‹ La Bible dans l'Inde: vie de Iezeus ChristnaChapitre 29 sur 72 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

ZBUS BT BRAHMA. — CBbYANCES BBLIGIEUSES SUB l'EXISTBNCE DBS MONDES

Les premiers écrivains qui s'occupèrent des Indous et de leurs dogmes religieux, mal renseignés, ignorant la langue du pays, influencés. par des idées préconçues, ne s'attachèrent qu'à relever des superstitions, des cérémonies qui leur parurent ridicules, sans réfléchir que les formes particulières d'un culte, indépendantes jusqu'à un certain point de l'idée religieuse, varient suivant l'imagination et le caractère des peuples.

Ils ne virent pas qu'ils se trouvaient sur une terre vieillie, dont la décadence remontait à plus de trois ou quatre mille ans, que les pures croyances des premiers âges avaient été remplacées par des mythes et d'innombrables légendes poétiques, et qu'il fallait pénétrer dans l'intérieur des temples, interroger la tradition et lesbrabmes savants, forcer le livre à vous dévoiler ses secrets, pour arriver à comprendre la splendeur du passé et les misères du présent.

Après eux, vinynt ces infatigables chercheurs, l'honneur de notre siècle, tels que Strange, Colbrooell, Weber, Schlegel, Burnouf, Desgranges et autres, qui exhumèrent aux yeux du monde émerveillé la langue primitive, de laquelle les idiomes anciens et modernes sont descendus.

On commença à entrevoir la vérité sur cet antique pays

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qui fut le berceau de la raee bktBehe^ mais jusqu'à oe jour on s'est plutôt: exercé à traduire de» fragments des nom^ breuses œuvres philosophiques et des immenses poèmes que l'Inde nous a légués, qu'à eondenser Fidée première qui a donné naissance à la science philosophique et aux mjthes religieux de la poésie.* ^ ^ -

On a trop étudié le brahmanisme» e'est^-dire Tépoque de la décadence^ et pas asees^le yédisme, c'est-à-dire la période des croyances primiâves, qui: s'éie&d de la eiréatioA du monde et TaTénement du rédempteur Christn a, jusqu'à la révolution sociale accomplie par les prêtres.

La pure religion indoue ne reconnaît, n'admet qu'un seul et unique Dieu,

Et le Véda le définit ainsi :

« Celui qui existe par lui-même et qui est dans tout^ parce que. tout est en lui. »

Manou^ commentant le Yéda. dit :

«« Celui qui existe par lui-même, que l'esprit seul peut percevoir, qui échappe aux organes des. sens ^ qui est sans parties visibles, éternel, l'âme de tous les êtres et que nul ne peut comprendre. »

Le Maha-Barada es^ donne aussi la définition suivante :

« Dieu est un, immuable, dénué de parties et de formes, iBÔniy omniscient, omniprésent et omnipotent; c'est lui qui a fait sortir les cieux et les mondes de l'abîme du néant et les a lancés dans les espaces infinis ; il est le divin moteur* la grande essence originaire, la cause efficiente et maté* rielle de tout. »

Ecoutons encore le Véda, qui, dans un élan poétique, s'écrie :

« Le Gange qui roule, c'est Dieu ; la mer qui gronde, c'est lui; les vents qui soufflent, c'est lui; la nue qui tonne, l'éelair qui brille, c'est lui. De ntéfl^iequedeteiiite i^ernité le monde était dans l'esptit deBi^ahmia, de mêm6.a^îo^l^ d'hui tout ce qm existe est soni images ff-

OBNÈSB INDOOS 219

Je ne crois psa» que les mèoles, et ce qu'on est couTeau d'appeler le déYelo^ptemeiit àe l'eeprit hamaîn, aient nea ajouté à ces déûnitions.

Les théologiens indooB distinguent Dieu dana deux situations, différentes.

Dans la première il est Zens, c'est-èrdire Dieu non agissant, non encore réréléi

C'est de Inique les Pourana« ont dit dans le«r commentaire des 'livres laorés :

« Esprit mystérieux, force immense, pouToir insondable, comment se manifestait ton pouvoir, ta force, ta vie, avant la période de création ? Dormais-tu corfime un soleil éteint au sein de la décomposition de la matière? cette décomposition était-elle en toi, ou bien Tarais-tu ordonnée? Étaistu lé chaos? Étais- tu la vie renfermant en toi tontes les vies qui avaient fui la lutte des éléments destructeurs? Si tu étais la vie, tu étais aussi la destruction, car la destruction vient du mouvement, et le mouvement n'existeraît point sans toi.

