lui jeter de l'eau à la figure.
Ce que voyant Christna, d'un seul geste il envoya au sommet d'un tamarinier tous leurs pagnes, épars sur le sable,, de façon qu'il leur fut impossible de se vêtir quand elles sortirent de l'eau.
Comprenant alors leur faute, les jeunes filles implorèrent un pardon, qui leur fut accordé moyennant la promesse qu'elles firent de conserver dorénavant un voile quand elles viendraient faire leurs ablutions au fleuve sacré.
Les Jésuites se sont emparés de cette légende, la racontant à leur façon, et soutenant que Christna n'avait ravi les pagnes de ces jeunes filles que pour les voir mieux à son aise dans leur nudité.
Cette explication qu'ils donnent est dans leur rôle, et elle ne peut nous surprendre ; ne pouvant admettre Christna, ils le combattent avec leurs armes habituelles... et on sait s'ils sont habiles à changer les textes ou à y voir ce que nul n'a jamais pu y trouver.
Ne les avons-nous pas vus tenter d'escamoter certains chapitres de l'histoire moderne?... Pourquoi s'étonner, si c'est le même esprit qui préside à leurs missions d'Orient.
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