AVANT-PROPOS
Nous avons exposé les curieuses péripéties de celle parlie de rhisloire de la litlérature aposlolique, dans noire ouvrage sur rhisloire du Canon. Nous ne reproduirons donc ici que ce qui esl absolument nécessaire pour expliquer le terme par lequel ces épîtres sont aujourd'hui généralement désignées. Ainsi il est de fait que vers la fin du deuxième siècle la plupart des églises, du moins en Orient, possédaient, outre les treize épîtres de Paul, deux autres épîtres encore, auxquelles elles reconnaissaient une origine apostolique, Tune portant en tête le nom de Pierre, et nommée plus tard la première de cet apôtre, l'autre anonyme, mais généralement attribuée à Jean (plus tard la première de Jean). A première vue, ces deux écrits se distinguaient des treize autres, parce qu'ils étaient adressés, non à une communauté particulière, mais soit à l'universalité des chrétiens, soit au moins à un cercle de lecteurs tellement étendu, que les rapports personnels des auteurs avec les églises, et les besoins locaux de celles-ci, cet élément si caractéristique et si intéressant des épîtres pauliniennes, s'efiacent ici complètement. Ce fait n'ayant pas manqué d'être remarqué, on s'accordait à désigner ces écrits, et d'autres pareils, par un nom spécial : on les appelait des épîtres catholiques, c'est-à-dire générales, universelles. C'est par ce nom que par exemple Denys d'Alexandrie (Eusèbe, Hist. ecclés., VII, 25) distingue la première épître de Jean des deux autres adressées à des individus. Clément d'Alexandrie (Strom. , IV, p. 512) l'applique à la lettre émanée delà conférence de Jérusalem, dont il est parlé au quinzième chapitre des Actes, et Origène (contre Celse, I, 63) s'en sert à propos de l'épître dite de Barnabas.
Lorsque peu à peu d'autres petites épîtres s'introduisirent dans diverses communautés et se répandirent de plus en plus dans les églises, où elles étaient acceptées comme apostoliques, on les joignit à celles qu'on avait déjà et Ton s'habitua dès lors à en former une collection à part. Le nom d'épîtres catholiques, donné à celles qui avaient formé le noyau de cette collection, n'eut pas de peine à s'étendre aux autres ajoutées plus tard, et à se maintenir avec cette extension croissante du recueil. Car les épîtres de Jacques, de Jude, et la seconde de Pierre, qui y entrèrent successivement, justifiaient ce titre tout autant que celles qui l'avaient motivé d'fid)ord. Il n'y a que les deux petites épîtres anonymes, connues sous le nom de la seconde et de la troisième de Jean, dont la nature est en contradiction avec le titre général, en ce