PRIÈRE DE MANASSÉ
dans ta grande compassion tu as prescrit le repentir aux pécheurs, pour leur salut. Toi donc, Seigneur, Dieu des justes, ce n'est pas aux justes que tu as ordonne le repentir, à Abraam, à Isaac et à Jacob, qui n'ont pas péché contre toi; mais c'est à moi, le pécheur, que tu Tas ordonnée Car mes péchés sont innombrables comme le sable de la mer. Ils sont nombreux, mes méfaits, ils sont nombreux ; je ne suis pas digne de lever les yeux et de regarder le ciel, à cause de la multitude de mes iniquités ; je suis courbé sous le poids de mes fers, de manière à ne pouvoir relever la tète*, et je ne trouve point de repos. C'est que j'ai provoqué ta colère, j'ai fait ce qui te déplaît; au lieu d'accomplir ta volonté et de garder tes commandements, j'ai établi des idoles et multiplié ce que tu abhorres ^ Maintenant, de tout mon cœur, je fléchis le genou *, en implorant ta bonté. J'ai péché. Seigneur, j'ai péché. Je connais mes fautes. Mais je te prie et te supplie, épargne-moi. Seigneur, épargne-moi^, et ne me laisse pas périr avec mes iniquités. Ne sois pas éternellement irrité contre moi ; ne me garde pas mes péchés, ne me condamne pas dans les profondeurs de la terre ^ ! Car tu es Dieu, le dieu des pénitents, dans ma personne tu montreras toute ta bonté, en me sauvant, dans ta grande miséricorde, moi qui en suis indigne, et je te louerai toujours ma vie durant, car toute l'armée céleste ^ chante ta louange et à toi appartient la gloire à tout jamais ! Àmen.
1 Ce verbe est à prendre ici dans le même sens que tout à l'heure celui de prescrire : tu en as fait la condition, ou : indiqué le moyen.
2 Dans le sens matériel. Auparavant il s'agissait du profond repentir qui l'accablait.
S Horreur et achoppements (sens propre du texte), c'est une désignation des idoles fort commune dans l'Ancien Testament.
^ Litt. : le genou de mon cœur.
^ On peut aussi traduire : pardonne-moi, ou : laisse-moi respirer.
G Traduction littérale. Si l'auteur ne s'est pas trompé dans l'emploi de la préposition grecque, il n'a pas voulu dire : ne me condamne pas aua profondears de la terre, c'està-dire à mourir ; mais il nous représente le roi comme se voyant déjà mort (pour ainsi dire), dans sa situation actuelle, et craignant de devoir rester dans son cachot, qu'il compare au tombeau.
'^ Les anges.
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