SOMMAI H
1. L'armée des Grecs s'avance en silence contre les Troyens (1). — Josué envoie secrètement des espions à Jéricho.
2. Alexandre, ayant provoqué au combat les plus braves des Grecs, reciUe effrayé dès que Ménélàs s'avance contre lui (15). — - Rahab dit aux espions qu'à l'arrivée des Hébreux, tous les habitants du pays sont tombés dans le découragement,
3. Stimulé par les reproches d'Hector, Alexandre demande à lutter contre Ménélas (38). — Rahab dit aux envoyés du roi de Jéricho que les espions ont quitté sa maison, et les engage à se mettre à leur poursuite.
4. On convient qu'Hélène sera le prix du vainqueur (76). — Les espions conviennent avec Rahab que les Hébreux épargneront touftceuz qu'ils trouveront dans sa maison.
5. Agamemnon veut que le traité soit conclu avec Priam, et non avec ses fils « superbes et sans foi (103). » — Les Israélites, voyant que les fils de Samuel « ne marchent pas dans ses voies, » le refusent pour juges et demandent un roi.
6. Hélène, du haut de la tour qui domine la porte Scée, nomme & Priam et aux vieillards troyens les principaux chefs de l'armée grecque, et fait l'éloge de chacun d'eux (121). — Balaam, appelé par Balac pour maudire les Israélites, en fait au contraire un magnifique éloge.
7. Agamemnon conclut le traité en immolant trois agneaux, et les rais prennent part au sacrifice (245). — Balac /«î7 tuer des
1 el^^
birufs ■;( dei ,lirebix, et envoie det présents â Bitlaam /ec lui.
8. Combat de Paris et de MÉuélas (30ïj. - Combat de David et âiR Golialli.
0. Fdrii est sau':e par Vênila el se trouve en prfeence d'Hê- ', qui guurmaude sa licbclË (373). — David, persécute par r Mi<:hal.
10 Itôuoodliatioa ^es deux fpoii:
chol iiaw époiiif S David.
(i37). — Saul doua%f
i (1). « Lorsque, chacun avec ses chefs, ils se sont rangés en bataille, les Troyens s'avancent à grands cris, àgranrt fracas comme les oiseaux. Tel, monte jusqu'au ciel le cri rauquc des gnies qui, fuyant les frimas et les grandes pluies de l'hiver, voient avec bruit Jusqu'au cours de l'Océan, pour porter aux Pygmées le carnage et la mort ; â travers les airs, elles transportent les combats cruels. »
Comme les grues, l'armée d'Israël transportait les combats crueh loisquo, se dirigeant vers le cours du Jourdain, elle portail aux Chunanécns le carnage et la mort. Si ceux-ci sont comparés aux Pygniées, hommes fabuleux qui n'avaient qu'une coudée de laille, c'est peut-être par- ■ ce que Josué el Caleb avaient dit, en parlant d'eux, Nombres, XIV, 9: !■ N a craignez point le peuple de) ce pays-là, piircc que nous pouvons ainsi qu'un morceau de pain, ■
i dévorer]
Nous avons fait ressortir aillours (1) le rapporqui existe entre V « Océan » d'Homère et le Jourdain.
2 (8). « Cependant les Grecs, respirant la fureur, marchent en silence^ et brûlent en leur âme de se prêter un mutuel appui. »
Josiié, II, 1 : « Josué, fils de Nun, envoya secrètement deSétim deux espions, et il leur dit: Allez et reconnaissez bien le pays et la ville de Jéricho... Mais le roi de Jéricho en fut averti, et on lui dit: Des hommes d'entre les enfants d'Israël sont entrés ici la nuit^ pour reconnaître le pays. »
3(10). «Tel Notos répand sur le sommet des monts un brouillard redouté des pâtres, et plus favorable aux larcins que la nuit obscure ; car on ne voit pas plus loin qu'un jet de pierre : tels les pas des guerriers soulèvent un tourbillon de poussière ; bientôt ils ont franchi la plaine. Lorsque, fondant les uns sur les autres, ils se sont rapprochés, Alexandre, beau comme un dieu, s'élance hors des rangs iroyens. Il a sur les épaules une peau de panthère, un arc recourbé et un glaive; ses mains brandissent deux javelots d'airain^ et il provoque les plus vaillants des Grecs à un combat terrible. »
Ibid., 1 : « ... Étant partis, ils entrèrent dans
(1.) Voy. les Emprunts d'Homère au livre de Judith, p. 65
