Suivons maintenant cet étrange docteur
Application v
de cette règle cherchant ça et la, dans les ruines des siècles,
de^lcrkure. quelques paroles de Dieu; voyons ce qui nous
L' apocalypse restera de nos livres sacrés. D'abord , « il ne
CSt inspiré™6 * trouve l'inspiration entière ni dans le Pen-
y> tateuque , ni dans le livre de Josuè l. 11 peut
» être douteux si celui des Juges est une his-
» toire fidèle , et il renferme d'ailleurs des
» actions cruelles et infâmes , plus une histoire
» de vieilles 2. Celui de But h est une gentille
» historiette orientale , et rien de plus 3. Les
» deux premiers livres de Samuel ou des Bois;
» malheur a ceux qui y ont écrit : parole de
» Dieu 4. Celui d'Esther est une histoire cruelle
1 Critique historique de la Bible, pag. 34.
2 IftuZ., pag. 35 et 36.
3 Ibid., pag. 30.
4 Ibid., pag. 37.
d et abominable * ; Job , une jolie poésie orieny> taie , mais c'est tout 2. Les Psaumes , l'un » est un cantique d'iniquité et d'orgueil ; un j> autre , une démonstration de vengeance ; un » troisième , une démonstration de férocité : » cependant il s'en trouve çà et là quelques- » uns qui ont été dictés avec une influence » plus ou moins grande de l'Esprit de Dieu s- » Les Proverbes de Salomon sont plus le fruit » de la sagesse terrestre que de celle de l'Es- » prit de Dieu 4. L'Ecclésiastc est un mélange » de vérités et de mensonges , et on y découvre » une sagesse toute terrestre et charnelle 5. » Le Cantique des cantiques est un livre » abominable 6. Les Prophètes grands ou petits, » on ne pourrait , sans tomber dans l'idolày> trie , les regarder entièrement comme les » paroles de l'Éternel , bien que ce soit dans j> ces Prophètes que des paroles de l'Eternel » existent 7. Et quant au nouveau Testa-
1 Critique historique de la Bible, pag. 37.
2 Ibiâ.
3 Ibid. , pag. 37 et 3S.
Mbid., pag. 38.
5 Ibid.
6 Ibid.
7 Ibid.
» ment1, son inspiration semontreà peinedans » le seul livre de F apocalypse. » On devine aisément le motif de la préférence donnée a ce livre sur tous les autres de l'Écriture, sans en excepter les Évangiles. Combien , en effet , est- il avantageux à la Réforme d'être assurée , par toute l'autorité d'un livre effectivement divin , que Rome chrétienne est la Babylone prostituée des derniers temps , et le Pape , V Antéchrist !
C'est donc à la négation absolue des saintes Écritures qu'on est conduit inévitablement par la règle même qui devait servir à les discerner. Il ne fallait, pour la conviction des. plus opiniâtres, qu'un écrivain du parti qui osât tirer cette conséquence ; et cet écrivain s'est rencontré. D'autres 2 avant lui avaient
1 II est à remarquer que l'auteur se montre plus indulgent pour les livres prétendus apocryphes. « Plusieurs , » dit-il, respirent une vraie piété, une plume savante » et véridique. La généralité de ces écrits ont pour le » moins une inspiration aussi sainte que la plupart d£ » ceux qu'on nomme parole de Dieu.» Critique historique de la Bible, part, n, chap. 2, pag. 39.
2 Voy. Michaelis : Inlrod. au nouveau Testament traduit par J. J. CMnevière, Professeur de Genève, lom. i , pag. 129 , 394 ; tom. iv , pag. 506 , etc.
PAU LES PROTESTANTS. Gl
bien tenté de jeter des nuages sur l'inspiration de quelques livres universellement reçus dans la secte ; mais ils n'exprimaient leurs doutes qu'avec une sorte de réserve mêlée d'embarras : tant ils craignaient de blesser les oreilles de leurs frères , accoutumés dès l'enfance à vénérer ces écrits comme la parole de Dieu même. Pour celui-ci , plus attentif à déduire rigoureusement une conclusion de ses prémisses , qu'à ménager la délicatesse de ses coreligionnaires , il laisse sans crainte parler sa raison ou l'amour de ■ la verité , dégagés des préjugés de l'orgueil et de l'éducation.
Nos adversaires croiraient-ils en être quittes *i
pour répondre encore une fois, d'un ton fier et triomphant, qu'ils repoussent avec indignation flc
,,.,,. n , , , , , , nos Réforme
les écrits de tous ces Protestants dégénérés, de
ces sectes impies que leurs pères n'ont point connues ? Ce serait visiblement vouloir nous faire prendre le change, et en imposer trop grossièrement au lecteur. Et en effet, que les Réformés , auxquels nous nous adressons , détestent ou approuvent ces assertions antichrétiennes , peu importe. 11 s'agit uniquement de savoir si elles sont logiquement déduites du principe fondamental de la Réforme , et si
Mauvaise défaite
()2 LA BIBIE MUTILÉE
on peut les rejeter sans abjurer le principe dont elles sont les conséquences nécessaires. Or, la question réduite à ces termes est déjà résolue.
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