I.E NOTRE-PÈRE
crO lu li Noslres Pères qui es [es] cieiils, li tuens nons soit seintefiez. Li tuens règnes aviegne. La teue volentez soit fête en terre ausi corne hu ciel. Nostre pein de chacun jour nos donc liui. Et pardone nos nos detes, si come nos pardonnons a nos détours. Et ne nos meine mie en tentation, mes délivre nos de mal. Issi soit il. »
Ce texte est mot pour mot celui du Psautier normand, retourne suivant les exigences de la langue française. Mais ce texte retourné était depuis longtemps en usage en Angleterre même. Nous parlerons tout à l'heure du Paler commenté qui se lit dans un manuscrit anglais déjà mentionné, ht. i3i5. Voici ce qui est conservé de ce texte :
«Nostre Père ki es el ciel, Le tun num seit seintefiet. Le tun règne avienget. La tue volunté seit faite en tere si cume en ciel ... 5)
Tel est le Notre-Père en français, tel qu'il servait sans doute à la prière de chaque jour dans les divers pays de langue française, en Angleterre aussi bien qu'en France. Un texte comme celui-là ne se communique pas par écrit, mais de vive voix et de mémoire, c'est pourquoi il est naturel qu'il ait été varié à l'infini. J'en citerai quelques leçons en vers; elles valent la peine d'être étudiées au point de vue de leurs rapports avec le Notre- Père en prose. Je commencerai par copier, l'un après l'autre, le petit poème qui fait partie du Psautier en vers, tel que M. F. Michel l'a publié d'après un manuscrit de la fin du xui" siècle, et celui qui se trouve comme égaré dans le Psautier en prose^r. a/iSi, de la même époque.