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Tous IX, 1er AVRIL 1830, Numeuo XIX.
HISTOIRE DU CANADA
(CONTINUATION
Le Canada eût probablement passé sous la domination anglaise, dès l'automne rième de 1759, si l’armée du général Amherst eût pu pénétrer dans le pays. Ce général fit embare .
uer ses troupes dans des bateaux, sûr le lac Champlain, le 11 Octobre ç mais une tempète furieuse l’obligea de relâcher dang une baie, et d’y faire débarquer ses troupes, Dans l'intervalle, le capitaine LoriNG, qui commandait une flottille de brigantins, donna la chasse à la goëlette et aux xebecs, que le marquis da Montcalm avait fait lancer sur le lac, au commencement de l'été. © La goëlette se sauva, mais les xebecs, à la veille d’être pris, s’échouèrent sur des bas-fonds, et les équipages s’échappèrent à travers les bois. Amherst fit rembarquer ses troupes, au bout de quelques jours; mais’ assailli de nouveau par une tempête, et voyant la saison trop avancée pour commencer une campagne, il prit le parti de reconduire ses troupes à la Pointe à la Chevelure. , |
Le mois de Novembre fut principalement employé, du côté des Français, à mettre les troupes en quartier d'hiver: une partie des soldats de la colonie fut envoyée à Montréal ; le reste demeura dans les environs de Québec. Le régiment de Lan uedos fut cantonné dans le gouvernement des Trois-Rivières ; és autres dans celui de Montréal, de la manière suivante: le régiment de Bearn dans l'ile de Montréal; celui dela Sarre, dans l’île Jésus ; celui de Guienne, à Sorel et à Varennes ; le Royal Roussillon, à Boucherville et à Laprairic; et les deux bataillons de Berry, à Terrebonne et à Berthier. Deux frégates et autres vaisseaux furent aussi envoyés à Sorel pour y passer l’hiver. s
Avant la cloture de la navigation, le gouverneur et l’intendant préparèrent leurs dépèches pour le ministre des colonies. Le munitionnaire, M. Canon, qui en fut chargé,: devait par= tir du 12 au 15 Novembre, avec les frégates ou corvettes et les, navires qu’il commandait; mais il fut retardé jusqu'au 22 par
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Histoire du Canada.
les expéditions de M, de Vaudreuil. 11 descendit alors jusqu'à trois lieues au-dessus de Québec, pour être à portée de tenter le passage devant la ville, Un coup de vent accompngné d’un épais brouillard y assaillit la flottille française ; quatre des vaisseaux s’échouèrent et furent perdus; les autres, sur l’un desquels était le sieur Canon, passèrent devant la ville sans ètre apperçus et arrivèrent en France sans accident, Deux jours après le naufrage, les Anglais envoyèrent une quarantaine d'hommes, sous le commandement d’un capitaine et d’un lieutenant, daws une goëlette armée, pour piller les bâ. timens échoués, et les faire brûler. Le capitaine ayant fait al. lumer une bougie sur l’un des navires, atin d'en visiter l'intérieur, quelques extincelles tombèrent sur de la poudre, qui y avait été laissée par hazard ou à dessein; le vaisseau sauta, et le capitaine (Miller), son lieutenant et une trentaine d'hommes y périrent.
Presque aussitôt après la reddition de Québec le général Townshend était parti pour l'Angleterre, avec la flotte, laissar t, le général Murray à Québec avec une garnison de cinq mille hommes. De son côté, le général Amherst était allé passer l'hiver à New-York, après avoir laissé de fortes garnisons aux forts de St. Frédéric et de Carillon.
Dans le mois de Décembre, les Acadiens de Miramichi, de Richibouctou, et autres lieux, le long du golfe St. Laurent, envoyèrent des députés au eelonel FRyYF, qui commandait au fort Cumberland, pour lui annoncer qu'ils se mettaient sous la protection de l'Angleterre.