i3i LA BIDLK TBAYESTIE PAR ITOMKRE
la maison d'une femme débauchée, nommée Rahaby et ils se reposèrent chez elle. »
4 (21). « Ménélas aussitôt le voit marcher d'on pas superbe, en avant de la foule. Tel se réjouit un lion affamé qui rencontre une grosse proie, une biche ou une chèvre sauvage ; il la dévore, quoique de jeunes chasseurs et des chiens agiles soient prêts à s'élancer sur lui ; tel Ménélas se réjouit à Taspect du divin Alexandre ; il espère punir un coupable, et soudain, il saute en armes de son char, »
Ibid., 3 : « Le roi de Jéricho envoya donc chez Rahab, et lui fit dire : Faites sortir les hommes qui sont venus vous trouver, et qui sont entrés dans votre maison ; car ce sont des espions qui sont venus reconnaître le pays. »
5 (30). • Mais à peine Alexandre le voit-il apparaître aux premiers rangs, que son coeur est abattu \ il se retire parmi ses compagnons pour éviter la mort. Tel, à la vue d'un serpent, dans tes halliers d'une montagne, le voyageur pâlit, bondit en arrière, et rebrousse chemin tout tremblant : tel le bel Alexandre, redoutant Ménélas, fils d'Atrée, rentre dans la foule des Troyens. »
Ibid,yS: c< Ces hommes qu'elle avait cachés n'étaient pas encore endormis, qu'elle monta où ils étaient, et elle leur dit : Je sais que le Seigneur a livré entre vos mains tout ce pays: car later^
reur de votre nom nous a tous saisis; et tous les habitants de ce pays sont tombés dans le découragement. 1»
6 (38). « Hector court à lui et le réprimande par ces paroles amères : « Funeste Paris, excellent en « apparence, perdu par fe^/femy/î^5, suborneur-, « plût aux dieux que tu ne fusses pas né, ou que c tu fusses mort avant ton mariage ; voilà ce que « je voudrais ; car mieux eût valu périr que de « vivre en butte aux soupçons et aux outrages. »
Ibid,, 1 : « ... Ils entrèrent dans la maison d'une femme prostituée ^ nommée Rahab, et ils se reposèrent chez elle. »
7 (43). « Certes, les Achéens vont rire aux éclats « de t'avoir pris, à cause de ta beauté, pour un des a plus braves parmi les premiers combattants M quand ton âme est sans force^ et que tu n'as « point de valeur. »
Ibid.f H : « Ces nouvelles nous ont épouvantés, la frayeur nous a saisis jusqu'au fond du cœur, et il ne nous est demeuré aucune force à votre arrivée. »
8 (46). « Tel que tu es, après avoir réuni des « compagnons dévoués, passé Wa mer sur tes u vaisseaux, fréquenté des peuples étrangers, n'as- (( tu ravi de sa terre paternelle une noble femme, « alliée à « des guerriers intrépides^ que 3 pour « être le fléau de ton père, de ta patrie, de tout
« le peuple, ta propre humiliation, et la joie de « nos ennemis? et n'aurais-tu pas pu attendre le « martial Ménélas ? tu saurais maintenant de quel t guerrier tu possèdes la florissante épouse ; à quoi t t'eussent servi, traioé dans la poussière, ton c( luth, les dons de Yénus, ta chevelure et tes « charmes ? »
Ibid., 10: « Nous avons appris qu'à votre sortie d'Egypte, le Seigneur sécha les eaux de la ^mer* Rouge, aussitôt que vous y fûtes entrés, et de quelle sorte vous avez traité *te^ deuxrois Amorrhéens qui étaient au-delà du Jourdain, Séhon et Og, ^ que vous avez fait mourir^ »
9 (56). « Mais lesTroyens sont trop craintif s \\\^ <i auraient déjà dû t'envelopper d^un vêtement de « pierre, pour lepunirdesmauxquetuleurcauses. »
Ibid.^ 11 : « Ces nouvelles nous ont épouvantés; la frayeur nous a saisis jusqu'au fond du cœur. »
10 (58). « Le» divin Alexandre répond à son frère « en ces termes : Hector, tu ne me blâmes point « sans raison, et tune dépasses point les bornes. « Ton cœur est toujours inflexible. Telle, sous la a main de l'artisan occupé à construire un vais- « seau, la hache pénètre dans le bois elj ajoute à «la force do l'homme: tel en ton sein repose un « esprit imperturbable.
Ibid., 1 : «... Elant partis, ils (les espions) ^entrèrent dans la maison d'une femme débauchée.
