Tome aux soards et chassa lei démons du corps des possédés
Accusé par les pharisiens et les prêtres juifs de soulever le peuple pour se faire élire roi, il fut arrêté et remis à Ponce Pilate, gouverneur de la Judée pour les Romains ; celui-ci le renvoya à Caïphe, grand-prêtre des Juifs, qui le fit juger et condamner à mort par le sanhédrin ou conseil des anciens. Attaché sur une croix entre deux voleurs, il mourut en pardonnant à ses exécuteurs.
Trois jours après sa mort, il ressuscita, ainsi qu'il Tavait promis à ses disciples, et quarante jours après sa résurrection, il monta au ciel, après avoir recommandé à ces derniers d'aller instruire tous les peuples dans la foi nouyelle.
Tels sont, d'après les évangélistes, les principaux événements de la vie du novateur chrétien*
Le bon sons me force à déclarer que les apôtres ne furent pas de bonne foi ea entourant le Christ de ce cortège de miracles et de merveilleux, contraire aux lois de la nature et de la raison, dans le but évidont de fasciner la foule et de se gagner des partisans.
Ce rôle n'avait même pas le mérite de la nouveauté; combien d'autres, en effet. Font joué avant eux et avec un égal succès I
Quoi I me dîra-t-on, les évangélistes ne sont donc pour vous que des imposteurs ?
Ce n'est point là ma pensée. Je soutiens seulement que ces hommes, dans un but louable sans doute et pour assurer le succès de leur mission, ont eu recours, comme tous leurs devanciers, aux prodiges, aux miracles apocryphes pour se rattacher à la divinité, et qu'ils ont fait un Dieu de la douce et sublime victime des prêtâmes d'Israël.
Ah 1 si le fait était isolé dans l'histoire de l'humanité, tans croire à deux genoux, peut-être hésiterions-nous à nier et à combattre !
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Interrogeons donc le passé.
Il est constant qu'en remontant aux époques les plus reculées on trouve dans toutes les théogonies des différents peuples qui couvrent le globe cet espoir de la venue d'un Dieu sur la terre, espoir qui naquit sans doute des aspirations des nations primitives qui, à la vue de leurs imperfections, de leurs souffrances, devaient naturellement, dans un élan de foi et d*amôur, s'adresser à TÊtre suprême ou créateur de toutes choses. La légende primitive de Brahma, promettant un rédempteur à Héva, n'a été que le résultat de ces aspirations, la manifestation poétique de cette croyance à la possibilité de Tin carnation divine.
Les résultats de cette croyance générale furent nombreux. Christna paraît, se proclame le rédempteur promis, se dit issu de Dieu, et Tlnde entière le reconnaît et Tadore comme tel.
Bouddha vient à son tour avec les mêmes prétentions; chassé de l'Inde par les brahmes, il s'en va prêcher sa doctrine dans le Thibet, en Tartarie, en Chine et au Japon, et ces pays le divinisent, le reçoivent comme le Messie attendu depuis des siècles.
Plus tard, Zoroastre, soulevant la Perse contre l'autorité brahnianique, se présente comme un envoyé du Seigneur, et donne au peuple ses Nosks ou livre* de la loi qu'il a écrits sous la dictée de Dieu.
Manès en Egypte, Moïse en Judée continuent la tradition, s'intitulent messagers divins et prophètes, et les peuples continuent à s'agenouiller et à croire
En dernier lieu, le Christ paraît... Sa vie est courte; à peine a-t-il eu le temps de prêcher que les Juifs le mettent à mort, mais ses disciples sont là; suivant la voie toute tracée par les incarnations précédentes, ils relèvent sa mémoire par le miracle et le prodige, et font un Dieu de cet homme juste qui, sans aucun doute, n'avait jamais eu
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pareille ambition de son vivant. Mais, comme nous le verrons bientôt, ils furent malhabiles, et en copiant trop l'incarnation indoue, ils vont nous permettre de retrouver la source de leurs inspirations, et c'est d'eux-mêmes que viendront les preuves les plus sérieuses de leurs précédentés études en Egypte et en Orient.
Nous dira-t-on que. si les apôtres avaient créé leur Dieu, ils ne seraient pas pour la plupart morts pour leurs convictions?
En religion comme en politique, cet argument est sans valeur : rien n'est facile comme de faire un martjr d'un sectaire. La persécution a toujours pour résultat de mettre Terreur sur le pavois au même titre que la vérité et de lui créer d'ardents défenseurs.
Vous ne croyez point que Christ na soit un dieu, n'est-ce pas? que Bouddha, lui aussi, soit descendu de Yischnou? que Zoroastre ait été envoyé par Ormuzd? Expliquez-moi donc alors comment les partisans de ces hommes ont pu mourir pour la défense de leur foi, éteindre les bûchers de l'Orient par leur sang et lasser leurs bourreaux.
Dites-moi le secret de toutes les victimes faites par toutes les intolérances religieuses, les secrets de tous les dévouements aux mauvaises causes, aussi nombreux que les dévouements aux bonnes.
Dites-moi comment il se peut faire que les premiers et bien rares fidèles de Mahomet soient tombés à la Mecque pour défendre le prophète qui, cependant, s'était lâchement enfui devant la fureur populaire.
Plus près de nous encore :
Voyez-vous bien cette figure énergique de Jean Huss, ce prêtre catholique brûlé par le catholicisme, parce qu'il refusait de rétracter ses prétendues erreurs.
Pourquoi ne s'est-il pas sauvé, quand d'un mot il pouvait le faire !
Et les Juifs du moyen âge mourant pour la loi de Moïse.
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çue le mime eatkolicUme reconnaît y tout en la proscrivant.
Et les Vaudois, et les Camisards, et les protestants d« la Saint-Barthélémy
Et les sinistres héeatombes de l'inquisition.
