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moire, et oublia entièrement. son sermon. -Descendre de Ja chaire, cela lui eût été trop honteux; entreprendre de parler, il ne savait comment s’y prendre. Que faire en cette perplexité ? Il se résout à demeurer ferme, à user de sa voix et de son geste, sans rien prononcer que des paroles imparfuites ou décousues : des car, des mais, des si, des messieurs, des paradis, des enfirs &c. Jamais prédicateur ne parut avoir plus de feu ; il tonnait, il gestitulait, il faisait des exclamations, frappait des pieds et des mains: toutes les voutes de l’église retentissaient des éclats de sa voix. L’auditoire béant était dans un silence profond ; chacun avançait sa tête et redoublait d'attention, pour enterdre ce qui ne pouvait être entendu. Ceux qui étaient près de la chaire disaient : Nous sommes trop proches ; ceux qui étaient plus éloignés se plaïgnaient de ce que par leur éloignement ils ne pouvaient rien comprendre. Enfin notre prédicateur tint son-auditoire trois quarts d’heure en haleine, et se retira avec l’applaudissement de toute l’assemblée, qui se promettait bien de mieux choisir une autre fois ses places.
Un paysan, chargé de fagots, criait, dans les rues, gore, gare, afin qu‘on se détournât. Un jeune homme vêtu de soie ayant négligé de se retirer, fut accroché par un de ces fagots, qui fit une furieuse brèche à son habit. Le jeune homme cite le paysan devant le commissaire. Rendu chez ce dernier, le paysan ouvre la bouche-sans dire mot. Etes-vous muet, lui dit le commissaire ? et le paysan de ne point répondre ! C‘est malice de sa part, dit le jeune homme : il se tait faute de bonnes raisons; il n'est pas muet, car il criait à pleine tête: “Gare, gare !” Si cela est, dit le commissaire, vous avez tort de vous plaindre,
Freperic GUILLAUME, père du grand Freperic, de Prusse, peignait, on croyait peindre, mais ses ouvrages n'étaient que de grossières ébauches. Tel n’était pas pourtant le langage de ses courtisans, lorsqu'ils s’étendaient sur le mérite de l’Apelle couronné. Un jour sa majesté les gratifia de la vue d’un nouvel échantillon. Supposez, dit le roi, que quelque grand peintre, RuBens, RAPHAEL, par exemple, ait fait ce tableau, croyez vous qu’on en donnerait un prix considérable ? Sire répondit le baron de Poznrrz, qui passait pour le plus adroit et plus flatteur des courtisans prussiens, je puis assurer votre majesté qu'un connaisseur ne pourrait pas offrir pour un tel tableau moins de 25,000 florins. Eh! bien, baron, s’écria le monarque flatté, vous allez recevoir.une preuve de ma munificence : prenez le tableau pour 5,000 florins, que vous allez me payer comptant, et comme je désire vous rendre service, je vous donne la permission de le revendre. Ah ! Sire, s’écria le baron, qui se trouvait pris dans son propre piège, je ne puis consentir à tirer avantage de la générosité de votre ma-
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7, Pour la Bibliothèque Canadienne. . 428
jesté. Point de replique, dit le roi: je sais que je vous fais un : beau présent sur lequel vous gagnerez 15,009 florins ou da- VAE mais votre zèle pour mon. intérêt a été prouvé, et je vous dois quelque récompense. ‘Votre goût pour les arts et votre attachement à ma personne vous rendent digne. de cette
marque de mon estime, ft et
A une table d’hôte, en Allemagne, la conversation tomba dernièrement sur le talent extraordinaire de PAGANINI Un individu, qui se trouvait présent, offrit de parier qu’à un concert qui devait être donné ce soir mème, le célèbre musicien serait déconcerté, si l’on substituait un autre instrument à cejui sur lequel il jouait ordinairement. Le pari ayant été accepté, le parieur eut l'adresse de changer le violon de Paganini pour un méchant rebec. Comme le concert allait coum— mencer, le musicien s’apperçut du tour qu’on lui avait joué ; mais sans perdre contenance, ‘ Messieurs et Mesdames; ditil, je m’apperçois qu’on a mis un autre violon à la place du mien ; l’art pourtant n’est pas dans le bois, mais dans moi. Il commença alors à jouer, et tira du misérable instrument les sons les plus harmonieux qui eussent jamais ravi son auditoire, Le pari fut perdu; mais le parieur avait disparu, et avec lui le violon de Paganini.
Qu'ox applaudisse, ou quon censure, : B......, soyons ponctuels :
Ne disons point, à tort, venus de la nature Et le geste et le ton, qui sont habituels.
Sans doute, ce seruit manquer de savoir-vivre’ Que de critiquer dans un livre, Mème de vive-voix, une bosse, une pié-bot, Un vice du corps, en un mot.