nommée Rahab, et ^ ils se reposèrent chez eJle. »
H (64). « Ne me reproche point les dons de la <i blonde Vénus. ^ On n'est maître ni de refuser ii'les nobles présents des dieux ^ lorsqu'ils les ré* « pandent sur nous, ni de les saisir. Si maintenant « tu veux que je combatte, ^fais asseoir les « autres Troyens et tous les Grecs, »
Ibid.^ 3 : « Le roi de Jéricho envoya chez Rahab et lui fit dire: ^Faites sortir les hommes qui sont venus vous trouver, et qui sont entrés dans votre maison... Mais cette femme prenant ces hommes, les cacha, et répondit : ^ // est vrai qu'ils sont venus chez moi ; mais je ne savais pas d'où ils étaient. »
12 (69). « Mettez-moi aux prises avec le mar- « tial Ménélas pour Hélène et ses trésors. Quel « que soit le plus vaillant et le victorieux, il en- « lèvera en son palais toutes ces richesses et la « plus belle des femmes. »
Ibid,, 5 : « Et lorsqu'on fermait la porte pendant la nuit, ils sont sortis en même temps, et je ne sais où ils sont allés; poursuivez-les vite^ et vous les atteindrez. »
13(73). « Cependant ^ les deux peuples j ureront « entre eux amitié et alliance ; les Troyens « habiteront leur contrée fertile ; les Grecs retourne neront dans Argos, féconde en coursiers, et « dans TAchaïe ^ aux belles femmes. »
13R I.A lilBLE TRAVESTIE PAR IIOMKRE
Jftid., l-i : " Maiolcnanl donc * jurez-moi par le Sei};neur, que vous userez envers la maison de mon père iU- la même miséricorde dont j'ai usé envers vous, el que vous me donnerez un signal assuré pour saaver mon père et *ma mère, mes frères et ^ mes sœurs. »
iï (Tti). « Ce discours remplit de joie le cœur d'Heclor ; (7 s'ttoance au milieu de Varène, et de sa javeline lontientles phalanges Troyennes, gui toutes s'assiM<>iit à l'instant. »
Ibid., li : " i\r elle fil monter ces hommes tur % trrrasse <\c sa maison. »
15 (7!))' " Cependant les Grecs /bn^p/euiTOirAUr lui une grCle de flèches el de pierres ; mais Aganiomnon, roi des guerriers, s'écrie d'une voix lonnanli> :
'.< kvvHf.-i, Argiens ; ne lancez pas vos traits, « tils lie la Grèce ; l'impétueux Hector semble prftt " à nous parler. »
Ibid.. 7 : <c Ceux donc qui avaient été envoyés « les poursuivirent parle chemin qui mène au (' gué (In Jourdain. •>
16 (8i). X Ces mots suspendent le combat et font soudain naître un profond silence. Hcctor s'adresse aux deux armées : h ïroyens, et vous. Il lîrecsanx belles cnémides, écoutez ce que prot pose Alexandre, auteur de cette guerre. Que les I' autres Troyens, que tous les Grecs déposent
CITANT TROÏSIKME 139
« leurs armes sur les sillons fertiles, tandis qu^au « milieu de l'arène il combattra, seul à seul, avec a le martial Méuélas pour Hélène et pour ses Iré- « sors. Le vainqueur, quel qu'il soil^ ^ enlèvera « en son palais toutes les richesses et ^ la plus « belle des femmes, et nous-mêmes 3 nous jure- « rons entre nous amitié et alliance. »
Ibîd.^ 17: « Ils lui répondirent: nous serons dégagés ^de ce serment que vous avez exigé de nous, si, lorsque nous entrerons dans ce pays, vous mettez pour signal ce cordon d'écarlate, et si vous l'attachez à la fenêtr(? par laquelle vous nous avez fait descendre, et que vous ayez soin en même temps ' d'assembler dans votre maison votre père ci^ votre mère, vos frères et tous vos parents. »
17 (93}. « Il dit: et tous gardent un profond silence ; enfin Ménélas, à la voix sonore, s'écrie : « Écoutez-moi maintenant. C'est surtout h mon (( âme qu'une vive douleur est venue. Je songe '< aussi à séparer les Grecs et les Troyens, car <( vous avez souffert biej^ des maux à cause de la « querelle entre moi et Paris qui l'a commencée. « Quel que soit celui de nous qu'attendent la mort « et le destin, qu^tl meure, et que les autres aus- « sitôt cessent de combattre. »
Ibid., 19: « Que si quelqu'un était alors sorti hors de la porte de votre maison, son sang retombera sur sa télé, et nous en seroqs innocents.., »
140 LA BIBLE TRATXSnS PAU HOMÈRE
i8 (103). c Amenez deux agneanx : Tua blanc, « Tautre noir, pour les sacrifier à la Terre et an « SoleîL Nous en offrirons un autre à Jupi^ « ter. •
I Rois {Samuel) VU, 9 : t Samuel prit un agneau qui tétait encore ; il t offrit tout entier en holo^ cauMte au Seigneur. •
19 (105). « Il faut aussi faire Tenir Priam : que <f ce roi puissant conclue lui-même Talliance ; <r car 1 ses fils sont superbes et sans foi ; Ton «( d'eux, par org^ueil, pourrait violer Falliance de « Japiler. L'esprit des jeunes guerriers est tou- « jours incoQstanl ; mais quand avec eux se trouve tf ^ un vieillard^ il considère à la fois le passé et « Tavenir, afin que toat aille au mieux pour I^s « deux partis. »
Ibid.f VIII, 1 : « Samuel * étant devenu vieux ^ établit ses enfants pour juges sur Israël... Hais i ils ne marchèrent point dans ses voies. Ils se laissèrent corrompre par l'avarice ; ils reçurent des présents^ et^ils rendirent ^es jugements injustes. Tous les anciens dTsraël s'étant donc assemblés, vinrent trouver Samuel à Ramatha, et ils lui dirent : * Vous voilà devenu vteux^ et ^ vos en-fants ne marchent point dans vos voies. Établissez donc un roi sur nous, comme en ont toutes les nations, afin qu'il nous juge. »
20 (IH). « Ce discours réjouit les Grecs et les
CHANT TROISIÈME l41
Troyens\ ils espèrent voir la fin de cette guerre douloureuse. Les guerriers ramènent les chars dans les rangs , en descendent , détachent leurs armes, et les déposent à terre, les uns près des aulres, ne laissant entre eux qu'un court espace. » Ibid, , 6. « Cette proposition déplut à Samuel. i> De même que ce texte rapporte le sentiment qu'inspira à Samuel la proposition des anciens d'Israël, de même Homère rapporte le sentiment que fait éprouver aux Grecs et aux Troyens la proposition de Ménélas. Le caractère différent des situations exigeait que ces sentiments ne fussent pas les mêmes (1).
