‹ La Bibliothèque canadienne [microforme]Chapitre 167 sur 177 · ES . VERS · texte numérisé non relu

ES . VERS

FPorrrasr DE L'Envie,

Au pied du mont où le fils de Latone Tient son empire, et du haut de son trône Dicte à ses sœurs les savantes leçons” Qui de leuts voix régissent tous les sons, … ” La main du Temps creusa lei voutes sombres D'un ontre noir, séjour des tristes ombres, Où l'œil du monde est sens césse éclipsé, F que des vehts n'ont jamais caressé #

ù, de serpens nourrie et dévorée Veille l’Envie honteuse et retirée, Monstre ennemi des mortels et du jout, Qui de soimême est l'éternel vautour, Et qui, trainant une vie abattue Ne se nourrit que du fiel qui le tue:

Ses veux cavés, troubles et clignottants, De feux obscurs sont chatgés en tout temps; Au lieu de sang, dans ses veines circule Un froid poisott qui les gèle et les brule, Et qui de là porté dans tout soh corps, En fait mouvoit les horribles ressorts !

Sen frontinloux et ses lèvres éteintes

Pers. | Bont le séjour des soucis et des craintes } Sur son visage habite la paleur, Et dans son sein triomphe la douleur,

Qui, sans relâche, à son âme infectée Fait éprouver le sort de Prométhée. :

Le Monve coMme 15 va.

Le monde a de fort grands défauts, Ne craignez pas que je l’excuses Il est méchant, léger et faux; Il trompe,-il séduit, il abuse, JL est auteur de mille maux, Mais tel qu'il est il nous amose; Sans cesse il fournit à nos yeux Mille spectacles curieuxs a scène mobile et changeante lait même pat son changement :

L'un rit, et l’autre se lnmente, " Tous deux trompés également ; L'un arrive au port surement, L'autre est encor dans la tourmente ; L'un perd son bien, l'autre l'augmente; L'un poursuit inutilement La fortune toujours fuyante ; L'autre l'attend tranquillement, Ou pervient sans savoir comment, Et presque contre son attente, L'un fait un bon contratcde reñte, Et l’autre fait son testament, L'un meurt dans son li! tristement, L'autre se fuit tuer gaïment, Et deux jumeaux, au même instant, Remplissent la place vacante, On rencontre indifféremment Un baptême, un enterrement :

Enfin, c'est une comédie : Qui se répète tous les jours, Où la fortune s'étudie Sans cesse à varier son cours.

Le court DEs VOYAGES

Dans un grand cercle hier, un mince auteur Pompeusement lisait sur les Voyages

Discours très-long. Au bout de quelques pages, Chacun, bâillant, décampe...Et mon lecteur, Qui s'est flatté d’avoir tous les suffiages, .

CU

& Anecdotes ef Bons-mofs, Comme on peut croire, est bien caï, bien contrit. Oh ! oh! dit-il, serraut le pus PF Oh ! oh ma prose, : ici, paraît dé plaire...

Non, lui répond un ami; point A fous | Votre succès est certain, au contraire :

De voyager vous inspirez le goût.

‘ $ 1 Mlns:e x ANECDOTES ET BONS-MOTS.

Arres la bataille de. Salamine, tous les capitaines grecs ayant été obligés de déclarer par des billets pris surl‘autel de Neptume, ceux qui avaient eu plus de part à la -victoire,. chacun se donna la première, et adjugea la seconde à Tue'mis- Tocie. Le.peuple ne balançn pas à décerner la première récompense à celui que chacun des capitaines avaitjugé le plus, digne après lui, Jen |

Le Lacédémonien PEDARETÉ se présente pour ‘être admis au conseil des trois cents il est rejetté. Il's’ën retourne joyeux de ce qu'il sest trouvé dans Sparte trois cents citoyens valant mieux que lui.

Un homme en place, Lo stétait renda eohpable de plusieurs

concussions chez les Macédoniens,. souffrait. impatiemment qu'on l‘appellât concuissionnaire, ‘4 Les Macédoniens, lui répondit PizrpPe, sont si grossiers qu’ils appeltent.les choses par leur nom.”

