CHAPITRE VII
QUELQUES PBEUVES PABTICULIÈBES DE l'iNFLUENCB IN- BOUE PAR L*ÉaYPTE SUR LA SOCIÉTÉ HEBRAÏQUE
Les mœurs et (jontnmesdela Judée rappellent tellement celles de llnde qu'elles suffiraient à elles seules pour soulever tous les doutes que Ton pourrait conserver sur la colonisation du monde ancien par des émigrations venues deTIndoustan.
Nous avons vu lep grands principes de cette vieille civilisation dominer la Perse, TÉgypte, la Grèce et Rome : la Judée va nous montrer la même influence jusque dans lés moindres détails de son organisation sociale. Nous cueillerons au hasard et sans ordre parmi ces nombreux points de contact et ces ressemblances, si frappantes qu'il est impossible de ne pas affirmer plus vigoureusement encore cette unité d'origine de tous les peuples de Tantiquité, que nous avons, dès les premières pages de ce livre, posée presque comme un axiome.
Mariage des veuves chez les Héireux et chez les Indous, Nous lisons dans la Genèse Biblique :
« Juda fit épouser à Her, son fils aîné, une fille du nom de Thainar. Her, fils aîné de Juda, fut un très-méchant homme, et le Seigneur le frappa de mort.
« Juda dit donc à Onan, son second fils : Ëpousez Thamar, la femme de votre frère, et vivez avec elle, afin que voiis suscitiez des enfants à votre frère.
> Or celui-ci, cohabitant avec la femme de sou frère, et sachlmt qae
MOSES OU JUQÏâE ^T LA. SOCIÉTÉ HÉBBAIQUB 163
les enfants qui naîtraient d'elle ne seraient point à lui, mais seraient oeasês appartenir à son frère, serMn fundebat m terram. »
Naus lisons encore au livre de Ruth ;
c Bm» dit : Je prends pùùr ÛSAme "BoXii Iw Moabite, f«nme de Maha- Vm^ afia de faire revivre le nom du défunt dans son hérita^ et que «gui nom ne s'éteigne pas dans sa famille, parmi ses frères et parmi son peuple. »
. Maints autres passages de la BiblQ nous démoutrent que ce fut une loi, pour le plus proche parent de tout homme mort sans postérité, d'épouser la veuve de ce dernier pour lui susciter des descendants. Les ejafant& q,ujL venaient à naître étaient considéras comme les ûh du défunt, ^t »e partageaient son l;iéritage.
D'où vint cette coutume, quelle fut la raison de c^tte obligation imposée par le législateur? Nousi avons beau fouiller tous les livres de l'Ancien Testament , Us ne peuvent nous apporte^ aucune lumière sur ce sujet- .La^|>l,upaJ?t des commentateurs^ s'en rapportant aux motifs donnés par Booz de son mariage avec Ruth, croient que l'union d'une veuve avec le frère ou un parent de son mai^i décédé n*avait en effet d'autre but que celui de perpétuer la race de ce dernier.
Cette opinion ne saurait nous satisfaire.
L'intérêt particulier d'un homme qui n'existe plus étaitil donc si *grand qu'un frère, et à son défaut un parent, fussent obligés de se sacriûer pour cpntinuer sa descendance ?
Est-ce que ce frère ou ce parent ne devaient point tenir aussi à ne point mourir sans postérité ? Pourquoi donc les forcer à un mariage qui, en continuant la famille d'un autre, devait tarir la source de la leur?
Cette coutume, dont le judaïsme ne peut nous donner l'explication , est le résultat d'une fiction qui tire son origine des croyances religieuses des Indous, apportées en Egypte par les émigrations ; elle passa dans les mœurs et
164 LA BIBLE DANS l'1OT>ÏS
fut adoptée par les Hébreux , bien que la croyance qui lui avait donné naissance eût été abandonnée ou oubliée.
Chez les Indous, un père ne peutpaF<9^efiir au séjour céleste quasar les sacrifices expiatoires et les oérémoaiies funéraires que son fils accomplit sur sa tombe et qu'il àM renouveler à chaque anniversaire de sa mort. Ces sacri» ûces enlèvent les dernières souillures qui s'opposent à c^ que l'âme puisse, par sa réunion au Grand-Tout, g6ùt0r la suprême félicité promise à Thomme j'u^e.
Il est donc de toute nécessité que chaque homme ait un fils qui puisée lui ouvrir les portes de Timmortel séjour de Brahma. C*est pour cela que la loi religieuse fait appel au dévouement du frère ou du plus proche parent du défunt, notant d'infamie celui qui se refuserait à Taccompliâsement de ce devoir sacré.
Chez les Hébreux, tons les fils qui naissent d« la yeûre appartiennent au mari dont la mort Ta privée, ce qui est absurde, puisque, pour continuer la postérité d'un homme, on éteint la postérité d'un autre. '
Chez les Indous, au contraire» le premier fils qui naît ainsi a pour père le premier mari de sa mère, il hérite ide lui et doit accomplir les cérémonies mortuaires; mais tdbs les autres enfants qui peuvent voir le jour par la suite appartiennent au frère ou au parent qui a épousé la veuve, et, de cette façon, son dévouement n'est point la ruine de ses propres intérêts; Si, après avoir procréé Un fils, il ne peut en obtenir d'autres , la loi lui permet d'en adopter un qui portera son nom et sacrifiera à ses funérailles.
La coutume hébraïque est un non-sens, puisqu'elle déclare enfants du défunt tous ceux qui viennent à naître de sa femme, sans s'inquiéter du père naturel, qu'elle prive ainsi de toute descendance.
La coutume indoue est rationnelle et logique, ptiisqu-'elle sauvegarde les intérêts des deux , et de plus elle donne un motif à cet acte, qui serait incompréhensible sans- la
MOSES OU ItOÏSE BT LA BOCJÈTÉ HÉBRAÏQUE 165
crx^yn^itce religieuse , taDiii« que la Bible ne se cî*oit pas tenue a« des éelaimBsements, que, du reste, elle eûtpeut^ être éié fort embarirassée, de donner.
Oa voit clairement que ce n'est qu'une tradition indoue OOiUServée, bien qu'on ait perdu de yue le but.qui la légitimait et la rendait accceptable. Et Onaa n'eût certaine- 9ient point songé à proloiager la stérilité de Thamar, si la ]f9i n'eût attribué à son fx'ôre que le preBaier-»né des enfants qui pouvaient naître de ses osuvres.
