Athalie, act. I, se. i, vers
i. Athalie, act. IV, se. vu, 1323-1360, mais surtout le vers 1334. 'ù. Athalie, act. I, se. i, vers 90; act. IV, se. m. 6. Athalie, act. 111, se. vu.
et de louable, Richelieu, Mazariri, Retz et Bossuet. Magnifique privilège de remplir à la fois les fonctions les plus hautes et les plus saintes de l'humanité. Les historiens se sont extasiés devant Périclès qui jouissait de la triple gloire d'homme d'Ktat, d'orateur et de général. Joad aussi est homme d'Etat, orateur, et général, à ses heures; il nous apparaît encore comme père tondre et comme prôtre, mais toutes ces qualités s'effacent devant la qualité de représentant et de prophète du Tfès-ïïaut : Vropheta Altissimi vocaberis. Yoilà le seul nom qui convienne à cette incomparable figure.
CUAIMTHK IV
LE SACEUDOCE
Du caracl("'i"o sacenlntal dans Joad. — La purcU' l{'f,'alo, les cén'monios purilicalivos, les redevances, l'unité de sanetuain', d'après llacine et d'après \V(dlhauseii. — Prêtres et lévites. — Le costume de Joad. —Le prêtre apostat,
Un disciple logique de M. Wellhausen aurait bien vite tranché la question du sacerdoce. Le Joad de Racine, nous dirait-il, est censé avoir vécu au ix* siècle avant Jésus-Christ. — Or, nous savons aujourd'hui que le sacerdoce, vraiment digne de ce nom, a été institué sous Esdras, c'est-à-dire 500 ans après. Il ne faut donc qu'un trait de plume pour biffer tout le travail du poète.
On pourrait faire observer d'abord que les résultats obtenus par M. Wellhausen n'ont rien de définitif et qu'ils ne sont pas môme assurés de prévaloir longtemps dans la critique. Si les savants rationalistes de l'Allemagne ou de la Hollande daignaient tenir compte de l'exégèse française, ils pourraient trouver dans les solides travaux de M. Joseph Halévy, par exemple, ou de M. l'abbé Yigouroux, quelques motifs de douter de leur infaillibilité et d'atténuer le ton tranchant de leurs affirmations. Mais le peut-être^ si cher à M. Renan, est inconnu dans les Universités d'outre-Rhin. Les théories de M. Wellhausen ne perdront de leur prestige que du jour oii quelqu'autre professeur allemand pourra leur opposer un système plus étonnant, plus hardi, plus compliqué et surtout plus négatif. En attendant, Racine ne paraît pas avoir beaucoup à souffrir d'une comparaison avec les coryphées de l'école grafienne.
Il domcure toujours entendu que, dans cette comparaison, nous laissons de côtd la question chronologique.
La grande difficulté est de déterminer ce qui, dans le rôle politique de Joad, revient au prôtre. Il ne faut pas se lasser de lerépéter, laplus grande partie de Tinfluence politico-religieuse de Joad, nous devons l'attribuer non pas au grand-prôtre, mais au prophète. Tous les nabis de l'ancienne loi ont parlé et agi comme lui. Est-ce à dire qu'il n'y a rien du prêtre dans Joad? Non, certes, mais le prêtre n'apparaît qu'au second plan, et no fait que renforcer le zèle religieux du prophète, sa haine contre Baal, et son indomptable énergie.
Les vers à'Athalie qui procèdent d'un esprit uniquement sacerdotal, au sens moderne du mot, sont assez rares '. Par contre. Racine a très énergiquement exprimé les principes vrais sur lesquels repose le sacerdoce juif : « Le Gode sacerdotal se distingue surtout, dit Wellhausen, par son idéal de sainteté lévitique. » Médiateur entre Dieu et les hommes, chef de l'église juive, le grand prêtre devait, en elTet, posséder au plus haut degré, la pureté, la sainteté telle que la comprenaient les prophètes. Sur ce point, la loi était inflexible '-. Mon père, dit le jeune Zacharie,
Mon père, en ce jour solennel, De Fidolâtre impur fuit l'aspect criminel.
Dieu, dit Joad, a surtout défendu aux prêtres
Avec tout autre dieu toute société.
Quelle magnifique colère, lorsque Athalie menace de violer la pureté légale !
Mon père, ah ! quel courroux animait ses regards!
1. Qu'il se souvienne un jour qu'au rang de ses ancêtres Dieu l'a fait remonter par la main de ses prêtres.
Cette fermeté rare,
Qui rehausse en Joad l'éclat de la tiare. — Ne descendez-vous pas de ces fameux lévites? Plutôt que dans nos mains par Joad soit livré Un enfant qu'à son Dieu Joad a consacré, Tu lui verras suhir la mort la plus horrible.
Encore quelques-uns de ces vers, les deux premiers surtout, pourraient-ils donner lieu à d'autres interprétations.