L'armée se met en marche et s'arrête sur les bords du
Scamandre (467). — Moïse ordonne aux tribus de Ruben et de Gad et à la demi-tribu de Manassé de marcher à la tète de leurs frères, pendant que leurs femmes et leurs enfants resteront en deçà du Jourdain.
1 (1). « Les autres immortels et les guerriers dorment, enveloppés par la nuit. Jupiter seul ne cède point au profond sommeil ; mais il agite, en son esprit, comment il honorera le fils de Pelée, et fera périr, près de la flotte, une foule de héros achéens. Enfin il lui semble que ce qu'il a de mieux à faire est d'envoyer un songe trompeur au puissant Atride. Il Vappelle^ et lui adresse ces rapides paroles :
« Vole, ô songe trompeur, jusqu'aux vaisseaux « légers des Grecs ; pénètre sous la tente d'Aga- « memnon ; répète-lui fidèlement ce que je vais te « dire ; exhorte-le à mettre sous les armes toutes « les troupes argiennes. Le jour est arrivé oxiilva « s'emparer de la vaste ville des Troyens, Les « immortels habitants de l'Olympe ont mis fin à « leurs dissentiments ; Junon, par ses prières, les a « tous fléchis, et de grandes calamités sontsuspen- « dues surllion. »
Nous lisons I (III) Rois^ XXII, que le prophète Michée, ayant été appelé auprès de Josaphat, roi de Juda, etd'Achab, roi d'Israël, pourprédirc l'issue de laguerre qu'ils allaient faire contre les Syriens, dé-
clara, 17, que cette issue leur serait funeste. Mais voyant que sa prédiction mécontentait Je roi d'Israël, Michée ajouta, 19: « Ecoutez la parole du Seigneur : J'ai vu le Seigneur assis sur un trône, et toute l'armée du ciel qui était à droite et à gauche. Elle Seigneur a dit: Qui séduira ichab, roi d'Israël (Jupiter appelle un songe trompeur/, afin qu'il marche contre Ramoth en Galaad, et qu'il y périsse? et l'un dit une chose, l'autre une autre. Mais l'esprit (malin) s'avança, et se présentant devant le Seigneur, il lui dit : C'est moi qui séduirai Achab. Le Seigneur lui dit: Et comment? Il répondit : J'irai, et je serai un esprit menteur (un songe trompeur) dans la bouche de tousses prophètes. Le Seigneur lui dit: tu le séduiras (Vole, ô songe trompeur) et tu auras ï avantage sur lui (Il va s'emparer de la vaste ville desTroyens). Va {vole^) et fais comme tu le dis (exhorte-le à mettre sous les armes toutes les troupes argiennes.) >)
2 (16). « Il dit : le Songe Ta entendu et s'envole. Bientôt il atteint les rapides vaisseaux des Grecs et s'introduit auprès d'Agamemnon ; il le trouve endormi sous sa tente, et à Tentour un sommeil divin est répandu ; alors il s'arrête au-dessus de sa tête, sous la figure de Nestor, fils de Nélée, celui de tous les vieillards qu'Agamemnon honore le plus. Semblable à lui, le Songe divin parle en ces termes :
« Tu dors, fils de Tillustre Airée ! Il ne convient « pas qu'un homme qui gouverne, qu'un roi à qui « les peuples et de si grands intérêts sont confiée, a dorme toute la nuit. Saisis donc vite mes pa- « rôles : Jupiter nC envoie près de toi^ du haut de « ses lointaines demeures. Rempli de compassion « et de sollicitude pour les Grecs, il Vexhorte à « mettre sous les armes toutes leurs troupes. « Le jour est arrivé où tu vas femparer de la « vaste ville des Troyens. Les immortels habitants de l'Olympe ont mis fin à leurs disscntiraents ; Junon, par ses prières, les a tous fléchis, « et de grandes calamités sont suspendues sur « Ilion par la main de Jupiter. Retiens ses ordres « en Ion esprit, prends garde que Toubli ne les « emporte lorsque le doux sommeil t'abandon- « nera. »
Ibid.^ 11 : (( Sédécias, fils de Chanaana, s'était fait faire des cornes de fer, et il dit : Voici ce que dit le Seigneur (Jupiter m'envoie près de toi) : Vous agiterez la Syrie avec ces cornes, jusqu'à ce que vous l'ayez toute détruite. Tous les prophètes prophétisaient de même, et disaient : Allez contre Ramoth en Galaad (Jupiter t'exhorte à mettre sous les armes toutes les troupes des Grecs), et marchez heureusement et le Seigneur la livrera entre les mains du roi (Tu vas t'emparer de la vaste ville des Troyens). »
3 (35). « A ces mots, il disparaît, et laisse Agamemnon espérer en son âme ce qui ne doit point s'accomplir. Le roi pense ce jour-là même enlever la ville de Priam : l'insensé ! Mais il ignore les travaux que lui réserve Jupiter, qui est sur le point d'infliger aux Grecs et aux Troyens bien des douleurs, de leur arracher bien des gémissements, au fort de mêlées terribles. »
Achab, comme Agamemnon, « espéra en son âme ce qui ne devait point s'abcomplir. Le roi pensait ce jour-là même enlever la ville de Ramoth : mais il ignorait le triste sort que lui réservait le Seigneur^ qui était sur le point de lui arracher la vie, « au fort do mêlées terribles. »
4 (41). « Cependant il se tire du sommeil et entend encore autour de lui murmurer la voix divine, »
Ibid.j 13 : « Celui qu'on avait envoyé pour faire venir Michée lui dit ; Voilà les prophètes qui, dans leur réponse, prédisent tous d'une voix un bon succès au roi, »
5 (42). « Il se lève, revêt une tunique moelleuse, neuve et magnifique, s'enveloppe d'un vaste manteau, attache sous ses pieds brillants de belles sandales, sur ses épaules jette son glaive orné de clous d'argent, saisit le sceptre incorruptible de son père et, le tenant à la main, s'élance parmi les vaisseaux. »
Ibid.f 30 : « Le roi d'Israël dit à Josaphat : Prenez vos armes et combattez avec vos habits ordinaires. »
6 (48). « La déesse Aurore monte au vaste Olympe pour annoncer la lumière au fils de Saturne et aux autres immortels, lorsque le roi donne ordre aux hérauts à la voix sonore, de convoquer les Grecs à Tagora. Les hérauts obéissent et les guerriers accourent en foule. »
Zôtrf., 9 : « Lu roi d'Israël ayant appelé un eunuque lui dit : Faites venir présentement Michée, fils de Jemla. »
7 (53). « Cependant, les chefs njagnanimes d'abord tiennent conseil près du navire du roi de Pylos.
