‹ La Bible, mutilée par les protestantsChapitre 26 sur 84 · Quoi de plus rationnel, en effet, que de s'en · texte numérisé non relu

Quoi de plus rationnel, en effet, que de s'en

de la Tradition rapporter k la Tradition et de la prendre pour catholique, oU[(\q dans le discernement des divines Écri-

rationnellement °

établie. tures ? C'est un principe avoué de tons les Chrétiens, qu'il faut reconnaître pour inspirés les livres admis comme tels dès lés premiers siècles de l'Église. Saint Augustin en apporte la raison : Ce qu'on ne trouve pas institué par les Conciles , dit ce Père, et que l'on voit toujours enseigné ou pratiqué datis l'Église , ne peut venir que de la Tradition des Apô-

très1. Mais par quel moyen, moi qui n'ai point vécu dans ces premiers âges , pourrai-je m'assurer que tel ou tel livre était alors regardé comme divinement inspiré ? Sans doute, par le témoignage de l'Église chrétienne, qui, selon la belle expression de saint ïrénée, est un riche trésor ou les Apôtres ont pleinement déposé tout ce qui appartient à la vérité2. Elle a le droit, acquis a toute société, d'être crue sur ce qui concerne son histoire, ses monuments, ses usages, son enseignement, les titres de sa foi et de son culte. C'est donc à elle que je m'adresse avec une entière confiance ; non à chacun de ses membres, ce qui serait impossible, mais à ces hommes vénérables , dépositaires de son autorité et de sa doctrine, je veux dire, a ses illustres Docteurs, à ses Pontifes les plus éminents, placés d'es-

1 «Quod universa tenet Ecclcsia, nec Conciliis insti- » tulum, sed semper relentum est, nonnisi atjctop.itate » afostolica TRADiTUM reclissîmè credilur. » S. Auglst. de Bapt., contr. Donat., lib. iv, cap. 2i, n. 31, tom. îx, col. 140. — Ibid., cap. o, n. 9, col. 126, et lib. v , cap. 26 , n. 37 , col. 138.

2 « Apostoli, quasi in depositorium clives, plenis- » simè in eam (Ecclesiam) contulerint qitœ sinf veto ritalis. » S. Iren. Contra Heures. , Mb. m, cap. I, ri, 1, pag. 178.

pace en espace , comme autant de brillantes lumières , pour éclairer clans sa route l'investigateur sincère de la vérité. C'est par celte chaîne de témoins irrécusables, dont le premier anneau se rattache au berceau du christianisme, que, franchissant la distance des siècles, je me transporte au sein de cette Église primitive, où je puise à leur source ses divins enseignements. Si donc les monuments précieux du génie, des vastes connaissances, aussi bien que des rares vertus de tant d'écrivains célèbres , déposent en faveur de la divinité de certains livres ; si ce témoignage est public r constant, universel ; ne faudra-t-il pas convenir qu'il nous est un sur garant , une preuve incontestable de l'inspiration de ces livres ?

Aussi la Tradition de l'Église est-elle la règle inviolable que nous ont donnée ces grands Pai- Docteurs pour discerner les Écritures de Ycni-

l'enseignement

.des Pères cien et du nouveau Testament. Parcourons deSsrécTs'erS rapidement les pages de leurs écrits immortels. Témoignages Qu'opposaient-ils aux hérétiques qui, pour

de Tertullien , , .. . , ™ ,,.

d'ôrigène, accréditer leurs erreurs, s efforçaient cl întro-

de s. Aihanase (juire parmi les fidèles des Évangiles apocry-

de s. Cyrille, phes , sous le nom des Apôtres? « Nous vous

ï> opposons, disait Tertullien, Y autorité des

» Églises où la Tradition des Atôtres s'est

Elle est confirmée

» conservée; parce que la vérité tire son ori- » gine de ceux qui nous l'ont transmise l. t> Que répondaient-ils quand on contestait l'inspiration desfragments d'Esther et de Daniel , qui ne se trouvent pas dans l'hébreu? « Sa- » chez, disait Origène, s'adressant à Jules » Africain, dont nos Réformés empruntent le » langage ; sachez qu'on lit tous ces fragments » dans les exemplaires des livres saints répan- » dus dans toutes les Églises. Youdriez-vous » donc obliger les fidèles à rejeter ces Écrits » sacrés qu'ils ont entre leurs mains?.... Mais » alors accusez la Providence , qui a confié les » divines Écritures a toutes les Églises , d d'avoir trahi son œuvre, en abandonnant. » ceux pour lesquels Jésus-Christ a livré sa j> vie 2. »

