De Raphaël
<' jettent à terre au soleil même, dorment un Miserere et se « relèvent aussitôt. Pour moi, je ne vois cela que de ma « fenêtre, car je ne pourrais pas être un moment dehors sans « mourir. L'air est à peu près aussi chaud qu'un four allumé « et cette chaleur continue autant la nuit que le jour, enfin il « faudrait se résoudre à fondre comme du beurre. »
Ces préoccupations pratiques et le ton ironique de la lettre nous édifient sur l'état d'esprit du poète. Il n'était pas à même de sentir les charmes poétiques de la vie agricole dans les pays chauds. Bien moins encore était-il disposé à entrer dans certains détails déménage que nous donnent les prophètes '.
Je n'ai plus qu'à dire un mot des images bibliques chez Racine. (( Athalie, dit M. Faguet, est écrite du style ordinaire « de Racine, net, clair, juste, ingénieux, un peu sec et un « peu froid, style de psychologue adroit et pénétrant, plutôt « que de poète inspiré. C'est bien ce style qui convenait aux (( autres tragédies de Racine. Mais à Athalie, il fallait plus, (( l'image sobre mais originale et puissante de Corneille. »
Qu Athalie renferme des vers faibles ou trop pompeux, c'est incontestable. Mais le nombre en est excessivement restreint. On pourrait mettre au défi M. Faguet de citer cinquante vers à' Athalie, non pas positivement mauvais, mais seulement sujets à contestation, je parle du style, bien entendu. Et, d'autre part, combien de vers bien frappés d'un charme infini, ou pleins de sens, ou étincelants de poésie! On les compte par centaines. Les images elles-mêmes, les images originales et puissantes que réclame M. Faguet, Racine les a semées à profusion dans Athalie. Je prends au hasard vingt-cinq vers, les vingt-cinq premiers qui sembleraient suspects à cause du ton pompeux d'Abner. Un seul peut donner lieu à des réserves, le second ^, et encore pourrait-on le défendre. Quant aux vingt-quatre autres, ou ils sont très métaphoriques ^ ou ils