Ibid,^ 10: «Le roi d'Irsaël et Josaphat, roi de Juda, étaient dans la cour, près de laporte de Samarie, assis chacun sur leur trône...; et tous les prophètes prophétisaient devant eux. »
8 (35). « Lorsque Atride les a réunis pour concerter avec eux de salutaires desseins :
u Amis, leur dit-il, prêtez-moi tous une oreille « attentive. Pendant la profonde nuit, un songe « divin m'est apparu, semblable au noble Nestor, « par la taille, la figure et le maintien, il s'arrête « sur ma tête, et m'adresse ces paroles : Tu dors, « fils de l'illustre Atrée ! Il ne convient pas qu'un « homme qui gouverne, qu'un roi à qui les peuples
ce et de si grands intérêts sont confiés, dorme toute « la nuit. Saisis donc vite mes paroles : « Jupiter c« m'envoie près de toi, du haut de ses demeures « lointaines. Rempli de compassion et de soUici- « tude pour les Grecs, il f exhorte à mettre sous « les armes toutes les troupes. Le jour est arrivé « où tu vas t' emparer de la vaste ville des « Troyens, Les immortels habitants de TOlympe « ont mis fin à leurs dissentiments ; Junon, par « ses prières, les a tous fléchis, et de grandes cala- « mités sont suspendues sur Ilion par la main de « Jupiter. Retiens ses ordres et ton esprit. »
76idf., 15 : « Michée se présenta devant le roi, et le roi lui dit : Michée, devons-nous aller à la guerre pour prendre Ramoth en Galaad, ou demeurer en paix ? Michée lui répondit : Allez, marchez, heureusement, et le Seigneur la livrera entre les mains du roi. »
9 (70)* « A ces mots, il disparaît, et le doux « sommeil m'abandonne. Voyons donc comment « nous pourrons décider les fils de la Grèce à « prendre les armes. Je veux les éprouver par « mes discours, autant qu'il m'est permis ; je leur « ordonnerai de fuir sur leurs vaisseaux; vous, « cependant, retenez-les par vos exhortations. »
Ibid., 16 : « Le roi ajouta: Je vous conjure instamment de ne me parler que selon la vérité. Michée lui dit : J'ai vu tout Israël dispersé dans
les montagnes, comme des brebis qui n'ont point (le pasteur. Et le Seigneur a dit : Ils n'ont point de chef. Que chacun retourne en paix dans m maison. »
10 (76). « Ainsi parle Agamemnon, qui reprend sa place. Alors se lève Nestor, roi de la sablonneuse Pylos ; l'esprit plein de bienveillance, il leur dit :
« Amis, rois et chefs des Argiens, si tout autre « qu'Atride nous racontait ce songe, nous pence serions ^ qu't'Z nous trompe, et nous aurions « pour lui d'autant plus d'éloignement. Mais celui 'i quise glorifie d'être le plus grand de l'armée * a a VU lui-même ; allons donc et^ cherchons corn- « ment nous pourrons décider les fils de la a Grèce à prendre les armes. »
/ôtrf., 19 : « Michée ajouta:... 2 TaivuXe Seigneur assis sur son trône... Et le Seigneur a dit : ^ Qui séduira Achab, roi d'Israël, " afin qu'il marche contre Ramoth en Galaad.
11 (84). a A ces mots, il sort le premier du conseil ; les autres chefs le suivent, et tous les rois ornés du sceptre obéissent au pasteur des peuples. Cependant la multitude s'^ empresse. Telles^ d'une roche creuse^ en troupes serrées, les abeilles sortent^ se succèdent sans relâche, voltigent ensemble ça et là, et, comme les grains d'une grappe, s'arrêtent sur les fleurs du printemps : tels s'élan-
CIÎANT DEUXIÈME 97
cent des tentes et des navires de nombreux groupes de guerriers qui se rendent tour à tour à l'agora, devant le profond rivage de la mer. Au milieu d'eux, la renommée messagère de Jupiter s'enflamme et les excite à marcher. La foule s'accroît, l'agora s'agite, la terre gémit sous le poids des guerriers, un immense tumulte éclate. Neuf hérauts à grands cris les contiennent pour que la clameur s'apaise, et qu'ils écoutent les rois élèves de Jupiter. »
La mention que le poète fait ici des rois « élèves de Jupiter » nous semble viser Saul qui, choisi par Dieu pour être le premier roi d'Israël, fut véritablement l'élève de Dieu lui-même. En effet, I, Rois {Sam)^ X, 9, « lorsque Saûl se fut retourné en quittant Samuel, Dieu lui changea le cœur et lui en donna un autre... Lorsqu'il fut venu avec son serviteur à la colline qui lui avait été marquée, il fut rencontré par une troupe de prophètes; V Esprit du Seigeur se saisit de lui, et il prophétisa au milieu d'eux. »
L'empressement de la multitude à se rendre à l'agora nous parait calqué sur celui que montrèrent les Israélites lorsque Saul les convoqua pour combattre les Amalécites, ibid.^ XV, 4 : € Saiil donna des ordres au peuple ; et en ayant fait la revue comme s'ils avaient été des agneaux, il se trouva deux cent mille hommes de pied, et dix
mille hommes de la tribu de Juda. » — Comparez Agamemnon pasteur de^s peuples à Saûl faisant la revue du peuple^ coynme sHls avaient été des agneaux,
La comparaison tirée des abeilles dont se sert ici Homère rappelle une comparaison semblable employée dans le Deutéronome , I, 44 : « Alors les Amorrhéens qui habitaient sur les montagnes, ayant paru, et étant venus au-devant de vous, vous poursuivirent comme poursuivent les abeilles, » Cf. Ps. CXVII (CXVIII), 12 : « Elles (toutes les nations) m'ont environné comme des abeilles.», »
12 (99). « Enfin la multitude, non sans peine, a pris place, tous sont assis ; le bruit cesse, et le puissant Agamemnon se lève, tenant à la main le sceptre que jadis a fabriqué Vulcain. »
Le sceptre que tient Agan^emnon est, selon nous, l'emblème de Tautorité royale que Saûlexerçait sur le peuple Israélite. Pour trouver l'origine de cette autorité^ il faut remonter à Abrahfi^m et à la promesse que lui firent les anges relativement à la naissance d'Isaac. ' Si le sceptre d'Agamemnon a été fabriqué par Vulcain, le dieu du feu, c'est que les anges qui promirent un fils à Abraham sont les mêmes qui firent tomber le feu du ciel sur Sodome et les autres villes coupables.
13 (202). (( Ce dieu l'offrit au fils de Saturne ; Jupiter en fit don au subtil meurtrier d'Argus ;
Mercure en gratifia Pélops, qui le donna au pasteur des peuples Atrée ; celui-ci enfin, à sa mort, le laissa à Thyeste, riche en troupeaux^ et Thyeste lui-même le transmit à Agamemnon, afin qu'il gouvernât de nombreuses îles et TArgolide entière. »
Cette histoire du sceptre d'Agamemnon nous paraît reproduire d'une façon mythique celle du sceptre de Juda, dont il est parlé Genèse^ XLIX, 10. Jéhovah (Jupiter) le remit à Abraham (Mercure) ; Abraham à Isaac (Pélops) ; Isaac à Esaû (Atrée) par droit de naissance ; Esaû à Jacob, riche en troupeaux comme Thyeste, par cession volontaire. Jacob le transmit à son fils Juda, comme Thyeste à Agamemnon, lorsqu'il lui dit, ibid. : << Ije sceptre ne sera point ôté de Juda ni le prince de sa postérité, jusqu'à ce que celui qui doit être envoyé soit venu. » Juda et Saûl sont tous deux, en vertu delà complexité des mythes, réunis dans le personnage mythique d'Agamemnon, l'un parce que le sceptre lui a été attribué par Jacob, l'autre parce que, le premier dans Israël, ila été revêtu de l'autorité royale symbolisée par ce sceptre.
Nous n'avons pas à justifier ici l'identification que nous établissons entre certains personnages mythiques et d'autres personnages de la Bible. Nous dirons seulement à propos d'Abraham iden-
100 LA BIBLE TnAVESTIE PAR HOMERE
tifié à Mercure, que d'après Hésiode (1), Arabus, héros légendaire de la nation arabe, était fils de Mercure. Or, le vrai nom d'Arabus est Ismaël, fils d'Abraham.