« Avais-tu jeté les mondes qui s'agitent dans une fournaise ardente pour les régénérer, les faire renaître de la décomposition, comme Marbre vieilli rénaît de sa graine, qui produit un germe au sein de la pourriture?

« Ton esprit était-il errant sur l'eau, puisqu'on t'appelle ^arayana? n

Ce nom de Narayana nous fournit l'occasion d'un bien singulier rapprochement avec une expression de la Bible, preuve de plus ajoutée à toutes les autres de l'origine indoue de ce livre.

Expliquons d'abord ce mot, mais laissons parler Manou (livre P') ;

« Les eaux ont été appelées naras, parce qu'elles étaient la production de Nara (en sanscrit, esprit divin), ces eaux ayant été le premier lieu de mouvement (en sanscrit,

22& LA BIBIiiB' DiJRS ^'mDB

Genèse de la Bible, chapitre !•' : .- i.:.uJ. v,

J^ardy r^pirit divim;. ^^^^Or^iui «#iiBft#iii^6tir les eaiHL^. .JSlpiritns JiMy^Ve^xi^ di^m; /^rv^o^im.H^fi'af laM, )âtaijb

JS^trx^e aase^ iOlair, a69ez6Yideiftt.?.Pe^tK)ii mieux prendre 1^. Bible f^u.flagçant délit (i'âipitojfcion;? *• . ' ^^

IJin'j a.plfis qu'ua ,iA^j^-j».d$ s'ein Urer^ e!e»Éi de mierla sao^crit) ri^a ^'e&t impossibiLe. • * ilkUis^vous yerrone bien i ..Dans la seconde aiiaation^ Zeiu.3 .devient !Brahma^.e'eai44 à-dire Dieu révélé et agissant, Dieti<(r/éateur. • >

Cé^çns encore la parole au,x Pouraï^afî v I

« Lorsque Brahms , passe, de Vixiactipn > l'actio^»' il.,ne vient point créer la nature, qui existait de tout temps daps son essence et ses attributs, dan^ son imnaortellei pençéç^ il vient la développer et faire cesser la dissolution.

« Dieu, père créateur, quelle foume revéts-tu daxis,tf)A action; les actes de ta grandeur, de ta puissante yçlonté frappent les regards. L*Océan soulève ses flots furieux et s'apaise ; le tonnerre éclate et se tait ; le vent mugît et il passe; Thomme naît et meurt ; partout on sent ta main qui commande et protège, mais on ne né peut, ni la comprendre, ni la voir...

« ... Faut-il nier la cause première? Qui donc a jamais nié sa pensée parce qu'il n'a pu la voir? »

Je ne sais si messieurs dé Rome' trouveront tout cèlaètifflsamment orthodoxe ;' pour m6i,' je me sens' pénétré d'tinè. admiration sans égale potir' ée« livres* •sact*és,qtiî me donnent de Dieu une idée si grandiose et si dépouillée de toutes' les imperfections dont certains hommes l'ont accablé en

surtout en faisaatrdBel'Éit'0'«x^nd(m^ldLfiOUtiE»ii6uf(>dèv}3Ul4 ambitions. , M •*"■ li^i > ^> ■ '«'1 ••' • • '"- ■ ' ^•

Suivant la crojanoi^li»d(^é'/^ltf^ttaM9fe^'ë}^^j^Mt^^ âlix mêmes lois d'«xilA«»t4e'^tvdè â^siàte'lyo^tttàn'^Ae le'd i)l'àntes et les animaux; après la'fél:'il:^9'aô «tfo *ât»^hre^ îa* ^étidde de dissoluti0»^t(At< d«^'dèt^l»t]H,^i^^YètÀnlbe'dftïii^ le chaos; rbaiBfioitie d»B n»o«dt« cesaé^}^ l'é.ïr,' l^ati/làl't^re^lla'lu- ]kiB9i«,^toiit«eii^iâtt^^«t's^été&4yt ^ (f'ést'le'Prâîaj^a; oxi destruction de tout ce qui existe ; mais il esi Utt* g«?riôe qtiî'è'è piibi&d$aD!l6anepofi^:ji^^qu^An2 jour ùOrfirâhifia rieati de i^uveau le développer, Ihr dôlnttëP la vie,* là fOfeé'éréatriyîe,' ei produire' ild»' mondes, -qui reodiaiâf^ne^htipôU '&'^peu'à'se former, à" graiidip, àse i»6u voir, pour' arrivei» én^rë Witiie n0aw«ljbe déttonipositiod , <|!ii'«st -sni^rie du tûéme repei^, ^kis de la même ré^toéraiion-* • • ' . i -/■

