L'AME’RIQUE PRIMITIVE
Les premiers Européens qui allèrent former des colonies en Amérique, y trouvèrent d'immenses forêts. Les gros arbres que la terre y avait poussés jusqu'aux nues, y étaient embarrassés de plantes rampantes, qui en interdisaient l'approche. Des bêtes féroces rendaient ces bois encore plus inaccessibles, On n'y rencontrait que quelques sauvages hérissés du poil et de la dépouille de ces monstres. Les humains épars se fuyaient, ou neseicherchaient que pour se détruire. La terre y semblait inutile à l’homme, et s’occuper moins à le nourrir qu’à se peupler d'animaux plus dociles aux lois de la nature. Ælle produisait tout à,son gré sans aide .et sans maître; elle entassait
Moutes ses productions arec une profusion indépendante, ne
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l'hgré fleuve dormi rhiss
ils en temps et po sève,
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Le Sfr [A | 354
voulant être belle et fuconde que pour elle-même, non pour ligrément et ln commodité ‘d'une seulé espèce d'êtres, Les fleuves, tantôt coulaient librement au milieu des forêts, tantôt dormaient et s'étendnient tranquillement au sein de vastes mn: ris, d'où se répandant par diverses issues, Îls enchainnient, ils enfermaient des îles dans une multitude de bras, Le printemps renaissuit des débris de l'automne, Les feuilles séchées et pourries au pied des arbres, leur redonnaient uiie nouvelle sève, qui repoussait des fleurs. Des trones creusés pur le temps servaient de retraites à d'innombrables oiseaux. La mer bondissant sur les côtes ét dans les golfes qu'elle se plaistiit à ronger, à créneler, y vomissait par bandes des monstres am phibies, d'énormes cétacées, des tortues et dés crabes, qui venaient se jouer sur dus rives désertes, et s'y livrér aux plaisirs de la liberté et de l'amour, C'est là que lu uature exerçait sn force créatrice, en reproduisant sans cesse, ces grandes espèces qu'elle couve dans les abimes de l'océan. Lu mer et la terre étnisnt libres, ’ Tout-à-coup l'homme ÿ parut, ét l'Amérique Septentr'onale changen de face. Il y porta là règle et la fanlx de la symétrie, avec les instrumens de tous les arts. Aussitôt des Lois impraticables s'ouvtent, et reçoivent dans de larg:s cluirières des habitations commiodés, Les animaux destructenrs cèdent la place à des troupeaïx doinestiques, et les ronces arides, aux iWoissons abondantes: Les eaux abandonnent ue partie de leur domaine, et s’écoulent dans le séin de kr terre ou de la mer, par des canaux profonds. Les côtes se remplissent de cités, Les anses de vaisseaux ; et le Nruveau-Monde subit le joug de l'homme, à l'exemple de l’ancien. (RayNaL )
mms LE SIFFLET.:
«* Lorsrue j'étais à l'âge de sept ans, dit Fnawkiin, mes nmis, un jour de fête, remplirent mon gousset de monnaie de cuivre. Je m‘en allai droit à une échoppe où l‘ou vendait des joujoux pour les enfaus ; et comme j‘étais charmé du son dfun sifflet que je venais de voir entre les nains d'un autre enfant, j'offris et je donnai tout mon argent pour en avoir un.
“ Je infen retonrnai alors à la maison, enchanté de mon sifflet, et sifflant continuellement, mais troublant toute ma famille, Mes frères, mes sœurs, mes cousins, apprenant ce que ne coutait mon sifflet, me dirent que je lavais paré quatre fois plus qu'il ne valait. Cela me fit songer aux ‘bounes ch: ses dont j'aurais pu faire emplette avec l'argent que j'avais
Tour IX, N°. XVIII. 592
354 Le Sifftet.
donné de trop.. On se moqua tant de ma sottise, que je me mis à pleurer de toute ma force ; et la réflexion. me causa bien plus de chagrin que mon sifflet ne m'avait fait de plaisir.
