PRIÈRE DE MANASSÉ
Seigneur tout-puissant, Dieu de nos përes, d'Abraam, d'Isaac et de Jacob, et de leur juste race% toi qui as fait le ciel et la terre, et tout ce qui les orne^ qui as enchainé la mer par Tautorité de ta parole, et enfermé l'océan en le scellant de ton nom redoutable et glorieux', toi que le monde entier craint^ en tremblant devant ta puissance, parce que nul ne peut soutenir la magnificence de ta majesté^ ni supporter ta colère quand tu menaces les pécheurs ' : ta miséricorde aussi est insondable et incommensurable, quant à ses promesses; car tu es le maître suprême, plein de bonté, de longanimité et de miséricorde, enclin au repentir à Tégard des méfaits des hommes *. Toi, seigneur, selon ta grande bonté, tu as promis le repentir ^ et le pardon à ceux qui auraient péché contre toi, et
1 L'auteur a sans doute eu en vue les Juifs fidèles sculs^ à l'exclusion des indiffé^ rents ou des apostats.
S La poésie hébraïque aime à représenter^ comme Tune des merveilles de la création, le fait que Dieu a assigné à la mer des limites infranchissables [Job XXXVIII, 8 ss., etc.). Ici l'auteur renchérit sur cette idée, en mettant auj.j)ortes de la mer des scellés, lesquels ne sont autres que le nom (la volonté) de Dieu.
8 Jusqu'ici l'invocation ; suit la prière proprement dite.
^ Style de l'Ancien Testament. Dieu punit les coupables, mais ensuite il leur pardonne et les reçoit en grâce.
^ Ici le repentir semble plutôt être celui des hommes, comme condition du pardon. Du moins, dans la ligne suivante il faut le prendre dans ce sens. L'auteur veut dire : Dieu ne demande que cela.
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