Par ex. Liv. X
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Mc'^iiic (liiiis les iiioiiiciils les plus ln)iil)l('S, .load s<ï soiivii'iil (les |)i'c'scri|»liMiis liliicllcs. Alluilic xaiiiciic doil. iiuiiiiir hicii vite, mais il laiil |)i('ii(lro j^ardo (|ii"cll(' ne souille d»! sou sau^ les pju'vis sacivs.
(Ju'à riiisliiiil, hors du (('in|)lt', fllt! soil, (îinmeiUN! Kl, quo la saiiUcIf- ncn soil, [)as i)iorati»''e.
Lo code saccrdolal, ajoulc M. Wollhaust'ii, se disliu^iic encore par la uiaiiière doul il entoun^ la vie de cérémonies puriliealriccs. Les lecleurs de llaciue n'onl qu'à faire app(d à leurs souvenii's. In apostat, comme Mathan, a, selon l'expression de Joad, infecté l'air qu'il respirait, une impie étrangère, comme Athalie, a souillé le marbre où ses pas ont touché. Qu'on se hâte de purifier l'air et qu'un sang pur, épanché par les propres mains du grand prêtre, lave le marbre saint.
Le caractère du sacerdoce, toujours d'après M. Wcllhausen, est enfin marqué par l'importance des redevances payables aux prêtres et par la distinction établie entre les prêtres et les lévites.
Sur le premier point, on comprend que Racine ne nous ait pas donné beaucoup de détails. Toutefois, il y a un mot d'Eliacin, très correct et très théologique d'ailleurs, qui nous donne assez à penser. Dieu, dit-il,
Dieu me nourrit des dons offerts sur son autel.
Ce vers s'applique tout naturellement aux autres habitants du sanctuaire et il formule le principe, constamment pratiqué par le sacerdoce juif et plus tard professé par saint Paul : Celui qui sert à l'autel doit vivre de l'autel .
Quant au second point, il est très nettement établi. Dieu, dit Abner,
Aux seuls enfants d'Aaron commit ses sacrifices, Aux lévites marqua leur place et leurs offices.
On ne saurait s'exprimer avec une plus rigoureuse exactitude. Les lévites étaient, en effet, consacrés au service de l'Eternel. Ils s'acquittaient des emplois inférieurs dans le tabernacle et plus tard dans le temple. Tous descendaient des trois fils de Lévi, Kéhath, Gerson et Merari. Les prêtres qui descendaient
d'Aaron par Éléazar et Ithamar, constituaient l'aristocratie sacerdotale et remplissaient les fonctions de sacrificateurs.
Pour que rien ne soit omis de la liturgie sacrée, Racine explique l'importance et l'emplacement du temple et de l'autel.
Lui-môme, il nous traça son temple et son auteL... Le seul lieu sur la terre où Dieu veut qu'on Tadore.
Chose digne de remarque, ajoute M. Wellhausen qu'on pourrait décidément transformer en commentateur de Racine, que la manière dont tout est considéré, dans le code sacerdotal, au point de vue de Jérusalem.
Un grand nombre de détails moins importants trouvent aussi leur place dans la tragédie française. L'encens et le sel, le long habit de lin, la division du temple en parvis, l'esprit de corps lévitique et les descriptions liturgiques sont rigoureusement conformes à l'histoire.
