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436 Re Histoire du Canada.
gouvernement, de Montréal, non seulement ils abandon naient leurs demeures et leurs terres dans le temps où leur présence y était le plus nécessaire; mais ils laissaient leurs familles et leurs propriétés à lé merci d’un ennemi dont ils avaient tout lieu de redouter le ressentiment et la vengeance : én ne le faisant pas, ils s’exposaient aux reproches de ceux de leurs compatriotes chez qui l’amôur de la patrie l’emportait sur tout autre sentiment, et peut-être à des puaitions d’une ou d'autre sorte, dans le cas où le roi de France demeurerait éventuellement maître du pays. Le danger présent joint à l’intérêt particulier l’emporta néanmoins sur la crainte d’un mal éloigné et peu probabie, et sur un dévouement qui devait paraître aux moins clairvoyants à peu près inutile, et presque tous ceux qui avaient été enrolés. se retirèrent chez-eux, à mesure qu'ils trouvèrent pour le faire une occasion favorable ou un prétexte plausible. Hi :
Après la levée du siège de Québec, Montréal devint le CUR
tier-général, et à peu près le seul point de défense des Fran:
çais.. On y érigéa de nouvelles fortifications, on y forma des magazins de vivres et de munitions, et l’on arma en guerre
qu ques uns des vaisseaux où grands bateaux qu’on y avait,
n érigea aussi des batteries sur l’île Ste Hélène, un peu audessous de la ville, et l’on envoya un ingénieur dans Îes îles qui se trouvent à l'entrée du lac St. Pierre, afin d'y faire faire les ouvrages qu’il croirait propres à arrêter la flotte anglaise qui: dévait remonter le fleuve. . SA Le 15 Juin, le poste de Ste. Thérèse, entre St. Jean et Chambly, où il y avait un dépot d'effets militaires, fut surpris par un parti d'environ trois cents Anglais : ils enlevèrent les éfiets, brulérent quelques maisons, ét emmenèrent prisonniers uûe vingtaine d’habitans. Vers la fin du même mois, M. de Bougainville ayant donné avis que les vaisseaux anglais avaient paru sur le lac Champlain, ou jugea à propos de renfercer la garnison de l'Isle aux Noix, qui n'était que de quatre cént cinquante hommes, et lon y envoya le second bataillon de Berry et deux cent cinquante miliciens. |
Dañs le cours du même mois, le colonel Fraser fut envoyé, de Québec, avec environ neuf cents hommes, pour réduire le
“foit'de Jacques-Cartier. Cet officier s'étant avancé par eau, débarqua, sans opposition, un peu au-dessus de la: place, et se .posta sur un terrain avantageux, où il passa la nuit, après s'è- ‘tré assuré de toutes les routes qui conduisäient du ‘fort dans la campagne. ‘Le fendemain, un petit ‘parti s'étant avancé pour reconnaître la place, et les vaisseaux étant descendus vis-a-vis, la garnison comprit qu'elle:allait être attaquée, :et. le tambour: battit aux armes. La place fut sommée de se rendre: le mar:
Histoire du Canada. nr abandon temps où aient leurs ont ils a engeance : le ceux de portait sur
une ou erait éven-
D'ALBERGOTTI, qui y commandait alors, avec cinquante hommes de’ troupes réglées et cent cinquante miliciens, répondit qu'il défendrait son fort jusqu’à la dernière extrémité. Sur: cela, le col. Fraser fit avancer, à couvert d’une éminence, deux pièces de campagne et deux qbusiers, pour baître la place ; for- ,.ma ses troupes,en trois, divisions, et leur donna l’ordre de marcher pour donner l'assaut, Le commandant français, qui s’en apperçut, battit la chamade, et se rendit à discrétion. Le
tà l'inté. fort était èn bon état, mais trop-étendu pour la garnison qui le d'un mal défenüait,. et qui aurait dû être triple ou même quadruple de qui devait cequ'elle était. Le colonel Fraser y laissa une garnison, et ; et pres. s‘en retourna par terre avec le reste de ses troupes. :Les sol-
(} A -* e. t Fi e chez-eux, dats de lien demeurèrent prisonniers de guerre; mais les