Sur quoi se fondent-ils pour mettre le livre de Baruch au rang des Écrits divins et cono-

1 «Utiquèconstabil, ici esse ab ArosTOLiSTRAMTUM, » quod apud Ecclesias Âposlolorum fuerit sacro-sanc- » lum...Hiscompendiisulimur,...defendenlibus... auc-

» TORITATEH ECCLESIARUM TR ADITIO.M ArOSTOLORUM

» patrocinantem , quia veritas... neressc est... ab eis » procédai, à quitus tradila est. » Tertull. Âdv.Marcion., lib. iv, cap. o, pag. 415-16, edil. Rigall. 16To.

2 Origen. Episl. ad Africain., n. 2 et seq.. tom. i oper., pag. 13 et seq. Voy. le texte, pag. 80.

72 LA BIfiLE Ml 11 LÉ K

niques? « Sur les témoignages certains , dit y> saint Athanase, transmis a nos pires par i> ceux-là mêmes qui, dès l'origine, furent les » témoins oculaires des faits, et les ministres » de la parole *. » Sur la Tradition des Apô- » tkes , ajoute saint Cyrille de Jérusalem , des » anciens Évoques , des préposés au gouver- » nement des fidèles ; car c'est de l'Église -, » poursuit-il, qu'il faut apprendre quels sont » les livres tant de V ancien que du nouveau » Testament 2. »

1 « Quam ( Scripturam à Deo inspiratam) cerlis acce- » pimus leslimoniis, quemadmodùm Patribus Iradi- » dere qui ab inilio ipsi viderunt et ministri fuerunt » sermonis : visum est raihi... libros recensere quos » divinos esse, canonicè scriptum , tradition, et cre- » ditum est... Sunt itaque primùm Genesis... Hinc » Jercmias cum Baruch. » S. Athanas. Epist. Fcslalis fragm. , loin, i oper. , part, n , pag. 962.

On nommait Lettres Festales ou Pascales les lettres que le Patriarche adressait aux autres métropolitains , pour leur désigner le jour de Pâques, la Fête des Chrétiens , par excellence.

2 « Studiosè quoque et ab Ecclesia disce , quinam » sint veteris Teslamenli libri , qui verô novi... Mullù » prudentiorcs et religiosiores te erant Apostoli et » veleres Episcopi ; redores qui eos tradidêre... Legis » enim sunt primi quinque libri Moy si ;... sequuntur » prophétie i,... Hcsaia? unus, Hiercmiae cum BarUr

C'est aussi avec l'arme de la Tradition, que 9-

le prêtre Ruffin attaqua saint Jérôme sur le d^Ruffin*9 retranchement qu'il l'accuse d'avoir fait, dans de s- Jérôme

et

sa version de Daniel, d'une partie de ce livre, de s. Augustin. « Qui, avant vous, lui disait-il, osa violer les » paroles de V Esprit-Saint et les divines Écri- » tures , ce dépôt sacré que les Apôtres ont » transmis a l'Église , comme le plus pré-

» cieux héritage? L'histoire de Susanne ,

» qui offrait aux chrétiens un si bel exemple » de chasteté, celui-ci l'a méprisée, suppri- » mée , retranchée. L'Hymne des trois Hé- » breux, que l'on chante dans l'Église, aux » jours solennels, il l'a entièrement effacé. » Puis, ajoutant l'ironie à la censure, il s'écrie : « Oui, Pierre a trompé l'Église , en lui trans- » mettant de fausses Écritures. Et les Apôtres , » et les Martyrs , et les Confesseurs , et l'Eglise » répandue dans l'lniveks, qui, pendant qua- » tre cents ans, ont révéré l'inspiration de ces » Écrits,.... tous se sont (rompes i ! »

» cho. » S. Cyrill. Hicrosolymit. Calech. iv , n. 33 , pag. 07 et seq.

