‹ La Bible dans l'IndeChapitre 52 sur 77 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

FÊTES BT ciR&MONIBS BBAHMANK^UBS ACTUELLES

La masse des Indous ne possède plus aujourd'hui qu'un souvenir af^ibli de son ancien culte, et les brahmes, après aT<Hr perverti dans un but despotique Les principes les plus purs et les plus élevés, ont été, à leur tour, envahis par la dégradatiion jaaoïale qu'ils avaient favorisée pour le maintien de leur puissance. Lorsque les invasionfi eureat ruiné leur pouvoir politique, ils se réfugièrent dans les temples, multiplièrent les cérémonies et les fêtes, et luttèrent les uns avec les autres de faste et de splendeur pour e0fi«erver leur prestige religieux.

Il ne sera peut-être pcis sans intérêt de voir, par la description d'une fête indoue, à quel degré d'abrutissement les prêtres ont pu amener le peuple, s^rès avoir proscrit, pendant leur domination, toutes les libertés civiles et religieuses, et cela au nom de Dieu, qui a toujours été, en Europe comme en Asie, le grand mo4ïe«ir de toutes les castes sacerdotales.

Qu'on laisse proscrire chez nous ces mêmes libertés, et si nous ne descendons pas jusqu'à la dégradation «riestale, nous reviendrons, sans aucun doute, à la dégradejjon du

aBNÀSB INBOUS

moyeu âge, ài'^sekcvage relifieii» des wb 'et des pe«iples» À Torquemada, le ^smid i&quisit^ir, >et à ses ibourreaaixii, rnâigeaat kt torUire un crneMx à la maio. ' ï>t ^

Il me serait de tonte impos&iMlité de donner méwm Jia plas simple itomenclatui« des fêtes du csilte indau, iqui^ ^ reste, se ressemblent toutes avec plus ou moins de pompe et de solennité^ suivaitt la riehesse de la pagode oà elles sont célébrées et Tabondance des oflrandes des fidèles.

Les saints et les héros ont été tellement multipliés, que les trois cent soixante-einq jours de Tannée ne suffisent point à les honorer tous, encore bien qu'on les fasse passer par fournées et que chaque jour on en fête le plus possible.

Le brahmanisme ^n est arrivé à perdre presque complètement l'idée de Dieu, et à remplacer son culte par celui des Devas, ou anges, et des Richis, ou saints, et c'est infailliblement là que doit arriver toute religion qui refuse de se soumettre aux lumières de la raison.

No-QS allons prendre comme typ» une des fêtes, «elle de Chelambrum, dans le sud de l'Inde, qui, au milieu des superstitions de l'époque actuelle, a «ouservé cependant une eCfiparenoe de grandeur.

Cette iôte commence cinq ^cmrs avant la nouvelle lune •ée mai et ne finit ^ue cinq jo<urs £^irès, sans «cesser msm seule minute, sans accorder un instant de rep^ à la £ofiie immense de pèlerins et de dévots accourus de totts i«s points de l'Inde pour y assister.

Les huit premiers jours se passent dans TintédeuT du temple ; les Indons de haute caste seuls f sont admis : le menu peuple reste dans les cours de rédifice, se contentant d'entendre de loin la musique et les chants sacrés.

Le premier jo«r est consacré à Siva, et uniquement employé à célébrer son action bienfaisante sur la nature ; c'est grâce à lui que de la décomposition naît le germe qui fait ya i ge r le tm, si utiie à l'homme, lesfieurs parfumées «I lift §V9inds arbres qui ornent la terre de leur feuillage.

Pendant la nmi^ on olifante Tunion mystérieuse ifi Dieu avec la nature, et on salue le soleil lerani par Thymne au saint personnage Oartignaj, dont les prières débarrassèrent la terre du démon Eayamongasaura qui était Tenu tourmenter les humains sous la fome d'un monstre à tête d'éléphant.