14 (109). (' Le roi, appuyé sur ce sceptre, prononce ces paroles rapides :
" Amis, héros issus de Danaus, serviteurs de (( Mars, Jupiter, fils de Saturne, m'a jeté violem- « ment dans les liens de la funesle Até. Le « cruel! il m'a jadis promis, par un signe de sa « tête, que nous ne retournerions pas dans notre « patrie avant d'avoir saccagé la forte Ilion, et « maintenant il imagine une triste déception ; il « YïC ordonne de regagner ignominieusement « A rgos après avoir perdu tant de nos guerriers. (« Teldoitêtre sans doute le plaisir du tout puissant i< Jupiter, par qui s'écroulent et s'écrouleront « encore les faîtes des cités ; puisqu'il est le (( plus fort. »
Ce passage nous reporte au désert de Sinaï* Après le retour des espions envoyés par Moïse dans le pays de Chanaan, le peuple, découragé par leurs rapports faux ou exagérés, se révolta contre Moïse et Aaron. Dieu dit alors à Moïse, Nombres, XIV, 25 : « Comme les Amalécites et les Chananéens habitent dans les vallées, décam-
(1) Fragm ,32.
pez demain, et retournez dans le désert par le chemin de la mer Rouge. » — Quand le poète dit que « par Jupiter s'écroulent et s'écrouleront les faites des cités, s il nous semble faire allusion au futur écroulement des murs de Jéricho.
15 (H 9). « Car ce sera une honte même pour « notre postérité quand on apprendra quune « armée d Achéens si nombreuse et si vaillante « a fait la guerre sans succès contre des peuples « inférieurs en nombre, et que Ton n'apas encore « entrevu le terme de tant de batailles. En effet, « si nous voulions, Grecs et Troyens, conclure une I sincère alliance, dénombrer les deux peuples, « placer d'un côté tous les citoyens dliion, ranger « de Tautre les Grecs par dizaines, et prendre, « pour verser le vin dans nos coupes, chaque « guerrier troyen, plusieurs dizaines manque- « raient encore d'échanson, tant, si je ne me « trompe, le nombre des Argiens surpasse celui « des habitants de Troie ; mais ceux-ci sont se- « condés par des auxiliaires habiles à manier la f lance, venus d'une multitude de villes. Ce « sont ces vaillants guerriers qui me repoussent, « et, malgré mes désirs, ne me permettent pas de « renverser la superbe Troie. »
Ibid,, 13 .: « Moïse répondit au Seigneur :
(Vous voulez donc que) les Égyptiens... et les habitants de ce pays appy^ennent que vous avez
fait mourir une si grande multitude comme un seul homme, et qu'ils disent : Il ne pouvait pas faire entrer ce peuple dans le pays qu'il leur avait promis avec serment; c'est pourquoi il les a fait tous mourir dans le désert. »
16 (134). « Déjà sont passées neuf années du « grand Jupiter ; déjà les poutres de nos navires « se consument, et les cordages se dissolvent. « Cependant, peut-être^ nos épouses, assises avec <« ^ nos jeunes enfants dans nos palais, désirent- (( elles nous revoir, et l'entreprise qui nous a tous " attirés ici demeure inachevée. Croyez-moi donc, « et faisons tous ce que je vais dire : 3 fuyons « sur nos vaisseaux^ aux champs paternels, car « nous ne prendrons jamais la grande Ilion. »
Ihid.y 2 : « Tous les enfants d'Israël murmurèrent contre Moïse et Aaron, en disant : Plut à Dieu que nous fussions morts dans l'Egypte ! et puissions-nous périr plutôt dans cette vaste solitude, que non pas que le Seigneur nous fasse entrer dans ce pays-là, de peur que nous ne mourions par l'épée, et quel nos femmes et 2 nos enfants ne soient emmenés captifs ! Ne valait-il pas mieux que 3 nous retournions en Egypte ? »
17 (142). « Ce discours fit battre dans leur sein le cœur de ceux de la multitude qui n'ont point pris part au conseil. L'agora s'agite comme les grandes vagues de la mer d'Icare, lorsque Euros
et Notos les soulèvent, se précipitant des nuées du père Jupiter. Telles, sous le souffle du rapide Zéphyre, ondulent les riches moissons qu'il effleure en courbant les épis : ainsi frémit l'armée tout entière. Puis les uns s'élancent à grands cris vers la flotte, enveloppés d'un nuage de poussière que soulèvent leurs pas; d'autres s'exhortent mutuellement à saisir les vaisseaux^ à les lancer à la mer divine, et ils commencent à déblayer les canaux ; la clameur de ceux qui brûlent de partir monte jusqu'au ciel , et ils retirent les étais sur lesquels posent les quilles des navires. »
Ibid. , 4 : « Us commencèrent donc à se dire Vun à Vautre : Etablissons-nous un chef, et retournons en Egypte. y>
18 (16S). a Alors peut-être, malgré la destinée, les Achéens seraient- ils partis, si Junon n'eût dit à Minerve :
I Hélas ! infatigable fille du dieu qui porte « l'égide, les Grecs vont-ils ainsi fuir sur le vaste « dos des mers jusqu'en leurs demeures et en « leur douce pairie? vont-ils laisser ainsi à Priam (( et aux Troyens la gloire et TArgienne Hélène, « pour qui nombre d' Achéens ont péri devant « Ilion, loin des champs paternels? Mais hâte- « toi de descendre dans les rangs des Grecs cuiras- « ses d'airain ; retiens chaque guerrier par de
104 LA DIBLE TRAVKSTIE PAR HOMÈRE
« douces paroles, ne les laisse point lancer leurs w vaisseaux à la mer divine. »
Ibid., XIII, 31 : «Le murmure commençant à s'élever contre Moïse, Caleb f,t ce qu'il put pour rapaiser, en disant : Allons et assujettissons-nous ce pays ; car nous pouvons nous en rendre maîtres.»
19 (166). «Elle dit ; et, docile à ses ordres, Minerve aux yeux vifs prend son essor des cimes de rOlympe, et arrive rapidement près des légers vaisseaux des Grecs; là, elle trouve immobile Ulysse, égal en prudence à Jupiter ; il n*a point saisi son noir navire, parce qu'une vive douceur lui est venue à Tûme. »
Ibid.^ xiv^ 6 : Josué, fils de Nun, et Caleb, fils de Jéphoné, qui avaient eux-mêmes considéré cette terre, déchirèrent leurs vêtements. »
20 (172). « Minerve l'aborde et lui dit : « Fils de '.< Laërte, allez-vous ainsi fuir sur vos vaisseaux « jusqu'en vos demeures et en votre douce patrie? « Allez-vous laisser à Priam et aux Troyens la « gloire et TArgienne Hélène, pour qui nombre « d'Achéensont péri devant Ilion, loin des champs (• paternels ? Mais élance-toi parmi l'armée des u Grecs ; point de relard ; retie^ts chaque guer- « rier par de douces paroles, ne les laisse point « lancer leurs vaisseaux à la mer divine. »
Josué et Caleb s'efforcèrent aussi de retenir
les Israélites prêts à retourner en Egypte, ibid. , 7 : a Et ils dirent à toute l'assemblée des enfants d'Israël : Le pays dont nous avons fait le tour est très bon. Si le Seigneur nous est favorable, il nous y fera entrer, et nous donnera cette terre où coulent le lait et le miel. »>
21 (182). « Elle dit : et il entend la voix de la déesse ; il s'élance, il jette son manteau que relève le héraut Eurybate d'Ithaque, son serviteur; il court au devant d'Agamemnon , s'empare de rincorruptible sceptre de ses aïeux, et, ce sceptre à la main, parcourt le camp et la flotte.