Un censeur, fort cüntent de son mérite, ‘vint présenter à AUGUSTE un ouvrage critique contre Vinerze, Ce princes fit aussitôt apporter un boisseau de froment, et aprèk qu’il fut vanné, il en fit donner les criblures poui récompense au censeur. CE don ;

Le fils d'Aanon Vestipe vint se plaindre'à son père d‘un homme qui avait calomnié sa mère, :et en demander vengeance, “Oh! mon fils, lui répond'Aaron Veschide, tu vas faire plus . de tort à ta mère que le calomniateur; tu vas faire croire : qu'elle ne t‘a pas appris à pardonner." | | … Un peintre, qui connaissait le ‘sort de çeux qui ‘plaident, pour l'avoir éprouvé lui-même, ‘avait deux iplaideurs à représenter : l‘un-avait réussi .dans:son procès ; l'autre l‘avait perdu, Il y représenta lé premier en chemise, le second nu.

Louis XIV disait à la dauphine Marie-Anne-Victoire de Bavière: #Voüs ne in'ayiez pas dit que vous AViéz uite sœur d‘une grande beauté.=1Il'ést vrai, Sire, j‘ai ane sœur qui a

ris toute là bedüté de la faitiille ; mais jteh'al eù tout Je bon:

eur.”

| Ansdotes et Bons-mote. Ft «68

#t Je ris de tous ceux qui me blâment, disait uh homme gonfé d‘amour-propre:=Eh! bien, lui dit-on, personne au monde ne rit done plus souvent que vous” ae

Une demoiselle jolie et vertueuse avait inspiré une passion

très vive à un grand seigneur, qui lui dit: C'est à cause de

«votre vertu que je vous aime,—Ne m‘exposez donc pas, dit=

elle, au danger de perdre ce qui fait que vous m'aime.”

f Une dame: parlait d'affaires à M. Cosenrt, qui ne lui réwpondait riens “ Monsieur, lui dit-elle, faites au moins quel- /ques signes que vous m'entendéz.” "|

Un borgne rencontrant le matin un bossu, lui dit pour le

‘ailler sur’ sa bosse : Mon ami, tu 4s chargé de bon matin. . Fu penses, répartit le bossu, qu'il est bon matin, parce que le

joùr n'entre chez toi que par une fenêtre.”.

On demandait à un Gascon, qui allait à l'armée comme fantassin,, pourquoi il ne s‘était pas mîs dans la cavalerie. ‘ Cest, répondit-il, queje ne vais pas à la guerre pour fuir,” ‘Une dévote avait fait une neuvaine à St. Ignace, vour obtenir la conversion de son mari. Huitjours après, celui-ci mou» rat. ‘Que ce saïnt est bon, disait-elle, et que je lui ai d‘ob:

bligation ? Îl accorde plus qu'on ne lai demande”: n valet se présentait pour entrer en condition chez un

. mousquetaire qui passait pour un grand dissipateur : celui-ci lui demanda sil avait un répondant ?--‘ Comment l‘entendez:

vous, dit le valet ? c'est moi qui vous en demande un.”

On sxagersit devant une dame l'esprit d‘un homme fort bor: né: Ob:

oui, dit-elle, il doit en avoir beauçoup, çar il n‘en dépense guère,” . sk A AE Un enfant entendait dire que sa mère venait de perdre son procès : “Ah maian, dit perdu yn procès qui vous tourmentait tant.” \ ‘Une dame voyant une de ses filles en danger de mort, sté- “’eriaît, en fondant en larmes : Mon Dieu, rendez-la moi, et rerez tous Mes aûtres enfans.” Un hômme, qui avait épousé

Ma sœuûr'dè la moribonde, S'approcha de la dame, et la tirang pe la manche ; ‘ Mxdame, lui dit-il, les gendres en sont-ils ?

sang-froid avec ere il prononca ces paroles fit faire un grand, éclat de rire à {a mère, à la malade, et à toute la compagnie. FR fx 2 ” Un officier devenu borgne à la guerre, portait un œil de

zverre, qu'il avait soin d‘oter lorsqu'il se couchait, Se trouvant

dans ‘une auberge, il appelle la servante, et lui donne cet œil Ft qu'elle le pose sur une table, ‘Cependant la servante ne

: bongeaît point. ‘L‘officier tui dit :““Eh' bien, qu'attends-tu-là.—

Monsieur, répondit-elle, j'attends que vous me donnies lsautre.”

, düe je suis aise que vous aÿeg

& homme se plaignant d'avoir été vole plusieurs fais, dans:

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