‹ La Bible (volume 2)Chapitre 47 sur 93 · XXIV · texte numérisé non relu

XXIV

Maudit soit le jour qui m'a donné la vie I Le jour où ma mère m'a enfanté, qu'il ne soit pas bénil Maudit soit l'homme qui porta la nouvelle à mon père: «Un enfant mâle t'est né!» et en le disant, le combla de joie I Que cet homme '^ soit pareil à la ville que rÉternel renverse sans pitié I Qu'il entende le cri de guerre dès le matin, et le tumulte du combat à l'heure du midi I Lui qui ne m'a pas laissé mourir an moment de la naissance — Ma mère eût été mon tombeau, et son sein m'eût gardé à jamais! Pourquoi suis-je sorti de ses entrailles, pour voir les peines et les misères où mes jours se consument dans l'opprobre?

La parole qui fut adressée à Jérémie, de la part de l'Éternel, lorsque le roi Çidqijahou envoya vers lui Pas'hour*, le fils de Halkijah, et Çefanjah fils de Ma'aséyah, le prêtre, pour lui dire: Adresse-toi pour nous à l'Éternel, car Neboukadreççar, le roi de Babel, vient nous attaquer; peut-être l'Éternel fera-t-il

5 Chap. XI. 20.

^ Ce fragment exprime ttn sentiment analogue à celui qui dominait au début du morceau précédenti mais il aboutit au désespoir^ et non^ comme l'autre, à la résignation, au dévouement courageux et à la sérénité de l'espérance. La pensée qui en fait tout le fond, est empruntée au célèbre monologue de Job (cbap. III). Mais elle est rendue ici •Tec une exagération d'un goût fort douteux.

^ On ne comprend pas trop bien l'emportement du poite contre un personnage qui est absolument bors de cause ici, et l'on ne voit pas surtout, comment ce personnage aurait pu disposer de la vie d'un enfant nouveau-né. Nulle part ailleurs il n'est qaattMn de médecins-aecoucbeurs. Et puis, la comparaison d'un bomme avec une ville asôégée, et plus loin la fiction singulière qu'un enfant pourrait rester indéfiniment dans le sein de sa mère !

^ Ne pas confondre avec son homonyme , XX, i .

pour nous quelque miracle, comme il en a tant fait, afin qu'il nous laisse et se retire.

Et Jérémie leur dit : Voici ce que tous direz à Çidqiyahou : Voici ce que dit rÉtemel, le Dieu d'Israël : Voyez-vous, je vais faire retourner les armes de guerre que vous portez, et avec lesquelles vous voulez combattre hors des murs le roi de Babel et les Chaidcens, qui vous serrent de près, et je les ferai rassembler au milieu de cette ville-ci'. Et c'est moi qui vous combattrai, le bras étendu, et d'une main puissante, dans ma colère ardente et dans ma grande irritation, et je frapperai les habitants de cette ville-ci, hommes et bêtes : c'est d'une grande peste qu'ils mourront. Et puis après, parole de l'Éternel, Çidqiyahou, le roi de Juda, et ses officiers, et le peuple, tout ce qui restera dans cette ville, après la peste et répée et la famine, je les livrerai aux mains de Neboukadreççar, le roi de Babel, et aux mains de leurs ennemis, et de ceux qui en veulent à leur vie, et on les fera passer au fil de l'épée, sans pitié, sans compassion et sans miséricorde.

Et à ce peuple tu diras ' : Voici ce que dit l'Éternel : Voyez, je vous laisse le choix entre le chemin de la vie et le chemin de la mort. Celui qui restera dans cette ville, mourra par l'épée, ou par la famine, ou par la peste; celui qui en sortira, pour se rendre aux Chaldéens qui vous assiègent, vivra et aura la vie sauve*. Car je fixe mon regard sur cette ville, pour son malheur et non pour son bonheur^, parole de l'Éternel! Elle sera livrée aux mains du roi de Babel, pour qu'il y mette le feul

^ La tournure est un peu recherchée : elle exprime la déclaration que les Israélites ne pourront pas tenir la campagne, mais seront obligés de se replier sur la capitale et d'y soutenir un siège.

S La forme de cette allocution (de Dieu au prophète], nous fait regarder ce qui sait comme un fragment qui n'a été placé ici, que parce qu'il y est aussi fait mention du siège de Jérusalem. Mais ce siège a commencé et la situation est différente de ceUe qu'indique la note placée en tête du morceau précédent.

^ Litt. : Sa vie sera pour lui on butin ; ce qui peut signifier ausû qu'il ne sauTera pas autre chose.

^ Ordinairement le rêgati de Dieu porte bonheur et est un signe de bienveillance.

JÉRÉMDS XXI, 11-14. XXII, 1-4. 493

Et à la lùaisoD du roi de Juda^: Écoutez la parole de TÉternel, maison de David 1 yoici ce que dit TÉternel : Rendez bonne justice chaque matin, et arrachez celui qu'on dépouille aux mains de l'oppresseur! autrement ma colère éclatera comme un feu; elle vous brûlera sans que personne puisse Téteindre, à cause de la méchanceté de vos actes.

Vois-tu, c'est à toi^ que j'en veux, toi qui es assise dans la vallée, sur le rocher qui domine la plaine, parole de TÉtemel I Vous dites : qui osera fondre sur nous ? qui pénétrera dans nos demeures ? Hais je vous demanderai compte de vos actes ", parole de TÉternel, et je mettrai le feu à cette forêt ^, pour qu'il dévore tout à l'entour!

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