‹ La Bibliothèque canadienne [microforme]Chapitre 119 sur 177 · LP ! VOYAGE · texte numérisé non relu

LP ! VOYAGE

A Tétehocrou Er À J

ENNE'; ‘DANS L'AFRIQUE CENTRALE PAR Rene’ Cane.

‘Voici ün sujet de gloire pour Ja Fraïice, et de jalousie pouf son éternelle émule., Ce que l'Angleterre n'a pu faire Avec | secours d’une foule de voyagevrs et une dépense de plus d xingt millions, un Français l’a fait seul, avec ses faibles ressoupces personnelles, ét sans rien coûter a, son. pâys ! L'originè d’un si étonnant succès mérite de fixer l’atténtion. à … Passionné dés l‘enfance ‘pour les v de seize ans, et ne possédant que 60 barre da Loire qui allait au Sénégal.de conseïve avecla Méejduse. Débarqué à Saint Louis, ‘il prend partie dans une expédition de découvertes dont la mauvaise issie, loin de le repyter, enflamme.son courage. . Malgré les femontrances pater-

melles de M. le Baron Rogér, il part de nouveau, avec qi ques marchandises, pour le pays des Braknas, dans l‘inten. tion d'apprendre. l'arabe, ainsi que M pratique du culte des Maures ;, il, obtient un accueil - favorable, .en. prétextant de se convertir à l'islamisme et de vivre chez un peuple dônt il 4 entendü vanter la sagesse. Cette fable ne manquait pas d'adresse ; mais quelle précaution, quel empire sur soi-même n

as le mérite d’avoir soutenu un rôle si difficile uit mois, er trompatit lés regards pénétrans et fiance des Maures { |

Maitre enfin

ages, M. CaïËLie’, ‘Agé , Sembarque sur.la ga-

là jalouse dé-

| ue du paÿs, et ässez familier avec le ÆCoran, le jeune Caillié revient au Séneghl, et solicite, les auoyens de mettre son prôjet à exécution ; mais son âge n'ins- Pire pas assez dé confiance; ét M. le baron Roger n’était plus . au Sénégal, M. Caillié éprouve un refus cruel; n'ayant rief pu obtenir, il amasse, pendant seize mois de pénibles labeur, ‘une somme de 2000 fr.; et, avec ce faible pécule, quelques médicamens, deux boussoles de poche, un costurne arabe .et le Coran, il part pour son grand voyage.. A peine a-t-il fait une marche de deux heures, qu’il trouve les tombeaux du. major Beddie et de ses compagnons, morts victimes d’une entreprisè semblable. ‘Mais il repousse un si funeste augure, et continue

On le voit, parti de Kakondy le 19 Avril 1827, reconnaître la position presque inconnue des sources du Bäfing, traverser vette rivière à Bañila, passer ensuite le Dhioliba (ou Ni de là, se rendre à Kankan, grande ville dans Je nom, et se porter jusqu'a deux cents milles dans l Tome IX, N°, |

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du Soulimana, jusqu'à Timé,. où il: arrive le 8 Act, La, il est retenu par le scobut, et reste plusieurs mois entre la vie ct In morts souché sur la terre, privé des secours Ce l'art.et des médicamens, n‘ôsant pas reclamer IA pitié de ses hôtes, effrayés des progrès de la mafadie, ‘1l ‘re ‘trotive d'asile que dans 1x gompas on . d'une négresse qui lui prodigue les plus tendres bins, Cômment ne pas frémir quand bn voit cet'intrépide éune/homme lutter cinq mois contre la mort, et arracher de | és propres mains les bhrties de son corps NON LEE Ja gnigréne | *Evñÿ, il ‘entre en convalescence, ét, sans attendre on rétablissement, Commence une autre excursian, k . Résolu de’ réjoindre le Dhioliba, il part le 9 Janvier 1828. Après avoir vu Ou‘passé plus de cent villages, ‘1 ‘revoit le fleuve Je 10 Mars, à Galia, en traverse plusieurs’ bras pour se rendre à Jenné. ‘Le 23 Mars, après une résidence de 18 jours. "M. Caillié's'embarque sur le ‘grand ‘fleuve, et recueille des notions aussi positives que neuves‘ sur son cours, sur ses afflu enset ses îles et notaminent sût le lac Debo. Enfin, il arrive e 17 Avril à Cabra, port de Temboctou ; dès le lendémain il fait son entrée dans la ville ‘célèbre, où nul Européen ne l'- ‘vait précédé. pd ee of Me j