Il ne faudrait cependant pas considérer Athalie comme un manuel de cérémonies juives. Racine n'a décrit du sacerdoce que ce qui était nécessaire à l'intelligence de son drame. On se demande môme parfois si cette sobriété littéraire n'a pas été exagérée. Il y avait tant et de si brillantes choses à décrire et qui se rapportaient bien mieux au sujet que les détails d'architecture regrettés par Sainte-Beuve. Les livres saints abondent en renseignements très intéressants. Lisez, par exemple, dans l'Exode, les cérémonies relatives à la consécration du grand prêtre. « Un bélier était offert en holocauste, puis on oignait pour les sanctifier, l'oreille, le pouce et l'orteil avec le sang d'un bélier : le sang qui restait était en partie épanché autour de l'autel et en partie mêlé à l'huile pour en asperger l'aspirant et ses vêtements. »
Et le costume du grand prêtre, est-il d'un symbolisme assez pittoresque ? Voici l'éphod retenu sur l'épaule par des onyx oii étaient gravés les noms des douze tribus. Voilà la mitre, la plaque d'or sur laquelle sont écrits ces mots, Consacré à Jého^ vah, puis le rational et le pectoral, mais surtout l'oracle, l'urim et le thummim (lumière et salut, ou, d'après Philon, révélation et vérité). Comme ces précieuses pierres eussent
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jol(! (1(1 l)olI('s cl somljics lueurs à liavcrs les inDlonj^cnicnts (lu (Iramci! Mais lujii, pas \r. ni()in<lr(> vlWd de iiiiroiUinKuit, pas un seul de ces mois en in(>nin temps techniques et portiques qu'on aime tant aujounriini. Il ImiiI nn'^ine procéder par induction, comme l'a fait M. (^)(|uc^cl, pour savoir (|ucls coslunies .lojid doit rinclir dans le courant de la pièce;. Saintc;- Beuvo a sultisammenl justiiié cette sobriété de Racine pour qu'on n'ait |)as la |)cns(>e d'y revenir après lui. Toutefois le contraste cntnr ce ([ue le poète a omis et ce dont il a parlé n'a pas été assez mis en lumière. Tous ces ornements brillants ([u'il a négligés n'ont qu'une importance secondaire; ils n'auraient que fort peu ajouté à une étude théologique du Judaïsme. Au contraire, aucun des éléments caractéristiques du sacerdoce juif n'a été négligé par Racine. Ce qu'il a jugé essentiel ou du moins important, est jugé tel par la critique contemporaine. Les savants allemands ont bouleversé toutes les notions de l'exégèse, ils ont créé de toutes pièces d'innombrables systèmes, et cela, pour en revenir au même point qu'un français, un catholique du x\if siècle, un disciple de Bossuet. Il est piquant de voir aussi souvent d'accord Racine et M. Wellhausen. Mais cela fait un grand honneur à la science et à l'intuition historique du poète, de s'appuyer ainsi sur la théologie traditionnelle et de ne prêter en rien
aux critiques de l'exégèse moderne.
Un travail sur le sacerdoce ne serait pas complet, s'il ne renfermait un portrait du prêtre apostat. La fourberie de
Mathan fait très bien ressortir la sincérité des convictions
de Joad.
On a beaucoup disserté sur ce prévaricateur : M. Sarcey
l'appelle un habile homme, M. Faguet le trouve bête, mais
tout le monde s'accorde à le considérer comme un traître lâche
et répugnant, comme un proche parent de Narcisse et d'Yago.
Personne ne s'est demandé s'il est biblique. Un mot de Josa-
beth aurait dû donner l'éveil cependant :
Vous, malheureux, assis dans la chaire empestée Où le mensonge l'ègne et répand son poison.
Ce ne sont pas là de vains mots ; tout le caractère de Mathan
correspond à cette définition du faux prophète donnée par Josabeth. Dès les premiers mots de son autobiographie, il laisse deviner en lui l'ancien étudiant orthodoxe.
Ami, pcux-lu penser que d'un zèle frivole, Je me laisse aveugler pour une vaine idole, Pour un fragile bois que, malgré mon secours, Les vers sur son autel consument tous les jours?
Ce langage emprunté aux psaumes ne serait pas déplacé sur les lèvres d'un croyant et, en fait, il ressemble beaucoup à celui de Polyeucte. Mathan a pu changer de religion, il n'a pu changer son esprit qui n'est que désaffecté. Chose étonnante, pour raconter son évolution religieuse, il semble s'être souvenu d'un psaume où éclatent la plus ardente fidélité à Jéhovah et le plus brûlant amour de ses autels :
Né, ministre du Dieu, qu'en ce temple on adore. Peut-être que Mathan le servirait encore. Si l'amour des grandeurs, la soif de commander, Avec son joug étroit pouvaient s'accommoder.
L'idée et le tour ne font-ils pas une sorte de symétrie avec le verset suivant : « Elegi abjectus esse in domo Dei mei, magis quam habitare in tabernaculis peccatorum? » Par plusieurs côtés Mathan rappelle Achitophel, cet Iduméen souple et scélérat, à l'instigation duquel Absalon commit publiquement les plus monstrueuses turpitudes. Mais l'original, ou plutôt les originaux qui ont servi à Racine, sont les prophètes prêtres du livre des Rois : « Achab voulait marcher contre les Syriens, « sur l'avis des faux prophètes, et voici ce que Michée lui disait « pour Ten détourner ' : J'ai vu le Seigneur assis sur son « trône et toute l'armée céleste autour de lui, à droite et à « gauche. Et le Seigneur dit : Qui séduira Achab, roi d'Israël, « afin qu'il marche contre Ramoth en Galaad, et qu'il y pé- « risse? Et l'un disait une chose et l'autre une autre. Mais « l'esprit mauvais s'avança, et, se présentant devant le Sei- « gneur, il lui dit : C'est moi qui séduirai Achab. — Et com- « ment? Il lépondit : J'irai et je serai un esprit menteur dans « la bouche de tous ses prophètes. Le Seigneur lui dit : Vous