‹ La Bible dans l'IndeChapitre 43 sur 77 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

OHRISTNA COMMENCE A PRÊCHER LA LOI NOUVELLE. — SES DISCIPLES ; ABDJOUNA , SON COLLABORATEUR LE PLUS ARDENT. — CONVERSION DE SARAWASTA.

A peine Agé de seize anS; Ghristna quitta sa mère et son parent Nanda, et il se mit à parcourir Flnde en prêchant la doctrine nouvelle.

Dans cette seconde partie de sa vie, la poésie indoue le représente comme luttant sans cesse contre l'esprit pervers, non-seulement du peuple, mais encore des princes; il surmonte des dangers extraordinaires , lutte à lui seul contre des armées entières envoyées pour le tuer, sème les miracles sous ses pas, ressuscitant les morts, guérissant les lépreux, rendant Touïe aux sourds et la vue aux aveugles, partout soutenant le faible contre le fort, l'opprimé contre le puissant et déclarant hautement à tous quil est la seconde personne de la trinité, c'est-à-dire Vischnou, venu sur la terre pour racheter l'homme de la faute originelle, chasser Tesprit mauvais et ramener le règne du bien.

Et les populations accouraient en foule sur son passage, avides de ses leçons, de ses sublimes enseignements, et elles l'adoraient comme un Dieu, en disant : — Celui-ci est bien le rédempteur promis à nos pères!

Nous laisserons de côté les événements miraculeux de la vie de ce novateur, qui, suivant nous, ne peuvent qu'appartenir à la légende, comme toules les actions du reste

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que Ton prête aux différents prophètes qui, à des époques différentes, apparurent sur le globe.

Je ne crois pas plus à Christna, Dieu et thaumaturge, que je ne crois aux autres incarnations ou aux autres envoyés de l'Être suprême, qu'ils se nomment Boudha ou Zoroastre, Manou ou Moïse, le Christ ou Mahomet.

Mais je crois à Christna philosophe et moraliste, mais j*admire ses leçons si sublimes et si pures que , plus tard, le fondateur du christianisme en Europe ne trouva rien de mieux à faire que de les imiter.

Après quelques années de prédication , le novateur indou sentit le besoin de s'entourer de quelques disciples^ fervents et courag'eux, à qui il pût léguer le soin de continuer son œuvre, après les avoir initiés à ses doctrines.

Parmi ceux qui depuis quelque temps le suivaient le plus assidûment dans ses pérégrinations, il distingua Ardjouna, jeune homme appartenant à une des plus grandes familles de Madura et qui avait tout quitté pour s*attacher à lui ; il lui conûa ses projets, et Ard jouna jura de consa* crer sa vie à le servir et à propager ses idées.

Peu à peu ils s'adjoignirent une petite troupe de ffdèles, qui partagea leurs fatigues, leurs travaux et leur foi,

La vie qu'ils menèrent fut rude, et on le conçoit, les enseignements égalitaires de Christna, la pureté de sa vie et de ses exemples avaient réveillé les peuples de leur assoupissement ; un souffle de force et de jeunesse commençait à circuler dans l'Inde entière, et les sectateurs du passé, ainsi que les rajahs, poussés par le tyran de Madura, ne cessaient de leur tendre des embûches et de les persécuter, car ils sentaient leur puissance et leurs trônes trembler sous le flot populaire qui commençait à monter.

Mais rien ne pouvait leur réussir ; il semblait qu'une force plus puissante qu'eux tous se chargeait de faire échouer leurs desseins et de protéger les proscrits.

Tantôt des villages entiers se soulevaient et chassaient

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le6 Boldats envoyés pour arrêter Christna et ses disciples; tantôt ces soldats eax-mémes, émus, entraînés par la parole du divin prophète, jetaient leurs armes et le suppliaient de leur pardonner.

Un jour même, un des chefs de ces troupes dirigées contre le novateur et qui avait juré de ne céder ni à la crainte ni à la séduction, ayant surpris Christna dans un lieu isolé, fut si frappé de la majesté de son regard qu'il se dépouilla de ses insignes de commandement et supplia ce dernier de vouloir bien l'admettre au nombre de ses fidèles. Sa prière fut accueillie, et à partir de ce moment, la foi nouvelle n'eut pas d'adepte et de défenseur plus ardent que lui.

Il se nommait Sarawasta.

Souvent Christna disparaissait du milieu de ses disciples, les laissant seuls comme pour les éprouver dans les moments les plus difficiles, et inopinément il revenait- au milieu d'eux pour relever leur courage abattu et les soustraire au danger.

Pendant ces absences , c'était Ardjouna qui commandait la petite communauté et remplaçait le maître dans les sacrifices et la prière, et tous se soumettaient à ses ordres sans murmurer.

Mais, ainsi que nous venons de le dire, ce sont moins les actions de la vie de Christna qu'il nous importe de connaître que sa morale et ses leçons.

Il ne venait pas fonder une religion nouvelle, car Dieu ne peut détruire ce qu'il a une première fois déclaré bon et révélé ; son but était seiAement de purifier l'ancienne de toutes les turpitudes, de toutes les impuretés que, depuis plusieurs siècles , la méchanceté des hommes y avait peu à peu introduites, et il y réussit malgré toutes les haines et toutes les attaques des partisans du passé.

A sa mort, l'Inde entière avait adopté sa doctrine et ses principes; une foi vivace, jeune et fertile en résultats

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s'était emparée de toutes les classes, la morale s'était épurée, Tesprit malin vaincu avait été obligé de s'enfuir dans sa sombre demeure, la régénération promise par Brahma était accomplie.

L'enseignement de Chrîstna fut simple et familier quand il s'adressa au peuple, philosophique et élevé dans ses entretiens avec ses disciples ; c'est à ce double point de vue que nous allons le considérer.

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