Chaque roi , chaque chef qu'il rencontre, il l'aborde et le retient par ces douces paroles :
« Ami, Une te convient pas de trembler comme « un lâche ! Crois-moi, reprends ton siège, et fais u asseoir tes guerriers ; car tu ne sais pas avec '< certitude quelle est la pensée d'Alride. Mainle- « nant, il nous éprouve, et bientôt il châtiera « les fils de la Grèce. Nous n'avons point tous « entendu ce qu'il a dit au conseil. Craignez que, « dans son courroux, il ne réserve de grands « maux aux fils de Danaûs. Le cœur d'un roi « élève de Jupiter n'a rien que de magnanime ; lui- '< même tient de Jupiter ses honneurs, et Jupiter a le chérit. »
Ibid.^ 9 : « Ne vous rendez point rebelles contre le Seigneur ; et ne craignez point le peuple de ce
pays-là, parce que nous pouvons le dévorer ainsi qu'un morceau de pain. Ils sont destitués de tout secours ; le Seigneur est avec nous ; ne craignez point, »
Tout le discours d'Ulysse est calqué sur la situation où se trouvaient Josué et Calob. Ceux-ci, en effet, pouvaient tenir un langage semblable au sien, et dire aux enfants d'Israël : « Amis, il ne vous convient pas de trembler comme des lâches. Croyez nous, reprenez courage, et marchez à la conquête de la Terre Promise. Vous ne savez pas avec certitude quelle est la pensée du Seigneur. Maintenant il nous éprouve, et bientôt il châtiera les fils dTsracl. Craignez que, dans son courroux, il ne réserve de grands maux aux fils d'Israël. D'ailleurs le cœur de Moïse, prophète de Jéhovah, n'a rien que de magnanime ; lui-même tient de Jéhovah ses honneurs, et Jéhovah le chérit, m
22 (198). « Mais s'il aperçoit un homme du vulgaire, s'il le surprend à crier inconsidérément^ il le frappe du sceptre, et le réprimande par ces dures paroles... »
76îd., 10 : (( Alors tout le peuple jetant de grands cris et voulant les lapider, la gloire du Seigneur parut à tous les enfants d'Israël sur le tabernacle de Talliance. »
23 (200). « Misérable, assieds-toi sans bouger, (( 1 écoute les paroles de ceux qui valent mieux
'< que toi, homme sans courage, sans vigueur. Asie tu jamais complé au conseil ou dans les bâti tailles? et tous les Grecs ici sont-ils rois? C'est « un pouvoir funeste que celui de plusieurs ; ^ il « faut un seul roi, un seul chef, à qui le fils de « Saturne, pour gouverner, accorde le sceptre et « les droits, »
Ibid.y 11 : « Et le Seigneur dit à Moïse : Jusqu'à quand ce peuple m'outragera-t-il par ses paroles ? 1 Jusqu'à quand ce peuple ne me croira-t-il point j après tous les miracles que j'ai faits devant leurs yeux ? Je les frapperai donc de peste, et je les exterminerai ; pour vous, ^je vous établirai prince sur un peuple (plus) grand et plus fort que n'est celui-ci. »
24 (207). i< Ainsi, parlant en maître, il commande à l'armée. Bientôt tout entière, à grand bruit, elle revient à V agora, des tentes et des navires. Tels les flots de la mer aux bruits tumultueux mugissent sur le vaste rivage, tandis qu'au large elle retentil, »
Ibid,, 40: « Le lendemain, s'étant levés de grand matin, ils montèrent sur le haut d'une montagne, et ils dirent : Nous sommes prêts à aller au lieu dontle Seigneur a parlé, car nousavons péché. »
25 (2H). (( Tous se tiennent tranquilles sur leurs sièges ; les autres sont assis et seul Thersile cric encore ; expert en paroles inconvenantes, sans mç-
sure, partout ^il cherche inconsidéré meni querelle aux roiSy sans souci de la bienséance et pour exciter la risée des Grecs. C'est le plus vil des guerriers qui sont venus devant Ilion. Il est cagneux, il boite ; ses épaules voûtées se rejoignent sur sa poitrine, et sa tête pointue est couverte à peine de quelques rares cheveux. ^Sa haine poursuit surtout 3 le fils de Pelée et le noble Ulysse ; sans cesse il les outrage. Maintenant c^est au divin Agamemnon que s'adressent ses injures amères et ses cris aigus. »
Ibid., XVI, 1 : « En ce même temps, Coré...
Dathan et Abiron. . . ^ s^ élevèrent centre Moïse avec deux cent cinquante hommes des enfants d'Israël.,. ^ S' étant do7ic soulevés contre Moïse et contre Aaron, ils leur dirent :... Pourquoi vous élevezvous sur le peuple du Seigneur ? o
26 (222). « Les Grecs irrités en leur âme s'indignent... ^>
Ibid.j 15: « Moïse, entrant dans une grandi^ colère^ dit au Seigneur... »
27 (224). « Mais il vocifère hautement et insulte par ce discours le fils d'Atréc :
« Agamemnon, ^de quoi te plains-tu encore'!