Nous n'omettrons pas de répondre ailleurs aux dif- Picultés des Protestanls, contre les témoignages de S. Athanase et de S. Cyrille.

1 « Quis prffsumpserit sacras Spirilûs sancli voceset

Saint Jérôme se sert également de la Tradition pour repousser l'accusation de Ruffin. « Vous incriminez , lui répond-il , ma traduc- » tion de Daniel, et vous ne faites pas atten- » tion que j'ai eu soin d'avertir que les Églises » de Jésus-Christ lisent ce Prophète , selon » la version grecque de Théodotion » (où se trouvent les fragments prétendus supprimés). « En quoi donc, poursuit-il, suis-je répréhen- » sible, si j'ai suivi le sentiment des Églises? » On me reproche quelques expressions con-

» divina volumina temerare; quis, praeler te, divino » muneri elAposlolorum hœredilati manus intuleril?... » Quis ausus est inslrumenlum divinum quod Eccle- » sus Apostoli tradiderijint, et deposilum sancli Spi- » rilûs compilare?... Nam omnis illa historia de Su- » sanna, quœ castitatis exemplum prœbebat Ecclesiis » Bel, ab ipso (Hieronyrao) abscissa est, et abjecta » atque poslbabila. Trium Puerorum Hymnus , qui, » maxime diebus solcmnibus , in Ecclcsia Bei canitur, » ab islo è suo loco penitùs erasus est... Quid ergô de- » cepilPETRUs ApostolusChristiEcclesiam,oI libios » ei... falsos tradidit, etc.... Et ohms Ecclesia ter » orbem terrarxjm , sancti Confessores,... sancli Mar- « tyres ,... omnes erraverunt ! » Ruffin. Aquil. Invect. in Hieronym., tom. iv oper. S. Hier., part, n , col. 444, 446 et 448.

Conçoit-on , après un témoignage si exprès, que nos Réformés invoquent l'autorité de Ruffin à l'appui de leur opinion sur les apocryphes ?

» Iraires à l'inspiration de l'histoire de Sud sanne , du Cantique des trois Enfants , et x> des récits de Bel et du Dragon, qui ne sont » pas dans l'hébreu. Mais à qui la faute, sinon » à ceux qui ne m'ont pas compris ? Car, eu » parlant de la sorte, je n'ai -point entendu » émettre mon opinion, mais simplement ex- » poser ce que les Juifs avaient coutume d'ob- » jecter aux Chrétiens '. » Les Chrétiens de cette époque croyaient donc à l'inspiration de ces Ecrits, puisque c'était contre cette croyance que les Juifs avaient coutume d'élever les difficultés dont parle ici saint Jérôme.

Saint Augustin, dans l'un de ses derniers ouvrages, défend la divinité du livre de la Sagesse par l'usage qu'en faisaient les auteurs

1 «De Daniele autem brc\itcr respondebo me do- » cuisse lectorem Ecclcsias Christi hune Prophclam » juxla Theodolioncm légère... Ego quid peera\i, si » Ecclesiarum JUDiciUM secutus stjm ? Quùd autem » refero quid adversùm Susannœ hisloriam et Hym- » num Irium Pucrorum , et Belis Draconisque fabu- » las, quae in volumine hebraieo non habenlur, Hebrœi » soleant dicere; qui me criminalur, slullum se syco- » phantam proljat. Non enim quid ipse senlirem, sed » quod Mi contra nos dicere soleant, explicavi.» S. 1Iiero>'. Apolog. advers. Iïuffni. , lib. u , lom. iv, part, n , col. 431.

les plus proches du temps des Apôtres '. Nous voyons encore ce Père, d'après l'autorité des Églises catholiques , et a l'exemple du Concile de Carthage 2, comprendre dans son canon des saintes Écritures tous les livres rejetés par la Réforme 3. La Tradition était, dès la première antiquité, d'un si grand poids et un argument si décisif en cette matière, que le même saint Augustin, ce Docteur si profond et néanmoins si modeste, ne balance pas à dire qu'il n'aurait pas cru même à l'Évangile, si l'autorité de l'Église catholique ne l'y eût déterminé 4; et il ajoute que, dès là qu'il croit a l'Évangile, il ne peut s'empêcher de croire au livre des Actes des Apôtres , parce que l'autorité catholique rend un égal témoignage à lotîtes ces Écritures 5.

