Ainsi , le mystère est entendu : c'est par la
parole de Dieu consignée dans l'Écriture,
des Ministres, seule règle certaine et infaillible, que nos RéécanCTccite formés jugent de la doctrine et des témoignages
contradiction. c]es pères , qui ne sont que des hommes faillibles. C'est par celte parole qu'ils examinent ,
1 Prov. xx, 10.
2 liép. au Mand., pag. 245.
Vaines subtilités
qu'ils règlent, qu'ils réforment , selon leur confession de foi, les enseignements de l'Église. ils les reçoivent, quand ils les croient conformes à cette parole écrite; ils les rejettent, quand ils croient qu'ils lui sont contraires. Et pourquoi donc nous parler du témoignage de l'Église primitive , du consentement de l'Église , du sentiment unanime de toute l'Église, de la croyance de l'antiquité chrétienne? Ne valait-il pas mieux laisser là l'Église avec son témoignage, et son consentement, et sa croyance antique, et nous renvoyer tout court à l'Écriture, que d'y revenir par ce circuit inutile? Mais la force de la vérité, ou, pour parler d'une manière plus précise, la force de la Tradition, suivant la judicieuse pensée de saint Basile, entraîne souvent à dire plus qu'on ne voudrait, et inspire des c/ioses contraires à ses propres sentiments l. On parle d'abord , sans y songer, comme les Catholiques, parce que c'est dans }e catholicisme seul que se trouve la vérité. Cependant on veut à tout prix soutenir ses erreurs et ses préjugés; et de là les contradictions, les inconséquences d'un esprit flot-
1 Traditionis vis seepè compulU homines , etiam suis ipsorum dogmatibus conlradicere. S. Basil. Lib. de Spirit. sanct., cap. 29, n. 73, tom. m, pag. (il.
ses dangers.
tant à tout vent de doctrine. En deux mots, les principes de la Réforme veulent une chose, et la vérité, ou le besoin du moment, en demandent une autre.
35 • Quel moyen nous donneront enfin nos ingé-
Examen . . .
de ia meux sectaires pour laire le discernement des seconde régie. iiyres inSpires d'avec les apocryphes ? Et que
Son inutilité -i \ 1 1 i i m t •
et mettront-ils a la place de la lradition, cette
règle sûre de la foi, qu'ils ont établie d'une main et renversée de l'autre? Ils nous renvoient à l'Écriture, pour apprendre d'elle, à la faveur de son évidence, qu'elle est la vraie parole de Dieu. Écoutons.
Nous savons encore , disent-ils, que la Bible est la bonne et pure parole de Dieu; et comment? Par son évidence intrinsèque , qui frappe tout homme qui la lit avec impartialité. Et comme le soleil de la nature éclaire tout homme qui se place sous son influence j de même la parole de Dieu éclaire et vivifie tous ceux dont le Saint-Esprit a ouvert les yeux pour la comprendre '. Admirable moyen, que cette évidence intrinsèque aussi éclatante que le soleil de la nature ! On reconnaît bien là le foyer mystérieux d'où s'échappe ce
1 Rrp. au Mand, , pag. 86.
rayon de divinité imaginé si a propos par le Ministre Claude. Et pourquoi ne pas ajouter à ces brillantes métaphores , ce sentiment, ce goût merveilleux qui font qu'on discerne la divinité des Écritures, comme on sent la chaleur quand on est auprès du feu, le doux et l'amer quand on mange ? Aveugles , qui nous offrez comme un caractère sensible des divines Écritures, cette évidence qui frappe tout homme qui les lit avec impartialité! Mais cette impartialité, par quelle sorte de prodige tout homme, en aura-t-il la certitude ? Quel est donc l'hérétique, ancien ou moderne (car on a vu les novateurs de tous les temps rejeter les écrits divins contraires à leurs erreurs) *, quel est, dis-je , l'hérétique qui ne puisse prétendre avoir lu avec impartialité les livres généralement admis dans votre Réforme , mais qu'il repousse avec dédain du catalogue sacré? Et que lui répondrez-vous , s'il affirme qu'il n'a pas senti, en les lisant, ces impressions intérieures , marques certaines, à vous en croire, de l'inspiration des Écritures?
1 C'est ce qu'attestent Terlullien , S. Jérôme, S. Augustin , et les autres Pères. Voyez Barre , Vindic. Ubr. Deu l. -canon. , cap. i, pag. 2, 3 et 4.