« que te manque-t-in Tes tentes sont remplies « d'airain ; elles renferment nombre de femmes « d'élite que nous te donnons, tout d'abord, nous (c autres Achéens, quand nous avons pris quelque
CUANT DEUXIEME 109
« ville. Te fauUil de plus Tor que bientôt appor- « tara d'Ilion Tun des anciens de Troie, pour ra- « clieter son fils chargé de liens et amené par moice même ou par tout autre guerrier ? Certes il ne c( convient pas que 2 celui-là même qui commande « ^ mène à mal toute V armée, misérables ! ô race a ignominieuse! femmes achéennes, et non achéens, « ^retournons dans nos demeures avec nos vais- « seaux. Laissons ce roi, devant Ilion, couver ses « trésors; qu'il sache si nous lui sommes ou non 'i de ressource, lui qui maintenant a offensé un « héros plus vaillant que lui, en ravissant sa ré- « compense. Mais Achille n'a ressenti qu'une faible « colère ; c'est un nonchalant, et sans cela, Atricio, »< c'eût été ton dernier outrage. »
Ibid., 12: « Moïse envoya appeler Dalhan et Abiron, fils d'Eliab, qui répondirent: Nous n'irons point ! ^ Ne vous doit-il pas suffire que vous ayez fait sortir d'une terre où coulaient le lait et le miel, '^ pour nous faire périr dans ce désert, sans vouloir encore ^nous commander avec empire?.., Voud riez-vous encore nous arracher les yeux? ^ Nous n'irons point. »
28 (243). « AinsiThersite invective Agamemnon, pasteur des peuples ; mais bientôt le noble Ulysse s'arrête à ses côtés, lui lance un regard terrible, et le reprend par ces dures paroles :
« Thersite, discoureur inconsidéré, tais-loi, bien
« que ta voix soit harmonieuse ; cesse de vouloir « seul discuter avec les rois ; je déclare que nul « mortel n'est plus vil que toi de tous ceux qui « sont venus avec les Atrides sous les murs d'Ilion. « Ce n'est donc pasàtoi de mêler toujours les rois a à tes harangues, de leur prodiguer les injures « et de songer au retour. Qui de nous connaît notre « fortune? ^ Est-ce un bieriy est-ce un mal, pour les « fils de la Grèce, de rentrer dans leur patrie ? u Maintenant tu insultes Agamemnon, pasteur des « peuples. ^ Parce que les héros issus deDanaûs « lui ont beaucoup donnée tu le poursuis de tes « paroles irritantes, »
Ibid,^ 8 : « Il (Moïse) dit à Coré : Ecoulez, enfants de Lévi : ^ Est-ce peu de chose pour vous que le Dieu d'Israël vous ait séparés de tout le peuple, et vous ait joints à lui pour le servir dans le culte du tabernacle, et pour assister devant tont le peuple^ en faisant les fonctions de votre ministère ? Est-ce pour cela qu'il vous a fait approcher de lui, vous et tous vos frères les enfants de Lévi ; afin que vous usurpiez même le sacerdoce, et que votre troupe se soulève contre le Seigneur? Car ^ (jui est Aaron pour être V objet de vos murmures ? »
29 (237). « Mais je te le prédis, et ma menace (( s'accomplira : si je te prends encore à exlrava- « guer, comme en ce moment, je veux que la tète
M d'Ulysse roule de ses épaules, ^je veux n'être « plus nommé le père de Télémaque, si je ne le « saisis, si je ne te dépouille de tes vêtements, de « ton manteau, de ta tunique, des derniers voiles « de ta nudité, et ^si je ne te chasse de V agora « jusqu'à ton vaisseau^ blessé de coups ignomi- (( nieux, et poussant des cris de douleur. »
Cette prédiction et cette menace d'Ulysse font le pendant de celles de Moïse lorsqu'il dit au peuple en parlant de Coré, Dathan et Abiron, ibid,^ 29 : a S'ils meurent d'une mort ordinaire aux hommes, et qu'ils soient frappés d'une plaie dont les autres ont coutume d'être frappés, ^ ce n* est point le Seigneur qui m'a envoyé] mais si le Seigneur fait, par un prodige nouveau, que la terre, s'entr'ouvrant, les engloutisse avec tout ce qui esta eux, et ^qu'ils descendent tout vivants en enfer, vous saurez alors qu'ils ont blasphémé contre le Seigneur. »
30(263). «A ces mots, ^ Ulysse le frappe du sceptre aux épaules. ^ Thersiste se courbe^ et ses pleurs coulent abondamment; une tumeur sanglante s'élève sur ses chairs gonflées par les coups du sceptre d'or. Il s'assied tout tremblant. Dans sa douleur, il regarde stupidement et essuie ses larmes. )>
/6irf., 31 : «Aussitôt qu'il eut cessé de parler, la terre se rompit sous leurs pieds ; et s'entr'ouvrant, i elle les dévora d^y^o leurs tentes, et tout
ce qui était à eux. * Ils descendirent tout vivants dans V enfer ^ étant couverts de terre, et ils périrent du milieu du peuple. »
31 (270). tt Les Grecs, ^ malgré leur tristesse^ éclatent de rire à son aspect, et ' se disent les uns aux autres :
« Grands dieux ! le fils de Laërte a déjà fait « mille choses excellentes, soit en ouvrant do « sages avis, soit en dirigeant les batailles. Mais a aujourd'hui il se surpasse encore en réprimant a les discours de cet insolent parleur, que désor- « mais son âme audacieuse ne poussera plus à « poursuivre les rois de discours outrageants. »
Ibid.y 34 : «Tout Israël qui était là autour 1 s'enfuit au cri des mourants^ * en disant : Craignons que la terre ne nous engloutisse aussi. »
Les enfants d'Israël auraientpu tenir un langage semblable à celui des Grecs et dire : « Moïse a déjà fait mille choses excellentes. Mais aujourd'hui il se surpasse encore en réprimant les discours de ces insolents parleurs, que désormais leur âme audacieuse ne poussera plus à poursuivre les euvoyés de Dieu de discours insensés. »
32 (278). « Ainsi parle la multitude. Cependant Ulysse, destructeur des cités, reste debout, le sceptre à la main. A ses côtés. Minerve aux yeux vifs, sous les traits d'un héraut, commande aux peuples le silence, afin que tous à la fois, les pre-
OIIANT DEUXIÈME 113
miers et les derniers rangs des Grecs, entendent l'orateur et se pénètrent de ses avis. Ulysse, l'esprit plein de bienveillance, les harangue et dit :
Atride, maintenant, les Grecs veulent le " rendre, parmi les mortels, l'homme le plus digne ce de blâme. Ils ne rempliront pas la promesse « que, en venant de la ferlile Argos, ils. t'ont faite « de ne point partir avant d'avoir renversé la « superbe liion. Gomme de * jeunes enfants^ « comme ^ des veuves, '^ ils se lamentent entre « eux, et ^ songent à s'en retourner dans leur « patrie^ Ah ! sans doute c'est un mal inévilable « que ce désir de retour causé par le chagrin ; « car on s'attriste lorsque, durant un mois avec « son navire, on est retenu loin d'une épouse « chérie, par les tempêtes de l'hiver et les flots « courroucés; et pour nous, qui demeurons ici, « Tannée neuf fois a recommencé son cours. Je « ne m'indigne donc pas contre les Grecs s'ils « s'affligent auprès de leur flotte. »
Ibid., XIV, 1 : « Tout le peuple se mit donc à crier, et ^pleura toute la nuit ; et tous les enfants cTIsraël murmurèrent contre Moïse et Aaron, en disant : Plût à Dieu que nous fussions morts dans l'Egypte ! et puissions-nous périr plutôt dans cette vaste solitude, que non pas que le Seigneur nous fasse entrer dans ce pays-là, de peur que nous ne mourrions par l'épée, et que '^nos femmes
et ^ nos enfants ne soient emmenés captifs ! Ne vaut-il pas mieux que ^nous retournions en Egypte? »
33 (297). « Mais il n'y a pas moins de honte à « partir sans butin qu'à languir ici plus long- « temps. »
Ibid.,6: « Josué... et Caleb... dirent à toute l'assemblée des enfants dlsraël : Le pays dont nous avons fait le tour est très bon. Si le Seigneur nous est favorable, il nous y fera entrer, et nous donnera cette terre où coulent le lait et le mieL » C'est sans doute par allusion à une terre si fertile que le poète fait parler de butin à Ulysse.
34 (299). a mes amis, encore quelques jours « de constance ; sachons si Calchas est ou non un « devin digne de foi. Vous avez encore présent à « l'esprit ce que je vais vous rappeler ; vous en avez « tous été témoins, vous que les parques de la mort « ne sont pas venues ravir, soit précédemment, « soit dans notre présente calamité. Lorsque la « flotte des Grecs assemblée en Aulide s'apprêtait « à porterie ravage chez le peuple de Priam, nous « offrîmes aux dieux immortels, sur des autels sa- « crés, des hécatombes complètes, au pied d'un « beau platane et autour d'une fontaine d'où « s'échappait un ruisseau limpide. »
Ce passage nous parait faire allusion à la sortie d'Egypte et avoir pour point de départ, ibid.^ 13:
« Moïse répondit au Seigneur : (Vous voulez donc que) les Égyptiens du milieu desquels votts avez tiré votre peuple, etc. » La flotte des Grecs assemblée en Aulide, c'est le peuple d'Israël se disposant à quitter l'Egypte pour aller prendre possession de la terre promise. Les hécatombes offertes aux dieux immortels représentent le sacrifice de l'agneau pascal.
