Livre II, sloca 38 et
M Jusqu'à la seizième année pour un brahme, jusqu'à la vingt-deuxième pour un tchatrîas, jusqu'à la vingt-quatrième pour un vaisya, le temps de recevoir l'investiture sanctifiée par la Sàvitri n'est pas encore passé.
u Mais au delà de ce terme, les jeunes gommes de ces trois classes, qui n'ont pas reçu ce sacrement en temps convenable, seront déclarés indignes de l'initiation, excommuniés (vrâtyas) et livrés au mépris des honnêtes gens. >»
£n rapprochant ces deux textes, on voit que ce sacrement de la confirmation était le rapf^l de la cérémonie première accomplie au berceau de l'enfant, c'est-à-^ire la confirmation, de la purification faite dan« ]m trois joura de la naissance par l'eau lustrale.
PUBIFICATIONS ET ABSOLUTION DBS FAUTES
Confessions des fautes.
Suivant le brahmanisme , l'homme est soumis sur la terre à difierentes souillures, dont les unes atteignent Tàme et l'autre le corps.
Les souillures du corps sont effacées tantôt par l'eau
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simple, tantôt par Teau lustrale, suivant leur gravité, tantôt par Tabstinence et les macérations.
Et, à ce sujet, nous pouvons dire qu'on se ferait difficilement une idée des tortures et des flagellations que s'imposaient les ermites de Tlnde et que s'imposent encore les fakirs, leurs successeurs.
Les souillures de Tâme sont effacées par la prière, les voôux et les pèlerinages au Grange, ainsi qu'aux différents endroits illustrés par la vie et la mort de Christna.
Comme on peut aisément le concevoir, sous l'empire de cette religion absorbante, qui parvint peu à peu à dominer le corps et l'âme de ses adeptes, à réglementer 1^ habitudes les plus insignifiantes de la vie, l'homme n'était pas plus laissé juge de ses propres fautes qu'il ne lui était permis de commenter la sainte Écriture.
Car, comme dit Manou livre P' :
« La naissance du prêtre est l'incarnation étemelle de la justice-; le prêtre est né pour rendre la justice, car dans ses jugements il s'identifie avec Dieu.
« Le prêtre, en venant au monde, est placé au premier rang sur cette terre ; souverain seigneur de tous les êtres, il doit veiller à la conservation du trésor des lois civiles et religieuses. »
Comme juge religieux, le prêtre connaissait toutes les fautes, tous les péchés, et indiquait les expiations qui devaient être accomplies par les coupables.
Voici comment cela se passait :
Chaque matin, à l'issue du sacrifice, ceux qui se sentaient atteints de quelques souillures se réunissaient dans la cour de la pagode, près de l'étang sacré, et là, devant un cenacle présidé par le plus ancien des prêtres, ils avouaient leurs fautes et recevaient la purification qui leur était imposée.
La formule dont se servait le coupable était la suivante :
« Saints brahmes, gardiens de la divine Srouti (rêvé-
latiou), VOUS qui connaissez les sanscaras (sacrements) qui les expient, que dois-je faire? »
Suivait l'aveu des péchés commis.
Et le plus ancien parmi les brahmes répondait :
*i Illuminés par l'Esprit divin nous avons apprécié, et voici ce que tu dois faire. »»
Et alors, suivant la gravité de la souillure, le tribunal religieux imposait soit des ablutions, soit des mortifications ou abstinences, soit des amendes ou oflfrandes à Dieu, soit des prières ou des pèlerinages.
Les fautes que nulles purifications ne pouvaient enlevar (voir rénumération au chapitre V. de la première partie) étaient punies par le rejet partiel ou complet de la caste ; les vrâtyas seuls, ou excommuniés, tombaient au rang des parias.
Pour expliquer cette expression de sanscaras de la formule citée plus haut, et que nous avons traduite par le mot sacrement, nous ne pouvons mieux faire que d© citer Fannotation suivante de l'orientaliste Loiseleur Deslonchamps, le traducteur de Manou :
« Les sacrements (sanscaras) sont des cérémonies'purificatoires particulières aux trois premières classes (brahmes, tchatrias et vaisyas)... Le mariage est le dernier sacrement. »>
Nous avons donc eu raison d'appeler un êacrement l'absolution conférée aux Indous par le prêtre brahme, en suite de la confession publique de leurs fautes.
Nous verrons plus tard les premiers chrétiens adopter cette coutume, grâce aux nombreuses traditions de l'Inde que leurs premiers pasteurs avaient sans. doute été étudier en Egypte et en Orient.
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Du Mariage.
Le mariage fut aussi rangé au nombre des sacrements par la religion brahmanique; il est établi ainsi par le texte suivant des Védas :
t» Brahma a créé le mariage en créant Thomme et la femme pour la reproduction de l'espèce humaine. Aussi, pour rappeler Fœuvre divine , l'union des sexes , pour être valide, doit-elle être .consacrée par les prières du prêtre. **
Suivant la note de Loiseleur Deslonchamps citée plus haut, et que nous reconnaissons comme juste, le mariage est le dernier des sacrements; car, chose bien remarquable, le prêtre indou n'intervenait pas d'une manière directe au chevet des mourants. La religion brahmanique conférait en cette circonstance le titre d'officiant au fils aîné ou au plus proche parent du malade, qui étaient chargés d'accomplir le^ cérémonies funéraires, en exécution de cette parole de l'Ecriture :
u A l'heure de, la mort, ce sont les prières du fils qui ouvrent aux pères le séjour céleste. >♦
En résumé, les sacrements brahmaniques sont au nombre de cinq :
1° V onction du prêtre, sacré serviteur entre tous les serviteurs de Dieu. Nous avons vu comment on obtenait ce sacrement en étudiant l'éducation donnée au brahme dans la primitive Église;
2^ VaMutiofij ou baptême du nouveau-né dans les eaux du Gange ou dans l'eau lustrale;
3° La confirmation^ à l'âge de seize ans pour les brahmes, de vingt-deux pour les tchatrias, de vingt-quatre pour les vaisyas, de la purification accomplie au berceau du nouveau-né ;
4° h' absolution des fautes par \di confession publique ;
5* Le mariage.
Nous nous sommes peti étendu sur ce dernier «acre* nient, et* il est facile d*en comprendre la raison. ^La discussion ne peut naître sur oe point, car il est &vinê vérité vulgaire, qui n*a pas besoin de démonstration, de savoir que les sociétés antiques n*ont toutes considéré le mariage que comme un lien religieux.