LES CHEMINS
Où sait combien la'nature du terrain par où passe un chemin, contribue à le rendre bon ou mauvais, indépendamment de tôute autre circonstance. Dans les terres jeunes et sablonneuses, par exemple, les chemins sont. presque toujours beaux ; au lieu que dans les terres fortes et glaiseuses, ils sont toujours mauvais, après une pluie abondante ou de duré, et mettent un temps considérable à se réparer, La diligence ou la négligence d’un cultivateur à faire les réparations nécessaires devant sa terre, met une différence presque aussi grande dans des chemins qui passent par le même terrain, ou pour mieux dire, dans le même chemin; et malheureusement le nombre des négligents l'emporte de beaucoup sur celui des diligents. C’est ce dont j'ai été témoin dans un petit voyage que j'ai fait dernièrement. Quoiqu'il y eût déjà deux ou trois jours que la pluie avait cessé et que le beau temps continuait, j'ai trouvé presque partout, dans les terres fortes, les chemins pleins d’ornières et de trous longs et:
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profonds. Quelques exemples du contraire, c’est-à-dire des bouts dechemin réparés et devenus passablement beaux en conséquence, pouvaient faire voir clairement à quiconque voulait l’observer, que cette négligence du plus grand nombre des cultivateurs à réparer leurs chemins est impardonnable, particulièrement dans yne saison de relâche, si je puis, comparativement parlant, m’ex-
rimer ainsi,
C’est là un mal aaquel il est, ce me semble, assez facile de remédier, et cela en tenant plus strictement la main‘à l’éxécution des réglemens, ou plutôt des lois relatives aux chemins. Ilest dans la plupart de nos routes publiques un autre mal, ou si l’on veut, nn défaut qu’il serait plus difficile de corriger, et ce défaut consiste en ce qu’elles sont courbes, anguleuses, où même tortueuses, dans bien des cas où elles auraient pu être en ligne droite sans inconvénient, ou du moins sans un inconvénient équivalent à celui qui résulte de leur état présent, et qui consiste en une perte de temps souvent très considérable, et parfois très dommageable, Passe encore que les routes soïent tortueuses le loùg des grandes rivières, pour éviter l'inconvénient de couper les terres, &c. ; mais encore conviendrait-il de s’en éloigner, si par là on évitait des montées et des descentes trop roides et trop fréquentes; car on sait que c’est à leur entrée dans les rivières que les ravines, les ruisseaux et les cours d’eaux sont les plus larges et les plus profonds. Si l‘un ne s‘en éloigne pas dans les endroits où ils sont très nombreux, comme le'long de la rivière d‘Yamaska, depuis un peu au-dessus du village de St. Hyacinthe jusqu‘à celui de St. Césaire, et au-delà, l‘on fait un chemin fatiguant par le grand nombre de côtes qu‘l faut monter et descendre, et l‘on se met de plus dans la nécessité de construire un grand nombre de ponts souvent très couteux, et toujours sujets à exiger de fréquentes réparations,
L‘on ma dit que si, dans l‘endroit dént je viens de parler, l‘on avait fait passer le chemin à dix-ou douze arpens seulement de Ja rivière, on aurait evité la plupart des côtes, ou plutôt des ravines profondes, qui se trouvent sur ses bords, et conséquemment épargné les frais d‘une cinquantaine de ponts, qu'il a fallu construire dens l‘espace de cinq lieues. : En quittant les bords de la rivière, ou plutôt en ne la suivant pas dans tous ses détours, on aurait travaillé sur un plan amélioré; mais on ne devait pas s‘en tenir là ; il aurait fallu encore s‘en éloigner plus ou moins, selon le cas, pour rendre la route plus droite et conséquemment plus courte. Dans le plan: indiqué pour les nouveaux chemins, on suivra la ligne droite, en ‘évitant néanmoins d‘un côté de profondes ravines, ou des mareis impratiquables, et de l‘autre, des collines élevées.
‘Ne serait-il pas aussi à propos qu‘il y eût à toutes les fourches
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les fourches
Dernières Nouvelles. 4I
de chemins des écriteaux indiquant que celui-ci conduit à tel endroit, et celui-là tel autre. Faute de cette précaution, le voyageur ést très souvent obligé de s‘arrèter sur la route, et quelquefois de revenir sur ses pas. Des pierres ou des poteaux indiquent le nombre de lieues ou de milles parcourus ou à parcourir, en allant d‘un endroit à un autre, ont encore leur utilité. Il y a de ces deux sortes d‘indices sur quelques unes de nos joutes publiques ; il devrait, suivant moi, y en avoir partout, et dans la langue de la grande majorité des habitans du pays. Ceux mêmes qui ne savent pas lire en tireraient cet avantage qu'ils leur donneraient une idée de plus de l'utilité de l‘éducation, Lite Cu) him.) | | | LE Ux VoyacEur.
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