21 (314). « Cependant Hector, fils de Priam, et le divin Ulysse, d'abord mesurent l'espace. Ensuite ils jettent les sorts dans un casque d'airain et l'agitent, pour désigner qui, le premier, lancera sa longue javeline. »
Ibid., X, 17 : « Samuel fit assembler tout le peuple devant le Seigneur à Maspha... 20. Samuel ayant jeté le 5or/ sur toutes les tribus d'Israël, il tomba sur la tribu de Benjamin. »
22 (318. « Les guerriers, alors, ^ prient, et chacun des Grecs et desTrovens, les mains étendues vers les dieux, s'écrie :
( 1) Le passage compirs entre les vers 116-313 a élé expliqué soit dans les Emprunts d'Homère au livre de Judith (p. 1), soit dans Balaam et la Mythologie (p* 36) «
--. -SF-^^X
M Puissant * Jupiter ^ «pii règnes du haut de f( rida, très glorieux et très grand, quel que soit 14 des deux adversaires, celui qui a causé nos dé- « sordres, fais aujourd'hui qu'il meure, qu'il des- H cende ^ au séjour de Pluton^ et qu'entre nous « se maintiennent Famitié et l'alliance jurées, b
Ibid., 22. « ^ Ils consultèrent ensuite ^ le Seigneur pour savoir si (Saûl) viendrait en ce lieulà^ et le Seigneur leqr répondit : Yous le trouverez caché 3 dans sa maison. »
33 (324). « Tels sont leurs vœux : cependant le magnanime Uector ^ agite les sorts, en détournant les yeux, et ^ fait sortir celui de Paris. »
Ibid., âl : i< * Il jeta ensuite le sort sur la tribu de Benjamin et sur ses familles; et ^il tomba... enfin sur la personne de Saûl, fils de Gis. »
24 (326). « Tous les guerriers s^asseyent dans leurs rangs où chacun a déposé ses armes, et où se sont arrêtés les coursiers agiles. «
Ibid.y 19 : « Maintenant présentez-vous devant le Seigneur, chacun dans le rang de sa tribu et de sa famille. »
25 ('^28). « Alexandre revêt son armure. D'abord ' il entoure ses jambes de belles cnémides^ que maintiennent des agrafes d'argent ; ensuite ^ il se couvre de la cuirasse de son frère Lycaon, laquelle s'adapte à sa poitrine. Autour de ses épaules il jotte son glaive d'airain, brillant de clous d*ar-
rilANT ÏHOISIKME l43
gcnl, et '^ son bouclier vaste et solide. ^Sur sa belle tête il pose un casque superbe dont la crinière flotte, et dont la crèle ondule de manière à inspirer di? l'effroi. Enfin il saisit une javeline aussi forte qu'il peat la manier. »
Ibîd., \VI1, i : 8 Alors un homme qui était bâtard, sortit du camp des Philistins. Il s'appelait Goliath ; il était de Geth, et il avait six coudées et une palme de liaut. "^ Il portail sur la tête un casque d'airain : " il était revêtu d'une cuirasse à écailles, qui pesait cinq mille sieles d'airain. ' Il avait sur les cuisses des cuissards d'airain, et ■' un bouclier d'airain couvrait ses épaules. ^La hampe de sa lance était comme ces grands bois dont se servent les tisserands; et elle avait un fer qui pesait si\ cents siclcs de fer. »
:iG(-!).)y). " De nuQ cMé , Ménélas se couvre aussi d'airain. ■>
fbid., 3S: .< /.' (Saiii) le revêtit (David) de ses armes^ lui mit sur la tèle un casque d'airain, et l'arma d'une cuirasse. •>
2~ i'-iW). « Lorsqu'ils so sont armés, chacun près lies siens, ils s'avancent au milieu de Varêne, et sn lancent des regards terribles. »
Jbid., 8 : n Cfii\iamTa% vint se présenter devant les bataillons A'Uv&iA, et il leur criait: Pourquoi vous emprosso/.-vous de donner bataille? »
f 28 (342). « 1 La frayeur saisit * toits les specta-
teurs, Troyens et Grecà. »
Ibid, , 1 1 : « Saùl et ^ tous les Israélites entendant ce Philistin parler de la sorte, étaient frappés d'étonnement, et ^ tremblaient de peur, »
29 (344). « Les deux héros s' arrêtent^ tun près ^ dé Vautre^ dans l'espace qu'on a mesuré, brandissant avec fureur leurs longues javelines. »
Ibid. , 48 : t< Le Philistin s'avança donc et marcha contre David, Et lorsqu'il en approchait, David se hâla, et courut contre lui pour le combattre. »
30 (346). « Alexandre, le premier, ^fait voler son irait et ^frappe l'écu d'Atride; mais il ne peut rompre Tairain, et la pointe s'émousse sur le fort bouclier. »