' Animaita impurs dont il eêt défendu de manger
d'après la Bible.
Moïse défend de manger cajmme impurs tous les animaux ruminants qui n'ont point le sabot fendu et le pore, q^i, l^ep qu'ayant le ^bott fendttj ne r^imdne point. : Parmi les poissons, il tolère oeux qui ont éeaiUes et iiegec)iir:es, repoussant tous.les autres, comme impurs.
Entre les oiseaux, voici eeux que sa défense atteint : : Liaigle, le griffon et le faucon;
X$ inilan, le vautour, et to««^ ceux.de son. espèce ; .. Le OQ-irbeau, et ceux qui. lui ressemblent;
L'autî^uche, le bibou, le lairus, l'épervier et tous ceux de mémera<îe; ,
. Le.fihat-buant, le cormoran, l'ibis;
Le cygtie-^ le butor, le porpbyrion ;
Le h^ron, la cigogne^ la huppe et la phauve-souris;
Tout ce qui vol^ et marche en même temps sur quatre pieds, , .
Parmi les animaux qui remuent sur la terreront impursy et.pap. con^équ^nt prohibés : ,
La belette, la souris , le crocodile et tous ceux d'espèces semblables;
La musaraigne^ le caméléon, le stellion, le lézard et la taupe.
Tout homme qui tnange de ces anîmanx est déclaré Im:pur comme eux.
Tottt homme' qui les touche lorsqu'ils sont morts efst iaiçFHf Jusqu^à la chute du jour.
Tout vase qui les contient est impur et doit être brîsé.
Animaux impurs doni il e&t ddfeoiiu de «lanj^er, d'4^è$ Ma»m^ et Us preAibUion^ hrahmtmiquM. ,
Tout à'WÎdja(eB sanscrit: homme pur, homme sanctifié, régénéré) doit s'abstenir des quadrupèdes au sahot non fendu , excepté cependant de ceux que permet la sainte Écriture.
Le porc domestique (par opposition au sanglier, qui est permis) est déclaré impur, quoique ayant le sahot fendu.
Tous lès oiseaux carnivores sans exception , tels que le milan , le vautour et Taigle , sont prohibés. Tous ceux également qui frappent avec le bec et déchirent avec leurs griffes.
La même défense atteint le moineau, qui est dit, chose bien remarquable , protecteur des moissons y car il détruit les insectes nuisibles.
Puis le cygne, le perroquet, la grue, lé corbeau, le titti- . bha, oiseau à huppe, le datyouha ou pivert, et tous ceux dont la langue attire .les insectes.
Tous les poissons, excepté ceux de l'espèce pâthîna et rohîtà, c'est-à-dire, ayant comme eux, écailles et nageoires, ne peuvent entrer dans la nourriture de ceux qui suivent la règle proscrite.
Tous les animaux enfin qui rampent sur la terre ou la creusent de leurs griffes sont proscrits comme plus impurs encore que tous les autres.
Toute impureté occasionnée à l'homme par son contact vec un corps mort dure dix jours et dix nuits, ou quatre
M08ES OU UOÏâMI BT LA SOCXilé HÂBBAÏQUB 167
joun, ou^n jour lealement, soiy^U céputatioii de sa^
gesse et de vertu dont il jouit.
Le y^tsie de aulrre, d'argent om d'or qui ^ contenu ou simplement touché les corps impurs, doit être purifié Hkm U mo^e établL
Le rase de terre doit être brisé et enfoui profondément dans le sol, car rien ne peut le purifier.
Que dire en face de tels rapprochements ?
Objectera-t-on que toutes ces prohibitions d*animaux ne sont que des règles d'hygiène, communes à tous les peuples de VOrient? Cela n'empêchera point l'Inde d'avoir été rjAitiatrice, d'avoir la première indiqué la voie.....
U' ne reste qu'un moyen de Tenvarser tout cela, c'est de nier l'antiquité de Tlnde. Je m'attends bien à quelque chosa de semblable de la pa»rt des souteneurs jurés de certaines castes; je les prierai alors d'aller plus loin, et de me démontrer que le sanscrit est né de l'hébreu*..* Qui sait si J« ne verrai pas cette plaisantex^ie se réaliser.
Épreuves des femmes soupçonnées d'adultère.
Nous lisons dans la Bible, livre des Nombres :
< La nari mènerft m femme devant le prdtre et présentera poar elle en offrande la dixième partie d'nne mesure de farine d'orge, U ne rependva point rhnile par dessufi, et il n'y mettra point d'encen», parce que c^est an sacriiice de jalousie et une oblation pour découvrir l'adultère.
< £t ayant pris (le prêtre) de l'eau sainte dans un vaisseau de terre, il
y mettra un peu de terre du pavé du Tabernade Et il dira à la
femme : u Si un homme ne s'est point approché de vqus , ces eaux
c amèrea, chargées de malédictions, ne vous nuiront point Mais si
« vous vous êtes retirée de votre mari , que votre ventre enfle et
« crève, et que votre cuisse pourrisse, i
- « JËt il les lui donnerH à boire » *
Kous lisons dans Gauttama (Commentaires sur Manou] :
t Ce fut une eoTitum& ancienne d^ conduire la femme aoousée de 8*être souillée, en recevant les embrassements d'an autre homme que de son
ÏÛ ''■ ""l'à !fe!rôtà iykik^ t^mi^ '"•' '-'"•''**
maîi, h. H pok-të dé H |>tt^e, et d« la fi^Tèi^ ^(ibit^blnër lUfewBtttitekirl Ce denùer jetaii; daoaa un vase d'eau puisée ^r^ jun^^oiQ^e ^%, clajs^^ Pf^ées (paria](,^ne tige de cousa (herbe sacrée), avec un peu de terre ramassée dans le 'pas d'un animal hnmoïide, èl'à'doiînaïe cette ^àu èL'boirfebà la #émtee i^ -Im* dieiint >r « Bl 'tai matrice nîti p<iitit'rdçu!de ^mtnce e^taraaj^iarfii c cette eau maudite sera pour toi aus«i douce que Taucrita (ambroii^ie)r
€ si au contraire tu as reçu, la tache impure, tu mourras , et tu re-
t' naîtras dans! le vehtffe d'ùti chacal; mars,'Brant, ton' cdrp^ serti -affligé l 'd'élépl^antiasis éttottibâvâ^iaD ;>oul7fitiure^.ii lAxôonfd'JuiU UJIpi(ft[^aAb$è tifué à eemod^ religieux, etc.,., ». . , ., ,., .
