‹ La Bibliothèque canadienne [microforme]Chapitre 134 sur 177 · Aistoire du Canada · texte numérisé non relu

Aistoire du Canada

‘ Au commencement de Mars, des découvreurs qu'on avait envoyés du côté de St. Frédéric, donnèrent avis qu'ils avaient vu des traces d'un parti enneini, et même cru appercevoir près: de la baie de Missiseouy, un détachement d‘environ trois cents hommes. On craignit que les Anglais n‘eussent formé Je dessein de s‘avancer vers Sorel; pour bruler les frégates qui y étaient en hivernements on fit partir du monde pour renforcer ce poste, et l‘on envoya des sauvages à la découverte. du ‘côté du lac Champiain ; mais ces derniers ne: virent rien ; ce qui fit croire que les premiers découvreurs s‘étaient mépris,

Les Anglais avaient un piquet de deux cents hommes à Ste, Foi, et un autre de quatre cents à Lorette. Vers le milieu du mois, ils envoyèrent des partis vers la rivière du Cap Rouge, et jusqu'a St. Augustin, où ils brulèrent des moulins, et enlevèrent la garde avancée des Français, forte de soixante, hommes. Ces moxvemens firent craindre à ces derniers que les Anglais n‘eussent dessein d'enlever leur poste de la Pointe aux Trembles, et même d'attaquer les ouvrages qu'ils avaient. commencés à l‘embonchure de la rivière de Jacques-Cartier. Ils firent descendre un corps de miliciens du gouvernement des Trois-Rivières et un détachement de deux cents vingtcinq hommes du régiment de Languedoc. Mais la crainte de voir les Anglais s‘avancer avec des forces considérables, s‘6— tant trouvée mal fondée, les milicienis des Trois-Rivières furenc renvoyés ; mais Le détachement de Languedoc fut cantonné à la Pointe aux Trembles,

Vers la fin du même mois (de Mars,) M. de Bougainville partit, accompagné de M. ne Lorsinienr, inglieur, pour prendre le commandement à l‘Isle'aux Noix.

Le dessein de prendre Québec, au moyen d’un siège, avait été formé dans le camp des Français, dès le mois de Novem- : bie, et une partie du mois suivant avait été employée à en faire les préparatifs. Ces préparatifs, discontinnés pendant quelque temps, à cause des grands froids qu’il fit, et de la difficulté des communications, qui ne permit pas d’amasser les provisions de bouche nécessaires, avaient été’ recommencés dans le mois de Janvier, On avait comptf pouvoir mettre le siège devant Québec, à la fin de ce mois, ou au commencement du suivant ; mais de nouveaux obstacles, dont le principal était toujours le manque de vivres pour la subsistance des troupes, firent qu’il ne fut pas possible de tenter l‘expédition avant le départ des glaces ; ce qui conduisit jusque vers le milieu d'Avril.

Deson côté, le général Murray n‘avait rien négligé pour mettre sa place én état de'soutenir un siège, Dans le cours de l'hiver, il avait fait construire en del:ors des murs huit b/ockhouses, ou redoutes de bois ; fait faire des espèces de trottoirs

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Croniques Bretonnes. 869

Je long des ramparts, ouvert des embrasures, érigé des batteries de canon, barricadé les avenues des fauxbourgs, formé un magazin de quatre mille fascines, et fait enmagaziner pour onze mois de provisions de bouche, dansla partie la plus élevée de la ville. Il avait fait.en outre réparer par ses troupes quatre ou cinq cents maisons endommagées par-le canon des Anglais. Mais la maladie diminna un peu le nombre de ses troupes ; de sorte que lorsque les Français arrivèrent devant Québec, la . garnison était de moins de cinq mille hommes en état de combattre.

(A continuer.)

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