‹ La Bibliothèque canadienne [microforme]Chapitre 145 sur 177 · SYSTEME DU MONDE · texte numérisé non relu

SYSTEME DU MONDE

Nous entendons par système une supposition ; ensuite, quand cette supposition est prouvée, ce n’est plus un système, c’est une vérité. Cependant nous disons encore par habitude le système céleste, quoique nous entendions par là la position réelle des astres.

Je crois avoir cru autrefois que PYTHAGORE avait appris chez les Chaldéens le vrai système céleste; mais je ne le crois plus. Cependant Newron, GrEcory et KeLL font

*, Raynal exagère sans doute, en disant que les Anglais laissèrent dixhuit cents des leurs sur le chany de battaille; mais Mr. Smith exagère encore plus et plus improbablement, quand, portant Ja perte du général Murray à mille hommes, il dit que les Français avouaient en avoir perdu dix-huit cents.

+ Pour un motif ou pour autre, Mr. Smith diminue d’un quart l’armée du général Murray, et augmente du double celle du chevalier de Lévis.

890 Système du Monde.

honneur à Pythagore et à ces Chaldéens du système de Copzr-

Nic; et en dernier lieu, M. Le Monnier est de leur avis,

J'ai la hardiesse de n'en être plus. Une de mes raisons, c'est

que si les Chaldéens en avaient tant su, une si belle et si im.

portante découverte ne se serait jamais perdue; elle se se

rait transmise de siècle en siècle, comme les belles démons. trations d’ARCHIMEDE.

Une autre raison, c’est qu’il fallait être plus profondément instruit que ne l’étaient les Chaldéens, pour contredireles yeux de tous les hommes et toutes les apparences célestes ; qu'il eût fallu non seulement faire les expériences les plus fines, maïs employer les mathématiques les plus profondes, avoir le secours indispensable des télescopes, sans lesquels il était impossible de découvrir les phases de Vénus, qui démontrent son cours autour du soleil, et sans lesquels encore il était impossible de voir les taches du soleil, qui démontrent sa rotation autour de son axe presque immobile. |

Une raison non moins forte, c’est que de tous ceux qui ont at-

tribue à Pythagore ces belles coi:aissances, aucun ne nous a dit positivement de quoi il s’agit Diocene de Laërce, qui vivait environ neuf cents ans après Pythagore, nous apprend que, selon ce grand philosophe, le nombre un était le premier principe, et que de DEUx naissent tous les nombres; que les corps ont quatre élémens, le feu, l’eau, l’air et la terre; que la lumière et les ténèbres, le froid et le chaud, l'humide et le sec, sont en égale quantité; qu’il ne faut point manger de fêves ;'que l’âme est divisée en trois parties; que Pythagore avait été autrefois Ætalide, puis Euphorbe, puis Flermotime, et que ce grand homme étudia la magie à fond. Notre Diogène ne dit pas -un mot du vrai système du monde attribué à ce Pythagore; et il faut avouer qu’il y a loin de son aversion prétendue pour les féves aux observations et aux calculs qui démontrent aujourd’hui le cours des planètes et de la terre.

Le fameux Eusegr, évêque de Césarée, dans sa Préparation évangilique, s'exprime ainsi: Tous les philosophes prononcent que Îa terre est en repos; mais PniLozaus le péripatétitien pense qu’elle se meut autorir du feu, dans un cercle oblique, tout comme le soleil et la lune.” Ce galimatias n’a rien de commun avec les sublimes vérités que nous ont enseignées Copernic, GALILEE, KE’PLER, et surtout Newton,

Quant au prétendu AR1sTARQUE de Samos, qu’on lit avoir développé les découvertes des Chaldéens sur le cours de la planète de la terre et des autres planètes. il est si obscur, que WaL- - LIS a été obligé de le commenter d’un bout à l’autre pour tâcher de le rendre intelligible. Il est même fort douteux que le livre

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Traité du Droit Pénal, 891

attribué à cet Aristarque de Samos soit de lui: il doit êtred’autant plussuspect que PLurARQUE l’accuse d’avoir été de l’opinon contraire, Voici les paroles de Plutarque, dans son fatras intitulé : La Face du rond de la Lune, Aristarque le Samien disait que les Grecs devaient punir. CLEANTHE de Samos, lequel soupconnait que le ciel est immobile, et que c’est la terre qui se meut autour du zodiaque en tournant sur son axe.

Mais, me dira-t-on, cela même prouve que le système de Copernic était déjà dans la tête de ce Cléanthe et de bien d‘autes, Qu'importe qu'Aristarque le Samien ait été de l‘avis de Cléanthe le Samien, ou qu’il ait été son délateur, comme Skr1er : été le délateur de Galilée? Il résulte toujours évilemment que le vrai système d’aujourd’hui était connu des anciens.

Je réponds quenon ; qu’une très faible partie de ce système fut vaguement soupçonnée par quelques têtes mieux organisées que les autres. Je réponds qu’il ne fut jamais reçu, jamais enseigné dans les écoles; que ce ne fut jamais un, corps de doctrine. Lisez âttentivemen cette Face de la Lune de Plutarque ; vous y trouverez, si vous voulez, la doctrine de la gravitation ; mais. le véritable auteur d’un système est celui qui le démontre.

N'envious point à Copernic l'honneur de ia découverte. Trois ou quatre mots déterrés dans un vicil auteur, et qui peuvent avoir quelque rapport éloigné avec son système, ne doivent pas lui enlever la gloire de l'invention. Admirons la grande règle de Képler, que les carrés des révolutions des planêtes autour du soleil sont proportionnels aux cubes de leurs distances. Admirons encore davantage la profondeur, la justesse, Pinvention du grand Newton, qui seul a découvert les raisons fondamendales de ces lois’inconnues à toute l'antiquité, et qui a ouvert aux hommes un ciel nouveau.—/f Dict. Phil. )

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