• - ' • • I ■ ' ' i • ■ ' i : ij
^V^imv.^ii A^c^^^ gpi toucAmt les. morts,' d'après la fiibU
.{livre des Nombres), : . , ^^ , j^ ,
Celui q^ui touche le corps d^'ùti homme mort est lÀipur pendant siepl jours; iT'dôit,4)our se purifier, recevoir l'asperçion de Teau d'expiation, *
Tous ceux qui entrent dans ïa fente d*un homme ïnort, et tous les vases qui s^ trouvent, sont impurs pendant sept jours.
Tout homme impur repd impur tout ce qu'il touôhe.
Impureté d^ ceux qui touchent ïès morts, d'après Manou
et les traditions brahmaniques,
L'impureté occasionnée par l'attouchement du corps d'Tin mort a été déclarée par la loi dut'er^ix jo«TS{Manoa, livre5').
Les hrahmes sont puriflés en trois ^otétB,
Ceux qui entrent dans la maison d'un Yaysias ou d'un soudras décédé sont Impurs pendant dix jourfi.
Ceux qui entrent daûs la maison d'un roi après sa naort sont souillés pendant trois jours. '
L'impureté qu'occasionne le corps d'un brahme ije dire qu'un jour.
Lorsqu'un homme meurt, tous les vases contenus daîws sa maison sont impurs. Les vases en métal se purifient pai* le feu, ceux en terre sont brisés et enfouis. . .
MOSBS OU ff^E^ ^'^ ^f ^ÇIÇ^TÉ. HÉBRAÏQUE 169
> 'L'k(»niiat».^e.<pariâ6 av^c dies.ablutioES d'eau lustrale.
Manon, qui relate quelques lûodes de poriâcation en p^age d€i son temps, portait de ces pratiques superstitieuses, s'écrie, en &■ élevant à unâ hauteur inoonnue de la Bible :
., . « .D^ toutes les .choses qui purifient, la pureté dans Faeqaisition des riphesses est la mailleure; celui qui con>r serve sa pureté en devenant' riche est réellement pur,* et non celui qui n'est purifié qu'avec la terre et l'eau.
« Les hommes instruits se purifient par le pardon des offenses, par des aumônes et par la prière.
.. « Le hrahme se purifle pai^ l'étude de la sainte Ecriture. De nuéme que lef membres sont purifiés par l'eau, l'esprit l'est par la vérité.
. « Les saines doctrines ^t les bonnes œuvres purifient r$,me. L'intelligence est purifiée par le savoir. »
On ne peut disconvenir que cette impureté dont les morts frappent tout ce, qui les approche, tout ce qui entre et se trouve dans leurs maisons, même les êtres inanimés, jje soit encore un legs de l'Inde. Moïse a copié mot pour mot ces traditions antiques; mais ce qu'il s'est bien gardé d'imiter en relevant ces coiitumes, ce sont ces vues larges 0t ces grandes pensées que l'on rencontre à chaque pas dans Manou, tou^s les fois qu'oubliant son rôle de complaisant des prêtres, il se faisait l'écho du premier Manou, qu'il abrégeait dans l'intérêt .de. ces dernierg, et qu^'il s'inspire du sijrblime enseignement des Vedas.
Ce no sera point la dernière fois que la Bible ai^ra le Û0mo}è»y et.il ne lui arriverai jamais de dépf^ser son modèle.
. .PWei. reflet, de cette civilisation antique qui inspira T.ancien monde, on dirait qu'elle se fit une loi de ne l'imiter t^uei dans les ridicules superstitions dont les brahmes entourèrent le peuple pour o(?cuper sa vie, lui faire o.ublier le joug et la perte d^e.sa liberté.
no LA BÏBLff BANS L'tHÏ>«
Sacrifices et ôérémf(misid'4^rês le ZévitiqMê et lee «mtmku
indamte.
Les sacrifices et les cérémonies, tels que les institiiii Moïse, soHt ermprantés dans kurs moiiuired détails< ilu culte vulgaire des Indous.
L'holocauste par exoellenoe des sacrifiées brahmaniques est le bœuf. La vénération dont jouit eet aaimal dan» rinde vient de ce qu'il est Toffrande la plus agréable qn^u puisse faire à Dieu.
C'est un bœuf également que le Lévitique odrdoniie4'im* moler à la porte du Tabernacle.
Dans les cérto^onies de moindre impofftanœ, le prétpe brahme offre à l'autel des chevraux et des chèvres, en choisissant de préférence ceux à toison rousse, des brebiâ sans tache et n'ayant pas encore porté , ainsi que des gfazelles noires^ des biches à la robe mouehetée et des tour« terelles.
Le Lévitique ordonne également Le sacrifice des bi^bip et des chèvres sans tache et des colombes.
Chez les Indous, les oblations de fruits se font avec d^ la farine, du riz, de l'huile, du beurre eiarifié et des graisses de toute nature. »
Pour les mêmes oblations, les Hébreux emploient la farine, le pain et l'huile, et les prémices de tous les grains.
Chez les deux peuples, le sel doit accompagner toutes ces offrandes , et brahmes et lévites se partagent ce qui reste des sacrifices. Un feu perpétuel brûle sur l'autel dans la pagode indoue, alimenté par les deva-dassi ou prêtresses consacrées.
Le même feu brûlé dans le Tabernacle judaïque, alimenté par les lévites, car Moïse n'admit pas les femmes dans le service de son Dieu. .
Toutes les fautes enfin contre la loi religieuse , toutes
MOSBS OU ^çifiErB^/JfÀt ^iOG3et^t HÉBRaÏQUU 174 1
les hupuretés, dans Tlnde comme en Judée, disparaissent parles sacHfioeë et les cèrémo&ies de punAcation»
Je ne m'étendrai pas daT^ntage sur ce sujet, ce que je viens de dire me paraît plus que suffisant pour faire Tévidéiic^ et prouver rimitartion. ' '
' Gbése étonnante! pas plus que TÉgypte, qui le divinisa pour la plèbe ; pas plus que la P^rse et la Grèce ancieuBie^ qrri en firent la base de leurs bécatombes» la Judée ne pfut 88 soustraire à c© culte général du bœuf, qui, nul ne pourra 1^ constater, a pris naissance dans Tlnde. Aussi rencontret-on à chaque page, dans la Bible, des phrases dans le genre de celle-ci :
« Vous ne lierez point la bouche du bœuf qui foule le grain, et vous lui permettorez d'en manger.