Ibid. y 49: « Il mit la main dans sa panetière, il en prit une pierre, ^ la lança avec sa fronde, et en frappa le Philistin au front. »
31 (349). « Ménélas ensuite lance le javelot acéré en invoquant Jupiter:
« ^Roiy fils de Saturne^ accorde-moi de me « venger du divin Alexandre qui, le premier, « ma j
« fait une mortelle injure', ^dompte-le sous J « mon bras^ * afin que^ chez les hommes à venir, « on frémisse d'offenser un hôte qui vous accueille « avec amitié. »
Ibid., 45: « David dit au Philistin: Tu viens à
moi avec Tépée, la lance et le bouclier ; mais moi, je viens à loi au nom du ^Seigneur des armées, du Dieu des troupes d'Israël ^ lesquelles tu as insultées aujourd'hui. ^Le Seigneur te livrera entre mes mains ;\q le tuerai... ^afin que toute la terre sache qu'il y a un Dieu dans Israël. »
32 (3S5). « A ces mots, ^il fait voler sa propre javeline: elle part et ^atteint fécu du fils de Priam ; le Irait impétueux traverse le bouclier resplendissant, ^enfonce la cuirasse ^ et, près des flancs, déchire la tunique du Troyen ; mais il s^est détourné et il évite la sombre mort. »'
Ibid.j 49 : w II mit la main dans sa panetière, il en prit une pierre, ^ la lança avec sa fronde, et ^ en frappa le Philistin au front. ^ La pierre s^enfonça dans le front du Philistin. •
33 (361). « Atride tire son glaive orné de clous d'argent, l'élève et le laisse retomber sur le cùne du casque ; mais entre ses mains la lame se brise et yole en éclats. »
Ibid.^ 51 : « Il courut et se jeta sur le Philistin; il prit son épée, il la tira du fourreau, et acheva de lui ôler la vie en lui coupant la têle. » Ménélas ne tue pas Alexandre comme David tua Goliath ; mais l'imitation consiste en ce que, comme David, il frappe avec une épée son ennemi à la tête. Dans la Bible, la tête de Goliath est séparée du tronc ; dans Homère, c'est le glaive de Ménélas qui vo!e en éclats.
:U (3tii , « Atride, en gémissant, regarde le vaste ciel el s*écrie :
«« Puissant Jupiter, il n'est point, parmi les un- «^ mortels^ de divinité plus cruelle que toi : quand • je croyais faire expier à Paris son injure, voilà « quVntre mes mains mon glaive s'est brisé, et n mon trait tout à Theure a volé sans F atteindre. »
Ihid.. XIX, 9: (« ... Comme David jouait de la harpe, Saûl tâcha de le percer avec sa lance contre la muraille. Mais David qui s'en aperçut, se détourna, et la lance, sans V avoir blessé y alla donner dans la muraille. »
^•î (369). « A ces mots, ^ i7 s'élance sur Alexan* dre^ saisit le sommet de son casque, et, revenant sur ses pas. Tattire du côté des Argiens ; la couri*oie richement brodée qui, tendue sous le menton, retient le casque, serre son cou délicat, et * le suffoque. >»
Ibid. , il : « Saûl ^ envoya des gardes en la maison de Davidy pour s'assurer de lui et * le tuer le lendemain dès le matin u. 11 y a analogie entre ce texte et celui d'Homère en ce que Satil et Ménélas s'efforcent, quoique par des moyens différents, de faire périr leur ennemi.
36 (373). « Alors Ménélas Teùl sans doute entraîné, et eût conquis une grande gloire, si Vénus ne Teùt aperçu, et n'eût rompu l'attache prise flans lo cuir d'un taureau immolé. Le casque vide
reste dans la forte main d'Atride, qui le fait tourbillonner jusqu^ aux pieds des Grecs, où ses chers compagnons s'en emparent. »
Vénus, c'est Michol. Ibid, : « Michol, femme de David, lui rapporta tout ceci, et lui dit: Si vous ne vous sauvez cette nuit, vous mourrez demain. Elle le descendit en bas par une fenêtre. »
37 (379). « Lui, cependant, se précipite ^ désirant avec fureur porter un coup mortel avec son javelot d^airain. »
Ibid.^ 12 : « ... Ainsi David s* en étant allé^ s' enfuit y et se sauva. »
38 (380). f Mais i Vénus enlève facilement le fils de Priam, comme peut le faire une divinité; ^elle VenveUyppe d'un brouillard impénétrable, et ^le transporte dans sa chambre nvi/ptiale, embaumée de parfums ».