35 (308). « Alors nous voyons un grand prodige ; « un affreux dragon, le dos couvert de taches saute glantes, mis au jour par Jupiter lui-même, a s'iaance de l'autel sur le platane. Au plus haut de « la cime sont cachés, sous le feuillage, les petits « à peine éclos d'un passereau (ils sont huit et la « mère qui les a couvés est la neuvième). Le ser- « peut les atteint et les dévore à faire pitié pendant « qu'ils gazouillent. »
Le dragon dont il est ici question nous paraît figurer le peuple hébreu. L'idée de cette allégorie aurait été suggérée au poète par Gen,, XLIX, 16: c Que Dan devienne un serpent dans le chemin. » Cette assimilation de la tribu de Dan à un serpent aurait été par là-même étendue à tout le peuple hébreu. Les jeunes passereaux dévorés par le serpent représentent les premiers-nés des Égyptiens dont la mortprocura la liberté aux Israélites. Quand le poète dit que ce serpent a été mis au jour par Jupiter lui-même, il veut faire en-
tendre, selon nous, que le peuple hébreu descend dlsaac qui, comme nous Tavons montré ailleurs (1), est l'élément humain dont on a formé le personnage mythique de Jupiter.
36(315). « La mère plaintive voltige autour de « sa couvée chérie. Comme elle pousse des cris « perçants, il se retourne et la saisit par l'aile. »
La mère voltigeant autour de sa couvée et «a/sie par le serpent qui se retourne^ c'est l'armée des Egyptiens poursuivant les Israélites en saisie par les eaux de la mer Rouge, lorsque Moïse se retournant étendit sa verge sur elles.
37 (317). « Mais dès qu'il a mangé ses petits et <( elle-même, le dieu qui Tafait apparaître le rend « bien remarquable, car il en faitunepierre(laas). »
Il y a ici un jeu de mots. Comme le mot laas « pierre », est à peu près le même que laôs i!( peuple », Homère, en disant que le serpent avait été transformé par Jupiter en laas, a voulu faire entendre que les Israélites sont devenus un laôs, un peuple. C'est, en effet, après le passage de la mer Rouge que les Israélites ont été constitués par Jéhovah en corps de nation.
38 (320). « A cette vue, nous sommes immobiles fk de stupeur. Ainsi les terribles prodiges des dieux « se manifestent pendant notre hécatombe. Calchas
(1) Voy. les Emprunts d'Homère au livre de Judith, page 71.
« aussitôt interprète le signe divin: « Pourquoi, ô « Grecs, êtes-vous muets de surprise ? Le pré- € voyant Jupiter nous dévoile par co grand prodige « une longue entreprise lentement accomplie dont « la gloire sera impérissable ; comme le dragon a « dévoré les petits du passereau (ils étaienthuit, et « la mère qui les a couvés était la neuvième), nous, « de même, durant autant d'années, nous combat- « trons aux champs troyens, et dans la dixième, « nous prendrons la grande llion. » Voilà comme « il parle, et ces choses sont près de s'accomplir. « Croyez-moi donc, ô belliqueux Argiens, restons « tous ici jusqu'à ce que nous ayons renversé la • vaste ville de Priam. »
Cette prédiction de Calchas, basée sur un rapprochement entre le nombre des passereaux dévorés par le serpent et celui des années pendant lesquelles les Grecs ont combattu aux champs troyens, offre une analogie frappante avec la prédiction de Moïse qu'on lit, Nombres, XIV, 33 : « Vos enfants seront pâtres dans le àè^Qvi pendant quarante ans.., selon le nombre de jours pendant lequel vous avez considéré cette terre, en comptant une année pour chaque jour. »
39 (333). • Il dit : les Grecs lui répondent par leurs acclamations; de toutes parts les navires répètent, avec un murmure terrible, le long applaudissement qu'excite le discours d'Ulysse. »
Ibid.^ 39 : « Moïse rapporta toutes les paroles du Seigneur à tous les enfants d'Israël... Le lendemain, s'étant levés de grand matin, ils montèrent sur le haut de la montagne, et ils dirent : Notes sommes prêts à aller au lieu dont le Seigneur a parlé. »
40 (336). « Alors le vénérable Nestor adresse ces paroles à l'assemblée :
« Grands dieux ! vous raisonnez comme de « jeunes enfants étrangers aux travaux de la a guerre. Que deviendront nos traités et nos ser- « ments ? La flamme va-t-elle anéantir les con- « seilSy les projets des guerriers, nos mutuelles « promesses, auxquelles nous avions foi, et nos « libations sans mélange ? Nous nous combattons « en paroles, sans pouvoir rien imaginer d'utile, « après être demeurés ici trop longtemps. »
Ibid.^ XVI, 40 : a La multitude des enfants d'Israël » combattu aussi en paroles lorsqu'elle « murmura contre Moïse et Aaron, en disant : Vous avez tué, vous autres, le peuple du Seigneur. » Quand Homère parle de la flamme qui allait anéantie* les conseils, il nous paraît faire allusion à Vincendie qui, ibid.^ 47, embrasa le peuple murmurateur, et frappa « quatorze mille sept cents hommes, sans ceux qui avaient péri dans la sédition de Coré. »
41 (344). « Atride, ^ sois comme jadis ferme
« en tes desseins ; conduis l'armée à la terrible « bataille ; laisse se consumer le seul, les deux « seuls qui, se séparant des Achéens, formeront « le projet (et ils ne l'exécuteront pas), de retour- « ner dans Argos avant que nous sachions si la « promesse du dieu qui porte l'égide est ou n'est « pas trompeuse; car j'affirme que Jupiter s'est a déclaré pour nous, en inclinant la tète, le jour où « les fils de Danaûs montèrent sur leurs vaisseaux, • pour porter parmi les Troyens le carnage et la « mort. Il a fait retentir la foudre ^ à notre droite^ (( et manifesté des signes favorables. »
Josuéj I, 1 : « Le Seigneur parla à Josué... et lui dit... ?. Je serai avec vous comme j'ai été avec Moïse ; je ne vous laisserai point, je ne vous abandonnerai point. . . ^ soyez ferme et courageux pour observer et accomplir toute la loi que mon serviteur Moïse vous a prescrite. Ne vous en détournez ni ^à droite nia gauche... »
Quand le poète des deux qui seuls formeront le projet de retourner dans Argos avant qu'on sache si la promesse de Jupiter est ou n'est pas trompeuse^ il nous parait faire allusion à ce que Josué Aii^ibid.j 12, a à ceux de la tribu de Ruben, à ceux' de la tribu de Gad et à la demi-tribu de Manassé :... Pour vous, passez en armes à la tête de vos frères,... et combattez pour eux, jusqu'à ce qu'ils possèdent la terre que le Seigneur votre