« Vous ne labourerez point avee un bœuf et un âne attelés ensemble. »
Ces témoignages de i^espect, il faut bien le reconnaître;, séAt un itestant des andennbs superstitions des basée» classes égyptiennes , dont il fut impossibleJuMûÏ6a.i|^ ^ débarrasser oompl^temeM* y^^^'^ ''' '"' - • "
Puf^mtion des femmes 'n4n$velleue^t{[ic^^ç^el|lif '^cf^XèiB^ le LévUique et la OGnttm^ iiitdoue. . , t.^ .
Nous lisons dans le Lévitique : ^-<^* ■■>."''*
, M. Si xxoQ femme, smcepio êemint^ enfante un mâle, «Ue sera impure pendant sept jours, de même que pendant sa période mensuelle.. . .
« Si elle enfante tme -fille, elle sera impure pendant deux senaines* .... et elle demeurera soixante jours pour être purifiée.
«c Lorsque les jours de sa purification auront été accomplis, ou pour un fils ou pour une fille, elle portera en témoignage de cela, et pour être of* fert en holocauste, à l'entrée du Tabernacle, un agneau d'un^n et le petit d!ane oolomb^ ou d'une tourterelle, que, pour Texpiatiouy elle remettra au prêtre. »
Nous lisons dans Manou :
« La Yiaissancc d*un enfant est une souillure pour ses parents, mais
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surtooi; pour la mhf^^ qjiil e^t ééô^ré^: impure poodpttt aiitant^d j<mtû qu'il s^est écoulé de mois depuis la conception ; elle dev^ suivre ).Q mo^^t adopté pour la purification après les saisons naturelles. >
Nous li«on8!'âane Oolk^ûca (Commièfiiatrês) :
« Il était d'usage autrefois que la femme, après ses ablntioua, texmip^^ la cérémonie 'de la purification par l'offrande d'un jeune agneau qui n'ayait pas encore été tondu, accompagné de miel, de riz et de beurre clarifi^f «lies jie bornoBt aiijourd%ii) après les ïiblutioQs, à faire servir aux brahmes eouniassys (hermites mendiants) dix manganye de riz et six c<H pas de beurre clariÀé. »
Prohibition de certaines coutumes du deuil ^
d'après la Bible,
Dans rinde, à la mort du père de famille, sa femme, ses enfants, ses esclavds, devaient âe faire raser entièrement la tête et se pratiquer une légère incision au front en signe de deuil; il est même des veuves, dans céftailies castes életvées, qui enduisaient cette blessure dMne couleur dé^ layée dans un corrosif quelconque, pour que cette-marque ne pût s'effacer, se vouant ainsi à un deuil perpétuel.
Les Hébreux avaient, sans aucun doute, conservé ce« coutumes puisées en Egypte; car, dans le chapitre 14 <itt Deutéronome, il leur est défendu de se faire des incisions et de se tondre la tête pour pleurer, lei» morts. Il efet vrai de dire qu^un peu plus loin, par un retour sur cette défense, il leur est ordonné de se couper les cheveux au décè^ de leurs parents.
Sans doute, Tusage ayant continué malgré la loi, on préféra permettre ce qu'on ne pouvait empêcher.
Les brahmes ne doivent rien posséder en propre,
La mission du brahme, d'après la sainte Ecriture et Manou, doit être d'enseigner la sainte Ecrituj^e,. Ae pré^ sider aux sacrifices; il ne peut rien distraire de son temps
MOSEd OU UOÏSB BT^LA SOCikrÛ HÉBBaÏQUE 113
consacré ani Seigneur pour cultiver la terre, soigner les bestiaux et recueillir les moissons. Ces travaux sont Tapanage de Vajsias, à qui le Seigneur les a confiés. Mais il n'est pas un champ d«.D$. l'Inde,, uneterre, un. arbre ou un animal domestique qui ne doive concourir à satisfaire les besoins des élus du Seigneur. •
c Donnez aux brahmesi dit le divin Bri^çhou, les premièrds mestires de nelly (ri^^ que voua aurez eueiUies, le premier veau, la première brebis^ la première chèvre, qui naîtront chaque année dans toi ëtables. Donnes», leur également les premiers fruits des* cocotiers, la première huile qui découle du pressoir, la première pièce d'étoffe que vous tisserez; sachez enfin que les préaiioeB de tout eè qui vous appartient leur appartiennent^ si vous voulez que le Seigneur vous conserve la possession de vos biens, et que la terre produise abondamment selon vos désirs. »
PrescriptiQni idenUguM chez hs Hébreux.
Jéhovab , par la boucha de Moïse, et d'Aaron, défend aux lévites d'avoir aucune part dans la terre des enfants d'Israël : '
c Je vous ai donné, dit-il, tout ce qu'il y a de plus exceUent dans llmile, dans lê vin et aans le blé, tout oe qu'on offre de prémices au Sei-
« Toutes les prémices des biens que la terre produit, et qui sont présentées au Seigneur, seront réservées pour votre usage; celui qui est pur en \sAvià maison en mangera.
t Tout ce que les enfants d'Israël me donneront pour s'acquitter de leurs vœux sera à vous.
(t Tout ce qui natt le premier de toute cbose, soit des hommes, soit des bêtes, et qui est offert au Seigneur, vous appartiendra; en sorte néanmoins que vous recevrez le prix, pour le premier né de ^'homn^e, et que vous ferlez racheter tous le^ animaux qui sont impurs.
« Mais vous ne ferez point racheter les premiers nés du bœuf, de la chèvre et de la brebis, parce qu'ils sont agréables au Seigneur. »
La seule différence entre les usages indous et hébraïques, est dans ce que le premier né de Thomme n'était pas o€ert aux bi^htoûs, et qu'on ne pouvait pas leur donner les prémioes des animaux impurs.
74 LA. BIBLE DANS l'INDB
De tels rapports de similitude peuvent, je crois^ »e passer de commeutaires, et Tou peut dire que Tinâuence de rinde s'accuse aussi Uea dans les détails que daQ& ressemble des grands principes qu'elle a légués aux so^éiës anciennes.
Impuretés et purifications chez les B'ébfeuXj d'après le
Léviti^uâ.