Ibid,^ 13: « ^Michol prit ensuite une statue qu'elle coucha ^sur le lit de David. ^Elle lui mit autour de la tête une peau de chèvre avec le poil, et la couvrit d'habits. »
39 (383). « Elle-même court appeler Hélène^ la trouve sur la haute tour environnée d'une foule de Troyennes, l'aborde sous la figure d'une suivante, accablée d'années, habile à tisser la laine et chérie de sa maltresse, que jadis elle a suivie de Lacédémone. Elle la tire doucement par son voile, et appelle la belle Argienne. i
De même que Yénus court appeler Hélène^ de même, ibid,^ 14, « Saiil envoya des archers pour prendre David: mais on lui fit dire qu'il -était malade. »
40 (390). « Suis-moi, dit-elle, Alexandre f appelle pour que tu retournes en son palais. »
Ibid., 15 : « Il envoya encore d'autres gens avec ordre de le voir, et il leur dit : Apportez-le moi dans son lit^ afin qu'il soit mis à mort. »
41 (391). « Lui-même, dans la chambre nup- « tiale, sur sa couche^ rayonne de parure et de « beauté ; lu ne pourrais croire qu'il vient de com- « baltre ; tu dirais plutôt qu il part pour la danse « ou qu'il en arrive et se repose. »
Ibid., 16: « Ces gens étant venus, on ne trouva sur le lit qu'une statue, qui avait la tête couverte d'une peau de chèvre. »
42(395). « Ces paroles émeuvent Tâme d'Hélène ; elle reconnaît la déesse à son cou délicat, à spn sein qui excite les désirs, à ses yeux étincelanls. Saisie de frayeur, elle s'écrie :
« Cruelle, powrgwoi veux-tu me séduire encore? « Me conduiras-tu plus loin, dans l'une des villes (c populeuses des Phrygiens ou de la riante « Méonie? »
/ôîrf. , 17 : « Alors Saiil dit à Michol : Pourquoi m'avez vous trompé de la sorte, et avez-vous laissé échapper mon ennemi ? »
43 (402). « Est-il en ces contrées quelqu'un qui « te soit cher parmi les mortels » ?
Ibid. , 1 : « Or, Saul parla à Jonathas, son fils, et à tous ses officiers pour les porter à tuer David. Mais Jonathas, son flis, aimait extrêmement David » .
44(403). « Est-ce parce que Ménélas, après avoir vaincu le « divin Alexandre, désire m'emmener, « odieuse que je suis, au sein des demeures pater- « nelles, que. déjà ^ tu viens près de moi^ ^médi- « ta7it de nouveaux artifices ? »
Ibid., 2 : « Jonathas ^ vient en donner avis à David^ et lui dit : Saiil, mon père, ^cherche le moyen de vous tuer, »
43 (406). « Que ne vas-tu toi-même Vasseoir auprès de lui? « Renonce aux voies célestes ; ne € porte plus tes pas dans VOlympe ; mais veille « toujours sur sa personne et supporte tout de lui, « jusqu'à ce qu'il te prenne Pour épouse ou pour « esclave. »
Ibid. f « C'est pourquoi t^nez-vous sur vos gardes, je vous prie, demain matin; retirez-vous en un lieu secret^oiwovL^ vous tiendrez cachée. »
46 (410). « Pour moi, je refuse de te suivre^ «f ce serait trop blâmable; non, je ne veux plus « partager sa couche ; toutes les Troyennes à « l'avenir me couvriraient de honte; j'ai déjà en ce mon âme assez d'intolérables douleurs. »
Ibid. , 3 : « Pour moi^ je sortirai avec mon père, et je me tiendrai auprès de lui dans le champ où vous serez. »
47(413). « Alors la divine Vénus se courrouce contre elle et lui dit : « Crains de m'irriter, « malheureuse! prends garde que je ne t'aban- « donne, que je ne te haïsse autant que je t'ai ai- « mée. Je saurai bien exciter la discorde entre les « Grecs et les Troyens, et tu périras victime « (ïune destinée terrible. »
76td., 17 :« ... Micholrépondità Saûl : C'est qu'il m'a dit : i Laissez-moi aller, ou je vous tuerai, »
48 (418). « Elle dit : i la petite fille de Jupiter tremblCy et s'enveloppant de son voile éclatant de blancheur, elle suit la déesse en silence. 2 Vénus la conduit et la rend invisible aux Troyennes. »
Ibid.^ XVIII, 12 : « Saûl ^commença à appréhender David, voyant que ^ le Seigneur était avec David, et qu'il s'était retiré de lui. »
49 (421). « Elles arrivent au palais magnifique d'Alexandre. Les suivantes retournent â leurs travaux, et la plus belle des femmes monte à la chambre nuptiale. Là, Vénus, mère des sourires, lui présente un siège en face de son époux. »
Ibid. y 13 : « ... David menait le peuple à la guerre et le ramenait... 17. Alors Saûl dit à David : Vous voyez Mérob, ma fille aînée ; c'est elle que je vous donnerai en mariage, »
r.HANT TROISIÈME 151
50 (426). « Hélène, rejeton du dieu qui porte Tégide, s'assied ; et, détournant les yeux, elle adresse ces paroles à Paris :
« Tu reviens du combat; hélas! que ri^as-tu « succombé sous les coups d'un héros vaillant « (jui fut mon premier époux ! »
Les paroles que le poète prête ici à Hélène sont conformes aux sentiments que la jalousie inspirait à Satil à regard de David. Comme Hélène, Satil aurait pu dire au vainqueur de Goliath : Que n'as^ tu succombé sous les coups d'un vaillant héros !