‘ Cependant cela ne laissa pas de m'être svantageux dans la
suite, Je conservai le rouvenir de mon sot marché, et toutes
les fois que j‘étais tenté d‘acheter des choses inutiles, je me di. sais ä moi-même : “ Ne paie pas trop cher le sifflet, et jé pergnhais mon argent,
“Je grandis, j‘entrni dans le monde, j‘abservai les actions de 20 mr ,'et je cruss-nreacontrer plusi. urs, o: j plusieurs qni pasaient trop cher te x'ffuet,
“ Qand- j'ai vu que.qu'un qui, trop. ardent, à rechercher les faveurs de la cour, employait son temps à assister au lever
du roi, sacrifiant son repos, sa liberté, sa vertv, et peut-être:
mème ses amis à s’avancer dans cette carrière, je me suis dit : Cet homme paie trop cher son sifflet.
‘6 Quand j’ai vu un autre ambitieux, jaloux d'acquérir la faveur populaire, s'occuper sans cesse d’intrigues politiques, négliger ses propres affaires, et se ruiner en se livrant à cette folie, Certes ! ai-je dit, celui-ci paie trop cher son sifflet,
“Si je rencontrais un: avare qui renonçait à tous les agré-
: mens de la vie, au plaisir de faire du bien aux autres, à l’estime de ses concitoyens, à, la joie d’une bienveillante amitié,
pour satisfaire son désir d’accumuler de l'argent: Pauvre
omme, disais-je, en vérité, vous payez trop cher votre een
‘ Lorsque je trouvais quelque homme de plaisir, sacrifiant la culture de son esprit et l'amélioration de sa fortune à des jouissances purement sensuelles, Homme trompé, disais-je, vous vous procurez des peines, et non de véritables plaisirs ; vous payes trop cher votre srfflet.
“Si j'en voyais un autre aimer la parure, les meubles élégants, les beaux équipages, plus que sa fortune ne le permettait ; s’endetter bour -en avoir, et terminer sa carrière dans une prison : Hélas ! disais-je; a payé cher, et très cher son sifflet.
Quand j'ai vu une douce, aimable et jolie fille mariée: à un homme d’un caractère dur et brutal : ‘ C’est grande pitié, aije. dit, quieile ait payé aussi cher pour un sifflet.
“E4 un mot, je m'imagine que la plus grande partie des malheurs des hommes viennent de ce qu’ils ne savent pas estimer, les choses ce qu’elles ‘valent: réclament, et de ce qu‘ile paient trop cher pour leurs sifflets.” PA e
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peut-être:
k ANECDOTE AMERIÇAINE,
Les Anglais, en 1781, comme pour venger leurs défaites, se montrérent plus animés contre les Américains. Ce ‘fut'à:cette
: époque que se passa un évenement lamentable; qui excita'xu: : plis baut degré l'indignation de toute l'Amérique, ét' spéciales!
ment des Carolines, Le colonel Isaac HayNe avait éjousé avec chaleur la cause de l'indépendance américaine. ‘Pendant k siége de Charleston, il avait servi duns un corps de volons tires à cheval. Après le reddition de cette ville, Hayñe, qui chérissait tendrement sa famille, ne trouva pas dans-son cœur h force de labannonner, pour chercher au loin du refuge’ contre la tyrannie des vainqueurs. H savait que plusieurs of ficiers américains avaient obtenu 1x permission de rentrer païsis blement dans leurs foyers, en: donnant leur parole de-ne poïnt: agir contre les intérêts du roi de 18 Grande-Brétagne. Ilserendit en conséquence à Charleston, se présenta aux généraux anglais, et se constitua leur prisonnier de guerre: Mais: connaissant tout le crédit dont il jouissait parmi les ‘habitans;? ils voulurent s‘assurer entièrement de lui, et refusèrent de: le’ recevoir en qualité de prisonnier. Ils lui signifièrent qu'il fale hit qu'il se reconnût pour sujet britannique, ou qu'il fût détés nù dans.une captivité rigoureuse. Cette restriction n’eût point gmbarrassé le colonel Hayne ; mais il ne pôût supporter