: Aussitôt que la nouvelle officielle de la reddition de Québec fut parvenue en Angleterre, la ville de. Londres et plusieurs autres corporations du royaume présentèrent au roi des adresses de congratulation; et dès que le parlement fut assemblé il résolut unanimement qu’il serait présenté une adresse au roi, priant sa majesté d’ordonner qu’il fût érigé un monument à la mémoire du général Wolfe, dans l’abbaye de Westminster: il fut en même voté des remercimens aux généraux et aux amiraux employés dans l'expédition contre Québec. Enfin il fut ordonné par proclamation royale, qu‘il serait célébré un jour d’actions de grâces géhérales dans tous les domaines de la Grande- Bretagne.
. Dès l'automne, les provisions de bouche devinrent extrèmement rares etchères dans la colonie ; et il fallut des efforts extraordinaires de la part du gouverneur et du chevalier de Lévis, pour pourvoir à la subsistance des troupes durant l'hivér. Suivant M. Smith, le bled se vendait de trente à quarante francs le minot; ce qui n’était pas un prix extraordinaire, éomperés ceux des autres comestibles ; car, dit-il, une vache
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Histoire du Canada.
# vendait neuf cents francs ; une paire de bœufs, de quinze cents À deux mille livres; un mouton, de deux à trois cents francs ; une douzaine d'œufs, neuf francs; un: livre de beurre, de douze à quinze francs. Ilest vrai que ces articles se payaient ordinairement en ordonnances ; mais on ne pouvait pas se les procurer à beauconp meilleur marché, mème en offrant de l'or on de l'argent. L
Dans le mois de janvier, le capitaine St. Martin, de la marine, fut envoyé dans les puroisses situées au sud du fleuve, au-dessus de Québec, avec un parti de quatre cents hommes, afin d’en faire passer dans les gouvernemens supérieurs autant de bêtes à cornes qu'il en pourrait obtenir. Cet officier s'avança jusqu’à la Pointe Lévy, afin d'empêcher les /-nglais de traverser en bateaux sur la rive du sud, et de le troubler dans ss opérations, Ils ne le troublèrent pas en effet, tant qu’il ne fut pas possible de traverser le fleuve autrement qu’en :'ateaux, et il eut Le temps d’assembler et d'envoyer au nord une grande uantité de gros et de menu bétail ; mais au commencement de Tévrier, la glace ayant pris devant Québec, le général Murray fit marcher un gros détachement à la Pointe Lévy, ‘ir d'en déloger les Français. Après quelques escarmauches, où il y eut quelques hommes de tués, de part et d'autre, St. Martin se retira à travers les bois, et passa la rivière du Sault de la Chaudière. M. Dümas, qui commandait sur cette frontire, lui envoya un renfort, avec l’ordre de demeurer sur les bords de cette rivière pour en défendre le passage. Quelques jours après, un parti de cinquante Anglais s'étant avancé pour reconnaître la position de St. Martin, cet officier traversa la rivière, attaquu les ennemis en ambuscade, fit quelques prisonniers, et tua ou dispersa le reste,
Les Anglais n’ayant laissé qu’un détachement assez peu con-
sidérable Fée de la Pointe Lévy, on crut ‘u':1 serait possible de les en chasser. On fit marcher du monde du gouvernement des Trois-Rivières, et M. de Bourlamaque, qui arrivait de Montréal, devait exécuter divers mouvemens autour de Québec, afin de faciliter l'expédition contre la Pointe Lévy.— Mais M. Dumas, au lieu de marcher lui-même de suite, ou de faire marcher le sieur St. Martin droit au poste anglais, en voya d‘abord cet officier avec un gros détachement, se poster à la Pointe des Pères, vis-à-vis de la ville, «fin de couper la communication entre la garnison et le poste de la Pointe Lévy. Les Anglais firent une sortie considérable ; le sieur St. Martin fut contraint de se retirer à travers les bois, à son poste sur la rivière de la Chaudière, M. de Bourlamaque, voyant qu'il était impossible de rien. tenter avec succès contre les postes de J‘mnemi, s'en retourna à Montréal.
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