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. Le Mathémaiicien aveugle. ‘459
lé conservez.autant qu'il se pourra dans une bouteille bien bouchée., Tout ce que vous écrirez sur lu papier, et tous les corps blancè, tels que la toile et la soie, que vous aurez trempés dans cesencres, paraitront dans les couleurs ci-dessus désignées, lorsqu'on les aura trempés dans uue infusion. de tour
Le bouquet magique. ;Fuites faire par des ouvriers qui font des fausses fleurs, une certaine quantité de feuilles faites avec de parchemin blanc, et des petites fleurettes de toile ou.coton blunc, tels que des roses, des œillets, des jonquilles, enfin. toutes autres \fleurs que vous jugerez convénables; trempezles roses dans l‘encre ; sympathique rouge, les. jonquilles dans l'encre sympathique jaune, les œillets dans l'encre aympathique, violette, et les feuilles dans. l‘encre sympathique verte : laissez sécher le tout, et les-assemblez ensuite pour en former plusieurs bouquets, qui paraitront tout blancs. :
Si vous trempez un de ces, bouquets dans un vase rempli d'eau, dans laquelle on aura fait tremper du tournesol, toutes. les feuilles différentes se coloreront aussitôt, eu égard aux difs. férentes espèces d‘encres sympathiques dans lesquelles elles auront été trempées. (Mes Souvenirs.)
LE MATHE’MATICIEN AVEUGLE:.
Quoique SANDERSOoN eût perdu la vue dans son enfance, il devint un des premiers savans de son temps. La connaissance , des objets extérieurs fut principalement dûe chez lui au sens du toucher, qu’il possédait à un degré éminent de parfection. Il ne pouvaît pourtant par ce moyen distinguer les couleurs, comme on assure qu’il est arrivé à quelques aveugles de le faire, et après divers éfforts pour ÿ parvenir, il demeura convaincu
que la tentative était inutile. Mais il pouvait distinguer les fausses médailles des véritables avec une, grande exactitude, même dans des cas où d’habiles connaisseurs y étaient trom-pés. Il sentait toujours sur les pièces de nouvelle fabrique une rudesse, souvent imperceptible à l'œil ou.au toucher des autres. Les sensations que lui fesaient éprouver les changemens «le l’atmosphère, étaient aussi, comme on le peut supposer, extrêmement délicates. “Je me suis trouvé avec lui dans un jardin, faisant des observations sur le soleil,” dit l’auteur de la notice biographique mise en tête de son Æ/gébre, et : qui avait été un‘de ses amis intimes, ‘et il rémarquait chaque nuage qui troublait notre opération, avec presque autant d’exactitude que nous le pouvions faire. Il pouvait dire quand on
409 Per, tenait un objet près de son visage, où quand il passait à quels que distance d’un arbre, pourvu que le temps fût calme, qu'il n'y eût que peu ou point de vent, et cela par les différentes ime ulsioñs de l'air sur sa face. Le sens de l'ouie était aussi chez i de la plus grande délicatesse, et il aurait très probablement u devenir un musicien éminent, si son goût et son talent pour IA géométrie n'avaient pas dirigé ses occupations sur dl'autreg sujets, Il jouait de ln’ flûte avec benticoup d'habiletés; mais le principal avantage qu’il tirait de la Justtare et de {x finesse de son oreille, c'était la faculté qu'elle lui procurait, en l'absence d'un sens plus élevé, de distinguer non seulement les person nes par le son de leur voix, mais les lieux, les distinces et les différentes dimensions des chambres, par l'écho qu'elles rendaient de su voix ou de son matcher, 11 avait porté .à une telle perfection l’art d'interpréter ces signes, qui sont si vagues pour des observateurs ordinaires, en conséquence du pen d’at4 tention qu’ils y font, qu’on nous dit qu'il n'était presque jamais mené en un endrait où il avait été une fois, sans qu'il le res gonnût aussitôt." (Library of entertaining knowledge.)