ph favorn. miliciens-furent renvoyés chez eux, à la condition qu'ils ne porteraient pas les armes contre les Anglais. tle quare ‘M Le général Murray s‘embarqua, au commencement de des Fran. Juillet, avec la plus grande partie des troupes qu’il commanforma des M dait, sur une flotte accompagnée de batteries flottantes, afin de en guerre se trouver près de Montréal en mème temps que l’armée du Dh ÿ avait, lac Champlain, sous le colonel HaviLann, et celle du général n peu aus Amheret, qui devait descendre le St. Laurent. Dès qu’on ns les îles eut eu avis à Montréal du départ de la flotte anglaise de Québec, faire faire onenvoya à M: Dumas l‘ordre de la suivre sur la rive du 1glaise qui: nord, avec toutes les troupes qu’il avait sous son commandement, afin de s’opposer aux débarquemens qu’elle pourrait t. Jean et tenter d‘y faire, et ‘de la haärceler dans les endroits où il serdit ut surpris possible de le faire. M. Murray fut environ deux mois sur Je vèrent les fleuve, et eut tout le temps de faire des excursions, et queltisonniers quefois des exécutions militaires, dans les campagnes, Surtout is, M.de du côté du sud, où l’on .n’avait presque point de troupes à lui nglais a ‘ opposer. Ayant appris qu’il ÿ avait un parti de soldats franle renfor- çais ou miliciens, sous un lieutenant, dans la paroisse de Ste. le quatre Croix, il y envoya un détachement de Son armée. Les habibataillon | tans sans armes s’enfuirent dans Jes bois, à l'approche des R Anglais ; mais les hommes armés furent attaqués, et presque t envoyé, tous tués, blessés, on fait prisonniers, y compris leur commanréduire le dant. HAE par eau, Les vents contraires ne permettant pas à la flotte, anglaise 1e, ete D d'avancer, M. Murtay fit débarquer ses troupes à Lotbinière, à apres s'é- Ste. Croix et à St. Antoine de Tilly, afin de leur y procurer t dans la des raffraichissemens. . Les habitans ne s’enfuirent pas, comncé pour me-la-première fois, puisqu'il paraît que le général, anglais vis-a= vis, leür fit une hafangue, dans un langage qui aurait fait peu tambour. donneur à l‘éducation et à la politesse de ce militaire, s'il
le eu eût été celui que Mr. Smith lui met ingénuement à la bouche.
ro M 2 à CP ASS Mer
428 Histoire du Canada. | Quoiqu'il en soit, les habitans de ces paroisses mirent bas es armes, et prêtèrent le serment de neutralité. (})
En passant vis-d-vis de Déchambault, des Grondines et de Batiscan, la flotte anglaise essuya le feu des batteries qui y avaient été érigées, ou dé corps de miliciens assemblés pour la , harce!er, et perdit quelques hommes. En arrivant vis-à-vis des Trois-Rivières, elle trouva la ville défendue-par plusieurs ‘: redoutes et un corps d'environ deux mille hommes, et le fleuve obstrué par une espèce de barre formée pur un cable de seize pouces passé dans de forts anneaux de fer couverts de
ièces de bois attachées. avec des cordes, et allant d‘un bord à touts du chenail. Il fallut quelques heures aux matelots anglais pour lever cet obtacle ; après quoi, la flotte continua sa route, et entra dans le lac St. Pierre,
M. de Bourlamaque apprenant que la flotte anglaise était sur le lac St. Pierre, et voyant qu’on n'aurait pas le tems d’achever les ouvrages commencés dans les îles, il en rappella les troupes qui y étaient, de peur qu’elles ne fussent coupées, et
les fit passer & Sorel, où'il continua de faite travailler. La flotte anglaise passa devant cette place, le 12 acût; elle tira -quelques coups de canons sur les travailleurs, et alla mouiller visa-vis de La Noraye. Elle redescendit, le lendemain, jusque vis-à-vis de Sorel; ce qui fit prendre à M. de, Bourlamaque, qui l’avait suivie, le parti d’y-retourner, Un détachement sous lord RoiLo, débarqua, le 20 août, près d’un moulin, un peu au dessous da fort, brula un grand nombre de maisons, et dévasta tonte la partie nord de cette paroisse, en conséquence, dit M. Smith,' de l’obstination des habitans à ne vouloir point mettre les armes bas: Après cette exécution, lord Rollo s’avança à la vue du fort, en ordre de bataille, et s’efforça, par diverses manœuvres, d'attirer les Français hors de leurs retranchemens; mais voyant qu'ils s’obstinaient à y demeurer enfermés, il se rembarqua. ,
Le chevalier de Lévis se porta à Berthier, où le corps de M. Dumas était arrivé. Il'apprit bientôt que l’armée anglaise du lac Champlain avait fait sa descente une demi-liene au-dessus de l’Isle aux Noix. On envoya à St. Jean les régimens de la Reine et de Roussillon, aux ordres de M. de Raquemaure, et la plus grande partie des milices du gouvernement de Montréal. Le chevalier de la Corne fut envoyé en même tems avec
(t) Ce serment était ainsi conçu: «Nous jurons, en présence de Diéu tout-puissant, que nous ne prendrons pas les armes contre Georges Leux, roi de la Grande-Bretagne, ni contre ses troupes ou ses sujets, et
que nous ne communiquerons avee ses ennemis ni directement m1 indireetement, » ; À ÿ
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Histoire du Canada. . 429
quatre cents hommes au fort Lévis, sur le fleuve, avec ordre de aire mine de vouloir défendre les rapides.