Lorsqu'on lit, au chapitre 15 du Lévîtique, les loîs' ^ purification pour les impuretés involontaires des hommes et des femmes, on est frappé d'un étonnement bien naturel , en voyant qu'elles ne font que reproduire les ordonnances sacrées qui règlent cette matière chez les Indous.
Prenons pour exemple les deux cas dont s'occupe lêcha- > pitre que nous venons de citer, pour les comparer à leurs similaires dans l'Inde.
Impuretés de l'homme.
i( Parlez aux enfants d'Israël, et dites-leur que l'homme qui souffrira de son flux séminal, sera déclaré impur.
« Et on jugera qu'il souffre de cçt accident lorsque, & chaque instant, il s*amassera une humeur fétide qui s'attachera à sa chair.
t Tous les lits où il dormira et tous les endroits où il se sera assis s«* ront impurs.
« Si quelque homme touche à son lit, il lavera ses vêtements, et s'étant lui-même lavé dans l'eau, il demeurera impur jusqu'au soir.
« S'il s'assied où cet homme se sera assis, il lavera aussi ses vêtements, tit s'étAOïTi lavé dans l'eau, il demeurera impur jusqu'au soir.
« Celui qui aura touché la chair de cet honmie lavera ses vStements, et a'étant lui-même lavé dans l'eau, il demeurera impur jusqu'au soir.
« Si cet homme jette sa salive sur celui qui est pur, celui-ci lavera ses vêtements, et s^ étant levé dans Peau^ il demeurera impur jusqu'au soir.
« La selle sur laquelle il se sera assis sera impure. Et tout ce qui aura été sous celui qui souffre de cet accident sera impur jusqu'au soir. Celui qui portera quelqu'une de ces choses lavera ses vêtements, et après avoir été lui-même lavé avec l'eau, il sera impur jusqu'au soir.
« Que si un homme en cet état, avant que d'avoir lavé ses marns, en touche un autre, celui qui aura été touché lavera ses vêtements, et «^aiit été lavé dans l'eau, il sera impur jusqu'au soir.
MOSES OU.J49ÏSE KT I|A .^QCliTÉ HÉBBAÏQUB VJ^
- '«< <)^aj>d ua yaissetn 4ur^ été l^u^hé j^. c^t hasaAie^ yil ^At de tçrre^ il sera briaé, 3^U est de bois^ Usera lavé dans Teau.
« Si celui qui sou£hre cet accident est ^uérî, il comptera sept jonrs après en aroir été délivré ; et ayant lavé sas habits et tout son eorps dans dmmfut vWe^t il sera ^mx- ^
c Le huitième^ il prendra deux tourterelles ou deux Jeunes colombes, et se présentant devant le Seigneur, à l'entrée du Tabernacle du témoî> gnage, il les donnera au prêtre, qui en immolera un pour le péché et offt'ir^ Vautre eu bolooauste, et priera pour lui devant le Seigneur, afin qu'il sort débarrassé de cette impureté.
f L*bomme qui se sera appmdié d^unft femne (tir de qvo egndUur «men coitus) se lavera tout le corps avec de l'eau et sera impur jusqu'au fOir.
c La femme dont il se sera approchée se lavera avec de l'eau et sera impure également jtrsqu'au sohr.
J^pw^d» 4» la femme*
. « Jj^. ùaamQ dapa son état mensuel (quœ redeunte menée patitur fwoum sangxùnis) devra être séparée de toute chose pendant sept jours.
a t^uîconqne la touchera seiHi impur jusqix*au smr, et teutes les ehoets ■Dr lesquelles elle aura dormi et où elle se sera avise, pendant les jouit de sa séparation, seront souillées.
« Celui qui aura touché à son lit lavera ses vêtements, et après s'être lui-même plongé dans l'eau, il sera impur jusqu'au soir.
c QuicQtiqua aura touché à toutes lies ohosea sur lesquelles elle se sera assise, lavera ses vêtements, et s'étaut lui-même plongé dans l'eau, il sera impur jusqu'au soir.
« Si un homme s'approche d'elle, lorsqu'elle sera dans cet état qui se repouvelle chaque mois, il sera impur pendant sept jours, et tous les lits sur lesquels il dormira seront souillés.
<c La femme qui, hors le temps ordinaire, souffre plusieurs jours de cet accident, qui est ordinairement mensuel, ou chez laquelle cet accident ordinaire se continue, alors qu'il aurait dû cesser^ demeurera impure comme elle est chaque mois et tant que durera cet accident.
« Et pendant cette prolongation tous les lits sur lesquels elle aura
dormi et toutes les clioses sur lesquelles elle se sera assise, seront impures. Quiconque également les aura touchées lavera ses vêtements, et après s'être lavé lui-même restera impur jusqu'au soir.
« Si cet accident s'arrête, et après que les eifets ont cessé, la femme comptera sept jours avant de se purifier.
<L Et au huitième, elle offrira pour elle au prêtre deux tourterelles ou deux jeunes colombes à l'entrée du Tabernacle du témoignage.
c Le prêtre en immolera une pour le péché et offrira l'autre en holocauste ; et il priera devant le Seigneur pour elle et pour ce qu'elle a souffert d'impur.
« Vous apprendrez donc aux enfants d'Israël à se garder de toutes
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choses impures, afin qu'ils ne mèmrcBt "poist par ces sonilHtteB et ne |teU luent point mon Tabernacle, qui est au mitient d'eux. - ^ -
c Telle est la loi qui remanie oelaiquiaooâre d'uniflux sémkial ça 'qui se souille en s'approchant d'une femme. ^>'^
c Telle est aussi la loi qui regavde la fettsie feéparér de toute «iMsti par ses accidents de chaque mois^ ou en laquelle ces aooideots se coutK nuent en dehors de la période ordinaii». Cela regarde également l'homme qui se sera approché d'elle dana cette situation.
Impuretés et purifications chez les Indous, d'après les ' Vedas et le commentateur Mamatsariar.
Le Veda, ou Écriture sainte, pose en principe que ron doit purifier toutes les souillurea du corps par des abla*. tions, au même titre qu'oH purifie les Bouillures de Pâme par les bonnes œuvres et la prière.
Ramatsariar, dont nous allons citer le comnaen^aîre, est un sage de la plus haute antiquité, fort vénéré parmi les brahmes-théologiens du sud de Tlndoustan, et qui forme autorité dans tout ce qui regarde les purifications, les cé- Témonies et sacri:ftces du culte.