l'idée’ d'être aussi longtemps séparé-de sa femme:et de ses enfuns. Il ne pouvait se dissimuler non plus, que s‘il ne se prêtait pas 4” ce que les vainqueurs exigeaient, une soldatesque ‘effrénée nattendait que le signal de saccager ses propriétés- Dans: cette cruelle alternative, le père, l'époux triomphèrent dans son cœur ; il copsentit à se ranger parmi les sujets de l Ans gleterre. La seule grâce qu‘il demanda fut de nfêtre point’ contraint de porter les armes contre son parti. Il'en-reçut la nr solennelle du général anglais et de l‘intendant de: po+' ice à Charleston. Mais avant de prendre cette périlleuse: rés solution, il était allé trouver le Docteur Ramsay, le mème. qui a écrit par la suite l‘Histoire de la Révolution d'Amérique : il le pria de lui. servir de témoin à l'avenir qu'il n‘entendait: aucunement abandonner la cause de l‘indépendance. Dès qu'il eût signé le serment d‘allégeance, il.eut la, permission de retourner dans ses foyers. Cependant la guerre se ralluma avec une force nouvelle, et les Américains, jusqu'alors battus et dispersés, reprirent si vivement l'offensive, que lés généraux britanniques furent alarmés de leurs progrès, Ne tenant plus, dans ces circonstanees, aucun compte des promesses. qu’ils a< vaient: faites au. colonel Hayne, ils lui intimèrent l'ordre de: prendre les ‘armes et de marcher avec eux contre les nouveaux" corps d‘insurgés : il s’y refusa. Les troupes d‘insurgés péné-
Campement de Caffres,
trèvent dans le pays ; les habitans de son district se soulève: rent et l‘élurent pour leur commandant. Ne ‘se croyant plus lié pat:un serment que l‘on n'avait pas :voulu respecter à son égard, il se rendit au désir dé ses compatriotes, et reprit de nouveau les armes que la nécessité lui avait fait déposer, Il se ‘montra aux environs de Charleston, à,la tête d‘un corps de dragons ; mais il ne tarda pas à tomber dans une ambuscadé qe lui tendirent les généraux anglais. . Il fut aussitôt conduit
ans la ville, et jetté au fond, d'un cachot. Sans aucune for. me de procès, lord.Rawnon,. général des troupes, et le colomel Bazrour, commandant. de Charleston, le condamnèrent â mort. ; Cette sentence parut à tout le monde un acte de bar: barie. Les déserteurs même sont soumis à un jugement et trouvent des défenseurs. ; Royalistes et Américains, tous plai-
gairent également le colonel, dont ils estimalent les vertus; ils
auraient tous voulu sauver ses jours. Ils ne se bornèrent pas à de simples vœux: une députation de loyalistes, ayant à leur tête le gouverneur même, vint supplier instamment lord Rawdon le faire grâce. Les dames les plus qualifiées de, Charleston unirent leurs prières à la recommandation générale en faveur ‘du condamné. : Ses enfans, encore en bas âge, accompagnés de ses plus proches parens, et portant le deuil de leur mère, ‘ils. venaient de perdre, accoururent se jetter aux genoux lord Rawdon, lui demandant avec des cris lanentables la vie de leur malheureux père. Tous les assistans, qni fon daient en larmes, rendaient cette scène déchirante, Rawdon et Balfour refusèrent opiniâtrément d‘adoucir la rigueur de leur arrêt.
. Sur le point d'être conduit à la mort, il fit venir son fils niné, alors âgé de treizeans. Il lui remit des papiers adressés au congrès, puis il lui ditt Tu viendras au lieu de mon supplice ; tu recevras mon corps, et tu le feras enterrer dans la sépulture de nos ancêtres” Arrivé au pied du gibet, il fit des adieux tonchants aux amis qui l‘entourraient, et s‘arma usqu'au dernier moment de la fermeté qui avait honoré sa vie,
| était homme de bien, père, tendre, patriote zélé et soldat intrépide, (Beautés de l'Histoire des Etats-Unis.)