Le second jour est employé à prier pour les âmes 4es ancêtres ; la nuit, on leur offre du riz bouilli consacré, du miel, du beurre clariûé et des fruits. Une fois voués aux mânes, ces aliments ont la propriété d'effacer toutes les souillures. Ou les distribue aux assistants, qui doivent les manger et aller se plonger immédiatement dan6 l'étang sacré qui se trouve sur un des côtés latéraux du temple. . Le troisième jour se passe à implorer la» Pqul^rs, divinités protectrices des villages et des campagnes, sorte de éieux pénates. La nuit, on bénit les images de ces dieux apportées par les ûdèles, qui les placent ensuite dans leurs maisons et sur lefi bords des champs pour en protéger les limites.

Le quatrième jour et la nuit qui suit sont destinés à célébrer la rivière de Tivcangy, dont les eaux ont ]mb mêmes propriétés purifiantes que ceUes du G«nge pour Mfiix que la pauvreté ou les infirmités ep pèchent de faire, au moins une fois dans leur vie, le pèlerinage au grand

Le cinquième 0our est celui des offrandes; les fervents se pressent en foule sous les portiques, apportant du riz, ée Fhuile, du bois de sandal, dont on. fait la poudre odorante qui brûle dans des trépieds d'or et des vases préûieux.

Les brahmes excellent dans l'art A^^jiKiettre en lutte l'orgueil des riches Indous, po^r les faii^ jrivaiisetf' de magnificence dans leurs présents. ; . î t, • Le. sixième jour, on prie pouir 'que let ontn^rises de ceux qui se sont particulièrement distiBguéjP.-p^- leuns

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dons ne soient traversées par aucun mauvais gënie, et un brahme anno&ce^ le lendemain, à la première heure du jour, quels sont ceux de l^nnée qui seront fastes ou né* fastes.

Le septième jour, spé^Mement destiné aux femmes qui n'ont pas encore conçu; est employé à conjurer Siva de l&tLT accorder une heureuse fécondité ; celles qui plus spécialement désirent mettre un terme à leur stérilité doivent passer la nuit dans la pagode sous la protection du Dieu.

Les brahmes profitent de Tobscurité et de l'émotion que le lieu excite en elles pour les prostituer entre eux, etae livrer à une nuit de débauches et d'orgies. Ils persuadent ensuite à ces malheureuses, craintives et crédules à l'excès, qu'elles ont reçu la visite d'esprits SBpéf leurs envoyés auprès d'elles par Siva lui-même.

11 n'est même pas rare que des femmes, de la plus haute caste et d'une ravissante beauté soient ainsi livrées à des étrangers, qui payent de très-fortes sommes aux prêtres pour être introduits secrètement dans la pagode pendant cette nuit.

Le huitième jour se passe tout entier à orner le char monstrueux qui doit, le lendemain, faire le tour de la pagode en portant la statue colossale du dieu Siva, traînée par ses adorateurs.

Le neuvième jour, à onze heures du matin, au bruit des fusées, des artifices, des chants et de la musique, deux mille Indous fendent la foule et vont s'atteler Au chan du dieu, haut comme un mcmumct, et couvert de seulptunAs allégoriques.

Tout à coup un cri immense ébranle l'air, les bayadères marcheht en cadence et font écarter la foule; les prêtres entonnent Phymne eninte, des milliers d'enceneoirs pro*-

jettent dans Tair la fumée de l'encens C'est le char

qui commence sa marche triomphale. Un, deux, trois cris se foni «ntendre..., la fotile applaudit à tout rompre : ce

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sooit àea fàHru. qjn Tieiureitt àe se pv^câpitdr so^ le ciiar

an ^ieu potfr S8 faire étfraser Le wkrig jadUit sovtfl^

roues, et au rîa^e de> suto' le même »oHi les dé^ots^ae précipitent pour tremper dans la liqueur humaine un lantbeau d^éioffe q\i'ï\& garderani eittime 'ene préeieuae relique. ' '

Quand le eliar saeté a t4H*niné sa course auÉoFur du temple, la eérémonie est terminée pour oe jout4à; il ùaÈ cependant vm peu de repcM powr se plféparer à la grande fête de nuit du lendemain.