Voici comment il s' exprime sur le sujet qui nous intéresse ;
« Il est un état , chez Thomme et chez la femme , qui leur défend de prendre part aux fêtes de famille et aux cérémonies dans le temple, car ils sont impurs, et l'ablution faite avec les eaux sacrées du Gange ne les purifie point avant que cet état n'ait cessé, k
Impuretés de V homme.
« Tout homme qui aura contracté une maladie par l'usage ou l'abus des femmes sera impur pendant qu'il en souffrira, jusqu'à sa gnéridoOi et dix jours et dix nuits encore au delà.
« Son haleiue est impure, sa salive est impure, sa sueur est impure.
« Il ne peut manger ni avec sa femme, ni avec ses enfants, ni avec aucun autre de ses parents ou de sa caste ; les mets deviennent impurs; impurs aussi seront pendant trois jours tous ceux qui mangeraient avec lui.
« Ses vêtements sont souillés et doivent être purifiés par l'eau lustrale, et tous ceux qui les touchent deviennent immédiatement impurs pendant trois jours.
M08BS OU MOiSS £T ULi SGOtiorÉv HÉBBAÏQÛe ITl '
4 O^vi qtd hrif parie, en te tenant font le vent, est imptir, et se purifie par Tablution du soir aa soleil couchant.
c lia natte de son* lit est iiàpure, et rien ne peut la purifier; elle doit ^ être brûlée.
« Smi lit est irapor et «toit être purifié par l'eau lustrale. Lee Tasee dont il se sert pour boire, les plats de tezre euite sur lesquels il place son ris font Souillés; ils doivent être brisés et enfouis dans le sel.
(f Si ces vases ou ces plats sont en ettirve du en tout autre m étal « ils peuvent être purifiés par Teau lustrale ou par le feu.
< Tqute femme qui consentira h se joindre à lui, connaissant Tétat dan» lequel il se trouve, sera impnre pendant dix jours et dix nuits, et devra offrir le sacrifice de la purification après s*être lavée dans la piscine destinée aux souillures honteuses.
« Cet bomme ainsi impur ne pourra accomplir les cér^moniei funéraires pour l'anniversaire de la mort de ses parents; lé sacrifice serait im* pur et Tepoussé par le Seigneur de toutps les créatures.
«, Le cheval, te ehamoau, Télépbanti sor lesquels il s'aeseoira pour se faire porter en pèlerinage, seront impurs et devront être lavés av^ de l*eau, dans laquelle on aura fait dissoudre une tige dé cousa.
'k S'n aeoompirt le pél^rifaagedu <?ang«, sets fUutes ne lui seront poînt raqi&sQS) par^^e qu^il l'auna fait étant impur.
« S'il emporte de l'eau du fleuve sacré, elle ne pourra servir à préparer l'eau lustrale, car elle deviendra impure Comme lui. • p - ■
« S'il frapipe eu est état un homme de sa caste^ il sera odndaumé au double de l'amonde ordinaire, et celui qui sera frapçé deviendra impiir jusqu'au coucher du soleil.
*V Quîfnd il sera guéri, 'il se laverfe danè la piièine'des sotîTRure^ honteuses, puis fera ses ablutions avec l'eau lustrale, puis consacrera toute UUfijoqrnée à prier, car ilji'a pu le faire effiç^cemçnli jusqu'à, ce jour. « Il fera d'abondantes aumônes aux sauîiia'ssys.
fllhe k^ndra Alors à la porte de la pagode, où 11 dépo6iera des of>^ fr^^d^s de riz, de miel et de beurre clarifie*, ave<^ un. jeune agneau qui n'a pas encore été tondu. S'il est pauvre et ne peut offrir un agneau, il donnera- une couple de colombes à là robe sans tacîie et qui n'auront pas encore gazouillé la chanson de Pamdnr et tre69iv>ôur nid. Alx^t-s il sera purifié, et pourra se réjouir avec sa femme et ses enfants. »
Impureté de la femme.
«' L«> «divin Mianou a dit t « Seize joiuirs <!omplet$, avec quatre jourâ dt^ « tincts, interdits par les gens de bien, forment ce qu'on appelle la saison « naturelle de la femitie, pendant laquelle son maripeut venir à elle avec « amour, séduit par l'attrait de la Tolupté. De ces seize jours, les Quatre « premiehrs étant dé(jà déf^dits/ ainei que ]« onzième et 1» treizième, les « dix aotres sont approuvés. >»
c r.e Veda a dit : u Le mari doit respecter sa femme en la saison na- « turelle, comme on respecte la fieur du bananier, qui annonce l:i fécon- « dite et la moisson prochaine. •
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c Le onzième et le treizième jours sont fn^pj^és d'interdiotiou par des motifs d^abstinence. Les quatre premiers jours seuls sont regardes comme engendrant 1& souillure et la honte pour tous ceux qui ne les respectent pas.
c Pendant ces quatre jours, la femme est impure; qu'elle se réfugie au fond de sa maison et se cache loin de son mari, de ses enfants, de ses serviteurs.
c Sou haleine est impure, sa salive est impure, sa sueur est impure.
« Tout ce qu'elle touche devient impur à l'instant même, et le lait sç^ caille dans le vase qu'elle tient entre ses mains.
« La natte de son lit est souillée; elle doit être brûlée et le lit purifié par l'eau lustrale.
« Toutes les choses sur lesquelles elle se sera reposée seront impures^ tous ceux qui les touchercoit deviendront impurs et devront se puriHer par l'ablution du soir.
« Qu'elle ne prononce pas le nom de son mari, ni celui de son père, ni celui de sa mère, en cet état, car elle est impure et les souillerait.
c Qu'elle ne se frotte point de safran.
« Qu'elle ne se pare point de fleurs.
« Qu'elle ne se fasse point tresser la chevelure par ses femmes; "en cet' état, elle ne doit point chercher k plaire.
« Qu'elle quitte ses bijoux, ils deviendraient impars et il &udrait 1^ purifier par le feu.
« Elle ne doit manger ni avec son mari, ni avec ses enfants, ni avec ses femi^es, encore bien que ces dernières soient de la même caate^ qu'elle.
« Qu'elle se garde bien de faire des offrandes et d'assister aux cér^"monies funéraires, ses offrandes seraient impures €^t les cérémonies seraient souillées.