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Dieu leur doit donner (Jupiter s'est déclaré pour nous). »
42 (334). « Ne songez donc point au retour « avant que chacun de vous ait couché avec la « femme d'un Troyen, pour venger Tenlèvement t et les soupirs d'Hélène. »
Ibid.yii: « Vos femmes, vos enfants et vos ce bestiaux demeureront dans la terre que Moïse « vous a donnée en deçà du Jourdain. »
43 (357). « Mais s'il est quelque guerrier transc porté du désir de rt^voir sa demeure, qu'il ose « toucher à son noir navire, le premier il sera la « proie de la mort et de Ja destinée violente. »
Ibid., 16 : « Ils répondirent à Josué, et lui dirent :... Que celui qui contredira (aux paroles sorties de) votre houche... soit pimi de mort. »
44 (360). « Cependant, Atride, i médite sage-- « m£nt en toi-même^ et laisse-toi persuader par « autrui. * Les conseils que je vais te faire en-a tendre ne sont pas à négliger, »
Ibid.j 8 : Que le livre de cette loi ne s'éloigne point de votre bouche ; mais ^ ayez soin de la méditer jour et nuit^ afin que vous observiez et ^que vous fassiez tout ce qui y est écrit. »
45 (362). «Partage les guerriers ^ par tribus^ « par famille. roi, que les familles, * que les « tribus se prêtent un mutuel appui; si tu ranges « ainsi l'armée ^, si les Grecs f obéirent ^ tu ne
« tarderas pas à connaître quels chefs, quels solf( dats manquent de courage ; tu distingueras « aussi ^ les plus vaillants, car tous combattront (( selon leur valeur; tu sauras enfin si c'est par la « volonté des dieux que lu ne t'empares pas d'Ilion, « ou par la mollesse des guerriers et par leur a inhabileté dans les batailles. »
Ibid. , 12 : « Il (Josué) dit ^ à ceux de la tribu de Ruben, à ceux de la tribu de Gad, et à la demi-tribu de Manassé:... Pour vous, passez en armes à la tête de vos frères, tous tant que vous êtes de ^ vaillants hommes , et 2 combattez pour eux, jusqu'à ce que le Seigneur donne le repos à vos frères.... Ils répondirent à Josué, et lui dirent:... Comme nous avons obéi à Moïse en toutes choses, ^ nous vous obéirons b.\x^%\. »>
46 (369). « Le puissant Agamemnon, à son tour, parle en ces termes : « vieillard, tu l'emportes à « l'agora sur les fils de la Grèce ! Plût à Jupiter, « père des dieux, à Minerve, à Phébus, que parmi « les Argiens il y eût, pour le seconder, dix conte seillers tels que toi ! Bientôt ^la ville de Priam « succomberait , prise et saccagée par nos « mains I »
Ibid. y ^ : « Après la mort de Moïse, le Seigneur parla à Josué, et lui dil : Moïse, mon serviteur, est mort : levez-vous et passez ce fleuve du Jourdain, vous et tout le peuple avec vous, (pour entrer)
dans la terre que je donnerai aux enfants dlsraël. Partout où vous aurez mis le pied, ^je voits livrerai ce lieurlà. »
47 (375). « Mais le fils de Saturne, le dieu qui « porte l'égide, m'afflige, puisqu'il me jette dans « une querelle et de vaines discordes. Achille et « et moi, pour la jeune captive, nousnous sommes (( combattus face à face en paroles, et j'ai cédé le « premier à mon emportement ! ^ Si jamais nos va- « lontés se réunissent^ ^ la ruine des Troyens ne « sera plus différée même âHun instant. »
Ibid^y 5 : « * Nul ne pourra vous résister ni à mon peuple. Tant que vous vivrez, ^je serai avec vous, comme j'ai été avec Moïse; je ne vous laisserai point, je ne vous abandonnerai point. »
48 (581). « Amis! ^ prenez maintenant le repas i( du matin^ et tous ensemble ^ marchons au « combat. Aiguisez vos javelots, ajustez vos bou- « cliers, donnez à vos rapides coursiers une abon- « dante pâture, visitez avec soin vos chars; que « toutes vos pensées se tournent à la guerre. Son- (( gez comment nous consacrerons tout ce jour à (( rhorrible Mars; car, le combat engagé, il n'y « aura plus de trêve, même de courte durée, jus- « qu'à ce que la nuit arrive et sépare les guerriers, « malgré leur fureur. La sueur inondera sur votre <f sein le baudrier auquel est suspendu Técu qui « vous protège ; vos mains se lasseront à tenir le
• javelot ; les flancs de vos chevaux seront baignés « d'écume, lorsqu'ils entraîneront vos chars écla- « tants. »
Ibid.j 10: « Josué fit ce commandement aux princes du peuple, et leur dit : Passez par le milieu du camp, et donnez cet ordre au peuple, et dites-leur : ^ Faites provision de vivres , car dans trois jours vous passerez le Jourdain, et ^ vous irez posséder la terre que le Seigneur votre Dieu doit vous donner. »
49 (391). « Mais celui chez qui je soupçonnerai « le désir de s'éloigner du combat, de rester près a des navires, il ne sera pas certain d* échapper « aux chiens et aux vautours. »
/ôîrf., 18 : • Que celui qui contredira (aux paroles qui sortiront de) votre bouche, et qui n'obéira pas à tout ce que vous lui -ordonnerez, soit puni de mort. »
50 (394). « 11 dit : les Grecs répondent par leurs acclamatioyis. Tel est le bruit des vagues que Notos pousse sur une roche escarpée, toujours et de tous côtés battue par les vents et les flots. »
Ibid., 16: « Ils répondirent à Josué, et lui dirent: Nous ferons tout ce que vous nous avez ordonné, et nous irons partout où vous nous enverrez. »
51 (398). « Les Grecs se lèvent, courent et se dispersent parmi les navires ; ^ ils allument des feux
dans leurs tentes et prennent leur repas ; ^chacun fait ses offrandes à Cun de ses dieux paternels ; tous leur demandent de détourner loin d'eux la mort et les périls du combat. »
Nombres, , XV, 1 : « Le Seigneur parla à Moïse et lui dit : Parlez aux enfants d'Israël, et dites-leur : Lorsque... '^vous offrirez au Seigneur ou un holocauste ou une victime,... ^en faisant brûler dans vos fêtes solennelles des offrandes d'une odeur agréable au Seigneur,... quiconque aura immolé l'hostie, offrira pour le sacrifice de farine la dixième partie d'un épi... »
32 (402). « Cependant le roi des guerriers, Aghamemnon, sacrifie ^au tout puissant Jupiter^ un bœuf de cinq ans, florissant de graissé, et invite au festin les plus illustres chefs de Tarmée: Nestor le premier, puis le roi Idoménée, les deux Ajax et le fils de Tydée; Ulysse, égal par sa prudence au souverain des dieux, est le sixième ; le vaillant Ménélas, do lui-même, vient eusuile, car il sait quels soins occupent Tâme de son noble frère.
