‹ La Bibliothèque canadienne [microforme]Chapitre 125 sur 177 · ES · texte numérisé non relu

ES

iraissent être nimeux. Les \ tarentule et des accidens ves. Il n’en elle du scor- 1 faut avouer sujet ont été que funeste, nt aucun reinimaux que

ns les pren'ait pas été

JL faut que n’a pu être ique instant, | S‘habiilant, jec ces anieffrayant, sse de leurs

Animatx venimeus des Îles. s51

On trouve à la Martinique et à Ste. Lucie trois espèces de srpens : il n‘y a de venimeux que celui de la troisième espèce, ui est une véritable vipère. Elle a la tête plate et trianguhire, et elle possède comme cètte dernière, un rebbrd très relevé autour cle la tète, qui se trouve ainsi convèxe. On en voit de grises, de noirâtres et de jaunes, et quelques unes ont les écailles nuancées par une infinité de couleurs qui frappent agréablement la vue ; mais elles sont également dangereuses, telles ne diffèrent les unes des autres que par leur couleur. On en voit qui ont jusqu’à dix ou douze pouces de circonférence et neuf ou dix pieds de long.

Ces serpens sont principalement à craindre lorsqu'ils sont en amour ou qu'ils ont faim, surtout si on les irrite. Les femelles sont particulièrement ‘à craindre lorsqu'elles sont pleines. Elles portent des œufs aussi gros que ceux d’un pigeon, recouverts d’üne membrane assez ferme ; elles les font éclorre intérieurement dans une espèce de petit sac long et mince. Elles poussent des sifflemens affreu::, lorsqu'elles mettent bas, . et leurs petits ont, en naissant, environ un pied de long. Ce reptile porte use trentaine d'œufs, et chaque œuf fournit trois petits. On peut juger, d’après cela de Ia multiplication prodigieuse de ses animaux, si, par un bienfait admirable de la providence, la mère n’en cévorait elle-même la plus grande partie, après les avoir mis bas,

Les serpens font leurs piqûres avec deux crocs recourbés, d'environ un pouce de long, gros à leur racine comme une plume ‘de canard, et se terminant par une pointe aiguë. On voit, dans l’intérieur de ces croés, un tuyau qui s'ouvre dans leur partie convexe, près de leur pointe. C’est par ce tuyau que les serpens lancent leur venin. ‘ La sécrétion du venin doit être très promnte, car le serperit fait quelquefois, en un clind'œil, vingt piqûres sur le même animal, toutes aussi dangereuses Jes unés que les autres.

. Cette liqueur resemble, par sa couleur et sa constitution, à de l'huile d'amande douce; elle a une odeur, forte et violente, ui frappe désagréablement l’odorat. C’est cette odeur qui fi reconnaître à presque tous les nègres le voisinage d’un serpent, avant de l'avoir vu. L’exaltation de la liqueur venimeuse du serpent est nécessaire HA soit dangereuse: lorsque l’animal est tranquille, la piqûre n’est suivie d'aucun accident fâcheux ; et les effets ne sont terribles que lorsqu'il est fortement poussé par la faim, ou qu’on l’a mis, en l’excitant, dans de violents accès de colère.

1] y a deux espèces de scorpion à Ste. Lucie : un noir, qui est fort gros, et un autre beaucoup plus petit, qui est grisâtre. Les piqüres de ce dernier sont sans danger; mais celles de

862 L'Amérique primitive,

d'autresont quelquefois assez funestes pour dot.ner la mort en très peu de temps. Ste. Lucie est la seule colonie où cette dermièreexiste. Îl est singulier que sous le mème climat, et 4 que distance de sept lieues, cet insecte, qui est extrêmement vigoureux, périsse en très peu de temps-dans une île voisine, scorpion noir ressemble, comme on sait, à une petite écrevisse : lorsqu'il est parvenu a toute sa grosseur, il est gros, à Ste. Luci:, comme de doigt annulaire, et il a environ‘ qua: tre pouces de long. Son venin est formé par six petites glandes, qu’an voit très distinctement . sur la queue, et d'où part un vaisseau sécrétoire qui dépose la liqueur dans le dard poin. tu qui termine la queue de l'insecte. ‘C’est au moyen de ce dard qu’il fuit ses piqûres, qui sont ordinairement trés dangereuses; mais qui quelquefvis ne produisent aucune espèce d’acci‘lent : cela semblerait prouver qu’il fout que le scorpion, ainsi que le serpent, soit irrité pour donner à son venin Ja iolence qu'on y a observée. Il ne faut pas croire à cette fable, répandue par beaucoup d'auteurs, que le scorpion, lorsqu'il est au centre du feu, se pique lui-même pour se donner la mort; cet effet ne pourrait pas d’ailleurs avoir lieu, parce que le dard de.cet insecte est hors d'état de percer l’écaille dont l’animal est recouvert. Il faut aussi douter des prétendus combats que lui livre, «dit-on, l’araignée, lorsqu'ils se rencontrent, n naturaliste, M. Cassan, mit, un jour, sous un ré. cipient, un très gros, scorpion, un hanneton, et une grosse araiguée, quiest une espèce de tarentule. Le hanneton fut dévoré le troisième jour par l’araignée ; mais le scorpion et elle se respectèrent toujours ; et ils moururent.à la fin l’un et Y'autre d'inanition. (Beautés de l'Histoire d'Amérique. )

Page 1