L'autorité épiscopale , ainsi attaquée dans
du Prdkt un ^e ses actes solennels , ne pouvait rester
aux muette. Cette Réponse provoqua une Lettre de
Protestants i i i
de son diocèse. M. sr l'archevêque aux Prostestanls de son diocèse2. Il y réfute avec autant de dignité que de vigueur la longue série des articles de la Réponse. Il s'applique spécialement à venger le mépris des écritures contestées, dont il montre la divine inspiration par la Tradition des premiers siècles 3.
3o. Les Protestants répliquèrent k cette Lettre ,
Réplique en publiant de nouveau la Réponse déjà citée ,
des Réformés l .
la Letue augmentée d'une multitude de notes beaucoup plus étendues que le texte , commentées ou éclaircies au moyen d'autres notes, lesquelles sont souvent fortifiées k leur tour , ou plutôt surchargées de nouvelles notes : voilà pour la forme. Quant au fond, c'est une critique vio-
i Voyez ci-après , part, ni , chap. 1, versus finem.
2 Lettré de Mgr. l'Archevêque de Toulouse aux Protestants de son Diocèse. Toulouse, Manavit, 1838.
3 Ibid., pag. 52 jusqu'à 60.
précédente.
lente des dogmes et des usages de l'Église Romaine. Et, pour ce qui regarde les apocryphes, sans s'arrêter aux preuves décisives de la Tradition , rapportées dans l'écrit du Prélat , nos Réformés se contentent de développer leurs précédentes assertions , et ils finissent par méconnaître l'autorité des Pères , qu'ils avaient d'abord alléguée comme péremptoire contre les Catholiques.
Il nous paraît superflu d'examiner ici toutes 31-
i \i i' t\ • p i t Examen
les règles employées chez nos Reformes au dis- de deux règles cernement des saintes Écritures. Il nous suffît de la Réforme
pour
de renvoyer à la troisième Lettre de M y de le discernement Baijonne, où elles sont complètement réfutées. Nous discuterons néanmoins , en terminant ce précis historique , celles que nos adversaires proposent avec le plus de confiance. Outre les faits importants que rappellera cette discussion, elle aura l'avantage de servir d'introduction à la partie dogmatique qui en sera la suite.
La Tradition est la première règle de nos Réformés , pour discerner avec certitude les livres inspirés d'avec les apocryphes. 32-
Quand on lit , avec quelque attention , l'ar- ^deVo^'011 ticle iv de leur confession de foi , dans lequel Reformés
1 sur la
ils prétendent « connaître les livres canoni- première règle. » ques , non tant par le commun accord et ^t^ST
» consentement de l'Église 3 que par le témoi- » gnage et intérieure persuasion du Saint-Es- » prit , » on voit que la Réforme regardait ce commun accord, ce consentement de l'Église, c'est-à-dire la Tradition, comme un argument au moins partiel ou subsidiaire de la divinité de ces livres. Ce qui avait empêché Claude et Jurieu d'y avoir recours , c'est, selon la remarque de Bossuet, que cela était dangereux i. Toutefois cette Tradition, dont les anciens Ministres craignaient d'avouer l'autorité, nos Ministres modernes l'ont invoquée avec assurance. « Nous savons, disent-ils, que nous » possédons la pure parole de Dieu , quant à » l'ancien Testament, parce que nous l'avons » reçu des Juifs , qui étaient chargés de nous » le transmettre 2 ; et quant au nouveau Tes- » tament , nous l'avons reçu de l'Église chré- » tienne universelle qui nous l'a transmis 3. » C'est du témoignage de l Église primitive qu'ils s'autorisent pour repousser les apocryphes du canon sacré iJ> les retrancher de leurs
1 Voyez suprà, pag. 32.
2 Rëp. au Mand. in 8° , pag. 77.
3 Ibid. , pag. 78.
h Ibid., pag. 157.
Bibles i y et accuser le Concile de Trente de s'être écarté , en insérant ces livres dans son décret , de la croyance de l'antiquité chrétienne 2. Enfin, ce témoignage des Pères et des Conciles des premiers siècles est , de leur aveu, le sentiment unanime de toute l'Église de Dieu 3. Ne voilà-t-il pas la Tradition reconnue sans détour et sans ambiguïté pour la véritable règle de discernement des saintes Écritures ? Mais attendez , et voyons la suite d'un si beau début.
Objectez-leur, à votre tour, ce même témoi- 33. image des anciens Pères, ils changent aussitôt Ils la reJeUeilt
o ~ ~ ensuite.
de langage, et ils ne balancent pas à répondre, 3e croirait- on? que les Pères sont des guides incertains , qui se sont souvent contredits mutuellement, et n'ont pas toujours été d'accord -avec eux-mêmes 4.
Mais si les Pères sont des guides incertains, comment se fonder sur leur témoignage pour repousser les livres apocryphes du catalogue sacré? Pourquoi s'appuyer de ce témoignage pour retrancher ces livres de la Bible, et
1 Rép. au Mand. , pag. 146.
2 Ibid., pag. 161.
3 lbid., pag. 138.
4 Ibid., pag. 244 et 245.
accuser le Concile de Trente de s'être écarté, en les plaçant dans son canon , de la croyance de l'antiquité chrétienne? Si les Pères sont des guides incertains , d'où vient que leur témoignage est, aux yeux de nos docteurs, le sentiment unanime de toute l'Eglise de Dieu? N'y a-t-il pas là une contradiction manifeste? N'est-ce pas se servir de deux poids et de deux mesures 3 chose abominable devant le Seigneur * ? Vous vous trompez ; les Réformés ont trouvé le secret de concilier des assertions si opposées , et de se justifier d'un si grave reproche. Vous ne nous comprenez pas, vous diront-ils hardiment, et vous mutilez nos paroles. Sans doute nous l'avons dit, les Pères sont des guides incertains; mais n'avons-nous pas ajouté : Grâces et Dieu, il nous a donné sa ■parole, qui est infaillible 2?