iôïrf., 8: « Lorsque 2 vous offrirez des bœufs, ou enholocauste, ou en sacrifice,... vous donnerez pour chaque bœuf trois dixièmes de farine..., et vous y joindrez pour offrande de liqueur la même mesure de vin, ^ comme une ablation d'une odeur très agréable au Seigneur. »
53 (410). «Les héros entourent la viclime, élèvent Torge sacrée, et, au milieu d'eux, le puissant Agamemnon prononce cette prière :
« ^Jupiter très glorieux^ très grand, assem- « bleur de sombres nuages, habitant l'élher, ^que « lesoleilne disparaissepas^pour faire place aux « ténèbres^ avant que nous ayons renversé le a splendide palais de Priam, livré ses portes aux ti flammes dévorantes, déchiré la cuirasse d'Uec- « tor sur son sein, et autour de lui fait mordre la « poussière à ses nombreux compagnons. »
Josué,^ X, 12 :« Alors Josué parla ^ au Soigneur en ce jour auquel il avait livré les Amorrhéens entre les mains des enfants d'Israël, et il diten leur présence : ^Soleil, n'avance point sur Gabaon, ni toi, lune, sur la vallée d'Aïalon. »
54 (419). « Il dit : mais le fils de Saturne ne promet point d'accomplir ces vœux; il accepte le sacrifice; mais il accroît le labeur des Achéens. Lorsque les héros ont prié et répandu l'orge sacrée ils élèvent la tête de la victime, Tégorgent, la dépouillent, séparent les cuisses, les enveloppent de graisse des deux côtés, posent sur eljes les entrailles saignantes, et les brûlent sur des rameaux sans feuilles en maintenant au-dessus de la flamme les entrailles embrochées. Lorsque les cuisses sont consumées, lorsqu'ils ont goûté les entrailles, ils divisent les chairs de la victime, les traversent de
broches, les rôtissent avec soin, et les retirent de l'ardent foyer. Ces apprêts terminés, ils disposent le festin; ils mangent, et personne, en son âme, ne peut se plaindre de n'avoir point une juste part des mets, u
Nombres, XVI, il ; « Vous en userez de même pour tous les bœufs, les béliers, les agneaux et les chevreaux. Ceux du pays et les étrangers également offriront les sacrifices avec les mêmes cérémonies. »
C'est ce passage ou l'ensemble du chap. XVI qui a, selon nous, suggéré au poète l'idée de faire offrir un sacrifice à Agamemnon. L'explication détaillée de ce sacrifice est la même que celle que nous avons donnée d'un sacrifice tout à fait semblable, Iliade, I, 458-468.
S5 (432). « Bientôt ils ont chassé la faim et la soif ; alors le vénérable écuyer Nestor, le premier, prend la parole :
« Atride, glorieux roi des guerriers, i ne de- « meurons plus ici; ne retardons pas plus long- H temps ''^ l'œuvre qu'un dieu remet entre nos • mains ».
Josué, 1, 1 : « ... Le Seigneur parla à Josué, et lui dit : ... ^ Levez-vous^ et passez le fleuve du Jourdai?i, vous et tout le peuple avec vous, (pour entrer) dans la terre ' que je donnerai aux enfants d'Israël n.
S6 (437). « Marchons; ^que les hérauts con- « vaquent les Grecs cuirassés d^airain, et les ras- « semblent près des navires tandis que 2 nous nous « répandrons parmi la grande armée des Ar- « giens^ et que soudain nous réveillerons la fu- « reur de Mars » .
Ibid., 10: « Josué fit ce commandement aux princes du peuple, et leur dit: ^Passez par le milieu du camp^ et 1 donnez cet ordre aupeuple, et dites leur: ... Dans trois jours vous passerez le Jourdain, et vous irez posséder la terre que le Seigneur votre Dieu doit vous donner » .
§7 (441). « Il dit: le roi des guerriers, Agamemnon, docile à ses conseils^ commande aussitôt aux hérauts à la voix sonore de convoquer au combat les Grecs à la belle chevelure ; à leur appel, Tarmée est rapidement réunie » .
Ibid.y 16: « Ils répondirent à Josué : Nous ferons tout ce que vous nous avez ordonné^ et nous irons partout où vous nous enverrez ».
58 (445). « Alors les rois chéris de J#piler, autour d*Atride, se hâtent de former les lignes. 1 Devant eux Minerve aux yeux vifs porte la précieuse égide immortelle, incorruptible, que bordent cent franges d'or bien tressées, toutes du prix d'une hécatombe. Elle la tient, elle s'élance, elle presse les pas des guerriers, et * souffle en leur âme V ardeur des combats. Maintenant la guerre
leur semble plus douce que le retour sur leurs vaisseaux dans leur chère patrie ».
Ibid,, 9: Dieu dit à Josué: c C'est moi qui vous l'ordonne ; ^ soyes ferme et courageux. Ne craignez pointf et ne vous épouvantez point; car en quelque lieu que vous alliez, ^ le Seigneur votre Dieu sera avec vous » .
59 (45S). « Comme le feu dévorant consume une immense forêt sur le sommet des monts, et projellc au loin son éclat, de même, dès que Tarmée est en marche, la splendeur do Tairain traverse l'éther et s'élève jusqu'au ciel. Telles, dans la prairie d'Asios ou ^sur les rives du Caïstre, de nombreuses troupes d'animaux sauvages, d'oies, de grues ou de cygnes au long cou, voltigent de toutes parts, ^ se devancent tour à tour et s'arrêtent en poussant des cris aigus dont tout le pré retentit: de même, les nombreux bataillons sortent des vaisseaux et des tentes, et se répandent dans la plaine. Sous leurs pas, sous les pas des cour3^rs, la terre rend un mugissement terrible ».
Ibid.f 12 : « Il (Josué) dit à ceux de la tribu de Ruben, à ceux de la tribu de Gad, et à la demitribu de Manassé: .. Vos femmes, vos enfants et vos bestiaux demeureront dans la terre que Moïse vous a donnée ^ en^deçà du Jourdain. Mais pour vous, passez en armes ^àla tête de tws frères, tous tant que vous êtes, et combattez pour eux,
jusqu'à ce que le Seigneur donne le repos à vos frères ... ».
60 (467). M ^ Ils s'arrêtent dans les prés fleuris du Scamandre, innombrables comme les feuilles et les fleurs que le printemps fait éclore. Tels de nombreux essaims de mouches, au retour des chaleurs, volent en foule dans Tétable du pâtre lorsque le lait déborde des vases: aussi nombreux les Grecs font halte ^"^ près du fleuve ^ et brûlent d'externainer les Troyens ».
/6irf.,25* Vousreviendrez dans le pays que vous ^o^^éàQz pour y habiter ^ comme dans le lieu que Moïse, le serviteur du Seigneur, vous a donné ^ endeçà du Jourdain, vers le soleil levant ».
61 (474). « De même que les chevriers séparent facilement leurs immenses troupeaux qui se sont mêlés dans le pâturage : ainsi les chefs séparent les Grecs ^ pour les conduire au combat. Parmi eux le puissant Agamemnon a les yeux et la tête du dieu qui lance la foudre, la poitrine de Neptune, et la taille de Mars. Tel au milieu du troupeau se distingue le taureau superbe dont le front s'élève au-dessus de la foule des génisses : tel ce jour-là ^Jupiter veut que le fils d'Atrée surpasse les nombreux et vaillants héros ».
Ibid.^ III, 6 : « Il (Josué) dit aux prêtres : Dressez l'arche de l'alliance, et ^ marchez devant le peuple. ... Alors le Seigneur dit à Josué: ^Je
commencerat aujourd'hui à vous relever devant tout Israël^ afin qu'ils sachent que je suis avec vous, comme j'ai été avec Moïse ».
Le Catalogue ou dénombrement des troupes grecques et troyennes ne renferme qu'un seul passage qui mérite de fixer rattenlion de Texégète : c'est celui qui concerne le devin Thamyrîs (S91ttOO). Ce passage, nous avons essayé de l'expliquer dans notre brochure intitulée : Balaam et la Mythologie (!}.
^1) Pages 33-35.