C'est le monekent pour Tétrainger d'entrer dans le^eours et dépesdances du temple pour yisiter les sann^j^asis ei les fakirs.

Les sannjasis softl^des pèlerifiâr mendiants qui ont ac« compli le pèlerinage au Gange^ par «mte de vobuIC ta|B fhàs extraordinaires les uns que les autres.

Les uns sont allés jusqu^aux rives du ûeuTdsaeré enme^ fturant la distance avec leur corps.

D'autres oiart accompli le même voyage ei» marofeanisai^ les mains et les genoux.

D'autre» eneore en s'attackant les pieds et ea «autainr tout le long de la rovte. ou en se èondam^nant à ne nmi^ir et dormir que tous les trois jours pendant le temps ém parcours.

M II est lion de satoir qu'il y après de ^ eents liettea de diekimbruffî au bras le plus rappvoehé du Grange. -

Mais «6 n'est fmn eneore, et la felie de tous C4^ ^ena-là ei4 de beau^èup dépassée par le £anaMsme de^lakirs, qui restent impassibles et souriants au milieu des douleur» ks plue «troces, 'dea«uppliees le& plus elRnryaMà. ^

Voyez cette roue qui timJPne avec rapidité en ontrakMmt avee elk éinq ou six ^orps humfWB qui irou^iâeeilit la tM»re de ieur sang : ee sontdétf IMtljQB qui s'y «eut att»ehée avec deaeroebets de fer passée dan» lea cuisses, les reina ou les épaules. , , ,

A côté d'eux os, en remarqua un autre aasis sur une planche garnie (le fougues poiat^ de fer^ qui lui entreat fort avant dans ^ chairs.

Regardez cet hcnniuie qui pompe à Taide d*un chalumeau un peu de bouillie dan^ un plat; 11 s'est condaEMié au silence, et pour se mettre dans Pimpossibilité de rompre son vœu , il s'e»t a^ivé les lèvre* avec un fer rouge et l^s a cousues ensemble pour les souder^ ne lai^ant au milieu qu*un petit trou qui ne peut laisser passer que des alim^ents liquides.

Son voisin est réduit à manger dans un plat camntie les aflimâux, car il ne peut plus se servû? de ses oiains pendant de longues années; il les a liées avec des cordes en ûl de coco, de façon que les ongles de la çiain droite reposent p^ la pointe sur la paume de la main gauche, et réciproquement. Les ongles ont poussé et uni le;s deux nmins l'une à l'autre, en traversant les chairs et les nuiscles de part en pari.

. Quelles mutilations horribles ! au bout de quelques pas

le cœur se soulève de dégoût Mais avançons toujours :

il est de plus aâreux supplices encore, et pas une plainte, pM un cri; on dirait que ces homm^i^ ont vaincu la douleur,

Quelld est cette masse inerte étendue sur la terre et que l'on dirait privée dévie, si elle- ne semblait par instant respirer? Ses>ra^ ses jambes sont tordues et enkjlosés ; elle n'a plus ai nez ni oreilles ; les lèvres, coupées juste à Textrémité des gencives, laissent voir les dents qui s'ear

tr'ouvrent parfois Horreur! Ce cadayre n'a plus

de langue^ on diraR une tôte de mort^ Ëstn^e bien un .homme I.,..*

Tout p^ès est une femme qui n'a plus rien de ^<^^ sexe,

elle s'en est coupé qu lyï^iùà les attributs Soa.^rps n'est

qu'une vaste plaie. ..^., Les vers la rongent à demi vivante.

Un antre est étendu sur un lit de ehàrbons ardents; il les éteindra avec sa chair et son sang.

Près de l'étang qui sert à laver les statues des dieux et des saints et à faire les ablutions sacrées, un fakir râle sous une pile de bois qui pèse au moins deux ou trois cents kilogrammes, pendant qu'im autre, enterré jusqu'au cou, reçoit les rayons du soleil dané toute leur ardeur dévorante

sur son crâne fasé jusqu'à la peau

, Arrétons-^nous ; aussi bien la vue se lasse et la plume se refuse à. décrire plus longtemps de pareilles scènes

Qui donc peut pousser ces hommes â s'imposer de telles souffrances? Quelle foi fanatique et insensée, s'ils croient réellement être de cette façon agréables à Dieu I Quel courage et quel stoïcisme, si ce n'est que jonglerie!