1 S. August. De Prcedest. Sanct., cap. iv, n. 27, tom. x, col. 808.

2 Labb. Conc. Carth., can. 47, lom. n, col. 1177.

3 S. August. De Doclr. Christ., lib. n, cap. 8, lom. m, col. 23.

4 «Ego verô Evangclio non crederem , nisi me » catholic^e EccLESiiE commoveret auctobitas. » S. August. Contr. Episl. fundam. , cap. 5 , n. fi , lom. vin, col. 134.

5 «Cui libro (Aclibus Apostolorum) necesse est me » credere, si credo Evangclio ; quoniam ulramque

Faut-il s'étonner, après cela, si les plus habi- 10.

les Protestants n'ont point contesté, ont même

ailles

et en particulier de Wallon.

reconnu à la Société chrétienne le droit de ter- des

Protestants

miner les controverses touchant l'inspiration des livres saints? On n'ignore pas le sentiment des anciens auteurs luthériens et des docteurs modernes de l'université d'Oxford. Le Ministre de Genève que nous avons cité, laisse voir assez clairement ses convictions , à travers des expressions timides. « Il nous semble, dit- » il , que la Synagogue , telle qu'elle était » devenue , n'était plus seule compétente sur » ce sujet ; et que V Église chrétienne qui lui y> succédait , eut aussi cette compétence , » comme la Synagogue du temps d'Esdras » avait été juge des Écrits antérieurs même » de plusieurs siècles '. »

Le docte Évêque anglican de Chester, Walton , fameux par sa Polyglotte , s'explique avec plus de force et de netteté. « De même, dit-il, » qu'avant Jésus-Christ Dieu a institué la Sy- » nagogue dépositaire des livres saints ; de ->-> même il a, dans la suite, établi son Église

» Scripluram simililer mihi catholica commendat » auctoritas. » S. AucusT. , ibid.

1 Police sur les livres apocryphes de l'ancien Testament, etc. , pag. 162.

» la colosse de la i'ébité } et le gardien

» fidèle de ses Écritures; et c'est de sa bou-

» clic , selon l'expression du Prophète, que les

» peuples doivent apprendre la loi l. »

11 II demeure donc constant que c'est de l'É-

A,f"tie glise, et de l'Église seule, que tout Chrétien

nos Réformes, attaché aux antiques doctrines doit recevoir

contre

la Tradiiioa les Ecritures de l'ancien et du nouveau Tessur /«livres tament« N'est-il donc pas étrange que les Réde l'ancien formés, tout en confessant crue l'Eglise chré-

Testament. , . ^ ° . .

tienne universelle leur a transmis les Ecrits de l'alliance nouvelle, assurent avoir reçu des Juifs les livres de l'ancien Testament 2? Si l'on disait que ces livres sont passés de la Synagogue entre les mains des Apôtres, qui les ont transmis a l'Église chrétienne, de laquelle nous les tenons ; nous souscririons volontiers à cette assertion. Mais oser prétendre que c'est des Juifs que la Réforme les a reçus , par opposition a ceux du nouveau Tes-

i «Nain ut synagogam ante Christum, sic Ecclesiam » posleà veritatis columnam et sacvorum codkum » cuslodem Deus consliluit, ex cujus ore legem popu- » lus haurire débet, teste Prophetâ. Malach. n, 7.» Walton , Biblic. appar., pag. 34S , edit. Tigur. (Zurich), 1673.

2 liep. au Mand. , pag. 77.

tament , quelle a reçus de F Église, et exclure ainsi la mère commune du droit naturel de transmettre à ses enfants, dans toute son intégrité, le précieux héritage des Écritures; n'est-ce pas contredire ouvertement les Docteurs des premiers siècles? N'est-ce pas déplacer, contre la défense de l'Esprit-Saint, les bornes posées par nos pères l, et s'écarter ici , comme à tant d'autres égards, de la croyance de l'antiquité chrétienne 2?