Dressez do»c la liste de tous les martyrs morts pour un« idée, alors que d'autres avaient succombé la veille pour une idée contraire.
Et dites -moi si on ne meurt point avec courage pour Terreur comme pour la vérité.
Croyez-le bien, les chefs d'une révolution n'hésitent jamais à mourir pour elle, à narguer la mort, en face surtout de la foule qu'ils ont conquise à leur opinion. Et les apôtres furent chefs de révolution I
Quand bien même ils l'eussent désiré, il leur eût ^é impossible d'éviter la croix, l'arène ou le bûcher; impossible de dire à tous les chrétiens qui les regardaient mourir ; M Nous vous avons trompés, et nous sommes les pre* miers à rétracter nos croyances. »
Et du reste, en sacrifiant leur vie à leur cause, n'avaientils pas un mobile qui devait suffire à leur dévouement? Ils succombaient pour la morale qu'ils étaient venus fonder, ils mouraient pour la régénération de l'hunaanité, et c'est en cela qu'ils furent des croyants, mais en cela seulement.
Puisque l'on affronte les tortures et les bûchers pour toutes les idées , puisque toutes les croyances , toutes les religions ont eu leurs martyrs, n'ai-je pas le droit de soutenir que la mort des apôtres, victimes de leurs tentatives religieuses, ne prouve rien pour la divinité de Jésus?
Oette divinité était nécessaire à leur œuvre; le passé tout entier était là pour leur enseigner qu'on ne réussissait point sans cela, qu'on ne pouvait séduire les peuples sans l'apparat et le merveilleux. Après la mort du Christ, ne s'attribuèrent-ils point à eux-mêmes le pouvoir de faire des miracles ? A qui fera-t-on croire que Pierre continua
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à ressusoiter les morts, à guérir les estropiés, à chasser les démons?
Un exemple entre tous :
u Simon le Magicien, qui opérait lui-même des prodiges, s'étant fait baptiser par le diacre Philippe , demanda à saint Pierre de lui accorder le pouvoir de faire des miracles semblables aux siens; ayant été pour cela maudit par le chef des apôtres, il se sépara de la communion des fidèles et se mit à prêcher pour son compte, en se disant lui aussi le Fils de Dieu.
« Ayant provoqué saint Pierre en présence de l'empereur Néron, grâce à son pouvoir magique il s'éleva à une grande hauteur dans les airs, en présence d'une grande affluence de peuple.
t Mais saint Pierre ayant fait une prière à Dieu, Simon le Magicien tomba au milieu de la place publique et se rompit les jambes. »»
De pareilles absurdités ont-elles besoin d'être discutées? Et un homme de bon sens oserait-il franchement croire à ees fables ridicules ?
D'où vient ce pouvoir magique de Simon ? Du diable , nous dira-t-on.
Pauvre diable ! quelle piteuse figure on te fait faire ; pendant des siècles tu oses te hasarder sur la terre, t'installer dans le corps des gens , faire des miracles , lutter avec Dieu Puis tout d'un coup tu t'enfuis honteusement devant l'institution de la police et de la gendarmerie Et tu n'es plus aujourd'hui qu'une figure de rhétorique à l'usage de Veuillot et de Dupanloup.
Il y a bien encore quelques thaumaturges, quelques sorciers par ci par là, mais ils n'osent plus travailler en grand, la siûdème chambre sait trop bien les exorciser.
Laissons tous ces miracles, tous ces sortilèges, qui ne peuvent se produire qu'aux époques obscures de l'humanité, quand les peuples, abrutis sous le joug ou énervés
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par le despotisme , cherchent des directeurs ailleurs que dans leur conscience et dans les lumières immortelles que Dieu a déposées en nous. La civilisation, le progrès par la liberté, font bonne justice de toutes ces choses, qui ne peuvent supporter le grand jour, Texamen et la discussion.
Nous allons voir comment les apôtres de Jésus, brisant avec le judaïsme et s'inspirant des primitives traditions des livres sacrés de l'Orient, imprimèrent à leur nouvelle Église le cachet pur et simple de Vantique société indoue, de la société christnéenne.
L'antiquité tout entière avait puisé à cette grande source, dédaignant la splendeur du védisme, à qui elle avait à peine emprunté quelques grandes traditions; elle avait préféré copier le brahmanisme despotique et sacerdotal.
Les apôtres , et c'est là leur plus grand mérite à mes yeux, surent au contraire remonter aux Védas et à Christna, et s'ils ne rejetèrent point le merveilleux de cette époque, parce que le monde n'était point encore préparé à une régénération complète par la liberté de la pensée, du moins surent-ils se faire excuser par la pure et sublime doctrine qu'ils retrouvèrent dans les livres sacrés des temps passés, et qu'ils eurent le courage de prêcher sans nul souci de leur fortune et de leur vie.
Voilà la vérité sur ces hommes, dont on ne saurait trop admirer l'intrépidité et le dévouement, tout en regrettant qu'ils n'aient pas osé fouler aux pieds les vaines superstitions de leurs devanciers.
Voilà le sillon qu'il faut creuser. Peut-être ne ferai-je point la lumière aussi claire qu'elle m'apparaît. A d'autres la continuation de l'œuvre. Faites du sanscrit une langue classique, établissez une école supérieure dans l'Inde, envoyez-y des hommes d'élite qui révéleront au monde les milliers de manuscrits que cet antique pays nous a légués...
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Et vous verrez si Tavenir ne me donnera point raison. Répétons-le jusqu'à satiété, si le monde ancien fut notre foyer générateur, à nous nations modernes, Tlnde ancienne fut l'initiatrice de tous les peuj;)les, de toutes les civilisations de l'antiquité.