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CAMPEMENT DE CATTRES.
--# Le soleil aïlait se coucher lorsque j'arrivai : le chef Enxo et les principaux de sa tribu étaient assis au pied de Ja colline où se trouvent leurs habitations. : Lés jeunes gens et les petits garçons gardaient les troupeaux, tandis que les femmes et les
unes filles s’amusaient à danser, On nous reçut très arñicaement Le chef nous demanda quelles étaient les nouvelles,
(ques ete q' 1-0 mou!
conti dans nulle d'un ques un vl form
pecter à son et reprit de léposer, Il se lun corps de > ambuscade ssitÔt conduit aucune for.
5; et le coloondamnèrent acte de bar:
jugement et s&, tous plaie es vertus; ils èrent pas a de it A leur tête ord. Rawdon e, Charleston ale en faveur accompagnés e leur mére, aux genoux mentables ‘la ns, qui fon’ te. Rawdon à rigueur de
renir son fils iers adressés ieu de mon nterrer dans gibet, il fit , et s‘arma )noré sa vie, Slé et soldat ats- Unis.)
chef Enxo le Ja colline etles petits nmes et Îles très arhicas nouvelles,
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croyant plus
Campemens de Caffieh 85%
, NT (question ordinaire tant du sauvage qui de l'homme Sn: } etne put se laisser, persuader qu il n'y en avait point, s} s que ses questions indiquaient chez-lui CRU ED de mousemens. des partis militaires qui me surprit, Es a continuer. à questionuer:mes compagnons, je x app, 9ç md. “pe danseuses, Pour comprendre cette danse,’ i st RRQ dy L nulle description, hul dessin même ne peus « Qunel At sant d'un mouvement qui ne consistait guère qu'a s rase * . yes pas courts, et qui cependant mettait tous les dre est dt iolent exercice,” Les danseuses, se tenant par la main, forma i-cercle, dont deux se séparaient pour se formaient un demi-cercle, don Se AN PEuEs mettre en avant par ce moment tardif, en dre lé pi : contorsions, et se retiraient ensuite à leurs P aces, se régl | sur le son d’une musique singulièrement dns No Les femmes caffies sont fort inférieures aux A vou à la taille et à l'apparence extérieure ; car le eg Û es c ui ui use le-corps, leur est dévolu, tandis qué la va qu ie dine da la vigueur, est le partage des po Lu ee ; x. Hya c teu feinmes d'une beauté frappante, lorsqu’e ie so jeunes. ::" chevelure noire ne descend passais gi ss leurs é:::: couleur.d'ébène, et les grains de ver res el parte . ornemens, généralement de couleur blanche qu gries ae ses rtent à leur cou, à leurs bras; et à leurs jam (TE ar Fe teen frappant avec la coulerr noire da us penis 1 vs quelles y ajoutent un bonnet décoré par « es a ment blanches-et bleues, le costume ms sied admi Send bien. Je les regardai danser près d’une heure, mon ac Tr ment de chasseur avec ses amples poches étant our e rte objet aussi curieux que leur danse T'était durs M Ar Le 2 mes crurent que mes poches étaient remplies: ç LUN verre, et elles firent foule autour de DA EDR | Ju . fois d’un ton de voix doux et languissant, le met À d x! ds est celui qu'elles emploient pour demander un gr £ Se nous apportèrent du lait, et se tinrent rt ah no rx nant toutes les parties de notre équipement « er re os je n‘oublierai pas aisément la ons pus à ji ù LL se a eût été ha et ds Enfin lune d'elles, faisant vement eû 3 ' | ] pr le courage, la prit dans sa mis et : dar oreille, répéta le mot, dec, tic, tic. Cet acte Ê e ai imité de tout le cercle, qui se D M . : st th imal, mais un. ouvrage de lart, I y : ais san une PE jeune et jolie fille, dont les Me LL Ro ni à ment belles et r: page nn Lun BU varie je me flatte d’avoir fait quelque . 1 cidre fi le prouver fut un peu singulière : elle ota quelques Tous IX. N°. XVIIL [1