‹ La Bible: traduction nouvelle avec introductions et commentaires, Volume 4Chapitre 3 sur 14 · LES ÉPITRES CATHOLIQUES · texte numérisé non relu

LES ÉPITRES CATHOLIQUES

qu'elles ne s'adressent pas même à des communautés spéciales, mais à des personnes isolées. Cependant leurexiguité même aidait à faire disparaître cet inconvénient, ou cette contradiction: le terme d'épîtres catholiques avait déjà si bien passé dans les habitudes du langage ecclésiastique, que leur présence ne put plus rien y changer. Déjà du temps d'Eusèbe {ffist. ecclés., II, 23; VI, 14) il désignait la totalité des sept pièces que nous comprenons encore aujourd'hui sous le même nom.

Une remarque particulière est à faire sur TÉpître aux Hébreux. Au fond, cet ouvrage, le plus important de tous ceux dont il sera question dans ce volume, pourrait tout aussi bien être appelé une épître catholique que ceux dont nous venons de parler, malgré certaines allusions à une sphère plus restreinte en vue de laquelle l'auteur aurait écrit. Cependant jamais et nulle part l'Épître aux Hébreux n'a été comprise dans le nombre des épîtres catholiques, et cela par une raison bien simple. On sait qu'elle est l'un des livres qui ont eu le plus de difficulté à se faire admettre et reconnaître par l'universalité des églises chrétiennes, et qu'elle n'a fini par triompher de cette opposition que parce que Topinion qui l'attribuait à saint Paul eut la chance de prévaloir, en Orient d'abord, plus tard, au cinquième siècle, aussi en Occident. Ainsi, partout où on la recevait, c'est aux épîtres de Paul qu'on la rattachait; le titre d'épître catholique ne signifiait déjà plus autre chose que non-paulinien.

Ce titre, du reste, a passé de l'Église grecque aux églises protestantes. L'Église latine, au contraire, à partir du cinquième ou du sixième siècle, en adopta un autre passablement mal choisi : celui d' épîtres caTioniques, Dans l'origine, il devait sans doute affirmer plus explicitement la canonicité ou l'autorité apostolique de ces écrits, jadis moins répandus ou même contestés ; mais comme ce caractère revient également aux épîtres de Paul, on aurait dû éviter l'équivoque.

Dans la présente partie de notre travail on trouvera d'un côté l'Épître aux Hébreux et celle dite la première de Pierre, lesquelles se rapprochent l'une et l'autre, quant à l'élément théologique, des écrits de Paul. Un second groupe est formé par les épîtres de Jacques et de Jude, qui représentent un autre type de l'enseignement apostolique. Cependant nous n'avons pas cru nécessaire de rien changer à l'ordre dans lequel ces diverses pièces se suivent dans nos éditions grecques ordinaires. Mais nous nous en écartons

Page 1