Mais en est-il ainsi des défauts d'habitude ? Non, l’homme peuten être averti pour son bien, Lorsque ce s’en défaire il se fait une étude. Ce qui, dans ton discours, m'a semblé sec ou rude, Peut être ou n'être pas un défaut, j'en convien, Ou plus grand peut être lemien, Aux regards de la multitude, Mais, à ton tour, tu conviendras, Et sans détuur et sans litige, Que, repris à propos, sage est qui se corrige, ". Fou, qui ne se corrige pas.
tes OR CCR
. SOCIÈTE LITTERAIRE ET HISTORIQUE, &e,
A uue assemblée générale extraordinaire de la Société Li: téraire et Historique (de Québec;) tenue hier dans les chambres de l'institution, il a été‘soumis une liste d’instrumens as: tronomiques, d'appareils électriques et chimiques, de globes, &c., laquelle ayant été approuvée, il a été ordonné que Fes ar ticles fussent importés pour l'usage de la Société, les fonds à
cet effet ayant été fournis par l'octroi libéral de la Eétislstare,
dans. sa dernière session. On à procédé ensuite par ballote & l'élection des présidens des différentes classes, et le résultat à été comme suit : Pour celle de Littérature, &c. J. C. Fisnen, L. L. D; d'Histoire Naturelle, &c. le Dr. SKey ; des Sciences, &c. le Révérend D. Wrixie À. M.; des Beaux-Arts, &c, G. W. WicksTEEn, écuyer. s
: Un'jeune homme de Longueil a tué, dimanche dernier as
Asril),. un beau eygne ou pélican ‘blanc, qui, avec plusienrs autres, paraissait diriger son vol vers des régions lointaines, Cet oiseau, quoique commun, dans les, parties. septentrionales de,ce continent, ne s'était presque, jamais montré, à ce que ‘nous croyons, sous notre latitude, ‘Il avait, huit pieds entre les extrémités des aîles, cinq pieds de la queue à la tête, et pe: sait de trente à quarante livres. 11 s’éleva une espèce de cortestation, ou une vive concurrence, pour sa possession, entre: quelq'ies messieurs de:ln Société d'Histoire Naturelle, qui désiraient lavoir pout eur Musée, et Mr. Casprax LEBLANC, qui ayant acquis le Cabinet de Curiosités de feu Mr. T. Der veccHi0. fait des arfangemens pour le rouvrir sur un plan plus étendu. Mrs Leblanc l’emporta sur ses concurrens, en offrant un plus haut prix; (Montreal Gazette.) :
RÉGISTRE PROVINCIAL
Mariés :—A Montréal, le 21 Avril dernier, par Messire Durazsxez, Mr. E. W. Dopes, à Dile Julie DEroMs ; À Québec, le 24, Mr. Collin M’Cazrum à Dile Charlotte Pozkn.
Décé£oés:—À St. Philippe, le 19 d'Avril dernier, Mr. Benjamin Sixeze, cultivateur, âgé de 25 ans; |
À St. Jacques, le 16, Louis Prexerrz, écuyer, Capitaine de milice ;
Le même jour, à Berthier, à l’âge de 19 ans, Mr. P. C. Rorzanr p’ArsiKauLrT, fils de G. Rolland d’Arminault, écuyer:
À St. Roch, le 18, après une longue maladie, Messiré LoRANGER, cidevant Curé ue St. Francois, île d'Orléans :
À St Eustache, le 19, Auguste GLosensky, écuyer, Médecin, âgé d'environ 76 ans ; | |
À Berthier, le 28, Mr. Édouard. Lixgmwsw, Marchand, Agé d'environ 85 ans. | ÿ
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Toue IX 15 MAI 1830. Numeno XXI.
HISTOIRE DU CANADA
(CONTIN UATION. )
M. Dumas laissa quatre cents hommes à la Pointe aux Trembles, sous M. de la Rochebeaucour ; quatre cents au fort de Jacques-Cartier, aux ordres de M. de Repentigny, et se porta lui-même à Déchambault avec environ mille NET
Le chevalier de Lévis donna ses ordres, en passant, aux Trois-Rivières et ailleurs, et arriva à Montreal le 29 Mai. Le premier résultat d’une conférence qu'il eut avec le gouverneur, sur les musures à prendre pour la défense du pays, fut une lettre circulaire adressée aux capitaines de milice, dans la vue de contrecarrer l'effet de la proclamation du général Murray, et de rassurer les habitans, par l'espoir non pas tant de prompts secours de France, que d’une paix prochaine et avantageuse,
La paix était bien en effet ce que le: Canadiens devaient désirer le plus ardemment dans les circonstances fâcheuses et embarrassantes où ils se trouvaient depuis quelqué temps : pressés, contraints même, d’un côté, de porter les armes pour la défense de leur pays natal, liée à la cause de leur souverain; menacés, de l’autré, de tous les maux que peuvent infliger des ennemys armés et triomphants, s'ils ne mettaient bas les armes et ne demeuraient tranquilles chez eux, leur malaise devait être extrème, et tel que l’état de guerre eu produit rarement. de semblables. (*) Ceux qui durent se trouver dans le plus grand embarras, au printems de 1769, furent sans contredit les habitans des paroïsses situées entre Québec et les Trois- Rivières, où même plus haut: en suivant les Français dans le
(*) Selon Mr. Smith, le marquis de Montealm fit prendre, quelque temps avant la bataille de Québec, deux Canadiens, pour avoir déserté, c'est-à-dire laissé le camp français ; le chevalier de Lévis aurait voulu faire pendre tous les miliciens qui se retireraient chez eux sans permission, et le général Murray fit pendre, peu après la levée du siège de Québec, un capitaine de milice de la paroisse de Beaumont, qui, n’écoutant que son,.pæ triotisme, se disposait à joïndre les Français, avec une partie de sa compegnie.
Tous IX. N°9. XXIL 68 .
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