‹ La Bible (volume 5)Chapitre 7 sur 117 · TROISIEME EPITRE · texte numérisé non relu

TROISIEME EPITRE

L^ancien aa bien-aimé Gaïus, que j'aime véritablement. Mon bienaîmé, je souhaite que tu prospères en toutes choses et que tu sois en bonne santé, comme ton âme prospère aussi. Car j'ai été fort réjoui quand les frères vinrent rendre témoignage à ta vérité, comme qnoi tu marches dans la vérité. Je n'ai pas de plus grande joie que celle d'apprendre que mes enfants marchent dans la vérité.

V. 1-4. Nous n'avons pas besoin de revenir sur les phrases qui se sont aussi trouvées dans la précédente épître. Nous ferons* seulement remarquer que la vérité de Gaïus, à laquelle les frères rendent témoignage, est proprement la disposition qui l'anime envers la vérité (rÉvangile) ; c'est une tournure très-elliptique, que nous aurions pu rendre simplement par la fidélité, si nous n'avions craint de décolorer le style de l'auteur qui fait un usage si fréquent et si varié d'un terme qu'il fallait conserver pour cette raison môme. Du reste, le mot est expliqué par la phrase qui suit immédiatement. La salutation porte sur la prospérité physique et domestique, que l'auteur souhaite à Gaïus égale à sa santé spirituelle, laquelle lui a été attestée par des témoins compétents. Quant à. ces derniers, nous apprenons quelque chose de plus sur leur compte par les lignes suivantes.

N. T. 6« part. 26

402 TROISIÈME ÉPITRB 5-8.

^HoD bien-aimé, tu agis fidèlement^ quoi que tu fasses pour les frères, qui de plus sont étrangers. Ils ont rendu témoignage à ta charité en présence de rassemblée, et tu feras bien de les assister en vue de leur voyage, d'une manière digne de Dieu. Car c'est pour le Nom qu'ils se. sont mis en route, renonçant à prendre quelque chose des païens. C'est donc k nous à accueillir de pareils hommes, afin de travailler avec eux pour la vérité.

V. 5-8. On voit clairement qu'il s'agit là de certains missionnaires, lesquels avaient passé naguère dans le lieu de résidence de Gaïus, et y avaient reçu Thospitalité. L'auteur le loue de celte conduite, et le prie d'en agir de même envers eux quand ils repasseront prochainement. Un missionnaire est caractérisé comme un homme qui travaille pour la vérité, c'est-à-dire pour la propagation de l'Évangile. Ceux qui viennent en aide à ces apôtres, de quelque manière que ce soit, coopèrent à leur sainte œuvre. Il est encore dit d'eux qu'ils sont en voyage pour le Nom, expression elliptique et, si l'on veut, sacramentelle, les chrétiens seuls sachant ce qu'ils veulent dire en s'en servant. Car il s'agit bien du nom de Christ. Les copistes qui n'ont pas compris cela, ont mis : son nom, pour le rapporter à Dieu, nommé auparavant. C'est absolument la même manière de parler comme quand on dit : le chemin, pour désigner le seul vrai chemin, celui qui est indiqué par l'Évangile, la religion chrétienne (Âct. IX, 2; XIX, 9, etc.). A défaut d'autres moyens suffisants pour le voyage, il fallait bien avoir recours à l'hospitalité ; les chrétiens pouvaient bien avoir des connaissances et des amis parmi leurs anciens coreligionnaires, mais ils préfèrent s'adresser à leurs nouveaux frères, bien qu'ils ne les connaissent que d'aujourd'hui.

' J'ai écrit quelques mots à l'église, mais Diotréphès, qui affecte d'être leur chef, n'accepte rien de nous. C'est pourquoi, quand je viendrai, je signalerai sa manière d'agir, en ce qu'il déblatère contre nous en méchants propos, et non content de cela, non seulement il ne fait aucun accueil aux frères lui-même, mais il empêche ceux qui y seraient disposés et les expulse de l'église. *' Mon bien-aimé, n'imite pas le mal, mais le bien. Celui qui fait le bien est de Dieu, celui qui fait le mal n'a pas vu Dieu. Pour ce qui est de Démétrius, tout le monde, et la vérité elle-même, lui rend témoignage. Et nous aussi nous lui rendons témoignage, et vous savez que notre témoignage est véridique.

TROISlÈBiE éplTRB 9-18. 403

V. 9-12. Ici il y a autant d*énigmes que de lignes. Il est question de deux individus absolument inconnus, et la manière dont il est parlé d'eux ne nous édifie ni sur les circonstances auxquelles il est fait allusion, ni sur les rapports dans lesquels Tauteur a pu se trouver avec les personnes.

A quelle église dit-il avoir écrit ? C'est peut-être celle à laquelle appartenait Gaïus; en tout cas, c'est celle où Diotréphès jouait son rôle. Mais comment s'expliquer qu'un membre de l'église, quelque influent qu'on le suppose, ait pu en expulser d'autres, uniquement parce qu'ils auraient exercé l'hospitalité envers des missionnaires? Quelle peut avoir été l'église qui souffrait cela, et ([ui permettait à son chef de déblatérer contre un apôtre ou un autre personnage de considération? Tout ce que nous y voyons, c'est que les procédés de Gaïus (v. 5 suiv.) étaient non seulement corrects et louables, mais qu'ils avaient pu lui attirer de sérieux désagréments dans son entourage même. (Pour les phrases être de Dieu, voir Diev, voyez 1 Jean III, 6-10.)

Quant à Démétrius, on peut hasarder la conjecture qu'il était chargé de porter la présente lettre à Gaïus ; mais tout aussi bien il peut avoir été simplement un associé de celui-ci dans l'œuvre en question. La première combinaison nous sourit davantage, l'écrivain lui-même s'empressant de le recommander par son témoignage et rappelant à son correspondant qu'il n'avait pas l'habitude de le formuler à la légère. Il est donc probable que ce Démétrius était peu ou point connu dans la sphère de Gaïus. Mais on est embarrassé de dire ce que signifie un témoignage rendu par la vérité elle-rnSme, L'auteur a-t-il entendu parler de Christ, ou du saint-Esprit (Jean XV, 26, 27) ? ou bien veut-il ajouter le témoignage des faits à celui de la parole humaine ?

*' J*ayais beaucoup de choses à t'écrira^ mais je ne veux pas Vécrire avec Tencre et la plume. J'espère te voir tantôt, et nous pourrons nous parler de vive voix. Que la paix soit avec toi! Les amis te saluent. Salue les amis, chacun en particulier.

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