‹ La Bible (volume 3)Chapitre 1 sur 84 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

A côté de ce recueil officiel, de cette Bible juive, il existait encore un petit nombre d'autres livres, dont c[uelques-uns fort anciens déjà, faibles débris d'une littérature autrefois bien plus ricbe, et qui avaient beureusement écbappé à toutes les chances de destruction, si fréquentes et si fatales dans ces temps-là. On les conservait soigneusement à cause de leur valeur intrinsèque, en partie aussi à cause de leur ancienneté même. Plusieurs d'entre eux acquirent peu à peu une dignité, si ce n'est égale à celle du code, en ce qu'on n'en faisait pas un usage public ^ du moins suffisamment reconnue dans les écoles pour qu'on les citât comme des autorités. Il se passa plusieurs siècles avant que le catalogue des écrits qui devaient jouir de ce privilège fût définitivement arrêté. Car nous savons que les docteurs juifs n'étaient pas entièrement d'accord sur cette matière, encore après la ruine du second temple. Quoi qu'il en soit, il arriva un moment où, dans cette sphère, la liste fut close, et dès lors la Bible hébraïque comprit, comme complément de l'ancien code (Loi et Prophètes), une dernière série de livres, qu'on désigna simplement par le terme assez vague des ÉcritSy lequel, tout honorifique qu'il pouvait être, ne les assimila pourtant pas aux deux autres parties. Cette collection additionnelle se composait : P des trois livres poétiques (considérés comme tels exclusivement). Psaumes, Proverbes et Job; 2® des cinq opuscules, réunis sous le titre spécial des rouleaux : Cantique, Ruth, Lamentations, Ecclésiaste etEsther; 3® du livre de Daniel; 4* de ceux dits d'Esdras, de Néhémie et des Chroniques. Toutes les autres productions littéraires des derniers siècles, pendant lesquels les écrivains se servaient encore de l'ancien idiome national, restèrent exclues, . et finirent ainsi par tomber dans l'oubli et par se perdre. Tel fut le sort du livre de Jésus fils de Sirach, des Histoires de Tobie et de Judith, de celle des Maccabées, et du livre dit de Baruch.

Mais ces livres avaient été traduits en grec, comme l'avaient été aussi tous ceux du canon officiel, tant ancien que complété. Les traducteurs furent principalement des Juifs d'Alexandrie,

^ A cet égard, les Psaumes seuls firent excepiioa dès un temps antârieur an diristianisme. Pour ce qui est des autres livres, nous n'avons pas de donnée positive au sujet de l'époque où la synagogue en régla la lecture. Ceci est vrai m6me pour Ruth, Esther et les Lamentations, qui paraissent avoir été les premiers lus régulièrement à certains jours fériés, en dehors de la Loi et des Prophètes.

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