Loi fatale de la ïtiatièr©,' iquî s'use par l'eli^énce, vieillit et meurt, m^ïs perlait fécondée par Dieu'. ' - ' •' •

Chose iétonnante ! La révélation îndoue,"qui proclame la formation lente et graduelle des mondes, est àe toutes les révélation^ la seule qui soit en coiiipïète harmonie d'idées avec la science moderne. ' ' * .

Si Moïse, dans sa fréquentation ?ivec les pYêtres égyp-, tiens, a connu ces sublimes traditions, on doit croire qu'il les jugea trop élevées," trop au-dessus (Jie l'intelligence cju peuple d'esclaves qu'il avait à diriger pour qu'il ait daig;ie leur en faire part. ï*eut-être aussi, comme nous l'avons déjà dii, ne fut-il en. Egypte qu'un initié d'un degré inférieur.

• Il I'' »' «'Il

,L.a^Pé|»ipdQ d'actioj) .et de< reponsU^^utioTi .de? mondes du|:*^.,j si^;vaj;it le yé4^, .qn jour entier .d,9 Brahna^, et qe jo^r.cgrre^p9.nd h. q,uatf.a paimo^^. .tr<p}s çQ»t. viçigt. mille. appée.s hun^ain^s,,.;, , . ., ■ • • ..■.,'.!•

(.La iPr^^ja^'OV épQqiue de-disiuiolutloD^icluffe une >nuit en*

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tîèrede Brahitia, et e6tt« nfait éqtiiTaut à^& même iioBibre d*âûEië66 huiËiAiaefi que le jour divin. '

Ces opinions des livres sacrés, sur la desttuctloii et 4a reconstitution de» mondée, ont donné naissanee à^âeidule de systèmes philosophiques qcce nous n'avons- ni le t^ips; ni le désir d'étodier îei; bortaoss-^HOBB é signaler les deux doctrines qui, de tous temps, divisèrent les éeoles théologiques de rinde sur ce sujet.

Le premier soutient qu'une fbis le germe de la matière fécondée par Brahma, les phénomènes de tran&fonnatlon s'opèrent, sans la participation directe de Dieu, suivairt les lois immuables et éternelles qu'il a créées.

La matière, en s'élançant de son centre, de son foyer générateur, se fractionne et gravite dans l'espace; toutes les parcelles sont embrasées ; la lumière naît, les fragments les plus petits se dessèchent, les vapeurs qui s'exhalent produisent l'atmosphère et l'eau, ces fragments deviennent des mondes habitables...

Peu à peu tous les autres foyers, toutes les autres parcelles, en raison de leur grosseur, s'éteindront à leur tour; mais, à mesure qu'ils deviendront habitables, la lumière et la chaleur diminueront, jusqu'à ce qu'ayant complètement disparues, la matière, privée de ses agents les plus actifs de vie et de reproduction, retombe dans le chaos, dans la nuit de Brahma,

Cette opinion, qui n'est point contredite par le Véda, est cependant attaquée par les orthodoxes, qui accordent une plus grande part à l'influence divine.

Ils reconnaissent parfaitement que c'est ainsi que la nature se développe, que les éléments se forment, que tous les phénomènes d'existence s'accomplissent, que c'est ainsi également que la matière et les mondes finissent et se perdent dans la nuit de Brahma. Mais, suivant eux, Dieu est la loi suprême de tous ces phénomènes, et il n^existe pas en dehors d'elle; il préside constamment à ces transfor-

mations, ^iui eesseifaietit su^itemeat de poarsmYre leur cours, s*il Tenait, ne fûinae qu'ion seulinsta&ti à œeser sa âirectioa, à retirer son app ai «

Les. prêtres brahmeg bo peuvent recevoir ToBetion, b'îU ne Be.déelarent préalablement partisans de ce dernier système, qui , on le conçoit^ est beaucoup pbis que le premier dans r^sprit religieux.

Le livre de Moïse, uniquement oooupô àxk fait.brutal, ne «'ocenpe pas. de «es théories^ qui forment la base de la théologie orientale. Les religions modernqs les onit mieos aa nombre de leurs mystères*

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