OÉEÉMONTES ET SACREMENTS DE L*ANC1EN CULTE BRAHMANIQUE
ï)ans les religions anciennes, comme dans les modernes, le culte revêt deux formes.
Par la première, sous le nom de cérémonies et sacrifices, il envoie à la divinité les prières et les vœux des mortels.
Par Ijv seconde, sous le nom de sacrements, il impose aux fld^l^s certains actes, certaine^ expiations ou purifi- i cations; il règle, ^n un mot, leur vie spirituelle, leurs rapports avec Dieu.
Nous allons voir quels furent les sacrifices et les sacrements institués par les successeurs de Christna dans la primitive É^se brahmanique.
Sacrifice du Sarvameda.
Dans la première partie de cet ouvrage^ nous avons écrit ceci :
Brahma est considéré par les Védas comme s'étant sa- ^3n&4 pour la création. Non-seulement Dieu s'est incarné et a souffert pour nous régénérer et nous ramener à notre source divine, mais il s'est même immolé pour nous donner ^ Texiâience, « sublime idée que Ton trouve exprimée, dit M. de Humboldt, dans tous les livres sacrés de l'antiquité. >»
De là, disent les livres saints :
u Brahma est tout à la fois le sacrificateur et la victime, de sorte que le prêtre qui oflBcie tous les matins aux cérémonies du Sarvameda, sacrifice universel symbolique de la création, en présentant son oifrande à Dieu, s'identifie au sacrificateur divin , qui est Brahma ; ou plutôt c'est Brahma, victime dans son fils Christna, qui est venu mourir sur la terre pour nous sauver, qui accomplit luimême le sacrifice solennel. >♦
Ainsi le prêtre à l'autel, dans ce sacrifice du Sarvameda, présente à Dieu son ofirande et ses prières en l'honneur de la création et de l'incarnation de Christna.
Nous retrouverons plus tard l'idée catholique appliquant le même sens symbolique au sacrifice de la messe.
Cette cérémonie est la plus importante de toutes dans 4a religion brahmanique : le prêtre ne peut y procéder chaque matin quîaprès un examen complet de toutes ses fautes et s'être purifié suivant le mode prescrit. Les autres ne sont que des sacrifices secondaires, tantôt en l'honneur de saints personnages parvenus au séjour de la bôatitudô, tantôt pour attirer la protection de Dieu sur les moissons et les fruits.
Les matières des sacrifices sont : l'huile ooi>sacrée>4'eau lustrale, l'encens et un certain nombre d'autres parfums, qui sont brûlés à l'autel sur des trépieds dVr. L'ofirande se compose d'une galette de riz, arrosée de beupre clarifié, que le brahme (prêtre) doit manger après Tavdir offert à Dieu et sanctifié par ses prières.
Plus tard, lorsque le brahmunisn^e réserva les pures doctrines, et ces simples cérémonies pour les adeptes et les initiés, et après les divisions du peuple en castes, le culte vulgaire adopta les sacrifices d'animaux, et ces derniers, après leur consécration, étaient partagés entre les assistants, que cette nourriture purifiait des souillures légères et involontaires.
aENÂSB TNDOUB 309
C'est cette seconde époque qui a inspiré TÉgypte et le culte de Moïse.
Nous nous sommes suffisamment étendu sur toutes ces choses pour n'y point revenir.
DBS SACBEMENTS
Purification des nouveau^nés par Veau,
Dans les trois jours de sa naissance, Tenfant doit être ondoyé, c*est-à-dire purifié par Teau sacrée du Gange, et quand i'éloignement empêche de s'en procurer, par Teau lustrale, qui a été consacrée par le brahme dans la pagode.
Cette coutume religieuse est fort ancienne dans l'Inde ; eUe date de l'époque védique, et Christnal'a consacrée en allant lui-même avant de mourir se plonger dans les eaux du Gange; elle est encore en honneur chez les Indous, qui ne manquent point de l'observer avec toutes les cérémonies du rite §incien.
-Les livres sacrés de l'Inde disent hautement que cette 06èéty répandue sur l'enfant, a pour but de le laver de la souillure otiginelle.
Quoi qu'il en soit, et que l'on considère ceci comme une simple abltttioïi, cette formaKté est imposée par la religion, et c'est le brahme qui l'accomplit; cela nous suffit pour la ranger parmi les sacrements.
Au surplus, cette coutume religieuse n'est pas isolée, et l'eau lustrale qui a purifié l'enfant continue à le purifier chaque fois qu'il en use pendant le cours de son existence. C'est de là, on n'en saurait douter, ce système d'ablutions qui a été adopté par toutes les religions orientales.
De la confirmation.
Bornons-nous sur ce sujet, et sans aucune réflexion, à citer deux textes : Tun des Védas et l'autre de Manou.
310 LA "BIBLE DAJîS l'iNDB
Atharva Véda (livre des préceptes) :
•« Quiconque, avant Tâge de seize ans, n'a point fait «onfinner dans le temple sa purification par Tonction de Thuile sacrée, Tinvestiture sanctifiée et la prière de la S&iStri, doit être chassé du milieu du peuple comme un comtempteur de la parole divine. »»
Malgré la division du peuple en castes et le pervertissement des anciennes doctrines, les l)rahmes conservèrent ce sacrement et retendirent à toutes les classes, hors celles des soudras ou prolétaires, des esclaves et des parias.
Le Manou, abrégé et transformé danâ leur intérêt, s'exprime ainsi :