« Si cette impureté de quatre jours, établie par le divin Manou, se prolonge de deux, de quatre ou de six jours, la purification ne pourra avoir lieu pendant ce laps de temps; ainsi le prescrit la loi.
(( Lorsque tous signes extérieurs auront cessé, et après deux ablutions, celle du matin et celle du soir, qui sont dites ablution du soleil levant» ablution du soleil couchant, qu'elle achève de se purifier par l'eau lustrale.
« Qu'elle se rende alors à la porte de la pagode et y dépose des offrandes de riz, de miel et de beurre clarifié; qu'elle offre également un jeune agneau sans tache, et qui n'a pas encore été tondu, ou si elle ne le peut, une couple de colombes qui. n'ont pas encore gazouillé la chanson de l'amour ni tressé leur nid.
c Et, ayant fait cela, elle sera purifiée et pourra reprendre ses occupations dans sa maison.
« Et elle pourra rappeler auprès d'elle son mari qui l'avait fuie, en exécution de cette parole de l'Écriture : a Celui qui, pendant les nuits inc terdites, s'abstient du commerce conjugal, se conserve aussi pur qu'un « dwidja ou un brahmatchar (élève de la sainte Écriture, étudiant en « théologie). »
MOSES OD MOÏSE ET LA SOCifiTÉ HÉBBAlQUE 179
Il faudrait être un partisan bien acharné de la révélation» en présence d'aussi frappantes ressemblances entre la société judaïque et la société indoue, pour voir en Moïse autre chose qu'un législateur qui, ayant à donner des lois à un peuple issu de la classe servile , de cette classe qui n'était astreinte à d'autres règles que celles de la souffrance et du travail , s'est borné à recopier Manès et les institutions égyptiennes, dont l'origine orientale est incontestable.
Ne savons^nous pas, au surplus, que tous les peuples de TAsie furent soumis à de pareilles coutumes, encore en honneur aujourd'hui chez la plupart d'entre eux. Sous ces chaudes latitudes, la religion prit sous sa sauvegarde les soins hygiéniques de propreté du corps , seuls moyens de combattre les dangei'euses épidémies qui désolent périodiquement ces contrées, et de prévenir la lèpre, cette hideuse maladie que l'Europe ne connaît plus, mais qui règne encore en Orient avec autant de force que dans les temps anciens.
De Manou à Mahomet, ces lois sanitaires furent les mêmes; le climat en révélait la nécessité, et je n'eusse certainement point pris la peine de démontrer quo Moïse n'avait été qu'un copiste de coutumes plus anciennes que lui, mais qu'il était naturel d'adopter, s'il n'était des geiis qui, dans leur enthousiasme sincère ou de convention, s'obstinent à voir le doigt de Dieu et la révélation partout.
Moïse fait immoler un bœuf sur l'autel, à l'exemple des brahmes, des hiérophantes égyptiens, des mages de la Perse, des prêtres de l'ancienne Grèce; au lieu de voir là une imitation bien naturelle d'usages aussi vieux que le monde, les jésuites Ménochius et de Carrières y trouvent l'emblème, la figure de l'Eucharistie.
Moïse ordonne des ablutions exigées par le climat, il s'inspire des règlements édictés par Manès et Manou ; au
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lieu de reconnaître qu'il n'a fait que suivre la coutume générale, de TOrient, les mêmes jésuites voient dans' ces ablutions imposées aux Hébreux Timage de la pureté de la foi nouvelle , qui doit plus tard régénérer le monde chré'tien.
C'est toujours le même système de commentaires; on ne veut pas admettre que Tacte le plus insignifiant ne sdît né sur le mont Sinaï et ne. soit d'inspiration divine* Mais^ aussi, pour soutenir cette opinion, à quelles tristes argnties n'est-on pas obligé ^e descendre ! .
Pourquoi nous étonner? Ne savons^nous pa& dès lo^igtemps qu'il n'y a pour certaines castes ni Vérités historiques, ni bon sens, ni raison en dehors d'elles et de letirs adeptes?
Est-ce que les brahmes, les mages, les lévites et les hiérophantes, en se prétendant les élus de Dieu, les seuls dispensateurs de la vérité et du bien, consentirent à ^e laisser discuter un seul instant? Est-ce qu'ils ne proscrivirent pas leurs ennemis? Est-ce qu'ils rîe firent pas trembler les rois qui voulurent se soustraire à leur influence ? Est-ce qu'ils ne régnèrent pas par la torture et le feùcher ?
Pourquoi, encore une fois, nous étonner si la tradition se continue, si l'héritage a trouvé des. hi^ritiers, et^i le lévitisme moderne emploie toutes ses forces et fait donner toutes ses réserves pour une bataille suprême, dans le but avoué de proscrire la raison et la liberté^ et de rajeunir.ce vieux despotisme sacerdotal, qui a déjà couvert le monde de ruines et de martyrs? ..,'-,
Défense âe manger du sang des animaux et du sang des
bêtes mortes f d*après la Bible.
Nous lisons dans le Lévitique :
ft Si un hommef quel qu'il soit, on d« la. maison d'JsM^l oa des ëtxan-
MOSES OU MO'iSE ET LA SOCIÉTÉ HÉBRAÏQUE 181
■.'■'.'' ' ' '. ■ gers qui sont venus demeurer parmi eux, qaange du sang, j'arrêterai sur lui rœîl de ma colère et je le perdrai du milieu dé son peuple. ■ «Parce ^e U vie 40 la cihair est diihs'le sang^ et que je vous l'ai dpp^Q aâo qu'il yous ^essfi sur Tautél pour Teispiation de vos âmes et que Pâme soit expiée par le sang.
« C'est pourquoi j'ai dit aux enfants d'Israël que nul d'entre vous, ni 'ixfêûoe des étorangers oui sont v^lius <lei9«tti:*er parmi vous, ne mange du «*ng.
% Si quelque homme d'entre les enfants d'Israël ou des étrangers qui TmMtent avec vmts prend à la chasse' quelqu'une des bêtes, ou au filet ^neiqu'iin des oiseaux qu'il est permis de manger, qu'il en répande le sang et qu'il le couvre de terre.