51 (430). I ïu le glorifiais de surpasser lebelli- « queux fils d'Atrée par la force de ton bras, par « ton adresse à lancer le javelot; eh bien! que ne « retournes-tu le provoquer encore ? mais, crois- « moi, ne te hasarde plus à lutter contre le blond u Ménélas, à le combattre follement, de peur que « bientôt sa javeline ne t'ait dompté. »
Ibid. : « Soyez seulement courageux, et cornbattez pour le service du Seigneur. »
32. (437). « Chère épouse, répond Paris, ne tour- « mente point mon âme par des paroles amères. « Ménèlas maintenant vient de me vaincre par le « secours de Minerve, A mon tour, je le vaincrai; « car les divinités aussi m£ protègent. »
Ibid,, 14 : « David se conduisait dans toutes ses actions avec une grande prudence; et le Setgneur était avec lui, »
53 (441). « Mais allons, livrons-nou-s aux délices de Tamour. Jamais de tels transports n'ont « troublé mes sens y lors même que, pour la pre- « mière fois, au sortir de la riante Lacédémone, « après avoir sillonné les flots, je te possédai dans « rile de Cranaé. Aujourd'hui je me sens enivré « de désirs plus vifs encore. «
Ibid.j 20 : « Michol, la seconde fille de Saûl, avait de f affection pour David; ce qui ayant été rapporté à Satil, il en fut bien aise. »
34 (*447). « Il dit, et prend place sur sa couche ; son épouse le suit, et bientôt tous les deux s'abandonnent au sommeil. »
Ibid.^ 27 : « ... Satil lui donna donc en ma^ riage sa fille Michol. »
55 (449). « Atride cependant court de tous côtés, comme une bête fauve, cherchant Paris dans la foule; mais ni Troyens ni auxiliaires ne peuvent le lui montrer; perâonne, Teût-il vu, n'est disposé à le cacher par amitié pour lui ; car tous le haïssent à l'égard de la sombre mort. »
Ibid,^ XXII, 7 : a II (Saûl) dit à tous ceux qui
étaient auprès de lui : 8... Il n'y en a pas vn
d^ entre vous, . . qui m'avertisse ; en sorte que
mon propre fils a suscité contre moi l'un de mes
^r serviteurs, qui ne cesse de me tondre des pièges. »
56 (455). « Alors le roi des guerriers, Agamemnon, leur adresse ce discours :
r,HANT TROISIÈME 153
« ' Ecoutez-moi, Troyens, DardaniËriH et auxit liaires, la victoire est véritablemeni au belli- • queuxMénélas; ^rendez-nous donc VArgienne « Hélène avec tous ses trésors, et payez-nous « un juste tribut qui se perpétuera chez les hom- R mes à venir. »
Ibid. : « ^Ecoutes-moi, enfants de Benjamiu :
Le fils d'Isaïe ^vom donnera-t-il des champs et
des vignes, et vous fera-t-il tous tribuns et cen.
■ teniers, pour que vous ayez tous conjuré contre
moi ? »
57 (t6i). M II dit : et les Grecs applaudissent par leurs acclamations. »
L'idunoéen Doiig ne montra pas moins àc. complaisance pour Saiil lorsqu'il lui dit, iôid., 'J: « J'ai vu le fils d'isat à Nobé chez le (grand) prêtre Achiraélech. »
1. Si l*on veut bien jeler un coup d'œil d'ensemble sur l'étude comparative qui précède, on pourra faire les remarques suivantes :
l"" La plupart des rapprochements qu'on a eus sous les yeux ne sont pas le résultat d'une sélection de détails isolés, choisis çà et là dans le texte d'Homère et dans celui de la Bible ; mais ils forment des séries continues, où les faits mythiques racontés par Homère sont mis en rapport avec des faits analogues rapportés dans la Bible. Ainsi, le livre de VExode a fourni, dans le chant premier, la matière des rapprochements 1-7, 54-S8 ; le livre des NombreSy dans le chant II, les rapprochements 14-34, 38-40, 51-S2. Le livre de Josué, dans le même chant, a donné lieu aux rapprochements 41-50, 53-61; dans le chant III, aux rapprochements 2-17. I Rois [Samuel) a fourni, dans le chant premier, les rapprochements 23-40 ; dans le . chant III, les rapprochemenis 18-57. U Rois (Samuel) a donné, dans le chant premier, les rap- <; prochements 8-H, 13-22, 42-53 (à l'exception de 47, 49, 51), 65-67. UI (I) Rois a fourni, dans le
cbant ptemier, les rapprochements otf-tH, t;l dunî; le chant II, les rapprochements l-iû.