Les Anglais commencèrent le 28 à tirer sur les retranche-
mens de l'Isle aux Noix : lu prise de la petite flotille française
du lac leur fournit le moyen de débarquer sans opposition à l'embouchure de lu rivière du Sud, au-dessous de cette île, M. de Bougainville se voyant par là eh danger d'être tourné, se retira avec son détachement, par la rive gauche de la Rivière Richelieu, n'ayant ldissé qu’une cinquantaine d'hommes dans le fort, avec ordre de capituler, et arriva à St. Jean le 28., Quelques berges anglaises s’étant montrées, le corps de troupes qui était en cet endroit se retira à une portée de-canon du fort, et alla se poster ensuite derrière la petite rivière Montréal. Les miliciens de l'Isle aux Noix s'étaient. retirés chez eux, et leur exemple fut suivi par ceux de St. Jean.
La flotte de M. Murray arriva le 25, à quatre lieues au-dessous de Montréal : le corps de M. de la Bourlamaque, qui la suivait par le sud, et celui de M. Dumas, par le nord, arrivèrent, le premier à Longueil et à Boucherville, et le second, dans l’île de Montréal. Le chevalier de Lévis, voyant le corps de Bourlamaque à portée de se joindre à celui de Roquemaure, alla reconnaitre la position de ce dernier, dans la vue de tenter un combat contre l’armée anglaise de St. Jean, et revint conférer avec M. de Bourlamaque. Mais ayant appris que le général Murray avait fait débarquer un détachement à Varennes, il ordonna à M: de Roquema‘re de se replier à La Prairie, après avoir laissé un fort piquet à la jonction des chemins de St, Jean et de Chambly. |
Les troupes anglaises débarquées à Varennes furent attaquées var un parti d'environ trois cents hommes, la plupart mifilnus mais il fut repoussé avec perte de quelques blessés et d’une vingtaine de prisonniers. Le gériéral Murray envoya de là dans les paroisses voisines un manifeste portant, % que si les Canadiens se rendaient et lui livraient leurs armes, il leur pardonneraît ; qu’autrement, ils savaient ce qu’ils avaient à attendre de lui, par les exemples qu’il avait déjà faits; que si ceux des Canadiens qui s'étaient incorporés dans les troupes reglées se rendaient à certain jour déterminé, non seulement, il les rétablirait sur leurs terres, mais les protégerait et leur ferait du bien; mais que s’ils s’obstinaient à ne le pas faire, ils partageraient le sort des troupes françaises, et seraieut transportés en France.” Cette proclamation, dit Smith, eut un tel
effet, ‘que le soir même qu’elle fut publiée, quatre cents mili-:
ciens de la paroisse dé Boucherville allèrent à Varennes mettre leurs armes aux pieds du commandant anglais.
Le général Amherst s’était embarqué le 10 août, sur le St.
430 Les quatre dges de l'Homme.
Laurent, avec üne armée de dix mille hommes : il rencontra sur la route le fort Lévis, dans l'ile Royale, où commandait M. Pouchot, Il érigea des batteries dans les îles voisines, investit le fort, et commença à le canonner. La canonnade n'ayant . pas un effet aussi prompt u’il l'aurait désiré, il se disposait à fire donner l’asseut à la forteresse, lorsque M. Pouchot se rendit,
Le 2 septembre, comme M. de Lévis haranguait les sauvages du Sault St. Louis, qu'il avait fait venir à La Prairie, pour les engager à le seconder dans son dessein d'attaquer l’armée anglaise de St. Jean, il arriva un député de leur village, annonçant que lé général Amherst était aux Cèdres ; et ils se retirèrent tous, disant qu’ils allaient faire la paix avec les Anglais. Cette nouvelle lui fut confirmée par M. de la Corne, qui avait été obligé de rebrousser chemin, et qui lui ajouta que ies Anglais pourraient êtrè le lendemain dans l'ile de Montréut.
Le général français ne vit d’autre parti à prendre que de faire replier dans l’île de Montréal les corps qui étaient au sud dufleuve. Le corps que commandait M. de Bourlamaque se porta au-dessous de la ville; et celui de Roquemaure au-dessus, tandis que M. Dumas continuait 8 occuper le bas de l’île. L’éloignement et le manque de forces ne permirent pas de tenter de défendre la partie d’en haut. -
(A Continuer.)
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