« Car la vie de toute chair est dans le sang ; c'est pourquoi j'ai dit aux '^fatits d^Isra^ : « Yoasne mangerez- point du sang de toute chair, % parce que la vie de la chair est dauJS le saj^g, et quiconque en man- « géra sera puni de mort. r>
Défenses relatives aux bitea mortes,
« SI quelqu'un, ou du peuple d'Israël ou des étrangers, mange une
bête qui sera morte d'elle-même ou qui aura été tuée par une autre
bête, il lavera ses vêtements et se lavera lui-même dans l'eau ; il sera
impur jusq^'aq soir et il devietidra pur par cette oblation.
, K Mais s'il ne l^ve point ses vêtements et son corps, il conservera ba.
, souillure. »
Défense de manger du sang des animaux et de la càair des bêtes mortes y d* après les institutions brahmaniques.
Nous lisons dans Ramatsarîar :
« L'homme qui mange le sang d'un aoîmal non proscrit par le Veda, c*e8l-à-dire dont on peut se nourrir, est dit fils d'un pisotchas (sorte de démon vauApire) et périra, car nul ne doit se nourrir de sang.
« €elui qui mange le sang d'un animal proscrit par le Veda, c'est-àdire dont on ne peut se nourrir, meurt de la lèpre, et son âme doit revivre dans le corps d'un chacal immonde.
c Le sang, c'est la vie, c'est la divine liqueur qui arrose et féconde la matière dont est formé le corps, comme les cent bras du Gange arrosent et fécondent la terre sacrée; et de même qu'il serait insensé d'essayer de tarir la source du fleuve immense, de même il ne faut point tarir les sources de la vie inutilement, ni les profaner en s'en nourrissant.
« C'est par le sang que le fluide pur (agasa) émané du grand tout, et qui est l'âme, vient s'unir au corps. C'est par le sang que le fœtus tient à la mère ; c'est par le sang que nous tenons à Dieu.
« On ne mange pas la sévc des arbres, qui est leur sang et qui produit
182 LA. SrBLB DANS L-INDS > "■
le fruit. De même il qe fasl: pas maogtr ileisaaig d«i Aidmauâc» qsi 'est leiur sévQ,
c Le sang renferme les secrets mystérieux de l'existence; nul être créé ' ne peut exister saiiô lui. C'est profaner la grande oSBVre du Oréttteiir (|tte de manger. du wng. • , . .
( Que celui qui s'en sera nourri craigne de ne pouvoir (quitter, dans les migrations successives, le corps de l'animal immonde où son ame doit renaître. • ,
« J> bnhma sacrificateur égorge le boduf, l'«g»9au ou la cbèTr^, |iv|mt de les offrir à Tautel; que ceci vous soit un exemple.
c Quand vous désirez vous nourrir avec la chair des animaux pars et qui lie sont point proliibéB, soit des rumûiants i la corne fenivi^, ^^ d^tres prU ^ la chajsse^ volatiles <w quadrupèdes, faites un trou d^ns la terre et bouchez-le après y avoir répondu le sang de l'animal que vous voulez manger.
« Outr^ les peinea en l'autre monde, rélépliantUsi$t la lèprd et(lfi&,ntaladîes les plus honteuses attendent en celui-ci quiconque transgressera ces défenses.' »
ProhibiHom nlaiivês aus béi$s mdrftfs..
c Tout animal qui meurt de lui-même, ou par accident, est in^ur, encore bien qu'il ne soit pas de ceux qui sont défendus par la sainte Ëc^ture, parce que son sang est encore dans son corps et que nul ne Ta répandu en terre.
ik Celui qui mange de cet animal mange son sang avec sa chair, ce qui est défendu, et il devient impur comme la bête dont il s'est nourri.
« Si la plupart des gens des f^4us<e9tnfiée4 tuetirent paor la lèpre et ;p8r dea maladies honteuisess ç^i font de leur corpa la proie des vers., même avant qu'ils aient cessé de vivre, c'est qu'ils mangent de toutes les bêtes mortes qu'ils rencontrent.
c Cohù qui en aura mangé devra m rendre auprès de la piseine des souillures honteuses, et après y avoir lavé ses vêtements, 11 plongera son corps dans l'eau et fera trois ablutions prolongées, et il restera impur jusqu'au second soleil levant.
fin défenâaDt de se lUHirnr dû sang. Moïse ne donne . d'autre motif à cette prohibitton que celui contenu en cette parole : « Parcd que la vie de la ohair est dans la sang, » et, comme t^mjours, il ne lait suivre sa pensée d^aoeun éclaircissement.
Comme on voit bien qu'il s'adressait à un peuple qui ayait besoin d'être plutôt dominé qu'éclairé, et qui acceptait les défenses sans en rechercher la raison.
MOSBS OU M0H9B. W' LA nOeiÈTi H^BBAÏQUE 163
Dans rinde, an cc^otraire, la mémo prohibition sent le besoin de se développer, de s'adresser à l'intelligence, de lui faire comprendre pourquoi ello a été édictée, et alors les considérations dont elle s'entoure s'élèrent à une hauteur que la Bible n'a pas entrevue, parce qu'elle p'a été qu'un souvenir affaibli. . . *
« Le sang, c*est la *vîe, c^est H divine liqueur qui arrose et féconde la matière dont est formé le corps, comme les <ieiit bras da Gasge arrosent et fécondent la terre sacrée.
« C'est par le sang que le fluide pur {agasa) émané du Grand-Tout, et qui est Pâme, vient s'unir au corps. « « .
Le savant peut se moquer de cette définition du Veda, le penseur en admire T'embîème
Et Moïse ne fit certainement qu'abréger ses souvenirs quand il écrivit cette simple explication de la règle qu'il imposait : « Parce que la vie de la chair est dans le sang, y*
Ces étranges rapprochements ne prouvent-ils pas d'une manière irréfutable que la Bible n^st qu'un écho des institutions de rOrientt Je ne sais si je m*abuse, mais il me semblé que, pour tout esprit sérieux, il n'j a là que la réalisation d'une idée qui se présente naturellement è la simple lecture des œuvres laissées par Moïse.
Dans les cinq livres attribués à ce législateur, on trouve à chaque pas des détails de mœurs, des coutumes, des cérémonies, des modes de sacrifices, des lois, qui, donnés sans la moindre explication, ne peuvent trouver leur raison id'ètre que dans Fimitatioa des civilii^ations anciennes, et plus nous avancerons dans ces études comparatives^ plus nous nous persuaderons que Moïse n'a fait qu'abréger, à l'QMf» dBs Hébreux, ks> instituliofiis des Égyptiens, que ces derniers avaient reçues de l'Inde.