2° Non seulement les séries de rapprochements que nous venons de citer sont priseis dans un même livre de la Bible, maïs elles sont ordinairement empruntées à un même chapitre. Ainsi, au livre des Nombres^ le chapitre XIV fournit, chant II, les rapprochements 14-17, 19-24, 32-34, 38-39; le chapitre XVI, les rapprochements 2î»-31, Sl-îîâ. Au livre de Josué, le chap. I donne, chant II, les rapprochements 41-50, iiîi-GO; le chap. II fournil, chant III, les rapprochements 1-17. Dans I Rois (Samuel), le chap. VIII fournit, chant III, les rapprochements 19-20; le chap. X, les rapprochemonts 21-24: le chap. XVII, les rapproche m en I s 23-33: le chap, XIX, les rapprochements .'H 47 ; le chap. XVIII, les rapprochements 48-51-: le chap. XXII, les rapprochements ri3-57. Dans 11 Rois {Samuel), le chap. XII donne, chant premier, les rapprochements 14-17; le chap. XVI, les rapprochements 18-22. Dans III (I) flots, h chap. premier fournit, chant premier, les rapprochements .">9-64, 68 70; le chap. XXU donne, chant II, les rapprochements 1-10.
Il faut avouer que des ressemblances qui se produisent en si grand nombre ei d'une façon si suivie ne sauraient être l'effet du hasard. EIIps souI donc le lésultal de l'art et du travail de l'esprit, e(
constilucnl un véritable plagiat et un travestissement de la Bible.
II. Un travail de ce genre, qui suppose une connaissance parfaite des divines Écritures, ne peut être que ToBuvre d'un Juif; d'où nous concluons que la composition de Tlliade doit être
•attribuée à un ou plusieurs Juifs.
III. Dans le cours de cette étude, nous avons interprété d'après la Bible, avec assez de vraisemblance, ce nous semble, un certain nombre de mythes. Tels sont ceux d'Apollon envayant la peste dans le camp des Grecs, de Jupiter enchaîné par les dieux et délivré parle Titan aux cent bras, de Thétis implorant Jupiter en faveur d'Achille, de Vulcain « boiteux des deux jambes », de Jupiter envoyant un songe trompeur a Agamemripn, du sceptre, fabriqué par Vulcain et transmis par diverses mains jusqu'en celles d'Agamemnon, etc. Or, ces mythes sont si précis et accompagnés de détails tellement circonstanciés qu'on ne saurait, à notre sens, en dopncr une explication satisfaisante par tout autre système d'exégèse que celui que nous avons suivi. Nous en concluons que les fables de la mythologie, prises dans leur ensemble, doivent surtout s'expliquer par la Bible, qu'on ne doit en chercher l'origine ni dans la révélation primitive plus ou moins altérée, ni dans la raison naturelle, ni dans ce qu'on a appelé
les instincts religieux de l'humanité, et qu'il faut particulièremeal rejeter le système importé d'AIIemagae, d'après lequel ces fables « sont néesspontanêment et ne résultent pas de l'effort d'esprits gui auraient cherché des allégories pour en revêtir des idées abstraites (1). »
IV. L'idée messianique occupe une place importante au chant premier, vers 393 et suiv., dans le mythe du Tilan aux cenl bras. Eneffel, 1° le développement de ce mythe suit pas à pas les versets 2. 3, 4, 6, 7, 8, 9, 1 0, H , du psaume II qui est essentiellement messianique. 2" Les principales attributions que ce psaume donne au Messie : sa filiation divine, sa puisfance, sa victoire sur les ounemis de Jéhovah et les siens, sont appliquées d'une manière mythique au Tilan. 3" Plusieurs détails tout particuliers du psaume II sont traduits avec une ressemblance frappante dans le mythe homérique; tels sont ceux-ci: • Celui qui demeure dans lescieux se r(Va d'eus... Pour moi, j'ai été établi roi par lui sur Sion, sa sainte montagne... Servez le Seigneur dans la crainte, et réjouissez-vous en lui avec tremblement. «
V. Les sacrifices des Grecs, tels que les décrit Homère, ont été calqués sur ceux des Israélites ; c'est la conclusion qui résulte des ressemblances
(I) Remic tt'ï ndigions, janv.-fév. 1891, p. C.
que nous avons signalées au chant premier, vers iS7 et suiv. Ce qui explique, selon nous, ces ressemblances et cette origine, ce sont les émigrations des Israélites (1) qui, à la suite de diverses captivités, ont, dès les temps les plus reculés, pénétré en Grèce et dans d'autres contrées de l'Europe et de TAsie, et y ont importé leurs usages religieux.
E. Fourrière, f Curé d^Oresmaux.
Avril 1691.
(l) Sur les émigrations des Israélites, voyez la Préface de Balaam et In Mythologie.