Et d'ailleurs, quelle est la preuve d'une 12. opinion si singulière? Rien de moins que le est réfutée témoignage exprès de saint Paul : Le privilège (t'avance des Juifs est grand, et surtout en ce que les lesSS. Pères. oracles de Dieu leur ont été confiés 3. Admirable raisonnement : Les oracles de Dieu ont été confiés aux Juifs, alors qu'ils étaient le peuple chéri de Dieu; donc ils ont conservé, donc ils retiennent encore, malgré l'analhème qui pèse sur leurs tètes, le glorieux privilège de nous les transmettre! « Eh quoi! disait, il » y a seize cents ans , le savant Origène , réfu- » tant Jules Africain dont les Réformés répè-

1 Proverb. xxu , 28.

2 Rrp. au Mand., pag. 77.

3 Ibid. , png, 78.

80 1A BIBf.E MUTILÉE

» lent l'objection, laudra-t-il que, devenant » les adulateurs des Juifs 3 nous les conju- » rions de nous faire part des livres saints , » que seuls ils possèdent dans toute leur puy> reté? Faudra-t-il supprimer les exemplaires » grecs répandus dans toutes les Églises, et s imposer la loi aux fidèles de rejeter ces » Écrits sacrés , qui sont entre leurs mains? » La Providence , qui a donné a toutes les » Églises un si grand sujet d'édification en y> leur confiant les divines Écritures, aurait » donc abandonné ceux que Jésus-Christ a » rachetés au prix de son sang ' ?.... » Elle

1 « Scias igitur quid nobis agendum sit non solùm » de Susannœ historià quae in grœco exemplari , per » totam Christi Ecclesiam circumferlur , licèt apud

» Hebrœos non exslet In mullis quoque aliis

» sanclis libris invenimus alicubi plura esse apud nos » quàm apud Hebrœos... In libro Eslher, etc.. Tem- » pus est igilur si hase nos non laleant, abrogare qua? » iin Ecclesiis feruntur exemplaria , et fratribus lege » preecipere, ut abjectis quos penès se habeant sacris » libris, adulando Judœis persuadeant, ut nos puris » et qui nihil habeant figmenli impertiant. An eliam » providcnliœ qua? in sacris Scripluris dédit omnibus » Christi Ecclesiis sedificationem, curse non fuerunt » empti pretio, pro quibus Christus mortuus est? » Oricen. EpisL ad Afric. , n. 2 , 3 et 4, tom. i , pag. 43, 14, 16.

aurait dénié ce dépôt sacré a l'épouse de cet Homme-Dieu, dotée de plus beaux privilèges que la vieille Synagogue; et ce Jésus, qui a ■aimé son Église jusqu'à se livrer à la mort pour elle y lui aurait refusé, en la fondant, les titres primitifs de ses prérogatives, de sa grandeur et de sa gloire? « Non, reprend Origène, » ne le croyez pas. Les saintes Écritures sont » cette vigne choisie, d'où le Christ a chassé les » anciens colons, pour la donner aux Gentils, » son peuple nouveau, afin de la cultiver et de ï> lui faire porter ses fruits K » « Ces livres divins )j sont a lions, poursuit, avec les autres Pères , ï» l'illustre martyr saint Justin; ils sont deve- » nus la possession (le l'Eglise , et c'est d'elle * que nous les recevons- Si les Juifs les con- » servent encore, nous ne voyous là qu'une » marque sensible de la Providence, qui a » voulu ôter à nos détracteurs (aux infidèles » tout sujet de croire, de soupçonner même

i «Divinam Scripturam Dominus vineœ colonis tra- •> didit : prioribus quidem, huie nimirùm populo ju- » daico), prioribus enirn illis crédita sunt eloquia » l)ei ( Rom. m, 2) ; secundis autem , genli scilicet » facienli fruclus rjus, qure est Ecclesia è gentibus n confia ta. » Origen. Comment, in Malth. , tom. xviii, pag. 778, oper. tora. in.

des Écrits biblique

» que nous les ayons supposés *. » Tels ont été

les sentiments des Pères, et il est clair qu'on

n'a rien à leur objecter.

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