JOSUÉ XXII
^ Alors les Reoubénites, les Gadites et la demi-tribu de Menass'eh s'en retournèrent et partirent d'auprès des autres Israélites de S'ilob dans le pays de Canaan, pour aller au pays de G'ile'ad, dans leur propre pays, qu'ils avaient reçu comme propriété d'après Tordre donné par TÉternel par l'organe de Moïse. Et quand ils furent arrivés à la partie du cercle du Jourdain qui appartenait au pays de Canaan % les Reoubénites, les Gadites et la demi-tribu de Menass'eh construisirent là un autel ', près du Jourdain, un autel grand et en évidence. Or, les Israélites apprirent qu'on disait: Voilà que les Reoubénites, les Gadites et la demi-tribu de Menasse'h ont construit un autel en face du pays de Canaan, aux environs du Jourdain, à côté des autres Israélites. "Quand les Israélites apprirent cela, toute leur communauté s'assembla à S'iloh pour se mettre en campagne contre eux. Alors les Israélites envoyèrent vers les Reoubénites, les Gadites et la demi-tribu de Menasse'h au pays de G'ile*ad, Pineljas le fils du prêtre Éle'azar, et avec lui dix chefs, un chef de chaque tribu d'Israël, et qui tous se trouvaient à la tète de leurs familles respectives dans les clans d'Israël. ** Et lorsque ceux-ci furent arrivés au pays de G'ile'ad auprès des Reoubénites, des Gadites et de la demi-tribu de Menass'eh, ils leur parlèrent en ces termes: Voici ce que vous fait dire toute la communauté de l'Éternel : Qu'est-ce que ce crime que vous avez commis contre le Dieu d'Israël, en vous détournant aujourd'hui de l'Éternel, en vous construisant un autel pour vous révolter, contre l'Éternel ? Est-ce que ce n'était pas assez du péché de P*eôr ' dont nous ne nous sommes pas encore purifiés à l'heure qu'il est *, et pour
1 On doit se rappeler que le Jourdain faisait la frontière du pays de Canaan propre • ment dit et en même temps la limite des territoires des tribus. Le texte dit donc que l'autel en question fut construit en deçà du Jourdain^ sur la rive droite, et non sur le territoire des trois tribus.
2 Le rédacteur qui se met natureUement au point de vue de la loi, regarde comme une transgression flagrante la construction d'un second autel. Il suppose qu'il n'y en avait alors qu'un seul en Israël, savoir à S'iloh. L'histoire nous apprend que c'est là de la pure théorie, laquelle n'a prévalu dans la réalité que huit siècles plus tard^ et qui même était inconnue à l'époque des anciens prophètes. Rien ne prouve mieux que nous n'avons là qu'un récit fictif^ que le fait d'une menace de guerre civile (v. 12, 33] à propos d'un autel, et cela le lendemain même de toutes ces scènes de fraternité d'armes et de bénédictions dont il vient d'être parlé. L'autel bâti par Josué au mont 'Ébal (chap. VIII, 30] n'aura pas été immédiatement démoli au profit d'une centralisation absolue, laquelle^ pour l'époque de la conquête^ est un fait purement imaginaire.
3 Nomb. XXV.
4 Les textes n'offrent rien qui puisse servir directement à expliquer cette phrase. On se contente ordinairement de dire que parmi les Israélites il y en avait encore beaucoup qui ne s'étaient pas sincèrement détachés des tendances polythéistes. Mais c'est là une explication qu'aucun texte ne recommande.