On prétend que les brahmes, dont ils servent les desseins en émerveillant et stupéfiant la foule, les élèvent dès l'âge le phis tendre pour de semblables rôles, et qu'ils abrutissent le corps et fanatisent l'esprit de ces malheureux par la séquestration et la promesse de récompenses immortelles.

Pendant la nuit du dixième jour, qui est la dernière de la fête, a lieu la promenade de la statue de Siva sur l'étang de la pagode, dont elle doit faire sept fois le tour.

Je ne potirrai décrire dans tous ses détails l'étrangeté bizarre et grandiose de cette scène qui éclate tout d'un coup, conlme par enchantement, au milieu de feux de Bengale de toutes couleurs, et lancés par plus dé cent mille mains.

La nue est obscurcie par la fumée des trépieds d*or, où brûlent constamment des boules parfumées qui tournent sur elles-mêmes, traçant dans la nuit un cercle de feu; la foule bigarrée s'agite sur les gradins, trépigne, hurle en

l'honneur de Dieu Par instants les feux de Bengale

s'arrêtent, l'obscurité pendant quelques secondes est presque complète ; seule l'énorme statue de l'idole , splendide-

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ment illuminée ^ g^sse silencieusement sur les eâux ; à ses pieds sont les bajadères dans les poses les plus ravissantes ; puis les feux éclatent de plus belle, accompagnés de hourrahs frénétiques

Le septième tour va s'achever, les chants deviennent des cris, le délire arrive à son paroxysme ; hommes, femmes, enfants se précipitent dans l'étang pour se purifier dans

les eaux que Siva vient de parcourir Malheur au paria

qui aurait osé franchir les portes du temple; s'il était reconnu à cet instant, il serait infailliblement mis en ]^èces.

L'exaltation est telle, que même, g'il plaisait au brahme ofôciaat de désigner au nom du dieu les Européens qui assistent à la cérémonie à la colère de la foule, pas un seul ne sortirait vivant de cette enceinte.

Sur les quatre heures du matin, Siva est reco9duit en grande pompe dans les profondeurs mystérieuses de la pagode, d'où il ne sortira que Fannée suivante; les feux s'éteignent lentement, la foule s'écoule peu à peu au bruit des trompes sacrées et des tamtam, et l'étranger s'éloigne , ne pouvant se rendre compte dans les premiers moments des émotions si diverses qui sont venues Tassa^Hij».

Les plus grandes fêtes indoues du nord.de l'Inde, c'està-dire du Bengale, sont misérables en comparaison de celles du sud.

Dans le sud , où l'invasion musulmane s'était moins fortement établie, où l'intolérance des sectateurs d'Omar et

d'Haydar-Ali n'a pas rasé les temples et courbé les consciences sous la loi du cimeterre et du croissant, on dirait que la domination brahmanique a conservé quelque peu de son ancien prestige»

Là se sont réfugiées les traditions religieuses dans le cœur de quelques brahmes savants qui méprisent les superstitions de la foule, et conservent le précieux dépôt, dans l'espoir d'une prochaine régénération.

SI

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Là sont les grands monuments, les mines gigantesques, les dieux majestueux taillés dans cinquante pieds de granit* là enfin sont les restes de cette vieille civilisation brahmanique qui inspira TAsie entière, la Gh-èce, l'Egypte, la Judée et Rome.

C'est là, nous ne saurions trop le répéter, qu*il faudrait venir fîpuiller et étudier.

Les rares savants qtri sont venus vMter Tlnde se sont jetés invariablement sur Calcutta et le Bengale, c^ l'In^ dou, au contact européen, a ouvert des comptoirs et* s'est fait marchand de riz et d'indigo.