” Avec ‘quel intérét on suit M. Caillié pendant son séjour 4 “Témboctou | Quellé brudence et quelle adresse il emploie ! ‘On croit le’ voir; enveloppé dans sa couverture dé laine, principal vétemeñt des Maüres, attentif à ‘tout ce qui frappe ses vegards,’et le Coran‘sur ses genoux, tandis qu’il semble médier la loi du "prophète, prendre des notes ‘et tracer à la hâte

yne irage fidèle de la ville mystérieuse. .

".Possesseur de tous les renseignemens qu'il s'était proposé d'obtenir, l’infatignble voyageur s'associe à une carayane Pour Je Mare Ye 4"Mai, il entre lans l‘immense désert de Sahara Arrivé è 25 Juin au Tafilet, ‘après les souffrances et lés privatiobs les plus éruelles, il traverse tout le Mhroc; et's‘arrète en- ‘fin a Tanger, où le généreux M. Délaporte, nôtre vice-consul, Vaccuéillé et le préserve des périls qu'il aurait courus si sa f:ble’eût été connué, Hn Lee .…Le"prix dé 10,000 f. décerné à M. Caillié par la société géographique est un mognifique témoignage en faveur de sa découverte ; mais l'ouvrage qui en renferme le résuHat se dis-

ingue encore par de précieuses qualités. M. Caillié peint les choses et les hummes d’une manière. si vive ; il décrit les lieux

d'âne manière si exacte, ‘qu’on croit les voir ct les toucher. À

+'absence de tonte prétention, à la naïveté’ de langage, on sent ‘que M. Caillié n’a pas le défaut tant'reproché aux voyageurs. En randeut ajo :te à l’attraît du récit, et, en effet, comrie on

6 craint pas d’être surpris par des peintures imaginaires ; on

t. La, il e la vie et artet des $, effrayés ie dans }n' 18, tendres ‘intrépide

ar Ja ganattendre

viér 1828, oit le fleu- Dur se rén-

13 jours.

ueille des r ses nfflu- » il'artivèe ndémain fl éen ne l'n-

n séjour 4 | emploie !

aine, prinfrappe ses mble médi.

1 à la hâte

it. proposé vane au de "Shars Îés priva- ‘arrête ènice-consul,

Je si sa f'-

la société veur de sa lat se dis= peint les t'les lieux ucher. A é, on sent ovageurs.

Dinrie on aires ; on

racher de :

Mués Coumopglite. #4 (

fwsocie vivement aux souffrances et aux paroles du voyageur.

Dnadmire son courage, on plaint sa jeunesse, on s'alarme

or sa vie, prodiguée tant de‘fois,'on partage ses courts-Mos ns de repos, de ‘plaisirs ou‘ de consolation. : On fait enfin Je voyhge de Trmlocton, cômme ‘il l'a fait lui-même, arth

vor la cruinte, l'éspérnnce, là ‘soif de’ connaître, l'ardeur Gi ginére, et le bonheur du: triomphe." Mais quatid ‘on:le’voit driver sain et sauf à Tanger, aborder en Frnticé’ävec les frues de sa précieuse conquête, ‘on éprouve une joie paréîlle à’ celle duretour d’un ami ; eten donnait des regrets aa perte de unt.de voyageurs qui ont péri en Affiqué avant le voyage de M. Caillié, on se sent heureux et fier dü sucéès d’un Français ni a exécuté.la glorieuse et difficile entreprisé où ces illustres

explorateurs ont tous succômbé.’ *

Journal des Débats.

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