Ils n'ont pas compris que le nord de l'Inde a perdu son cachet rndou, que les templès^ musulmans ont remplacé les pagodes, que les cottages anglais ont remplacé

les palais des rajahs et qu'ils ne faisaient que visiter

le champ de batailîe de toutes les invasions qui ont décimé rinde, auxquelles a succédé l'agio européen.

Les fêtes du Bengale ne réunissent pas ces masses imposantes de populations que l'on remarque dans la pointe orientale de î'Indoustan, le Carnatie ou le Malajala par exemple.

Chaque famille les célèbre à sa manière et à part, et la vanité n'est pas pour peu dans cette séparation.

Les hautes castes ne veulent point du«contact des castes inférieures, le riche de celui du pauvre. Il faut qu'on dise, en voyant passer une statue ornée d'or et de pierreries, suivie par des gens habillés de cachemire et de soie : « Voilà la poudja (fête) du Babou un tel. » Si on fait du luxe, il faut que la foule sache bien qui le paye.

C'est un peu Torgueil européen qui est venu s'enter sur l'orgueil indou. Beaucoup môme, parmi les membres des hautes castes, dédaignent de se montrer en public à la suite de ces processions, et payent des remplaçants pour suivre l'idole en leur nom.

La seule solennité du Bengale qui ait quelques splen-

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d^uxA ôt UQ« eertaine affludncQ de dévots, est la poodja de septâmbre» fête de Brahma et de la siature; maôs rien de véritablement original ne la diâtingue; ce n*est qu'un tissu de faroes grossières et souvent même dégoûtantes.

Il faut avouer ^ue les. Bengalis ont une singulière manière d'honorer Dieu : ils exhibent pour la oirconstance, sans respect pour les femmes et les enfaut^ les images les plus dégoûtantes et les. plu£ abscèBes, et représentent sur des tréteaux des scènes doat Timpudeur dépasse toutes les bornes. Ainsi j'ai vu un jour à Hpugly^ petit village des rives du Gange, célébrer cette £ôte de la manière suivante. Uu homme et une femme représentant Vun Brahma, l'autre la Nature, se livrèrent sur une estrade publique à l'acte de la génération, et c'était, me dit-on, poiXr honorer le germe fécondé par Dieu dans la création

Que peut-on attendre d'un peuple arrivé à un pareil degré d'abrutissement ? Et qu'on le sache bien, il y est arrivé par l'abus de l'idée religieuse et la domination des prêtres.

Jamais le règne de la raison n^eût pu conduire à de pareilles orgies, à un tel oubli des saines doctrines et de la dignité de soi-même.

Et qu'on ne vienne pas nous dire que nos civilisations éclairées d'Europe ne pourront jamais engendrer une pareille décrépitude. ... Qu'on laisse se produire les mêmes causes, et nous verrons se produire également les mêmes effets.

Souvenons-nous donc des Mystères joués au moyen âge par les confrères de la Passion et les clercs de la basoche dans le sanctuaire même des temples, et qu'on finit par

proscrire à cause même de leurs obscénités Et, chose

triste à dire, ces proscriptions émanèrent d'ordonnances royales et non des censures religieuses

Si le libre examen ne fût point parvenu à se faire jour, si on avait continué à torturer et à brûler pour un texte

m LA BIBLB DANS L'iNDB

de la Bible, si les rois eussent, comme dans FInde, accepté la tutelle sans murmures et sans luttes, où serions-nous?... Répondez, où serions-nous?

Nous avons traversé cette période, dira-t-on, et les peuples qui ont conquis la liberté religieuse et civile ne retourneront pas en arrière I

Qu'en savez-Tous?

Est-ce que Tlnde n'a pas eu son époque de libre examen, de discussion et de liberté?.-.... La caste sacerdotale a lutté sans relâche; patiente, elle a poursuivi son œuvre, les siècles ne Font pas lassée, et elle a vaincu

La lutte menace de s'engager de nouveau entre la liberté et le despotisme religieux. Que dis-je? elle est déjà engagée de toutes parts.

La plus imposante manifestation du siècle va se faire dans quelques mois à Home contre les principes de 89.

Veillons! et préparons la défense.

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